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Burundi

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2010
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Chapitre 1. Evolution récente et déroulement des travaux de la seconde revue du CSLP

1.1 Evolution politique et socio-économique

73. Sur le plan politique, le climat s’est nettement assaini au regard notamment des progrès accomplis dans la préparation des élections prévues pour 2010. Cet environnement favorable s’est progressivement consolidé suite à la mise sur pied de la CNI sur une base consensuelle et à la poursuite du dialogue politique incluant les représentants de l’Administration, des partis politiques et de la société civile. La mise en place d’un forum politique permanent des partis politiques qui constitue une des recommandations de ce dialogue devra permettre de recréer un environnement favorable à l’adoption et à l’application de mesures politiques largement concertées. Ce contexte plus apaisé a été conforté par l’amélioration très significative de la situation sécuritaire grâce à la cessation définitive des hostilités entre le gouvernement et le FNL, à l’intégration des éléments de ce mouvement dans les différentes institutions du pays et à la libération des prisonniers politiques.

74. Dans le domaine économique, l’embellie affichée par la croissance du PIB a été quelque peu contrebalancée par un élan inflationniste plus élevé que prévu. En effet, la croissance du PIB enregistrée en 2008 s’est élevée à 4,5 % alors que le niveau atteint une année auparavant n’était que de 3,6%. Cette évolution positive de la croissance est largement attribuable à l’augmentation de la production caféière qui est passée de 8 000 à 24 700 tonnes entre 2007 et 2008. Les appuis extérieurs qui se sont avérés être plus consistants que prévus ont eu également un impact positif sur cette évolution.

75. En revanche, la crise internationale qui s’est répercutée sur les prix des produits de base comme le carburant et les denrées alimentaires a provoqué et renforcé le mouvement haussier de l’inflation qui, en glissement annuel, s’est porté à 25,7%, contre le taux de 14,7% enregistré en décembre 2007. Face aux risques de détérioration des conditions de vie de la population, en particulier, les catégories constituées des vulnérables, le gouvernement a adopté des mesures temporaires dont notamment l’allègement des droits de douanes et taxes à l’importation de quelques produits alimentaires ciblés et des produits pétroliers.

76. Sur un plan plus global, le Burundi reste en état de relative fragilité suite aux séquelles d’une crise sociopolitique qui a perduré pendant 15 ans et se trouve ainsi toujours confronté à des difficultés pour atteindre les objectifs du millénaire à l’horizon 2015. Avec un taux de pauvreté avoisinant 67%, les défis posés pour une mise en œuvre réussie du CSLP exigent, à terme, un recentrage opérationnel des activités directement porteuses de croissance en vue d’accroître les capacités nationales à générer des emplois et des revenus.

1.2 Déroulement des travaux de la seconde revue

77. L’évaluation de la seconde année de mise en œuvre du CSLP s’est effectuée en 4 étapes distinctes mais complémentaires, essentiellement conçues dans l’optique du renforcement de la nécessaire internalisation des enjeux par les parties prenantes et de consolidation de l’approche participative initiée depuis le lancement du processus.

Première étape: Dissémination des résultats de la première revue

78. Dans un premier temps, le contenu du rapport, incluant les recommandations pertinentes des Conseils d’Administration de la Banque Mondiale et du FMI a fait l’objet d’une présentation à l’intention des premiers responsables sectoriels et des représentants des bailleurs de fonds. Au cours de cette séance, des observations fort utiles ont été formulées en vue d’améliorer le rapport d’étape suivant. Afin de garantir une implication permanente des communautés à la base et de corriger ainsi les lacunes relevées lors de la préparation de la première revue, des séminaires ont été organisés dans toutes les provinces du pays non seulement pour une présentation circonstanciée des résultats atteints, mais aussi pour un renforcement des connaissances en matière de suivi-évaluation au niveau des structures décentralisées.

Deuxième étape: Evaluation participative au niveau de l’Administration centrale

79. La constitution des groupes sectoriels par grands thèmes a certes constitué une avancée en termes de recherche d’un large consensus sur les défis, les solutions et les moyens nécessaires pour opérationnaliser les différentes stratégies sectorielles. Il est apparu cependant que les supports techniques faisaient souvent défaut pour un bon fonctionnement de tous les groupes sectoriels. La mise sur pied d’un réseau d’experts sectoriels a permis de résoudre partiellement cette question en ce qui concerne le processus CSLP.

80. C’est au niveau de ce réseau que les rapports préliminaires ont été produits et que l’actualisation de la matrice des indicateurs de suivi des progrès du CSLP a été réalisée.

81. Durant la période sous revue, les experts sectoriels ont pu, grâce à l’appui des partenaires, suivre des séances de formation en matière d’intégration de la dimension « population » dans les politiques sectorielles et dans les techniques de collecte, de traitement et d’analyse des données statistiques.

Troisième étape: Évaluation participative au niveau des communautés.

82. Dans la même logique de renforcement des capacités et d’appropriation, les délégués des communautés, les responsables communaux et provinciaux ont bénéficié de programmes de formation adaptés avant d’entamer les travaux d’évaluation proprement dits.

83. Cette démarche a permis une redynamisation des comités provinciaux et communaux de développement communautaire et de franchir des progrès importants qui augurent, d’ores et déjà, une participation plus active lors de la préparation de la troisième revue qui pourrait coïncider avec le lancement des travaux en rapport avec le CSLP révisé.

Quatrième étape: Consultations avec la société civile et le secteur privé

84. Des débats ont été organisés à l’intention des représentants de la société civile et du secteur privé afin de requérir leur appréciation quant à la mise en œuvre du CSLP et leur disponibilité pour les étapes ultérieures. A cette occasion, les participants ont pu bénéficier d’une séance de formation en techniques de suivi évaluation au même titre que les autres acteurs nationaux.

Cinquième étape: Suivi macro-économique, analyse de la pauvreté et actualisation des indicateurs

85. L’évaluation des performances macro-économiques a été opérée par le biais de l’analyse des résultats atteints au niveau du secteur réel, de l’exécution du budget avec un accent particulier sur les dépenses pro pauvres et du secteur monétaire. Quant à l’analyse de la pauvreté, elle s’est focalisée sur la détermination des régions à forte concentration de pauvres et sur les principaux déterminants de ce phénomène aussi bien en milieu urbain qu’en zones rurales. Avec l’appui de l’ISTEEBU, des informations statistiques ont pu être collectées au niveau des principaux secteurs socio-économiques. Ainsi, une matrice incluant des données actualisées et s’étendant sur une longue période facilite l’analyse des tendances et jette les bases pour un plan d’actions à mettre en œuvre pour améliorer le système de suivi évaluation du CSLP au cours des prochaines années.

Chapitre 2: Profil de la pauvreté et enjeux démographiques

2.1. Profil de la pauvreté au Burundi

2.1.1. Caractéristiques générales

86. Selon la dernière enquête QUIBB menée auprès des ménages en 2006, le taux de pauvreté est estimé à 67% au niveau national, dont 69% en milieu rural et 34% en milieu urbain. Ces estimations se basent sur un seuil de pauvreté par équivalent adulte de 627Fbu/jour en milieu urbain et de 525Fbu/jour en milieu rural.

87. Les résultats de cette même enquête donnent une vision du niveau de pauvreté prévalant dans chacune des provinces du pays et conduisent ainsi à une meilleure connaissance des régions prioritaires nécessitant une redéfinition et un meilleur ciblage des programmes. La classification des provinces selon l’importance des effectifs de population vivant en dessous du seuil de pauvreté est indiquée dans le graphique ci-après.

Graphique 1:Nombre de pauvres par province

Source: QUIBB 2006

88. Le ciblage des catégories les plus vulnérables peut être effectué à partir de la répartition de la population selon les déciles et quintiles de revenus les plus bas. Les résultats d’un tel regroupement sont reflétés dans les deux graphiques suivants, qui présentent la distribution par province du nombre de personnes appartenant respectivement au premier décile et au premier quintile de revenus, soit les 10% et 20% des Burundais les plus pauvres.

Graphique 2:répartition par province des tranches de population les plus pauvres

Source: QUIBB 2006

89. Dans les deux cas, la province de Kirundo s’avère être la plus touchée dans la mesure où elle concentre un plus grand nombre de pauvres, suivie par les provinces de Muyinga et de Karusi.

90. L’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté doit nécessairement passer par une connaissance précise des provinces les plus fragiles en vue d’orienter prioritairement les programmes socio-économiques du gouvernement et de ses partenaires vers les zones moins favorisées. De plus, il est crucial que les catégories de populations particulièrement vulnérables puissent bénéficier d’une attention plus soutenue au regard des conditions spécifiques à certains ménages.

2.1.2. Déterminants de la pauvreté

91. En ce qui concerne les déterminants de la pauvreté, il convient d’en rappeler les principaux points saillants déjà évoqués dans la première revue annuelle du CSLP. Les ménages dirigés par une femme, une personne divorcée ou veuve sont généralement plus pauvres que les autres. En revanche, le niveau d’éducation du chef de ménage est corrélé positivement au revenu du ménage.

92. Par ailleurs, l’ampleur du trajet nécessaire pour accéder aux infrastructures de base (école primaire, centre de santé, source d’eau potable et transport public) affecte négativement le bien être du ménage. Ces deux phénomènes plaident en faveur de l’extension et de l’aménagement des infrastructures sociales dans les régions les plus défavorisées du pays et de la conception des filets de protection sociale mieux adaptés aux besoins des ménages particulièrement défavorisés.

93. Certains choix agricoles des ménages sont également caractéristiques des niveaux de leur revenu. Ainsi, l’élevage est généralement pratiqué par les ménages les plus aisés en milieu rural tandis que l’élevage des caprins, porcins, volailles et lapins est plutôt caractéristique des couches moins aisées en milieu urbain. De même, les cultures d’exportation sont corrélées positivement avec le revenu. Les ménages ayant un revenu inférieur coïncident davantage à ceux qui s’adonnent principalement aux cultures vivrières comme le haricot et la patate douce.

94. Ces pratiques sont caractéristiques de ménages piégés dans une trappe de la pauvreté. En effet, n’ayant pas l’épargne nécessaire pour investir dans une nouvelle activité agricole ou pour se prémunir contre les risques encourus, ces ménages se limitent à une agriculture de subsistance qui ne leur permet pas d’améliorer leurs revenus et de constituer une épargne. Ce type de piège de la pauvreté est accentué en temps de guerre. Dans ce cas, comme l’épargne elle-même devient risquée, elle a tendance à disparaître, ce qui entraîne les ménages auparavant relativement prospères dans une spirale de la pauvreté d’où il est impossible de sortir sans un apport extérieur en capital. C’est pourquoi, la distribution du bétail, l’amélioration de l’accès aux intrants agricoles et la diffusion du micro crédit en milieu rural sont des voies de solution à consolider.

95. La distribution de la pauvreté au Burundi en fonction de la taille des ménages révèle un taux de pauvreté maximal de 85% chez les ménages de 9 individus. Il semble que les ménages restreints subviennent mieux aux besoins de leurs membres. Comme le montre le graphique ci-dessous,, le nombre de pauvres est le plus important chez les ménages de 5 à 8 membres.

Graphique 3:Distribution de la pauvreté en fonction de la taille des ménages

Source: QUIBB 2006

96. Afin de réduire sensiblement la pauvreté, l’adoption d’une politique claire de population s’avère être urgente. Elle devrait viser la réduction du nombre de ménages installés sur de petites exploitations agricoles, par le biais d’un aménagement du territoire axé sur la mise en valeur de plus grands espaces permettant des économies d’échelle et garantissant la rationalisation de la production.

2.1.3. Situation spécifique de la pauvreté

97. En plus des déterminants de la pauvreté déjà relevés à travers l’enquête QUIBB, trois enquêtes supplémentaires, à savoir l’enquête prioritaire panel 2007, l’enquête 1-2-3 et l’enquête sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité menée par le Programme Alimentaire Mondial en 2008, permettent d’appréhender davantage certaines caractéristiques et tendances du phénomène de la pauvreté.

2.1.3.1 Trajectoire de la pauvreté entre 1998 et 2007

98. L’enquête prioritaire panel 1998-2007 a permis de suivre la trajectoire de 1000 ménages entre 1998 et 2007. Le nombre de ménages interrogés et la méthodologie employée ne permet certes pas donner à ces résultats la représentativité nécessaire pour les comparer avec des enquêtes nationales de type Quibb, mais il est possible de déterminer un certain nombre de facteurs expliquant l’évolution de la pauvreté au cours des 10 dernières années.

99. Ainsi, les membres de cet échantillon ayant fondé de nouveaux ménages sont plus susceptibles que d’autres d’échapper à la pauvreté. Alors que les ménages d’origines avaient un taux de pauvreté de 79% en 1998, les ménages qui en sont issus voient leur taux baisser jusqu’à 62,3%, soit une diminution d’environ 17%, reflétant probablement plus de dynamisme de jeunes foyers. Dans l’ensemble, les 1000 ménages ayant fait l’objet de suivi ont un taux de pauvreté moyen de 65,3% en 2007 contre 68,8% en 1998, soit une baisse moyenne de l’ordre de 3% entre ces deux périodes. En revanche, les ménages parents qui ont été repérés affichent un taux de pauvreté en quasi- stagnation ainsi qu’il ressort du tableau ci-après. Enfin, ces données montrent que la proportion de pauvres par province a connu une évolution contrastée entre 1998 et 2007, sous les effets directs et indirects de la crise.

Tableau 1:Indices de pauvreté par province dans l’enquête prioritaire panel 1998-2007 (ménages d’origine)
ProvinceTaux de pauvreté en 1998 (%)Taux de pauvreté en 2007 (%)Evolution du taux de pauvreté
Bururi49,430,4−19,0
Cankuzo50,052,3+2,3
Cibitoke71,157,8−13,3
Gitega90,281,2−9,°
Karusi76,976,90,0
Kayanza63,272,6+9,4
Kirundo63,678,2+14,6
Muramvya52,561,6+9,1
Muyinga77,248,1−29,1
Ngozi55,686,7+31,1
Rutana81,870,5−12,3
Ruyigi96,290,4−5,8
Moyenne de l’échantillon68,867,8−1,0
Source: Enquête Prioritaire, présentation de P. Verwimp
Source: Enquête Prioritaire, présentation de P. Verwimp

100. Il apparaît clairement que les provinces de Kirundo, Ngozi, Kayanza et Muramvya ont été les plus sévèrement touchées par les effets de la guerre, à l’inverse des provinces de Bururi, Rutana, ainsi que Muyinga. Cette dernière apparaissait pourtant dans l’enquête QUIBB 2006 parmi les plus pauvres du pays. Quant à Ruyigi, bien que le taux de pauvreté semble avoir légèrement décliné, il reste le plus élevé du pays, d’après cette enquête. Il faut noter également que certaines provinces pourtant lourdement affectées par le conflit, comme Bubanza, ne sont pas représentées ici.

2.1.3.2. Pauvreté rurale et pauvreté urbaine

101. Etant donné que plus de 90% de Burundais résident en milieu rural, la grande majorité des pauvres se trouvent dans les campagnes, qui devraient donc être la première cible des programmes de développement. Toutefois, la densité de population actuelle, de 310 hab/km2, ne permettra pas l’insertion économique de l’intégralité des nouvelles générations issues des zones rurales dans leur milieu d’origine. Il est à prévoir par conséquent une accélération de l’urbanisation.

102. C’est pourquoi, il importe de se pencher dès aujourd’hui sur les caractéristiques de la pauvreté en milieu urbain, dans l’optique d’éviter la constitution de ghettos et de bidonvilles, foyers de violences et de graves problèmes sécuritaires.

103. L’année 2008 a connu la réalisation de deux enquêtes parallèles en milieu urbain et rural, respectivement l’enquête 123 sur l’emploi et l’enquête PAM sur la sécurité alimentaire. Bien qu’elles diffèrent par leur méthodologie et que leurs questionnaires respectifs sur les caractéristiques des ménages ne soient pas uniformisés, ces deux enquêtes permettent d’avoir une meilleure compréhension du phénomène de la pauvreté au Burundi.

104. Même si ces enquêtes se prêtent mal à une analyse de la pauvreté par le niveau de dépenses ou de consommation des ménages, elles contiennent des modules détaillés concernant les bien physiques des ménages, l’état de leur habitat, leur accès à l’eau et à l’énergie, leurs « actifs », qui donnent une approximation du « revenu permanent » des ménages, donc de leur capacité de consommation sur le long terme, déduite des effets potentiels de cyclicité des revenus.

105. L’ensemble de ces actifs permet de construire un score de richesse, basé sur une analyse par principale composante, à partir de laquelle il est possible de déterminer la position respective des ménages en termes de richesse matérielle.

106. Les scores calculés à partir des deux enquêtes n’étant pas basés sur les mêmes composantes, il est difficile de les comparer en valeur absolue. Néanmoins, ils peuvent donner une mesure d’inégalité dans la possession d’actifs par les ménages, comme dans le graphique ci-dessous qui présente la distribution des ménages en fonction de leur niveau de richesse.

107. De toute évidence, le peu de richesse en milieu rural semble mieux réparti qu’en milieu urbain. Dans le premier, la distribution a une forme normale, avec une concentration des ménages autour du score de richesse moyen.

108. Dans le second, les ménages sont concentrés en bas de l’échelle, tandis qu’un faible pourcentage des ménages dispose d’une relative aisance matérielle.

Graphique 4:distribution des ménages par score de richesse, milieu urbain vs milieu rural

a. Pauvreté en milieu rural

109. Comme souligné précédemment, la pauvreté est prédominante en milieu rural, avec un taux moyen de 69% en 2006. Le niveau d’inégalité y est faible, et les caractéristiques des ménages les plus pauvres ne sont pas très marquées. Il est cependant possible, en construisant un indice de richesse à partir de l’enquête PAM de l’été 2008, de caractériser les ménages appartenant aux quintiles de richesse les plus bas.

110. Ce ne sont pas l’accès à l’eau potable, le type de toilette ou de combustible utilisé pour la cuisson des aliments qui distinguent les ménages pauvres, car ces biens ne dépendent pas d’un investissement privé mais du niveau encore très bas des infrastructures publiques en milieu rural. En revanche, les ménages du quintile de richesse le plus bas sont peu nombreux à disposer d’un instrument aussi rudimentaire qu’une bobèche (6%) ou une lampe à pétrole (1%). La qualité de l’habitat est également un signe extérieur de la richesse, ou de la pauvreté, d’un ménage; 53% des ménages très pauvres se contentent de murs en terre battue, seulement 35% bénéficient de murs de briques en adobe, et 92% ont encore un toit en chaume.

111. En termes de possessions matérielles, seulement 6,5% disposent d’une radio, 2% d’une bicyclette, 6% d’une table, 15% de chaises. Même en ce qui concerne les outils agricoles, les ménages du quintile le plus pauvre ont un taux d’équipement inférieur à la moyenne. Contrairement aux ménages urbains, peu de ménages ruraux emploient un domestique (7% chez les plus riches, 2% en moyenne).

112. Les ménages pauvres en milieu rural sont également moins nombreux à pratiquer l’élevage, seuls 2% des ménages du quintile le plus pauvre possèdent du gros bétail, 23% des chèvres et 15% des volailles, contre 12%, 37% et 27% respectivement pour l’ensemble des ménages ruraux.

113. En termes de répartition de la pauvreté par province, l’utilisation du score de richesse donne une image quelque peu différente de celle de l’indice de pauvreté mesuré dans l’enquête QUIBB 2006. Ce sont clairement les provinces du Nord-Est et du Nord-Ouest qui apparaissent comme les plus démunies, tandis que les provinces de Kirundo et Ngozi sont plus proches de la moyenne nationale, et d’autres comme Gitega ou Bujumbura rural se retrouvent parmi les moins pauvres. Cette apparente contradiction peut s’expliquer par les différences de mesures de la pauvreté. L’utilisation du score de richesse donne une idée de l’accumulation d’actifs par un ménage au cours du temps, tandis que le niveau de consommation est fortement lié à la conjoncture. Il est ainsi possible qu’un climat favorable ait bénéficié aux habitants de Bubanza dans la période ayant précédé l’enquête, quand bien même des années de guerre ont privé ses résidants des actifs qu’ils auraient pu accumuler en temps de paix. Il apparaît donc nécessaire de superposer différentes mesures de la pauvreté pour mieux comprendre son étendue et ses caractéristiques.

Tableau 2:Classement des provinces par score de richesse
ProvinceScore moyenQuantile de richesse moyenNombre de ménages
Bubanza− 0,772,3146 146
Ruyigi− 0,592,5080 171
Karusi− 0,582,5982 437
Cankuzo− 0,522,6352 019
Muyinga− 0,422,63112 198
Cibitoke− 0,242,8493 389
Kirundo− 0,142,90123 734
Ngozi− 0,042,97141 428
Kayanza0,223,17122 119
Rutana0,223,1359 844
Muramvya0,273,2155 322
Mwaro0,313,2151 764
Bujumbura0,463,2974 779
Makamba0,573,4170 674
Gitega0,683,38120 005
Bururi0,803,5396 689
Total0,043,001 382 717

b. Pauvreté et inégalité en milieu urbain

114. L’enquête 1-2-3 réalisée en trois phases, en 2006, 2007 et 2008, a permis d’obtenir des données actualisées sur la consommation et la richesse des ménages de quatre zones urbaines, Bujumbura, Gitega, Kirundo et Makamba.

Tableau 3:Consommation par habitant et inégalité (indice de Gini) en milieu urbain
BujumburaGitegaMakambaKirundo
Dépense moyenne (FBu)557 365406 981305 505324 043
Indice de Gini0,4390,3780,4500,439
Source: ISTEEBU, Enquête 1-2-3
Source: ISTEEBU, Enquête 1-2-3

115. D’emblée, il convient de noter que les ménages urbains sont nettement moins pauvres que les ménages ruraux, avec une consommation monétaire moyenne annuelle par tête de 458 202 FBu, alors que le PIB par habitant n’est que de 171 483 Fbu. Les inégalités sont très fortes en milieu urbain et s’accentuent vers le haut de la pyramide.

116. Les écarts de la consommation par tête varient de 60% entre le premier et le deuxième quintile de revenu et de 125% entre le quatrième et le cinquième. La consommation moyenne par tête au sein du dernier quintile est environ neuf fois supérieure à celle du premier. Bien que le niveau de consommation à Bujumbura soit sensiblement supérieur à celui des trois autres agglomérations enquêtées, le degré d’inégalité qui y prévaut, mesuré par l’indice de Gini, est sensiblement le même, de l’ordre de 0,44, sauf à Gitega, où il est nettement inférieur (0,38).

117. La conséquence de cette inégalité est qu’en milieu urbain, les caractéristiques des ménages pauvres sont très marquées. Ainsi, en divisant la population urbaine en quintiles de richesse basés sur les scores de richesses mentionnés plus haut, les ménages les plus pauvres sont caractérisés par les traits suivants:

  • Ils construisent leurs maisons en briques adobe (95%), tandis que la présence de matériaux plus solides comme le ciment, la brique cuite ou la pierre est caractéristique d’un niveau de richesse plus élevé.
  • Ils n’ont aucun accès à l’électricité (0,7%), alors que 55% de l’ensemble des ménages urbains en bénéficient, et s’éclairent par des moyens tels que bougie (34%), bobèche (34%) et lampe tempête (26%).
  • Ils accèdent à l’eau principalement par des bornes fontaines (64%) et des sources aménagées (19%), tandis que 54% de l’ensemble des ménages urbains disposent d’un robinet chez eux ou dans leur parcelle.
  • Ils utilisent encore comme toilette les trous ouverts pour 75% d’entre eux, et des latrines publiques pour 19%, ce qui ne les distingue pas particulièrement des ménages des quintiles intermédiaires. Ce sont au contraire les ménages du quintile supérieur de richesse qui se distinguent par l’utilisation de latrine à évacuation (75%).
  • Ils utilisent encore le bois comme combustible de cuisine à 36% et le charbon à 60%, tandis que les quintiles supérieurs privilégient tous le charbon, voire l’électricité pour les plus nantis.
  • Ils ont un taux d’équipement en biens matériels évidemment très bas, même pour ce qui concerne des biens devenus courants en milieu urbain comme la radio (34%, contre 69% pour l’ensemble des ménages) ou le téléphone mobile (5% contre 53%). En revanche, contrairement au milieu rural, la possession d’une bicyclette n’est pas un signe de richesse, et le taux d’équipement du quintile de ménages le plus pauvre (12,6%) est même sensiblement supérieur à la moyenne (11,8%).
  • Ils n’ont bien entendu pas de domestique dans leur foyer (0,9%), ce qui est le cas de 26% des ménages urbains et de 83% des ménages les plus aisés.

2.2 Enjeux démographiques

2.2.1 Diagnostic du problème de population

118. Les 3 recensements généraux effectués successivement en 1979, 1990 et 2008, révèlent que sur un territoire émergé de 25 950 km2, le Burundi est un des pays les plus densément peuplés d’Afrique, avec une population successive de 4 028 420 habitants, 5 292 793 habitants et 8 038 618 habitants. La densité induite est ainsi passée de 155 hab/km2 en 1979 à 204 hab/km2 en 1990 et à 310 hab/km2 en 2008. Cependant, ces densités connaissent une inégale répartition spatiale car, sur les 16 provinces rurales, 7 provinces dépassent la moyenne nationale de 310 hab/km2 (Bubanza, Bujumbura Rural, Gitega, Kayanza, Kirundo, Muyinga et Ngozi), parmi lesquelles 3 Provinces avoisinent les 450 hab/km2 (Kayanza-472, Bujumbura Rural-458 et Ngozi-448). Ces provinces les plus densément peuplées rassemblent près de 52% de la population totale.

119. La population burundaise est également caractérisée par une forte dynamique démographique, en grande partie liée à la prédominance de la jeunesse et de son comportement nataliste. Les moins de 15 ans représentent près de 50% de la population totale et les moins de 20 ans près de 60%. L’indice synthétique de fécondité est d’environ 7 enfants par femme et le taux brut de natalité d’environ 44,3%. En définitive, une structure de la population comme celle du Burundi devient source de nombreuses contraintes pour le développement du pays. A cet effet, les effectifs d’inactifs exercent une forte pression sur la population économiquement productive, pour ce qui concerne l’éducation, la santé, l’agriculture, et plus généralement le partage des fruits de la croissance économique. Du fait que la fécondité soit restée à peu près constante, alors que la mortalité enregistrait une baisse significative jusqu’en 1992 puis une tendance à la hausse, la croissance de la population a connu des rythmes différents selon les périodes considérées. Ainsi, entre les recensements de 1979 et de 1990, le taux d’accroissement naturel de la population était de 2,51%, alors qu’entre ceux de 1990 et 2008, il était de 2,35%. Il était jusqu’aujourd’hui estimé à un niveau proche de 2,9% à 3,2%.

2.2.2 Population, croissance et pauvreté

120. Face aux grands défis du millénaire, en particulier l’éradication de la pauvreté, et compte tenu du croît démographique actuel, il est aujourd’hui nécessaire d’intégrer les facteurs démographiques dans les plans et programmes de développement, mais aussi urgent de considérer l’impact de la croissance démographique comme l’une des contraintes majeures à la lutte contre la pauvreté au Burundi.

Graphique 5:croissance de la population du Burundi projetée, 2008-2038

Source: Recensements 1990 et 2008, Enquête Prioritaire 1998

121. Le graphique ci-dessus présente les projections de croissance démographique annuelle selon trois hypothèses, l’une basse, de 2,3%, la seconde de 2,9% et la troisième de 3,2%. Il est à constater que dans les trois cas, la population franchirait le cap des 10 millions d’habitants avant 10 ans et pourrait doubler dès 2030 (hypothèse haute), 2032 (hypothèse moyenne) ou 2038 (hypothèse basse).

122. Cette tendance est particulièrement préoccupante au regard des ressources limitées du pays. Les coûts en termes d’offre de services sociaux sont appelés à augmenter fortement, alors que les opportunités d’exploitations de nouvelles terres se font de plus en plus rares et que le marché de l’emploi dans les secteurs secondaire et tertiaire n’est pas en mesure d’accueillir ces nouveaux entrants. En termes réels, le PIB par habitant est aujourd’hui inférieur de 33% à sa valeur de 1990. Au rythme de croissance actuel (2006-2008) de 4,42%, il faudrait 20 ans pour retrouver le niveau de revenu par habitant de 1990, sous l’hypothèse d’une croissance de la population annuelle de 2,35%. Si cette dernière était de 2,9%, il faudrait alors 27 ans, tandis que dans l’hypothèse d’une augmentation annuelle de 3,2%, 34 années seraient requises. Pour retrouver ce niveau de revenu dès 2015, une croissance du PIB annuelle de 8,3% serait nécessaire sous l’hypothèse de croissance démographique basse et plus encore sous les autres hypothèses, ce qui est irréalisable dans l’état actuel des capacités de l’économie nationale.

123. Le graphique suivant présente trois scénarios de croissance du PIB réel par habitant, calculé aux prix de 1996, selon trois hypothèses de croissance économique, considérés comme réalistes, et pour un taux de croissance démographique de 2,9%. Ce taux se justifie par les récents progrès en terme de mortalité maternelle et infantile, conséquence de la politique de gratuité des soins et du développement des infrastructures de santé publique.

Graphique 6:Croissance du PIB réel/habitant, 2008 – 2038, pour une croissance démographique de 2,9% annuelle

Source: Ministère de la Planification

124. L’hypothèse centrale envisage un taux de croissance moyen égal à celui des premières années de mise en œuvre du CSLP, 4,42%. La seconde, pessimiste, envisage un taux à peine supérieur à celui de la population, 3,5%, en cas de persistance des effets de la crise internationale (baisse des recettes d’exportations et de l’APD). La dernière est plus optimiste et considère que la plupart des obstacles à la croissance seront levés et que celle-ci pourra se stabiliser sur le long terme à 6%. Il faudrait alors attendre 2022 pour retrouver le niveau de PIB/habitant de 1990, mais 2036 sous l’hypothèse centrale, et 2079 selon l’hypothèse pessimiste.

125. En revanche, s’il était possible de maîtriser la croissance démographique à 1,7%, il suffirait alors d’une croissance économique soutenue de 5% jusqu’en 2020 pour revenir au niveau de PIB/habitant de 1990. Ces chiffres indiquent clairement que tout doit être mis en œuvre pour maîtriser la croissance de la population, dans une perspective d’augmenter le bien-être de celle-ci et de lutter efficacement contre la pauvreté. Une prise de conscience de cette problématique a été notée lors des débats avec les représentants de la population qui ont notamment recommandé une sensibilisation améliorée sur les enjeux démographiques au Burundi et souligné la nécessité de redynamiser et de renforcer les programmes de planning familial.

126. Lors des consultations avec les communautés, la problématique démographique est clairement ressortie des débats à l’issue desquels il a été notamment recommandé d’intensifier les séances de sensibilisation à la limitation des naissances et de renforcer les programmes de formation sur le planning familial.

Chapitre 3: Amélioration de la gouvernance et de la sécurité

3.1. Renforcement de la paix, de la réconciliation nationale et de la sécurité

127. La restauration de la sécurité, la consolidation de la paix et le processus de réconciliation nationale restent toujours des préalables pour asseoir des programmes porteurs d’une croissance durable et pour mener des actions à impact effectif sur la réduction de la pauvreté.

128. Au cours de l’année 2008, une évolution largement positive a pu être observée, grâce aux considérables efforts déployés par toutes les parties prenantes dans le processus paix, en l’occurrence le gouvernement du Burundi, la société civile, les Nations Unies et les différents partenaires internationaux.

129. Néanmoins, il subsiste des défis qu’il conviendra de lever pour créer un environnement sécuritaire renforcé et annihiler ainsi tout risque d’émergence de nouveaux conflits. Il s’agit surtout de la prolifération des armes au sein de la population qui reste une source de nouvelles formes d’insécurité.

130. L’évaluation des progrès réalisés dans ce domaine s’apprécie à travers l’analyse des avancées enregistrées au niveau de chacun des 4 objectifs mis en avant lors de l’élaboration du CSLP, à savoir:(i) la négociation du cessez-le- feu, (ii) la démobilisation, le désarmement et la réintégration des combattants (iii) la professionnalisation des corps de défense et de sécurité et (iv) la promotion de la justice, des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité.

3.1.1 Négociation du cessez-le-feu

131. Bien que la mise en œuvre de l’accord global du cessez-le feu signé en 2006 ait connu quelques retards, les efforts déployés ont conduit à des succès indéniables au cours de l’année 2008. En effet, si le retrait du PALIPEHUTU-FNL du Mécanisme Conjoint de Vérification et de Surveillance et la recrudescence de l’insécurité, aggravée par la brusque reprise des hostilités survenue en avril 2008, ont fragilisé, pendant quelques mois, la situation sécuritaire du pays, les discussions qui ont repris en mai 2008 ont abouti notamment à la confirmation du cessez-le-feu. En juin 2008 et par la suite, le gouvernement et le PALIPEHUTU-FNL ont décidé de commun accord de privilégier désormais la voie du dialogue.

132. Le leadership de la sous-région a joué un rôle déterminant dans l’assainissement du climat politique tandis que l’implication directe des chefs d’Etat des pays de la sous-région a encouragé le rapprochement des positions et facilité ainsi des progrès visibles, en particulier avec la déclaration du 4 décembre 2008 qui a ouvert la voie vers la transformation du mouvement PALIPEHUTU-FNL en parti politique et enclenché le processus de démobilisation, de désarmement et de réintégration des combattants FNL et la libération des prisonniers politiques.

3.1.2. Démobilisation, réinsertion et réintégration des ex-combattants

133. Débuté en 2003, le programme de démobilisation, réinsertion et réintégration des ex-combattants s’est clôturé en 2008 avec des performances mitigées ainsi qu’il ressort du tableau ci-après.

Tableau 4:Etat d’exécution du programme DDR à fin 2008
EtapeEtats des lieuxEnfantsAdultesTOTAL
GarçonsFillesS/totalHommesFemmesS/total
DémobilisationPrévision du Programmes5 00050 00055 000
Réalisation 20073 04116 78350617 28920 330
Réalisation 20082205 719105 7295 949
Réalisation Fin 1ère Phase3 212493 26122 50251623 01826 279
Taux d’exécution65%46%48%
RéinsertionPrévision du programme47 000
Réalisation 2008
Réalisation Fin 1ère Phase22 50251623 01823 018
Taux d’exécution49%
RéintégrationPrévision du programme47 000
Réalisation 200713 05013 050
Réalisation 20083 0773 077
Réalisation Fin 1ère Phase16 12716 127
Taux d’exécution34%
Source: Aide mémoire de la Banque Mondiale
Source: Aide mémoire de la Banque Mondiale

134. Les taux d’exécution correspondent à 48%, 49% et à 34% respectivement pour les phases de démobilisation, de réinsertion et de réintégration. Les retards dans l’exécution des différents sous-programmes ont entraîné une prise en charge budgétaire supplémentaire des 3232 membres de la FDN et des 3146 de la PNB restant à démobiliser, soit un effectif total de 6 378 personnes pour atteindre l’objectif de 25 000 hommes pour la FDN et 15 000 hommes pour la PNB.

135. Concernant le traitement du cas particulier des dissidents du FNL, la signature de deux décrets portant respectivement statut légal des dissidents du mouvement PALIPEHUTU-FNL et la création de la commission technique chargée de la vérification du statut des combattants dissidents du mouvement PALIPEHUTU-FNL de Randa et de Buramata a permis de clarifier l’avenir du groupe concerné qui pourra être inclus dans la future phase du programme.

3.1.3. Désarmement de la Population civile

136. Avec la cessation des hostilités désormais effective, la détention illégale des armes à feu constitue un défi majeur pour la restauration d’une sécurité durable et rassurante pour tous. Face aux risques d’insécurité qu’entraîne une possession incontrôlée d’armes à feu dont les manifestations sont les vols à main armée et la réapparition des embuscades sur les axes routiers, le gouvernement s’est fixé comme objectif de réactiver le programme de désarmement de la population.

137. Les avancées enregistrées au cours de l’année 2008 dans cette optique traduisent cette orientation politique et relèvent (i) du renforcement de la Commission de désarmement de la Population Civile et de lutte contre la prolifération des armes Légères et de petits calibres mise en place en 2007, (ii) de la création des antennes provinciales, (iii) de la formation sur la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, (iv) de l’aménagement d’un site de destruction des munitions à MUDUBUGU, (v) de la sécurisation, l’aménagement, la construction des dépôts des armes de la Police Nationale, (vi) du ramassage, de la neutralisation de 1.626 armes et 31.533 munitions, (vii) de la sensibilisation des hauts cadres de l’Etat, des organisations de la société civile, de la population, des médias pour la remise volontaire des armes, (viii) de l’enregistrement et l’entreposage des armes remises volontairement et (ix) les fouilles perquisition (2508 armes, 5892 grenades et 60.623 munitions saisies).

138. En vue d’encourager les populations à la remise volontaire des armes, il est important que soient étudiés les vies et moyens d’accélérer les procédures d’octroi des contreparties dans la mesure où les réticences observées seraient liées en partie à cette situation.

3.1.4 Professionnalisation des corps de défense et de sécurité

3.1.4.1 Au niveau des Forces de Défense et de Sécurité

139. Le programme de moralisation des troupes à tous les échelons, incluant l’introduction aux Droits de l’Homme, au Droit International Humanitaire, au leadership, à la discipline et au Code pénal militaire, a bénéficié à un effectif qui dépasse 39 094 hommes dont 23.000 pour la FDN et de 16094 pour la PNB.

140. La préparation et la participation des membres de la FDN et de la PNB aux opérations de paix se sont intensifiées. Ainsi, le Burundi figure parmi les pays contributeurs de troupes à des missions de maintien de la paix en Somalie, au Soudan, au Tchad et en Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’Union Africaine, le contingent burundais en mission de maintien de paix en Somalie est passé de 850 en 2008 à 1.700 militaires. Dans ce cadre, les formations sur les questions du Code de conduite et de Genre ont été utilisées pour la préparation des contingents burundais aux opérations de maintien de la paix.

141. Le Conseil National de Sécurité est actuellement opérationnel et a formulé des propositions sur l’élaboration et la mise en place de séances de formation et d’éducation civique à l’intention des forces de sécurité. Concernant le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, il y a lieu de mentionner notamment la poursuite du programme de formation et d’harmonisation entre les effectifs issus des anciens mouvements politiques armés avec ceux de l’ancienne armée nationale.

142. De même, des formations de courte et de longue durée sont régulièrement organisées à l’intention des officiers avec l’appui des partenaires. Par ailleurs, parallèlement à la réhabilitation des camps militaires, le casernement des troupes et la réinsertion des familles entières auparavant déplacées dans les casernes militaires ont contribué à l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène dans les casernes rénovées. Dans le but de maîtriser les armes et munitions des forces de défense et de sécurité et de réduire ainsi la violence armée, en conformité avec la Déclaration de Genève, souscrite par le Burundi le 7 juin 2006, le gouvernement a procédé à la mise en place du Centre de destruction des armes et munitions, au marquage des armes de la PNB et de la FDN et au contrôle des stocks de munitions. De plus, un site de destruction des explosifs et munitions a été aménagé à la Base Logistique de la FDN et a déjà permis la destruction de 8.008 armes et munitions dont une partie a été collectée dans le cadre du désarmement des civils et une autre constituée d’armes obsolètes de la PNB et la FDN.

143. En matière de contrôle et de surveillance des institutions de sécurité, il a été noté une plus grande fréquence des activités au niveau du Parlement. La Commission parlementaire chargée des corps de défense et de sécurité a effectué régulièrement des visites de suivi des services de sécurité dont le Ministère de la Défense Nationale.

3.1.4.2 Au niveau de la Police Nationale

144. La mission essentielle dévolue à la police nationale est d’assurer la protection des citoyens et de leurs biens. En vue d’améliorer les performances de ce corps, le gouvernement a mis en place un plan d’action qui, au cours de l’année 2008, s’est concrétisé par les programmes essentiellement axés sur (i) la déontologie, la valeur de la Police Nationale du Burundi, la discipline, le comportement de la Police envers la Population et l’éducation civique (10526 policiers), (ii) les principes de base de l’usage légal de la contrainte par les forces de Police (4425 policiers), (iii) la Communication institutionnelle et (iv) le management opérationnel (143 officiers de police judiciaire).

145. Des séances de sensibilisation ont été également organisées sur la violence basée sur le genre (60 personnes par communes) et sur les droits de l’homme (30 Officiers). Un programme de recyclage de policiers a été aussi réalisé et a concerné 143 officiers de police judiciaire. De même, un équipement de communication avec 536 postes émetteur-récepteur et en moyens de transports (10 motos et 51 véhicules) a été disponibilisé. La fourniture du matériel pédagogique et bureautique a contribué aussi le renforcement des capacités de la PNB.

146. Ces actions doivent être poursuivies afin de consolider leur impact sur l’efficacité de la police nationale. A ce propos, il est préconisé de renforcer les programmes de formation pour toutes les catégories de policiers, d’améliorer la communication interne et externe, d’améliorer l’équipement informatique et celui de transport, de construire d’autres postes de Police et de parachever le bâtiment devant abriter l’Institut Supérieur de Police (ISP).

3.2. Renforcement de l’Etat de droit, de la lutte contre l’impunité et d’une justice pour tous

3.2.1. Renforcement de la Justice

147. La mise en place d’une justice garantissant l’équité et la transparence constitue un pivot important pour la consolidation d’un Etat de droit et partant, pour l’instauration d’un environnement propice à l’émergence et à l’encouragement des initiatives individuelles et collectives. Dans cette optique, le renforcement de l’efficacité des institutions judiciaires s’inscrit dans les priorités du gouvernement qui s’est fixé comme objectif de lever progressivement les obstacles entravant l’accès à la justice pour tous.

148. L’instauration d’une justice performante et accessible à tous s’inscrit dans les priorités définies dans le cadre de la politique sectorielle. Toutefois, au regard de l’ampleur des défis à relever, les dépenses annuelles de l’Etat dans ce secteur, soit 1.766 BIF par habitant (environ 1€), sont nettement insuffisantes.

149. Les actions à mener en vue d’atténuer ces difficultés, doivent viser non seulement la réhabilitation et la construction des infrastructures mais aussi la professionnalisation des magistrats et la garantie d’une justice de proximité efficace.

3.2.2. Elargissement de l’accès à la justice

150. L’enjeu principal est de rendre une justice saine, impartiale et efficace, de rapprocher la justice du justiciable et de désengorger les cours, les tribunaux et les centres de détention. Les programmes réalisés dans cette optique s’articulent essentiellement autour de la recherche d’une meilleure compréhension de la véritable problématique posée dans le secteur de la justice à travers l’organisation des enquêtes circonstanciées, l’aménagement de nouvelles infrastructures et la fourniture d’une assistance juridique aux populations, plus particulièrement les vulnérables comme les mineurs et les victimes de violences basées sur le genre.

a. Organisation des enquêtes

151. Il ressort de l’enquête sur la perception de la Justice de proximité commandée par le Programme d’Appui à la Bonne Gouvernance « Gutwara Neza »1 que plus d’un tiers de la population consultée (34%) se plaint d’un manque d’accès à la justice. Les principaux obstacles définis par la population consultée sont repris dans le graphique suivant.

Graphique 7:Obstacles à l’accès à la justice

Source: enquête sur la perception de la justice de proximité

152. L’éloignement des tribunaux de résidence, la méconnaissance des personnes à qui s’adresser ainsi que l’absence d’assistance judiciaire figurent également parmi les obstacles évoqués par la population.

153. La seconde enquête menée dans le cadre de l’étude diagnostique sur la gouvernance et la corruption au Burundi a révélé que plus de 30% des personnes ayant eu recours à la justice officielle dans les trois dernières années ne comprenaient pas les procédures suivies.

Graphique 8:Niveau d’appréciation de la réception selon le type de juridiction

Source: Enquête PETS 2007

154. Ce constat est renforcé par le fait que la plupart des textes juridiques sont publiés en français. En vue de résoudre ce problème, la seconde édition des codes et lois (1970-2006) en versions française et Kirundi est en cours de préparation tandis que le service national de législation (SNL) dont le mandat est entre autre de traduire tous les textes, a déjà procédé à la traduction de 7 textes en 2008. L’enquête sur le suivi des dépenses publiques et le niveau de satisfaction des bénéficiaires a en plus de l’éducation et la santé, couvert le secteur de la justice.

155. Les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête tendent à confirmer le caractère élevé des coûts (51,4%) et la lenteur des jugements (60%). Ce dernier aspect semble être un des principaux problèmes soulevés par la population et se répercute très négativement sur l’efficacité du système judiciaire et se trouve être à la base de l’insatisfaction éprouvée par les justiciables.

156. En revanche, si la qualité de réception demeure globalement bonne, il y a lieu de souligner que plus de 50% des usagers consultés dans le cadre de l’enquête PETS la considèrent satisfaisante et qu’environ 77% la trouvent plus ou moins acceptable.

157. Ainsi, qu’il ressort du graphique ci-dessus, plus le niveau de juridiction est élevé, plus le degré de satisfaction se détériore en ce qui concerne la qualité d’accueil. Cette appréciation porte donc à croire que la population s’estime mieux reçue et mieux traitées dans les tribunaux de résidence et qu’elle aurait plus de confiance dans les tribunaux de proximité.

b. Aménagement des infrastructures

158. Dans le souci du rapprochement de la justice des justiciables, conformément à la politique sectorielle, les tribunaux de résidence, ont fait l’objet d’un appui important. Dans la plupart des cas, il s’agissait de construire de nouveaux locaux tandis qu’il fallait réhabiliter, dans d’autres cas, les bâtiments détruits durant la crise. Ainsi 33 tribunaux de résidence (justice de proximité) ont été construits en 2008. Il est prévu pour 2009, la construction de 40 tribunaux de résidence supplémentaire et la réhabilitation de 13 autres.

c. Assistance juridique

159. Plusieurs acteurs nationaux et internationaux veillent actuellement à ce qu’une aide juridique et une assistance judiciaire soient disponibles en faveur de la population vulnérable. En 2008, environ 750 personnes ont bénéficié d’une représentation devant les Cours et tribunaux. Cependant, ce système ne fonctionnera pas de manière optimale tant qu’un cadre légal spécifique ne sera pas mis en place, des structures installées et une ligne budgétaire ouverte pour assurer l’accès au droit des populations, leur écoute, leur orientation et, le cas échéant, une représentation judiciaire. La possibilité d’ouvrir un service d’aide juridique au niveau communal, pris en charge par la commune elle-même est également à l’examen à titre pilote dans trois communes du pays.

3.2.3. Renforcement de la crédibilité du système judiciaire

a. Défis posés au système judiciaire

160. Au fil des ans, la crédibilité du système judicaire a été entamée à cause notamment de l’insuffisance du personnel qualifié et des moyens financiers et logistiques, de l’inadaptation du cadre légal et matériels et de la corruption. En matière de compétence, seuls 28,4% des magistrats en fonction sont détenteurs d’une licence en droit, même si le taux est de 82,9% dans les juridictions supérieures.

161. La faible qualification du personnel nuit à l’efficacité du système et affecte la qualité des services fournis à la population (mauvaise interprétation de la loi, méconnaissance des délais de procédure, jugements mal rendus, etc.). Comme le montre la matrice des indicateurs, le nombre d’arriérés judiciaires, c’est-à-dire l’accumulation des dossiers non traités, est en constante augmentation depuis le début de la décennie, quand bien même le nombre de magistrat a significativement augmenté à partir de 2004.

162. En matière de compétence, seuls 28,4% des magistrats en fonction sont détenteurs d’une licence en droit même si le taux est de 82,9% dans les juridictions supérieures. La faible qualification du personnel nuit à l’efficacité du système et affecte la qualité des services fournis à la population (mauvaise interprétation de la loi, méconnaissance des délais de procédure, jugements mal rendus, etc.)

163. Finalement, les retards enregistrés dans l’adoption d’un nouveau Code de procédure pénale ainsi que d’une nouvelle loi sur la succession, les régimes matrimoniaux et libéralités limitent fortement l’efficacité dans le traitement des affaires liées aux conflits de familles et de terre, qui constituent le plus grand nombre des questions à résoudre. De façon générale, le volume de dossier à traiter n’a cessé de s’accumuler au niveau des parquets ainsi qu’en témoigne le tableau ci-après.

Tableau 5:Situation des dossiers en matière pénale dans les parquets.
MINISTERE PUBLICDossiers en cours de l’annéeDossiers ouvertsDossiers ClôturésDossiers restants
Parquet Général de la
Parquet Général de la Cour Anti-55281210126
Parquet Général près la C.A de
Parquet Général près la C.A de614146
Parquet Général près la C.A de1614221
Parquet de Bubanza304898634388
Parquet de Bujumbura-Mairie5106337337274793
Parquet de Bujumbura-Rural323744914153
Parquet de Bururi9829021209675
Parquet de Cankuzo5833231278
Parquet Cibitoke14915300129
Parquet de Gitega11812361217137
Parquet de Karusi2539439821
Parquet de Kayanza12577180788
Parquet de Kirundo577827758615
Parquet de Makamba8870074345
Parquet de Muramvya
Parquet de Muyinga130904757205
Parquet de Mwaro4050548758
Parquet de Ngozi6911681026212
Parquet de Rutana175385478
Parquet de Ruyigi3736135830
TOTAL1492414460
Source: Ministère de la Justice
Source: Ministère de la Justice

164. En collaboration avec les différents partenaires, le gouvernement a entamé des réformes visant à atténuer les impacts ses problèmes et à cet égard, élargi la mise en œuvre de son programme de renforcement des capacités des professionnels de la Justice à travers la réalisation des actions suivantes.

  • (i) Organisation d’une journée de formation sur la déontologie au niveau des chefs-lieux de toutes les provinces du pays: 167 magistrats en ont bénéficié.
  • (ii) Préparation d’un cursus de droit des affaires en faveur des magistrats du Tribunal de Commerce;
  • (iii) Formation sur le contentieux administratif des membres des Cours Administratives de Bujumbura et Gitega et de la chambre administrative de la Cour d’Appel de Ngozi.
  • (iv) Formation de 12 formateurs nationaux en gestion des cours et tribunaux qui à leur tour, ont dispensé des cours à 205 chefs de parquets, de cours et tribunaux, de greffes et de secrétariats de juridiction, en vue d’améliorer les connaissances techniques et la qualité des prestations des magistrats.
  • (v) Formation de formateurs-magistrats (12), travailleurs sociaux (17) officiers de la police judiciaire (16) sur la justice pour mineurs en décembre 2008.
  • (vi) Octroi de 11 bourses d’études et de recherche à des magistrates dans le cadre de l’appui à la promotion de l’équilibre en genre dans la représentativité de la justice.

165. Dans le souci de renforcer l’impact de ces programmes et de mieux préparer un plan stratégique de formation, une étude destinée à évaluer les besoins en formation aussi bien des magistrats que du personnel de l’ordre judiciaire a été initiée. A terme, il est prévu de réaliser des formations urgentes de mise à niveau pour certaines catégories de personnel et de progresser vers l’établissement d’un Centre de Formation Professionnelle de la Justice.

166. L’année 2008 a été marquée également par l’adoption de mesures destinées à rétablir le lien de confiance entre la justice et les justiciables à travers un vaste programme d’exécution des décisions judiciaires et une campagne de descentes sur terrain. A cet effet, 505 greffiers et magistrats ont été préalablement formés sur les techniques de rédaction des jugements, les voies d’exécution des arrêts et jugements, la procédure civile et pénale, le classement et l’archivage et la gestion et tenue des caisses. Ainsi, 1.855 affaires ont été exécutées et 1.945 constats ont été effectués.

167. Si ce programme a permis d’alléger momentanément l’arriéré judiciaire, il n’a malheureusement pas été accompagné d’une stratégie de pérennisation. La réforme des règles d’exécution des décisions de justice et la révision du Code de procédure pénale restent toujours des défis majeurs pour traiter avec célérité et diligence les importants cumuls de dossiers pendants devant les différentes juridictions et pour désengorger les maisons d’arrêt.

b. Situation du système pénitentiaire

168. Au niveau du système pénitentiaire, des cas de détentions illégales ou arbitraires, des cas de nonséparation des mineurs avec les adultes, des cas de non-enregistrement au registre de détention et de garde à vue, ainsi que des mauvaises conditions de détention persistent. Les personnes en détention préventives représentent ainsi près des deux tiers des détenus. Dans le but d’améliorer l’accès à la justice des détenus et de réduire les détentions préventives prolongées, des itinérances des juridictions et parquets ont été organisées dans les ressorts judiciaires de certaines provinces. Ces activités ont eu cependant peu d’impact sur le désengorgement des prisons. Le programme d’assistance aux prisonniers mineurs devra contribuer à accélérer l’analyse des cas concernés.

169. Dans ce même ordre d’idée, la surpopulation carcérale s’est aggravée, le pourcentage d’occupation des prisons ayant augmenté de 197% à 245% entre 2005 et 2008, après avoir pourtant diminué suite aux accords d’Arusha. Le nombre de détenus a particulièrement augmenté en 2008, passant de 106 à 123 pour 100 000 habitants. Outre qu’il implique une violation des droits de l’homme, ce phénomène de surpopulation entraîne une dégradation des conditions de vie des prisonniers et renforce davantage la perception négative des populations vis-à-vis de la justice.

170. La réforme des règles d’exécution des décisions de justice et la révision du Code de procédure pénale restent toujours des défis majeurs pour traiter avec célérité et diligence les importants cumuls de dossiers pendants devant les différentes juridictions et pour désengorger les maisons d’arrêt. La sursaturation des capacités d’accueil devrait conduire à l’élaboration d’une politique criminelle, à la tenue plus régulière des chambres de conseil, à la rénovation des prisons dont la vétusté risque de provoquer leur effondrement. Durant l’année 2008, certains centres de détention ont pu être réhabilités et cette initiative devrait se poursuivre durant l’année 2009 afin de couvrir les 11 prisons du pays. La possibilité d’aménagement de nouvelles infrastructures pénitentiaires est également préconisée en même temps que des actions urgentes ont, d’ores et déjà, été identifiées par le groupe thématique sur la détention en vue de remédier aux problèmes par la surpopulation carcérale.

3.2.4. Promotion et défense des droits de la personne humaine

171. En dépit des efforts déployés dans le sens de garantir le respect des droits de l’Homme au Burundi, certains cas de violations des Droits de l’Homme attribuées à la PNB, la FDN, au SNR, aux agents de l’administration, au Palipehutu-FNL et à ses présumés dissidents ont pu être observés au cours de l’année 2008. Conscient que la dimension des droits de l’homme constitue une base fondamentale pour la réussite des programmes de réduction de la pauvreté, le gouvernement a pris des mesures concrètes pour redresser la situation notamment par la restauration d’une discipline plus ferme à l’intention des forces de sécurité et par l’initiation d’un dialogue permanent avec tous les partenaires socio -politiques et la société civile.

172. Par ailleurs, la finalisation et la promulgation du nouveau Code Pénal représentent une avancée significative dans la lutte contre l’impunité des crimes au Burundi. En effet, le nouveau Code supprime la peine de mort, relève la majorité pénale, énonce les peines alternatives à la privation de liberté, considère la torture comme un acte criminel. Il en est de même des crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité et des violences basées sur le genre.

173. De plus, plusieurs activités ont été menées dans le cadre de la stratégie intégrée de lutte contre les violences sexuelles et abus faits aux femmes et aux enfants. L’éradication de ce phénomène se complique du fait que tous les cas ne sont pas dénoncés. En effet, les victimes préfèrent ne pas faire état des violences sexuelles dont elles font l’objet et optent souvent pour le règlement à l’amiable par les Bashingantahe. Cette pratique concourt à la persistance de l’impunité de ces crimes dans la mesure où les présumés auteurs échappent ainsi à toute poursuite.

174. Au cours de l’année 2008, le gouvernement a organisé des campagnes d’information et d’éducation de la population sur ses droits et ses devoirs. Ainsi, des campagnes thématiques ont été organisées lors des événements comme (i) la journée de l’enfant africain, (ii) la célébration du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, (iii) la journée internationale de soutien aux victimes de la torture et (iv) à l’occasion de la déclaration de Goma. Une émission radiophonique hebdomadaire sur divers sujets en rapport avec les droits de l’homme est produite par le gouvernement. Elle est diffusée sur toutes les stations et peut être ainsi suivie à partir de n’importe quel point du pays.

175. Enfin, des programmes de formation en droits de l’homme et cohabitation pacifique sont organisés en direction des différentes cibles telles que les administratifs à la base, les prisonniers, les corps de défense et de sécurité, les populations des sites villages de paix, etc.

176. Des actions de renforcement des capacités ont également été menées à travers l’assistance aux victimes des violations des Droits de l’homme (écoute et orientation). En rapport avec le suivi des conventions internationales, il convient de mentionner la formation en Droits de l’Homme des points focaux des Ministères et la distribution d’équipement à la Police Nationale du Burundi (motos, moyens de communication, matériel de bureau, etc.)

177. Afin de se conformer aux engagements internationaux en matière de production des rapports initiaux et périodiques des conventions et pactes relatifs aux droits de l’homme ratifié par le Burundi, une structure légère de rédaction des rapports a été mise en place. Elle a bénéficié d’une formation dans cette matière. Des points focaux en matière des droits de l’homme ont été mis en place dans les différents ministères. Ils sont chargés de fournir les données à la structure légère.

178. S’agissant de la promotion et la protection des droits catégoriels, une politique nationale genre a été élaborée. Les points focaux genre ont été mis en place dans les ministères. Ces derniers sont chargés de s’assurer de la prise en compte de la dimension genre dans les politiques et programmes de ces ministères. Dans l’optique de la protection de l’enfant, une politique nationale en faveur des orphelins et autres enfants vulnérables est en cours d’élaboration. En outre, les séances de formation et de sensibilisation, en faveur notamment des leaders communautaires dans les domaines de la protection des droits de l’homme, de la dignité de la personne humaine et des violences faites aux femmes déjà initiées devront être renforcées et poursuivies.

179. Enfin, le phénomène de la chasse aux albinos dans certaines provinces du pays, en particulier celles frontalières avec la Tanzanie, a également marqué l’année 2008 au cours de laquelle 5 albinos ont été assassinés. La plupart des albinos, craignant pour leur sécurité, ont dû chercher refuge au chef-lieu de certaines provinces et communes. Des actions énergiques ont été menées et ont abouti à l’arrestation des auteurs présumés de ces crimes et des stratégiques visant le démantèlement total de leur réseau ont été arrêtées avec le gouvernement tanzanien.

180. En vue de renforcer l’action gouvernementale dans le domaine de la protection des droits de l’homme les stratégies et actions suivantes seront envisagées.

ObjectifsActions
Arrêter des stratégies pour la mobilisation des financements et la mise en œuvre des programmes en faveur des populations cibles ;− Mettre en place un cadre permanent de mobilisation des financements auprès des bailleurs ;

- Mettre en place un observatoire de suivi-évaluation et de coordination des différentes interventions menées en faveur des populations vulnérables et nécessiteuses.
Promouvoir le respect des droits de la Personne Humaine en vue de son épanouissement intégral dans la société burundaise.− Mettre en place un système d’information efficace sur les violations des droits de la Personne Humains ;

- Mettre en place un large programme d’éducation aux droits de l’homme,

- Collaborer étroitement avec les organisations de la société civile et d’autres partenaires impliquées dans la défense des droits de la Personne Humaine ;

- Renforcer les capacités des structures ayant en charge le suivi du respect des droits de la Personne humaine.
Promouvoir l’éducation à la Paix et à la réconciliation nationale à travers la restauration des valeurs culturelles ;− Privilégier la résolution pacifique des conflits par le biais des mécanismes communautaires ;

- Impliquer les structures d’accueil dans la gestion des conflits.
Mettre en place les mécanismes efficaces de coordination, de suivi-évaluation des interventions du Gouvernement et de ses différents partenaires en vue d’un impact considérable à l’endroit des populations bénéficiaires.− Créer un cadre permanent de concertation des différents intervenants y compris les bailleurs de fonds ;

- Créer une structure légère permanente de conception, de suivi-évaluation des interventions en faveur des personnes vulnérables.
Promouvoir l’intégration socio-économique des Batwa parmi les autres classes de la population Burundaise notamment par le chargement des attitudes, la mise en place des microprojets générateurs de revenus et la facilité d’accès aux besoins vitaux de base.− Sensibiliser de façon permanente les Batwa sur le comportement de la non marginalisation et de la non discrimination

- Mettre en place d’un système de microcrédit en faveur de la communauté des Batwa ;

- Mettre en place un système de suivi-évaluation adapté et assorti d’indicateurs de suivi.

- Sensibiliser les Batwa sur le bien fondé de se faire enregistrer à l’état civil (naissances, mariages, décès) et leur faciliter l’accès à ces services.

3.3. Gestion des conflits liés au passé

3.3.1. Processus de mise en place de la justice transitionnelle

181. Le processus de mise en place des mécanismes de justice de transition suit son cours. En effet, le gouvernement a signé en juin 2008 avec les Nations Unies un document de projet PBF afin d’appuyer les consultations nationales sur la mise en place des mécanismes de la justice de transition au Burundi. A cet effet, un calendrier pour ces consultations a été adopté. Des campagnes de sensibilisation et d’information à l’intention de la société civile, des confessions religieuses, des Bashingantahe, des jeunes, des représentants des médias, qui vont accompagner le processus ont été organisées.

3.3.2. Le règlement des conflits fonciers

182. Un comité technique interministériel élargi aux bailleurs a coordonné l’élaboration de la lettre de politique foncière dont le contenu qui a été validé en septembre 2008 s’articule autour de (i) la révision du code foncier, (ii) la restructuration et la modernisation des services fonciers, (iii) la décentralisation de la gestion foncière et (iv) le développement de solutions durables aux problèmes des personnes sans terres et à l’exiguïté des parcelles. Le projet de code a été présenté au public lors de l’atelier organisé en novembre 2008. Les innovations apportées dans ce cadre se situent au niveau de (i) la décentralisation des services fonciers, (ii) le rôle dévolu aux autorités locales dans la sécurisation foncière, (iii) la clarification du statut des paysannats et (iv) la création d’une commission foncière nationale.

183. Au regard des problèmes des personnes sans terres, exacerbés par le rapatriement massif des réfugiés, une stratégie de villages ruraux intégrés a été adoptée le 4 août 2008 et a conduit à l’aménagement de trois villages pilotes à Makamba et à Rutana. De façon générale, la problématique foncière continue à se poser surtout dans les zones à forte affluence de rapatriés comme en témoigne l’ampleur des conflits enregistrés à fin 2008.

Tableau 6:Données synthétique des conflits enregistrés
NoProvinceConflits fonciers%
1BUBANZA6755,8
2BUJUMBURA MAIRIE177115,3
3BUJUMBURA RURAL2041,8
4BURURI191116,5
5CANKUZO410,4
6CIBITOKE5835,0
7GITEGA3523,0
8KARUSI2071,8
9KAYANZA1731,5
10KIRUNDO5654,9
11MAKAMBA189016,3
12MURAMVYA4584,0
13MURAMVYA71,6
14MUYINGA380,3
15NGOZI180815,6
16RUTANA5114,4
17RUYIGI1941,7
TOTAL11568100,0

184. La CNTB a réglé 3389, soit 29.3 % des conflits et a validé 702 résolutions à l’amiable. Il est prévu de procéder à l’élargissement de la CNTB de 23 à 50 membres et l’amélioration de sa capacité juridique à prendre des décisions définitives, afin de désengorger le système judiciaire. A moyen et long terme cependant, le dialogue politique sur les questions foncières devra être renforcé dans l’optique d’une recherche des possibilités d’accès à la terre aux plus pauvres tandis que la reforme foncière s’avère être une option cruciale à préparer de manière à mettre au point un plan d’action qui soit effectivement opérationnel. Dans l’entre temps, des cellules de sécurisation foncières ont été mises en place par la CNTB dans certaines communes.

3.4. Renforcement de la gouvernance

3.4.1. Renforcement de la gouvernance politique

3.4.1.1. Renforcement des capacités des institutions élues

185. Pour promouvoir les échanges entre les sénateurs et les élus locaux, des descentes sénatoriales ont été réalisées dans les 16 Provinces et la Mairie de Bujumbura au cours desquelles plusieurs thèmes ont été abordés, notamment (i) la planification du développement communautaire et l’aménagement du territoire pour une autosuffisance alimentaire (ii) le rôle des élus locaux dans la cohésion et la justice sociale et (iii) le développement d’une meilleure stratégie de communication au sein des conseils communaux: communication interne et communication avec les partenaires. En rapport avec la mise en place d’un cadre permanent de concertation des élus locaux, l’association Burundaise des élus locaux « ABELO » a été créée. Au total, près de 1000 élus locaux ont bénéficié d’au moins une séance de formation en 2008, soit 8 fois plus que les années précédentes.

3.4.1.2. Promotion de la décentralisation

186. Des progrès ont été notés au cours de la période sous revue au niveau notamment des comités de bonne de gouvernance, de l’implication participative dans le choix des priorités et du renforcement des capacités des structures décentralisées. Aux fins de dresser un état des lieux sur le fonctionnement des comités locaux de bonne gouvernance existants, des rencontres provinciales ont été organisées dans tout le pays et devraient déboucher sur une proposition de mise en place des comités locaux inclusifs de bonne gouvernance dans le souci de favoriser la redevabilité et de concrétiser l’implication des citoyens à la base dans le développement et la gestion des affaires locales.

187. Dans l’optique d’une meilleure sensibilisation /information sur la décentralisation et la gouvernance locale, les activités réalisées ont porté sur (i) la formation des médias et les organisation de la société civile sur la décentralisation et la gouvernance locale, ayant regroupé 100 personnes provenant des associations professionnelles, des médias, de la presse audio-visuelle, de la presse écrite, des organes de régulation, et des départements impliqués dans la décentralisation et la gouvernance locale ; (ii) l’organisation d’une campagne de sensibilisation et d’information sur la décentralisation et la gouvernance au niveau local ; (iii) le recueil de textes sur la décentralisation consistant en un répertoire de 18 textes législatifs et réglementaires sur la décentralisation au Burundi et (iv) la constitution et la validation d’une base de données sur les collectivités locales des 17 provinces. Après évaluation des besoins et des contraintes, 50 motos et 33 ordinateurs ont été disponibilisés, 20 bureaux communaux ont été réhabilités, 29 bureaux communaux ont été construits.

3.4.1.3 Promotion de la participation citoyenne

188. Les actions de promotion de la participation citoyenne ont été consacrées aux consultations provinciales lors des états généraux sur la décentralisation au Burundi et ont regroupé plus 2000 personnes dans les 16 provinces et la Mairie de Bujumbura. Toutes les catégories sociales ont été ciblées afin qu’elles apportent leurs contributions à la formulation de la politique de décentralisation.

189. Les débats particulièrement enrichissants ont débouché sur l’amendement du document de politique de décentralisation ainsi que sur le plan d’actions triennal de mise en œuvre de la décentralisation, dont les cinq axes stratégiques se rapportent à 5 thématiques.

  • (i) Le cadre juridique qui préconise la mise en place de l’ensemble des textes juridiques devant permettre aux communes d’exercer pleinement leurs responsabilités de maître d’ouvrage du développement local. Les textes envisagés, selon les cas, peuvent être d’ordre législatif ou simplement réglementaire. De ce fait, la pyramide juridique des mesures suggérées reste variable selon l’importance des questions traitées.
  • (ii) Le cadre institutionnel propose la mise en place de structures organisationnelles plus appropriées à l’exécution et à la coordination de la politique de décentralisation.
  • (iii) Le renforcement des capacités des acteurs institutionnels à travers des activités de formation et la communication de masse à l’adresse de la population pour pallier à la faiblesse de la pénétration sociale de la décentralisation à la base.
  • (iv) La création des conditions idéales devant permettre aux communes de relever le défi de promotion du développement socio-économique et la réduction de la pauvreté.
  • (v) Le renforcement des capacités contributives de la population, à travers la fiscalité locale, devra permettre aux communes de disposer de plus de ressources financières, afin d’enclencher un développement endogène.

190. En sa qualité d’outil de cadrage, d’orientation et de programmation opérationnelle pour la mise en œuvre de la politique de décentralisation, le Document de Politique Nationale de Décentralisation définira désormais les orientations stratégiques majeures de la politique de décentralisation et des actions à mener pour le long terme (8 à 10 ans).

3.4.1.4. Promotion de la culture du dialogue politique

191. Dans le cadre de sa politique visant à privilégier la concertation, le dialogue et les échanges sur les principaux défis posés au pays et sur les solutions à y apporter, le gouvernement, en collaboration avec ses partenaires, a initié un vaste programme consacré à la recherche d’un large consensus sur les enjeux sociopolitiques du pays. A cet effet, les étapes suivantes ont guidé le cheminement des travaux.

192. L’organisation du 17 au 19 avril 2008, d’un premier Forum national regroupant l’ensemble des parties prenantes qui a permis de lancer le processus et d’instituer les cadres de dialogue pour les différents acteurs sociopolitiques. Ainsi, un dialogue démocratique a pu se tenir et permettre aux différents acteurs de définir ensemble leurs priorités pour consolider la paix au Burundi ainsi que leur rôle et responsabilité face aux différents enjeux, en particulier la bonne préparation des futures élections. Cette première phase qui devait permettre aux participants de s’approprier les règles d’un dialogue démocratique et de dégager un consensus sur les grands enjeux / priorités auxquels le pays fait face, s’est déroulée en 2 sessions de dialogue pour 120 officiels du gouvernement, 17 sessions de dialogue avec les organisations de la Société Civile dans toutes les provinces du pays (plus de 1000 participants), 2 sessions de dialogue avec 60 professionnels des médias, 2 sessions de dialogue avec l’ensemble des partis politiques (120 représentants) et 2 sessions de dialogue avec 138 parlementaires.

193. La deuxième phase a, quant à elle, porté sur l’élaboration des plans d’action contenant des propositions concrètes pour aller de l’avant. La troisième phase consistant en l’organisation de cinq foras régionaux vise à permettre aux différents acteurs sociopolitiques (parlement, partis politiques, Société Civile et les médias) d’évaluer et d’enrichir les résultats de chaque cadre, afin de sceller un engagement commun propice à l’enracinement d’une culture de dialogue au Burundi.

194. Une phase finale en rapport avec l’organisation d’un forum national à Bujumbura regroupant l’ensemble des acteurs sociopolitiques est conçue de manière à permettre aux participants de faire une appréciation des fruits du dialogue et de son impact dans le processus national de consolidation de la paix notamment dans l’utilisation du dialogue pour la résolution et la prévention des conflits au Burundi.

195. Dans le cadre du Projet «Appui à la mise en place des Cadres de Dialogue et de Concertation entre les partenaires nationaux », et au regard de son objectif de renforcer la culture démocratique, une série d’actions se poursuivront, notamment le forum des partis politiques pour la pérennisation des acquis de ces cadres de dialogue, la réalisation d’un diagnostic technique, institutionnel et organisationnel des comités locaux de bonne gouvernance existant en vue de préciser l’état des lieux, les forces et les faiblesses, opportunités et risques qui se présentent à ces comités pour l’exécution de leur mission et les modalités de leur mise en place éventuelle là où ils n’existent pas. Cela permettra la participation des communautés à la base et les partenaires au développement qui appuient ces comités dans la promotion de la bonne gouvernance.

3.4.2. Renforcement de la gouvernance administrative

196. Dans le cadre du renforcement des capacités des communes, des actions de formation ont été réalisées en faveur des acteurs locaux (CDCs, CCDCs, Conseils Communaux et Comités de gestion des projets) sur des thèmes variés comme la planification et la gestion des projets. Ces séances de formation et d’information ont permis d’aborder les thèmes comme la planification et la gestion des projets, la mise à jour des Plans Communaux de Développement Communautaire (PCDC), l’identification des projets communautaires, la passation des marchés publics, le financement des projets prioritaires issus des PCDC et l’appui à leur mise en œuvre. Formellement, sur 129 communes, 17 étaient dotées d’un plan de développement dont 11 validés à la fin de l’année 2008.

197. Les questions liées aux capacités techniques et organisationnelles des partenaires locaux de la société civile incluant les problèmes de financement des projets, d’éducation civique et de bonne gouvernance, d’organisation de la société civile, mais aussi le renforcement des capacités des acteurs locaux en techniques de plaidoyer ont également été abordées. La régularisation des mariages des Batwas constitue un pas important vers l’intégration de cette communauté dans la vie sociopolitique du pays.

198. Les sessions de formation organisées par PRADECS ont ciblé les acteurs locaux dans 43 communes de son intervention sur les modules de planification communale, cycle de microprojets en suivi évaluation pendant lesquelles environ 2200 personnes ont été formées à raison de 50 personnes par communes. Les formations sur la passation des marchés et la gestion financière ont concerné 430 personnes. Des formations en informatique des agents communaux pour 150 personnes ont été aussi effectuées.

3.4.3. Renforcement de la gouvernance économique

3.4.3.1. Lutte contre les malversations économiques

199. Dans le cadre de la restauration des valeurs de probité largement entamées par la crise sociopolitique, la bonne gestion des deniers publics constitue un des piliers sur lequel doit être bâti le développement socioéconomique du Burundi. A cet effet, les actions menées au cours de l’année 2008 ont concerné (i) la réalisation d’une enquête diagnostique sur la gouvernance, (ii) la redynamisation du rôle de l’Inspection Générale de l’Etat et (iii) le renforcement de la transparence dans la gestion de la chose publique.

200. L’implication de la société civile est à souligner, avec la dénonciation de 3147 cas de malversations contre 2619 l’année précédente. La cour anti corruption n’a cependant jugé que 21 cas en 2008, contre 77 en 2007, ce qui montre les besoins en termes de renforcement de sa capacité à traiter les dossiers.

a. Enquête diagnostique sur la gouvernance

201. La réalisation de l’Enquête diagnostique sur la gouvernance et sur la corruption au Burundi a constitué un progrès important vers la mise en place d’une stratégie nationale de gouvernance et de lutte contre la corruption assortie de son plan d’action. Le rapport de l’enquête a été transmis au Gouvernement au mois de mai 2008 et analysé par le Conseil des Ministres au mois d’août 2008. La dissémination des résultats s’est effectuée à travers tout le pays et les termes de référence pour la rédaction de la stratégie ont été finalisés.

b. Redynamisation du rôle de l’IGE, de la Cour et de la Brigade Spéciale anti-corruption

202. L’Inspection Générale de l’Etat a pu produire 85 rapports en même temps qu’elle a déposé 11 plaintes au parquet général près la cour anti-corruption pour cause de détournement, gestion frauduleuse ou toute autre malversation.

203. L’année 2008 a été également marquée par une certaine redynamisation des activités de l’Inspection Générale de l’Etat, liées notamment à la mise en place de nouvelles structures de l’institution réparties en cinq divisions à savoir: la Division des Recettes Publiques ; la Division des Dépenses Publiques ; la Division des Sociétés à Participation Publique et des Projets, la Division des Affaires Administratives et Juridiques et la Division de la Formation, des Méthodes et de la Documentation.

204. Quant à la Brigade Spéciale anti-corruption, l’année 2008 a été marquée par l’ouverture de trois nouveaux commissariats régionaux à Bururi, Gitega et Kayanza en vue d’améliorer le rendement en matière de lutte contre la corruption et les infractions connexes.

c. Renforcement de transparence dans la gestion des fonds publics

205. Les structures en charge de la lutte contre les malversations économiques ont bénéficié des nouveaux appuis par le biais de deux importants programmes. Le premier concerne l’appui au Renforcement des Mécanismes de Lutte contre la Corruption et les Malversations économiques. Les actions menées dans ce cadre concernent les volets suivants:

  • (i) la sensibilisation de toutes les parties prenantes (administration, secteur privé, société civile, population à la base, etc.) sur la responsabilité des différents acteurs et sur les nouveaux mécanismes de lutte contre la corruption
  • (ii) le renforcement des capacités techniques et humaines des cadres de la Cour et de la Brigade Spéciale Anti- Corruption par la formation en audit, grandes notions du droit pénal, enquête et instruction judiciaire, marchés publics et comptabilité publique
  • (iii) la formation de 4 cadres de la Cour et de la Brigade Spéciale Anti- Corruption en Afrique du Sud
  • (iv) la formation de 4 Cadres de la Cour et la Brigade Spéciale Anti- Corruption sur le suivi de l’exécution de la loi de finances et sur la nouvelle Loi sur les Marchés Publics
  • (v) l’appui à la Brigade Spéciale Anti- Corruption pour tirer de l’expérience et de l’expertise dans le réseau de l’East African Association of Anti- Corruption, en tant que nouveau membre
  • (vi) l’appui à la Cour et à la Brigade Spéciale Anti- Corruption pour la participation de 2 cadres à un séminaire sur la lutte contre la corruption à KIEV en UKRAINE

206. Le second est lié au projet de lutte contre la corruption. Ce programme est essentiellement centré sur la sensibilisation et l’information à l’intention des responsables des services de la police et de la magistrature. Les prochaines étapes de mise en œuvre de ce projet consisteront à:

  • (i) démarrer la formation en langue Anglaise à l’intention du personnel de la Cour et de la Brigade Spéciale Anti- Corruption,
  • (ii) doter la Brigade Spéciale Anti-corruption de mobilier de bureaux
  • (iii) organiser trois ateliers d’informatisation et de sensibilisation à Bujumbura, Ngozi et à Bururi à l’intention des magistrats des juridictions ordinaires et des services de police sur la loi anti- corruption et leur rôle dans la lutte contre la corruption.
  • (iv) organiser trente quatre ateliers d’information et de sensibilisation à l’intention des administrateurs communaux et des populations à la base au travers de la représentation de leurs élus sur la prévention et la lutte contre la corruption,
  • (v) appuyer les campagnes médiatiques de sensibilisation de la population à la lutte contre la corruption,
  • (vi) réaliser une étude indépendante sur le fonctionnement de la Cour et de la Brigade Anti-corruption et d’un atelier national sur l’évaluation de leur action.

207. Au niveau décentralisé, les initiatives déjà entreprises comme la création des antennes communautaires de lutte contre la corruption, la mise en place des organes de surveillance des fonds communaux et l’organisation des comités de gestion des recettes des Tribunaux de Résidence seront encouragées, renforcées et progressivement généralisées.

3.4.3.2. Réformes des finances publiques

208. La recherche d’une plus grande cohérence entre les budgets et les priorités de politique socioéconomique, l’amélioration des rendements des structures de collecte des recettes, le renforcement de la transparence et de l’efficacité dans la gestion des fonds publics et la clarification du cadre légal et institutionnel constituent quatre objectifs majeurs visés par la mise en œuvre des réformes identifiées dans le domaine des finances publiques.

a. Alignement du budget sur les priorités de politiques économiques et sociales

209. Depuis la mise en œuvre du CSLP intérimaire, des efforts continus visant l’amélioration du profil des dépenses publiques ont été déployés et renforcés progressivement grâce à la reprise de la coopération avec les donateurs. Avec l’adoption du CSLP-Complet, des progrès visibles ont été accomplis, notamment en ce qui concerne les secteurs sociaux qui bénéficient d’une proportion de plus en plus importante du budget. C’est dans ce même esprit qu’une revue des dépenses en capital a été effectuée afin d’identifier au préalable les actions axées sur la lutte contre la pauvreté.

b. Amélioration des rendements des services chargés de la collecte des recettes

210. Dans le domaine des impôts et taxes, un pas important a été franchi grâce à une maîtrise progressive des effectifs des contribuables par le biais de l’introduction du NIF. A fin 2008, environ 3500 redevables des impôts étaient recensés. Néanmoins, le recours à ce système n’est pas entièrement opérationnel du fait que la liste des contribuables n’est pas encore exhaustive.

211. Cette lacune pourra être comblée avec l’accélération du programme d’informatisation dont les travaux, qui devraient s’achever avec l’année 2009, permettront de finaliser la constitution d’un fichier unique de tous les contribuables et d’établir les liens nécessaires avec les services clé comme la Direction des Douanes. Parallèlement, la révision du Code Général des Impôts et Taxes, l’actualisation des procédures fiscales, l’élaboration de la charte du contribuable et la mise à jour du plan comptable constituent des mesures dont la finalisation devrait avoir un impact significatif sur les performances de la Direction des Impôts.

212. Au niveau des services douaniers, la mise en œuvre du Code des Douanes promulgué en 2007 a été concrétisée par l’ordonnance d’application signée en janvier 2008 et l’usage du logiciel SYDONIA ++ a déjà conduit à des résultats significatifs dont surtout un meilleur suivi des activités d’importation, un contrôle plus rigoureux des exonérations y relatives et l’intégration progressive du NIF dans les opérations douanières. Concernant l’amélioration des infrastructures, il est important de rappeler la réhabilitation des bureaux des douanes Port et Aéroport ainsi que des bureaux des postes douaniers frontaliers de KOBERO et KANYARU Haut.

213. En relation avec l’adhésion du Burundi au sein de l’East African Community (EAC) en 2007, le gouvernement met en avant l’institution de la TVA qui devra se substituer à la taxe sur les transactions. Il est attendu que cette réforme puisse servir à compenser les pertes douanières qui seront occasionnées par la mise en place du Tarif Extérieur Commun (TEC) et à renforcer ainsi la viabilité budgétaire. La TVA et le TEC seront complétés par (i) la révision de l’exercice budgétaire, (ii) la création de l’Office des Recettes et (iii) l’harmonisation douanière avec celle de l’EAC. Quant aux recettes non fiscales, incluant notamment les recettes administratives et de portefeuille, elles méritent une attention particulière surtout en ce qui concerne les performances des différentes structures chargées de leur perception et le renforcement des capacités de prévision.

c. Gestion efficace et transparente des dépenses publiques

214. Les mesures adoptées au titre de la gestion des dépenses publiques sont articulées essentiellement autour des objectifs de transparence, d’efficacité et de maîtrise des différentes formes de dépenses.

215. Au stade de la préparation, le budget s’inscrit désormais dans la logique fixée par le cadrage budgétaire incluant des indications sur les fonds alloués à chaque ministère et comporte une meilleure lisibilité grâce à une présentation consolidée du BO et du BEI par Ministère. L’intégration consolidée des prêts et des dons au titre des projets de développement par ministère constitue la prochaine étape du processus.

216. La promulgation du Code des Marchés Publics représente un pas décisif vers la transparence dans la gestion des fonds publics. A cet effet, de nouvelles structures comme l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics et la Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics sont d’ores et déjà opérationnelles. Les cellules en charge de la gestion des marchés publics sont déjà constituées au sein des différents ministères. Il reste à procéder à la vulgarisation du nouveau Code, à élaborer les documents types de passation des marchés et à renforcer les capacités des nouveaux organes mis en place dans ce cadre.

217. Les progrès réalisés au niveau du suivi de l’exécution budgétaire renforcent également l’objectif de transparence et d’efficacité. A cet effet, bien que le Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGEFI) actuellement en place nécessite toujours des améliorations, il a néanmoins permis une certaine maîtrise des principales étapes du circuit de la dépense, surtout en ce qui concerne l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement. Toutefois, des efforts sont encore à déployer pour améliorer la fiabilité des données en même temps qu’il est important d’étudier les voies et moyens de restaurer la connexion informatique entre le BRB et le Ministère des Finances et d’assurer l’intégration dans le système les opérations liées aux paiements (décaissements et encaissements). La sécurisation et la maintenance du SIGEFI ainsi que l’intégration comptable des recettes et de la paie pourront avoir lieu dès lors que le service des impôts sera informatisé.

218. La maîtrise de la masse salariale s’est poursuivie à travers (i) le gel des recrutements des fonctionnaires à l’exception des secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation, l’agriculture et la justice, (ii) l’achèvement du recensement des fonctionnaires civils et (iii) le lancement du recensement des effectifs de l’armée et de la police. Le rapatriement de la gestion de la paie au Ministère des Finances et la formulation d’un cadre cohérent pour les augmentations de salaires qui soit compatible avec les possibilités budgétaires devront compléter au cours de l’exercice 2009, l’ensemble des dispositions prises par le gouvernement en vue d’une efficience accrue dans la gestion des rémunérations. Pour pérenniser les acquis des deux recensements, il est impératif de constituer une base des données fiables et sécurisées. Dans le domaine de la gestion de la trésorerie, des étapes importantes ont été franchies. Désormais, un plan de trésorerie prévisionnel, fondé sur la saisonnalité des recettes et des dépenses est produit sur une base régulière. Par ailleurs, l’unicité de caisse a été progressivement rétablie tandis que la création d’une commission mixte entre la BRB et le Ministère des Finances a permis de nouvelles bases pour une prévision plus cohérente des besoins de trésorerie et pour l’émission des obligations et des bons du trésor.

d. Renforcement du cadre légal et institutionnel

219. Le gouvernement vient de franchir une étape décisive par l’adoption de la Loi Organique relative aux Finances Publiques (LOFP) et l’élaboration d’une Stratégie de Gestion des Finances Publiques (SGFP). La mise en œuvre de la LOFP promulguée le 4 décembre 2008 permettra d’actualiser le dispositif juridique et réglementaire notamment l’actualisation du texte relatif au Règlement Général sur la Comptabilité Publique (RGCP), l’élaboration du manuel des procédures de la chaîne de la dépense et la révision de la nomenclature budgétaire et du plan comptable de l’Etat.

Encadré 1:La nouvelle Loi Organique de Gestion des Finances Publiques

La nouvelle loi organique relative aux Finances Publiques a été promulguée en décembre 2008, remplaçant ainsi l’ancienne loi de 1964. Sans bouleverser les traditions administratives nationales, elle a pour objectif de moduler la gestion des Finances Publiques, en apportant des éléments de modernisation allant dans le sens de la déconcentration de l’exécution budgétaire, principalement sous la forme de la « décentralisation de l’ordonnateur ». A partir de 2014, les ministères qui en auront la capacité pourront ainsi bénéficier d’une autonomie de gestion et procéder à l’ordonnancement des paiements via leurs départements financiers. Les ministères seront donc entièrement responsables de la mise en œuvre de leurs programmes et de leur rythme d’exécution.

Quant à la procédure de vote de la loi annuelle de Finances, elle est désormais scindée en 2 parties: dans la première, les députés voteront les grandes lignes du budget, recettes et dépenses, donc le niveau de déficit budgétaire toléré. Dans la seconde, les plafonds seront donc déjà fixés et les amendements ne concerneront que des arbitrages inter- ou intra-ministères. En outre, la loi propose une modulation des contrôles, qui se feront en fonction du niveau de risque de chaque dépense, permettant ainsi au système de gestion des Finances publiques d’être plus performant en allégeant la procédure de gestion. Ainsi, il y aura moins de points de contrôle pour chaque dépense (une trentaine de signatures actuellement), il n’y aura plus de dédoublement des contrôles, mais chaque contrôle sera plus approfondi, et les dépenses comportant davantage de « risque » (marchés publics, gros investissements, etc.) en subiront davantage que des dépenses de moindre importance (ex: achat de matériel de bureau). En termes de flexibilité, le nombre de lignes budgétaires sera réduit par un facteur 7, de 3500 à 600. Ceci permettra aux gestionnaires de réallouer aisément des économies réalisées sur certains postes de dépenses vers d’autres (ex: économies de carburant suite à la baisse des cours utilisées pour acheter des fournitures de bureau faisant défaut).

En ce qui concerne les ressources extérieures et l’aide au développement en particulier, la LOFP offre un cadre souple aux bailleurs souhaitant conserver la maîtrise des dépenses des projets qu’ils financent, tout en respectant la déclaration de Paris. Les projets, ainsi que les fonds spéciaux, pourront donc figurer en annexe, dans le Budget d’Affectations Spéciales (BAS), respectant ainsi les procédures et la nomenclature nationale. Il est désormais possible de distinguer les crédits d’engagement des crédits de paiement pour les investissements étalés sur plusieurs années: l’engagement aura lieu lors du premier exercice, mais le paiement sera scindé sur plusieurs exercices, au fur et à mesure de l’avancée de la réalisation de l’investissement (ex: routes, ponts, etc.).

220. Quant à la SGFP, elle précise, à partir de l’exercice 2009, un plan d’actions axé sur les priorités énoncées dans la loi organique. Une telle mission sera accomplie à travers la réalisation de 6 objectifs suivants.

  • (i) Un cadre législatif et réglementaire de la gestion des finances publiques cohérent est adopté et mis en œuvre.
  • (ii) Les ressources intérieures et extérieures sont mobilisées efficacement pour le financement des dépenses tout en respectant l’équilibre budgétaire.
  • (iii) La gestion des ressources publiques est efficace, rigoureuse et transparente.
  • (iv) Le système de contrôle est cohérent, efficace et conforme aux normes internationales.
  • (v) Les données sur les finances publiques sont exhaustives, fiables et régulières.
  • (vi) Les capacités institutionnelles du Ministère des Finances et des structures partenaires sont progressivement renforcées pour plus d’efficacité dans l’accomplissement de leurs missions

3.4.4 Renforcement de la société civile

221. Des actions ciblées sur l’amélioration des connaissances des membres de la société civile ont été initiées. Ainsi, le renforcement des capacités techniques, humaines, institutionnelles et organisationnelles de la Société Civile a été effectué à travers (i) l’appui à la mise en place des comités locaux de surveillance des actes de corruption, (ii) la formation de 100 participants de la Société Civile, des institutions anti- corruption et de contrôle des finances publiques, sur les Marchés Publics et sur le suivi et le contrôle de l’exécution de la loi de finances et (iii) l’organisation d’un mini atelier d’échange et de concertation entre les organisations de la société civile anti-corruption et promotrice de la Bonne Gouvernance économique.

222. De même, le recrutement d’une agence/entité de conception et d’exécution (AFRICA LABEL) des ateliers de sensibilisation et d’information sur les nouveaux mécanismes anti- corruption, au niveau communal et régional, a permis des avancées en termes d’information sur les méfaits de la corruption. Le premier atelier national d’information et de sensibilisation au cadre légal de lutte contre la corruption a été organisé du 27 au 28 novembre 2008.

223. Il importe également de mentionner l’organisation de la visite guidée de la presse écrite et audiovisuelle pour que la population et les autorités administratives au niveau communal et provincial soient sensibilisées sur les activités quotidiennes de la brigade Spéciale Anti- Corruption. Cette activité a coïncidé avec la journée internationale de lutte contre la corruption le 14 / 12/ 2008, à Kayanza.

3.4.5. Privatisation des entreprises publiques

224. Le programme de privatisation connaît quelques retards dans sa mise en œuvre, du fait surtout de la complexité du processus lui-même et de la spécificité des différentes entreprises. Pour bon nombre d’entre elles, les instruments juridiques existent et ont permis d’enclencher le processus de privatisation. Il s’agit de l’ABP, du COTEBU, de l’ONATEL, de l’ONAPHA, de la SOSUMO et de l’Hôtel Source du Nil.

225. En revanche, les actions détenues par l’Etat dans l’OCIBU, la BCC, l’UCAR et la SBF ont été vendues, générant des recettes au profit du Trésor à hauteur de 433.163.000FBu, 228.390.000Fbu, 234 630.000Fbu et de 233.488.000Fbu respectivement.

226. Sur le plan légal, la loi portant privatisation sera révisée pour faciliter les opérations de privatisations. A cet effet, les termes de référence pour élaborer une nouvelle loi sont disponibles. Il est également prévu de procéder à des audits techniques et financiers des principales entreprises publiques en vue d’évaluer leur valeur réelle.

3.4.6 Pilotage de l’économie

a. Cadrage Macroéconomique (modèle IMPLABURA)

227. Les travaux de mise à jour du modèle d’information et de planification du Burundi, (IMPLABURA) et de formation des cadres à son utilisation constituent un pas important vers la recherche d’un instrument coordonné de gestion économique. Le modèle est aujourd’hui fonctionnel et permet de proposer des scenarii économiques pour le pays en fonction d’un grand nombre de paramètres et de variables. Cependant, les cadrages macroéconomiques proposés comme base de travail pour l’élaboration budgétaire présentent encore de nombreuses insuffisances, essentiellement en raison de la faible qualité des données de base (les Comptes Nationaux ne sont aujourd’hui disponibles que pour l’année de base 2005), et le manque de ressources humaines pour poursuivre la mise à jour du modèle.

b. Cadres des Dépenses à Moyen Terme (CDMT)

228. Afin d’inscrire la préparation du budget de l’Etat dans une logique de missions et d’objectifs, dans un cadre pluriannuel, stratégique et aligné sur les objectifs du CSLP, le gouvernement compte initier le processus CDMT, avec l’appui de la Banque Mondiale. Les CDMT présentent les dépenses et les ressources d’un ou plusieurs secteurs, par objectif, sur un horizon de 3 ans. A partir d’un cadrage Macroéconomique pluriannuel incluant un CDMT central d’une part, et de stratégies et plans d’actions sectoriels d’autre part, les services de planification centrale et sectorielle seront en mesure d’optimiser l’allocation des ressources intérieures et extérieures disponibles, en étudiant avec rigueur plusieurs scénarios budgétaires alternatifs et leurs impacts sur l’économie à moyen terme. Associés au cadre juridique de la nouvelle loi organique relative aux finances publiques, les CDMT permettront à terme de présenter un budget par programme et par objectif du CSLP, dans une perspective pluriannuelle.

c. Simulation d’impact (modèle SPAHD - Strategy Paper for Human Development)

229. Avec le soutien de la Banque Mondiale, un modèle macroéconomique reliant les principales variables macroéconomiques aux indicateurs de développement humain sera prochainement introduit dans les mécanismes de précision. Le modèle essaie de montrer comment établir une stratégie de croissance économique avec un impact visible sur le développement humain. Les résultats des différentes simulations sont fondés sur un scénario de base à l’horizon 2020, dans lequel les tendances actuelles (2006) ne font que se poursuivre. Ce scénario repose sur les variables endogènes de décision sur lesquelles l’Etat exerce un contrôle et les variables exogènes (intérieur et extérieur).

Chapitre 4: Promotion d’une croissance économique durable et équitable

4.1. Relance de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la pisciculture

4.1.1. Production vivrière.

4.1.1.1. Tendance générale.

230. Les activités agricoles se mènent dans un environnement de contraintes liées notamment à l’émiettement des exploitations agricoles, à l’usage d’outils rudimentaires, à la prédominance de l’autoconsommation et aux difficultés d’accès aux intrants. De surcroît, le relief caractérisé dans beaucoup de cas par de fortes pentes favorise l’érosion dont la conséquence immédiate est l’altération des terres arables. Le secteur agricole est en outre marqué par une baisse de la fertilité des sols, un difficile accès au crédit et un niveau de pauvreté très élevé des populations rurales, occupées à 90% par des activités agricoles. C’est dans ce difficile contexte que non seulement la production vivrière n’a pas véritablement connu une croissance susceptible de générer des surplus agricoles, mais qu’elle n’a pas empêché l’apparition, dans certaines régions, des situations de disette. Le graphique ci-dessous retrace les tendances passées des tonnages produits ainsi que le taux de croissance observé d’une année à l’autre.

Graphique 9:Tendance de la production vivrière

Source: Département des statistiques du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage

231. En 2005 et 2006, la production vivrière a connu une évolution défavorable traduite par des taux de croissance en baisse. Le relèvement de 4,2% en 2007 a juste permis de retrouver le niveau de 2004 avant de retomber à 2,6% en 2008. Ce rythme, comparé à la croissance démographique, estimée à 2,35% (à la lumière des résultats du dernier recensement de la population et de l’habitat), est encore insuffisant pour rattraper les niveaux de production par habitant du début des années 1990. Bien plus, en raison des aléas climatiques qui ont frappé très durement certaines régions du pays et de l’inefficacité dans la gestion des ressources en eau, des situations de famine ont pu être observées ici et là au cours de l’année 2008.

Encadré 2:Principaux résultats de l’enquête sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité des ménages

Une enquête représentative auprès de 5000 ménages en milieu rural menée par le Programme Alimentaire Mondial, avec l’appui technique de l’ISTEEBU, a permis de définir le niveau de sécurité alimentaire au Burundi et de mettre en évidence certains facteurs de vulnérabilité. La notion de sécurité alimentaire est définie en termes de disponibilité, d’accès et d’utilisation des aliments, celle de vulnérabilité en termes d’exposition au risque et de capacité d’ajustement.

Cette enquête a permis d’estimer le nombre de ménages en état d’insécurité alimentaire grave à 63 900, soit 4,8% des ménages du pays, et celui des ménages en état d’insécurité alimentaire modérée à 302 700, soit 23%. De plus, le nombre d’enfants de moins de 5 ans en situation de malnutrition modérée serait de 26,5% et celui des enfants en situation de malnutrition sévère de 9,2%. Plus précisément, 52,7% de ces enfants présentaient un retard de croissance et 8,4% une insuffisance pondérale par rapport à leur taille.

Les provinces les plus gravement touchées par l’insécurité alimentaire sont d’abord celles du Nord-Est du pays (Cankuzo, Karusi, Muyinga, Ngozi et Kirundo) avec plus de 63% des ménages en situation d’insécurité alimentaire. Les plus pauvres en termes d’actifs et de revenus seraient en revanche celles du Nord Ouest (Cibitoke, Bubanza et Bujumbura Rural) principalement en raison du conflit qui y a perduré en 2008. Au total, près de deux tiers des ménages en état d’insécurité alimentaire vivent dans 5 provinces seulement: 16,8% à Ngozi, 4,3% à Muyinga, 13% à Karusi, 10,5% à Cibitoke et 10,5% à Bujumbura Rural.

Graphique 10:Répartition géographique des ménages en état d’insécurité alimentaire grave

Source: WFP Comprehensive Food Security and Vulnerability analysis, 2008

Les facteurs déterminants de l’insécurité alimentaires ont trait à la richesse du ménage et à la possession d’actifs, l’accès à la terre et au statut d’occupation, ou encore à la superficie des terres cultivées. Il apparaît que les ménages dirigés par une femme sont davantage sujets à l’insécurité alimentaire, que ceux-ci diversifient moins leur production et cultivent rarement des produits d’exportation. En termes de profils de ménages, l’enquête a permis d’isoler 5 types de ménages particulièrement à risque. En premier lieu, les ménages dits « marginaux », caractérisés par un chef de ménage âgé, peu éduqué, isolé socialement et géographiquement, dont le revenu moyen, extrêmement faible, est constitué à 60% de transferts et pensions, le reste provenant de cultures de subsistance. La seconde catégorie la plus touchée est celle des paysans sans terre, qui vivent de leur force de travail pour 84% de leur revenu, dépendent du marché pour l’approvisionnement en nourriture et ne gagnent pas assez pour investir dans des actifs productifs et améliorer leur condition. Le troisième groupe est constitué de brasseurs, qui tirent les deux tiers de leurs revenus des activités de brasserie, le reste de l’agriculture. Enfin vient le groupe plus large des agriculteurs proprement dits, qui tirent 90% de leurs revenus de la production agricole, représentent un tiers de la population totale mais dont le revenu moyen est la moitié du revenu national moyen.

L’enquête a également permis de déterminer les chocs auxquels les populations ont été les plus sensibles en 2008, en premier lieu la sécheresse pour deux tiers des ménages, la hausse des prix pour un tiers, la grêle pour 21,8% d’entre eux et les maladies des plantes pour 18,1%.

Graphique 11:Chocs les plus fréquents dont sont victimes les populations rurales

Source: WFP Comprehensive Food Security and Vulnerability analysis, 2008

La capacité de réponse aux chocs des ménages est très limitée et consiste essentiellement à réduire la quantité de nourriture par repas et à acheter des aliments meilleur marché, pour près de 90% des ménages ayant subi un choc. D’autres réponses possibles ont consisté à réduire les repas des adultes pour conserver ceux des plus jeunes (65%), à réduire le nombre de repas (60,3%), à acheter de la nourriture à crédit (58,9%) ou à emprunter de l’argent (52,2%)

Enfin, le rapport d’enquête indique comme principales causes de l’insécurité alimentaire des ménages le déclin de la productivité agricole en raison de la surexploitation des terres et des forêts, du changement climatique et de l’érosion. D’autres facteurs seraient la faible taille des exploitations agricoles, entre 0,25 et 0,5 hectares en moyenne, le problème de conservation de la production à la fin de la récolte, le manque d’actifs productifs, l’importante proportion de jeunes inactifs, le manque d’infrastructures de transport, l’absence d’information sur les prix agricoles (intrants et production), les catastrophes naturelles et la hausse des prix alimentaires.

232. En vue de relever les défis posés par l’impératif d’améliorer la productivité des cultures vivrières et de garantir la sécurité alimentaire de la population, le gouvernement s’est doté d’une stratégie Nationale Agricole articulée autour de 4 objectifs visant (i) l’accroissement durable de la productivité et de la production agricole, (ii) la promotion des filières et de l’agri-business ; (iii) l’appui à la professionnalisation des producteurs et au développement des initiatives privées et (iv) le renforcement des capacités de gestion et de développement du secteur agricole.

233. Des programmes multiformes appuyés par les partenaires au développement ont été initiés depuis plusieurs années et se sont poursuivis au cours de l’année 2008. Les principales activités réalisées à cet effet sont (i) la réhabilitation et la mise en valeur des centres semenciers ; (ii) la promotion d’un stock stratégique de fertilisants ; (iii) la réhabilitation des systèmes d’irrigation de l’Imbo ; (iv) l’acquisition des équipements pour les associations et autres organisations de producteurs ; (v) la lutte contre les maladies et les ravageurs des plantes ; (vi) la relance du centre avicole de Gitega ; (vii) l’intensification des cultures vivrières ; (viii) la diversification et la promotion de nouvelles variétés de cultures ; (ix) la recherche/développement en agroalimentaire ; (x) la promotion de la petite irrigation, ((xi) la multiplication et la distribution du matériel sain du manioc et (xi) le renforcement des capacités des moniteurs agricole.

234. Au niveau du programme maraîcher, il existe aujourd’hui 59 970 plants de fruits portes greffes dont 3 288 ont été produits en 2008 mais 435 seulement étaient diffusées. Ces données montrent que la diffusion des plans est faible par rapport à la production. Il y .a lieu de noter aussi que certaines espèces comme les pruniers et les papayers font l’objet d’une faible demande.

235. De même, les activités initiées dans le cadre du Programme Post Conflit de Développement du monde Rural (PPCDR) ont pu démarrer également et s’articulent autour de 3 composantes, à savoir (i) la mise en place d’outils de sécurisation alimentaire durable, (ii) la réhabilitation et la construction d’infrastructures rurales ainsi que (iii) le renforcement des capacités des acteurs du monde rural.

236. Enfin, la distribution des semences améliorées, des plantes et des arbres fruitiers et agro-fruitiers et des produits phytosanitaires s’est poursuivies et devra être intensifiée surtout pour consolider la sécurité alimentaire des populations rurales, en particulier, les plus vulnérables. Dans cette optique, les moniteurs agricoles déjà fonctionnels dans toutes les communes devront être dotés de moyens appropriés afin que leur mission de renforcement des capacités de la population en matière agricole soit accomplie avec plus d’efficacité.

4.1.1.2. Actions à mener

  • (i) Relance de la vulgarisation agricole
  • (ii) Relance production agricole dans les provinces du pays
  • (iii) Projet hydro-agricole de Mpanda (volet agricole)
  • (iv) Projet sécurité alimentaire
  • (v) Promotion de la petite irrigation
  • (vi) Recensement général de l’agriculture et élevage
  • (vii) Réhabilitation du centre semencier Ruzibazi
  • (viii) Réhabilitation du réseau hydraulique Mugerero
  • (ix) Réhabilitation et mise en valeur des centres semenciers
  • (x) Restauration de la fertilité des sols, intégration agro-sylvo zootechnique et gestion durable des ressources naturelles
  • (xi) Lutte intégrée contre les maladies et ravageurs des plantes fruitières et maraichères
  • (xii) Multiplication rapide et distribution du matériel sain du manioc.
  • (xiii) Elaboration et exécution d’une politique et la généralisation de l’accès aux intrants.

4.1.2. Transformation, conservation, analyse biologique et biochimique

237. Bien que la part de l’agriculture continue à être prépondérante dans la formation du PIB, celle-ci demeure cependant tributaire de fortes pertes post récoltes et de faibles valeurs ajoutées des produits commercialisés. En mettant en place le Centre National de Technologie Alimentaire (CNTA), le gouvernement cherchait notamment à améliorer les techniques de conservation et de traitement des produits agricole, ouvrant ainsi la voie vers le développement des marchés des produits vivriers et créant de nouvelles opportunités pour accroître les revenus des agriculteurs.

238. Le Centre National de Technologie Alimentaire a pour missions de concourir à (i) la recherche développement en technologie de transformation et de conservation des denrées alimentaires ; (ii) la réalisation des études et la promotion des technologies agroalimentaires et (iii) au renforcement des capacités institutionnelles et des ressources humaines.

239. Dans la logique de ces directives, le CNTA a appuyé les associations des producteurs par le biais de fourniture des équipements et de formation en maintenance pour le développement de la culture d’ananas de MUSONGATI. Il a dispensé des formations aux femmes en art culinaire, hôtellerie et en transformation des produits agro alimentaires et aux jeunes de la Mairie de Bujumbura sur la transformation des fruits, des céréales et du soja. Par ailleurs, des associations et organisations privées ont présenté des échantillons pour analyses biologiques et biochimiques au CNTA. Les résultats d’analyse sont disponibles et classés au laboratoire. Le CNTA a aussi supervisé et suivi (i) la production du nectar et concentrés de maracuja et (ii) la production de la farine composée de sevrage pour le compte du centre de médecine communautaire de Buyenzi.

240. Le CNTA a en outre réalisé trois études de faisabilité des unités de (i) transformation des tomates en concentré en faveur d’une organisation des producteurs agricoles de Rugombo ; (ii) transformation des tomates en purée en faveur d’une organisation des producteurs de Musigati et (iii) fabrication du pain et de la farine composée pour la bouillie en faveur des associations des lauréats de centre d’Enseignement des Métiers de Gitega. En plus de la confection d’un plan d’action stratégique de développement du CNTA, un module de formation en marketing des produits alimentaire et analyse des coûts a été élaboré.

4.1.2.1 Actions à mener

  • (i) Technologie post-capture du poisson
  • (ii) Appui au Centre National Technologies Alimentaire
  • (iii) Recherche sur les techniques de stockage des produits vivriers adaptées

4.1.3. Les cultures agro-industrielles

4.1.3.1. Les filières d’exportation traditionnelles.

a. Le café

241. Le café représente une importance très spécifique dans la mesure où il contribue pour plus de 80% aux recettes d’exportations en même temps qu’il occupe environ 800.000 ménages ruraux.

Tableau 7:Evolution de la production, de la valeur des exportations et du prix de vente moyen des principales cultures agro-industrielles.
ProduitCaféThéCoton
2006Production(en tonnes)29 9516 3381 750
Exportation(en MBIF)36 12110 6021 211
Prix ventemoyen/KG2 2361 697200
2007Production(en tonnes)8 0896 8252 870
Exportation(en MBIF)37 32610 5381 470
Prix ventemoyen/KG1 9701 501230
2008Production(en tonnes)24 7006 7282 887
Exportation(en MBIF)35 60816 4151 216
Prix ventemoyen/KG2 9462 540230
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008

242. La production du café s’est notoirement relevée en 2008 avec une augmentation de plus de 200% par rapport au volume réalisé en 2007, estimé à environ 8000 tonnes. Malgré cet accroissement, la production 2008 reste bien en deçà des performances enregistrées en 2002 et en 2004, période durant laquelle le niveau de la production a dépassé 30.000 tonnes. Par contre, le prix de vente pratiqué sur les marchés internationaux ayant nettement augmenté, la valeur du Kg de café exporté en 2008 a dépassé les prix offerts en 2007 et en 2006.

243. Bien que l’opération de désinsectisation des caféiers ait pu être conduite à travers tout le pays et que le programme de réhabilitation des stations de lavage se soit poursuivi, des défis subsistent pour porter et maintenir la production à un niveau élevé et garantir une bonne compétitivité de la filière café. Les problèmes posés à cet égard se situent à 3 niveaux.

244. Au niveau de la production, l’accentuation de la cyclicité du café reste une préoccupation majeure. Elle est liée aux facteurs comme: (i) la faible fertilité du sol ; (ii) l’inefficacité dans la conduite des opérations liées à la taille, au paillage et à la mise en place des plants, (iii) la vétusté d’une part importante du verger ; (iv) les aléas climatiques ; (v) la pression phytosanitaire et (vi) les conséquences dommageables résultant des pratiques associant le caféier et d’autres cultures sur un même terrain.

245. Au niveau de la commercialisation, les contraintes reposent essentiellement sur la période trop longue du système de commercialisation, l’inefficacité dans la collecte du café washed, le faible marketing et les difficultés de transport intérieur et extérieur.

246. Au niveau du contrôle de la qualité, il y a lieu de mentionner l’insuffisance des compétences et l’obsolescence des équipements.

247. Le gouvernement a déjà entamé le processus de libéralisation de la filière café dans le but de renforcer la productivité, la compétitivité et l’accroissement des revenus des caféiculteurs et de faciliter la vente des stations de lavage et des usines de déparchage. La mise en place d’une Autorité de Régulation des activités de la filière et de l’interprofession incluant les caféiculteurs constitue un maillon important de la stratégie de désengagement de la filière adoptée par le gouvernement en décembre 2008. Il est préconisé que ces réformes permettent au Burundi de restaurer les capacités de constituer une offre suffisante, de développer une plus grande maîtrise du phénomène de cyclicité et d’accéder aux marchés internationaux, en particulier au niveau du café de spécialité dont le caractère concurrentiel est déjà prouvé.

248. La mise en œuvre accélérée de ces réformes permettra également de mieux capitaliser les effets d’une demande internationale, potentiellement positive. C’est pourquoi, parallèlement à la redynamisation de la production, des recherches novatrices devront être menées en vue de maîtriser le phénomène de cyclicité de la production du café et surtout d’améliorer, de façon significative, la qualité du café burundais. Une rémunération motivante en direction des caféiculteurs constitue incontestablement un défi majeur pour la mise en œuvre réussie de la stratégie de désengagement de l’Etat de la filière café et de la durabilité des activités liées à cette filière. Les actions à mener dans le cadre de la stratégie de désengagement de l’Etat concernent les volets suivants:

  • (i) organisation et pilotage de la vente des actions de 29 lots de stations de lavage, 2 usines de déparchage (Buterere et Songa).
  • (ii) renouvellement du verger (34 millions de caféiers)
  • (iii) étude scientifique sur la détermination des causes profondes du phénomène de cyclicité
  • (iv) renforcement des organisations des caféicultures
  • (v) mise en place d’un programme garantissant la production des cafés de spécialité et des cafés certifiés.
  • (vi) amélioration de la commercialisation par l’introduction d’un système de ventes directes.
  • (vii) renforcement des actions de promotion et de marketing notamment par l’encouragement des visites des acheteurs et des torréfacteurs internationaux.
  • (viii) renouvellement des équipements de laboratoire et formation sur les techniques de contrôle de la qualité.
  • (ix) aménagement d’un laboratoire de contrôle de qualité à Ngozi

b. Le Thé

249. Il convient de noter d’emblée une quasi stagnation de la production du thé entre 2006 et 2008, largement compensée par une rémunération très intéressante sur les marchés internationaux. Par exemple, le prix offert par Kg qui étaient de 1697 Fbu en 2006 a atteint 2540 Fbu en 2008. Si cette évolution a bénéficié d’une conjoncture favorable sur les marchés internationaux, l’amélioration de la qualité consécutive aux premières réhabilitations des usines effectuées en 2007 a eu également des retombées positives.

250. La production du thé a subi des contre performances au cours de ces dernières années à cause surtout de la mauvaise répartition de la pluviométrie. Un programme de libéralisation est en cours en vue d’améliorer les rendements de la production des différentes entités théicoles. A cet effet, une étude sur la compétitivité de la filière thé été réalisée tandis que le rapport d’audit portant sur les exercices 2005-2006 a été disponibilisé. Il est également prévu d’intensifier l’exécution du programme de réhabilitation de la filière thé.

c. Le Coton

251. Quoiqu’en légère augmentation depuis 2006, la production du coton s’est considérablement contractée en 2008 en raison notamment de l’arrêt précoce des pluies. Ainsi, à cause des facteurs climatiques, le rendement par hectare est passé de 1 tonne à 642 kg. Face à ces problèmes, la COGERCO a pris des mesures incitatives visant à favoriser la relance de la production. Il s’agit de l’augmentation du prix au producteur (qui est passé de 200 à 230 Fbu/kg), de l’octroi des primes aux meilleurs producteurs et de la mise en place des crédits engrais et des crédits tôles.

252. Au cours de l‘année 2008, une étude diagnostique de compétitivité et l‘établissement d’un plan de redressement du coton ont été initiés tandis les rapports définitifs concernant les audits financiers et techniques ont pu être réceptionnés. A terme, il est préconisé de procéder à la réhabilitation de la filière coton.

4.1.3.2. Les filières d’exportation non traditionnelles

253. L’huile de palme constitue un créneau porteur qui mérite désormais une attention particulière surtout dans le cadre du développement du commerce régional. En 2008, la production de l’huile de palme a connu une augmentation de 16,2% par rapport à 2007. Les efforts entrepris dans le sens de la promotion de la production de l’huile de palme ont concerné le renouvellement de plus de 2300 hectares (ha) de plantation en vue d’améliorer la qualité et augmenter la production de cette filière. A cet effet, quatre pépinières ont été aménagées pour produire 127 300 plantules pouvant emblaver 940 ha dans les régions de l’Imbo et de Moso en province de Bubanza, Bujumbura Rural, Cibitoke, Makamba et Ruyigi. Les plantules affichent une bonne croissance et le taux de levée a été de 97,41%.

254. La quantité de l’huile commercialisée représente 85% de l’huile produite et une grande partie est écoulée sur le marché local. De fortes potentialités de vente dans les pays limitrophes existent et devraient être valorisées en améliorant sensiblement la qualité de l’huile. A titre d’illustration, l’exportation de l’huile de palme à rapporté plus de 75 millions de Fbu en 2008. Plus généralement, en vue de redynamiser la production de l’huile de palme, il est préconisé de mener une étude de faisabilité sur l’unité d’extraction d’huile et de produire des plants de palmiers à huile.

255. De nouvelles sources de croissance doivent être explorées et mises en valeur en vue de réduire la forte dépendance par rapport aux produits traditionnels, d’accroître les revenus des ménages ruraux et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté. Les objectifs de diversification des cultures d’exportation et de pénétration de nouveaux marchés ainsi recherchés seront réalisés notamment par le biais de la mise en valeur des divers microclimats qui caractérisent le Burundi. Dans ce cadre, les activités suivantes seront développées.

  • (i) La floriculture: quelques opérateurs privés se sont déjà intéressés à cette activité, mais il reste à maîtriser les aspects techniques et les modalités de transport ;
  • (ii) La filière des fruits et légumes: ce créneau est très porteur et des efforts devraient être déployés pour une disponibilité de la production en toutes saisons.
  • (iii) La promotion de la filière MACADAMIA
  • (iv) L’appui à la promotion des offices des filières
  • (v) La réhabilitation de la filière riz
  • (vi) La relance de la production des huiles essentielles

4.1.4. Développement de la production animale

4.1.4.1. Impact des programmes de repeuplement

256. Au cours de l’année 2008, le gouvernement, appuyé par différents partenaires, a poursuivi les actions de repeuplement du cheptel pour faire face aux effets négatifs de la crise sur les différentes catégories d’élevage. Dans ce cadre, parallèlement à la diffusion des géniteurs (Sahiwal, Frisonne, Brun suisse, Montbéliarde, Aryrshire, Ankole), le repeuplement du cheptel s’est également opéré par 10 633 croisements par saillie naturelle et 1645 inséminations artificielles.

257. Si un accroissement important peut être noté quant à l’effectif de volailles et de lapins, les effectifs de bovins, ovins, caprins et porcins n’ont fait que stagner, voire régresser. Bien que cette diminution du cheptel représente une baisse de l’investissement de la population dans le petit élevage, elle traduit en même temps une augmentation des abattages pour faire face à la hausse de la consommation de viande au niveau national.

Tableau 8:Evolution des effectifs d’animaux d’élevage, 2001-2008
Année200120022003200420052006200720082008/2007
Bovins360 440376 346355 222374 475396 741433 800479 106471 614−1,6%
Caprins984 166974 543960 2881 108 9621 245 6801 438 7131 606 7171 616 8730,6%
Ovins247 965242 086239 505235 611242 933266 510292 916281 190−4,0%
Porcins165 143115 835105 753136 360169 572178 737189 505166 721−12,0%
Volailles799 608771 260704 254852 954945 3181 142 1021 315 7881 524 00715,8%
Lapins290 107311 834217 195267 544316 351102 998315 112390 64124,0%
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008

258. De même, outre l’impact consécutif à la redynamisation de la consommation de viande et les besoins accrus du fumier, l’évolution des caprins est le fruit des diffusions des races améliorées et de la mise à disposition, à titre gratuit, de produits vétérinaires comme les vermifuges et les antibiotiques. Les premiers bénéficiaires étaient des familles issues des catégories de populations particulièrement vulnérables.

259. En revanche, la diminution observée au niveau des porcins est la conséquence de l’apparition de la maladie « Newcastle » qui a été plus meurtrière que d’habitude et qui a occasionné la fermeture des marchés de porcs, la limitation des mouvements et l’interdiction des abattages dans les provinces affectées.

260. Concernant les bovins, une légère baisse des effectifs (-1,6%) a pu être observée entre 2007 et 2008 en raison notamment des faibles performances de l’insémination artificielle dont les opérations ont été momentanément arrêtées à cause d’une panne des liquéfacteurs d’azote et de l’arrêt des activités du projet de repeuplement du cheptel national en 2008. Le recours aux géniteurs améliorés semble être plus prometteur pour un repeuplement du cheptel réussi, il en est de même des croisements par saillie naturelle qui ont abouti à de meilleurs résultats.

4.1.4.2. Mesures d’accompagnement

a. Renforcement des infrastructures d’accueil auprès des bénéficiaires

261. Pour garantir la pérennité et un impact significatif des programmes de repeuplement, des précautions ont été prises au niveau des bénéficiaires. Ainsi, avant toute distribution du bétail, la construction des logis améliorés répondant aux normes acceptables constitue un préalable. En 2008, environ 10 676 étables, 21 806 chèvreries, 797 bergeries, 509 porcheries, 15 841 poulaillers ont été améliorées. Après la construction du logis, l’exploitant doit rendre disponible le fourrage, des concentrés et des sels minéraux en vue de se conformer au système en stabulation permanente en initiation. Cette pratique a permis de recenser 41886 exploitants ayant totalisé une superficie de 9392,23 hectares (ha) de plantes fourragères ; 2893,50 tonnes de concentrés et 16 189 kilogrammes (kg) de sels minéraux.

b. Contrôle et surveillance des maladies

262. Des efforts ont été menés dans le contrôle des principales épizooties, la surveillance épidémiologique et dans la lutte contre la peste porcine. A cet effet, des réunions ont été organisées à l’intention des responsables des projets ayant une composante de repeuplement du cheptel pour prendre des stratégies limitatives de cette maladie. Des campagnes de sensibilisation des responsables provinciaux en vue d’une implication effective dans la mise en œuvre des mesures zoo sanitaires ont été également menées. Enfin, une interdiction d’importation des porcs à partir de la RDC et du Rwanda où la maladie a été signalée a été opérée.

263. Par ailleurs, des vaccinations ont été organisées pour prévenir cette maladie. En effet, un projet de prévention et de contrôle de la grippe aviaire et de renforcement des capacités des services vétérinaires au Burundi sur une période de 2 ans a été initié pour faire face au risque de diffusion rapide du virus dans les populations d’oiseaux domestiques et sauvages à partir des foyers existants (mouvements incontrôlés, flux commerciaux illégaux de volailles ou leurs produits contaminés).

264. Des actions préventives ont été menées surtout par le biais de la vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse, le charbon symptomatique et la rage des chiens. Le laboratoire vétérinaire de Bujumbura totalise 1500 cas pour le charbon symptomatique, 110 cas pour de dermatose nodulaire contagieuse et 255 cas pour la rage. Au total 1865 cas de maladies ont été enregistrés. Les provinces touchées sont Cibitoke, Rutana, Muramvya, Muyinga, Kayanza, Ruyigi, Bururi, Mwaro et Bujumbura. Selon les résultats obtenus, la province de Mwaro est la plus touchées par le charbon symptomatique, Bururi par la rage et Cibitoke par la dermatose nodulaire contagieuse

265. En outre, il convient de noter que lors de l’abatage, les pertes économiques occasionnées par les expertises des viandes sont importantes. Elles sont surtout causées par les TBC, la distomatose, la cysticercose. Les programmes de lutte contre les maladies des animaux doivent donc être pratiqués à grande échelle pour diminuer ces pertes liées aux manques de soins des animaux.

c. Amélioration du cadre légal et réglementaire

266. Trois projets de textes ont été élaborés. Il s’agit (i) du projet de décret portant exercice de la profession vétérinaire, (ii) du projet de décret portant création de l’ordre des médecins vétérinaires et (iii) du projet d’ordonnance portant exercice de la pharmacie vétérinaire. Ces trois textes en proposition visent en premier lieu l’amélioration et la promotion de l’élevage au Burundi.

267. Dans ce même cadre, la finalisation du Document d’orientations Stratégiques et la mise en œuvre de son plan d’actions constitueront une étape très importante pour une coordination efficace des actions destinées à la promotion de l’élevage au Burundi.

4.1.4.3 Actions à mener

268. Il importe de souligner que les animaux abattus proviennent en grande partie des pays limitrophes comme la Tanzanie, Rwanda, Ouganda, RDC. Un effectif de 2522 bovins, de 8006 caprins, de 2522 ovins et 825 de porcins a été importé au cours de l’année 2008 pour une valeur de plus 92 millions de Fbu. Cette situation met en évidence la persistance d’une offre nationale insuffisante aux niveaux des produits de l’élevage et exige l’adoption de nouvelles mesures visant à développer les capacités de production et à promouvoir les filières associées, qui offrent notamment de nouvelles opportunités d’investissements au Burundi.

  • (i) poursuite des opérations de reconstitution du bétail notamment par l’intensification des programmes de repeuplement en vue de satisfaire la demande nationale et de mener des actions opérationnelles pour lever les contraintes liées à un environnement sanitaire contraignant.
  • (ii) promotion de la filière lait par la mise en place des laiteries modernes et des unités de transformations des produits laitiers et adoption de mesures attractives des investisseurs privés.
  • (iii) promotion de la filière viande pour couvrir la demande intérieure et l’intégration progressive dans les marchés de la sous-région.
  • (iv) disponibilisation du fumier pour accroître la productivité de l’agriculture et relever les revenus des agri-éleveurs

269. Parallèlement, la poursuite et le renforcement des programmes d’élevage existants s’avèrent être indispensables pour une reconstitution durable du cheptel au Burundi. Il s’agit notamment des activités ci-après.

  • (i) Développement de l’élevage dans l’IMBO
  • (ii) Surveillance épidémiologique de la grippe aviaire
  • (iii) Projet Panafrican control of Epizootics (PACE)
  • (iv) Réhabilitation des fermes zootechniques d’élevage
  • (v) Réhabilitation des Centres Naisseurs
  • (vi) Réhabilitation et Equipement du Laboratoire Vétérinaire
  • (vii) Repeuplement du Cheptel National
  • (viii) Mise en place des pharmacies vétérinaires

4.1.5. Développement de la pêche et relance de la pisciculture et de l’apiculture

270. La production des poissons en 2008 a été marquée par une augmentation de plus de 50%. Elle a été de 18 764 tonnes en 2008 contre 11 388 tonnes en 2007. Cette amélioration de la production est attribuable à l’accroissement des capacités de pêche, notamment par la mise en service de nouveaux bateaux dont le nombre est passé de 129 en 2001 à 410 en 2008. Il y a lieu de signaler aussi les efforts déployés dans la lutte contre la jacinthe d’eau, les bonnes conditions sécuritaires, la mise en place des mesures de règlementations des plages par la police de l’environnement et l’utilisation du matériel de pêche qui respecte les normes.

Tableau 9:Productions des pêcheries burundaises (tonnes)
Année200020012002200320042005200620072008
Coutumière458,11.062,0987,0677,7605,1758,01.036,4926,2800,2
Artisanale simple9.928,35.375,67.416,76.929,77.072,23.982,38.076,06.691,01.872,7
Artisanale Appolo6.437,23.635,05.634,25.807,85.611,74.721,74.773,43.697,34.313,7
Industrielle55,296,7138,4292,5225,8204,2257,774,211.777,4
Total16.878,810.169,314.176,313.707,713.514,89.666,214.143,511.388,718.764,0
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008
Source: Rapport annuel du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, exercice 2008

271. Il importe de noter l’augmentation de la pêche industrielle et la baisse concomitante de la pêche artisanale. Cette tendance est due à la modernisation des équipements qui ont supplanté les outillages traditionnels utilisés sur le Lac Tanganyika.

272. Une enquête cadre sur les lacs du Nord associée à un échantillon biologique et limnologique a été menée en 2008 pour déterminer la flottille et les engins utilisés afin de prendre des mesures adéquates relatives à la pêche et de suivre l’évolution des captures de poissons. L’échantillon biologique a permis de déterminer l’effort et la contribution de chaque espèce dans la capture totale tandis que l’échantillon limnologique a permis de déterminer le type d’organismes planctoniques en suspension. Néanmoins, le manque de matériel scientifique pour mener à bien ces activités constitue toujours un handicap majeur.

273. La pisciculture commence à être développée par les associations piscicoles. En 2008, il existait 649 étangs dont 478 ensemencés par des alevins de Tilapia nilotica. La production de la pisciculture est estimée à 3 294 kg au niveau national. Les provinces où la pisciculture est la plus développée sont Cibitoke, Bubanza, Kirundo et Karusi. Les autres provinces possèdent des étangs mais qui ne sont pas ensemencés. Pour pallier au déséquilibre nutritionnel souvent observé dans le pays, les pisciculteurs devraient être encadrés dans les localités propices à la pisciculture avec un accent particulier sur l’entretien des étangs piscicoles pour éviter la prolifération des moustiques er minimiser ainsi les risques de propagation de la malaria dans les zones concernées. A cet effet, il est envisagé de procéder à l’implantation de 5 fermes piscicoles intensives.

274. Au niveau de l‘apiculture, l’appui des partenaires a permis l‘émergence des associations dont les activités commencent à porter des fruits. Il importe que ce nouveau créneau soit plus soutenu afin de diversifier les possibilités d’accès aux revenus en faveur des ménages ruraux qui pourraient ainsi profiter d’une forte demande déjà perceptible au niveau des villes.

4.1.6. Renforcement des capacités institutionnelles.

275. Les fonds IPPTE affectés au MINAGRIE/DGPAE en 2008 ont permis à la Direction de Suivi Evaluation (DSE) de suivre l’exécution et d’évaluer les impacts et effets de tous les projets appuyés par ce fonds.

276. En vue d’améliorer le pilotage des programmes de développement de l’agriculture et de l’élevage, le gouvernement s’est doté de 3 instruments importants à savoir: (i) la stratégie agricole nationale (SAN), (ii) le programme national de la sécurité alimentaire (PNSA) et (iii) mise en place d’un système performant de suivi évaluation (SSE). Le SSE a l’objectif de permettre un suivi régulier de l’état d’avancement de la mise en œuvre de SAN et une appréciation de ses effets et impacts sur les populations.

277. La stratégie Agricole Nationale (SAN) élaboré en 2008 couvre la période de 2008 à 2015 et s’articule autour de quatre axes stratégiques prioritaires: (i) accroissement durable de la productivité et de la production agricole, (ii) promotion des filières et de l’agri business, (iii) appui à la professionnalisation des producteurs et développement des initiatives privées, (iv) renforcement des capacités de gestion et de développement du secteur agricole. Le programme national de sécurité alimentaire (PNSA) validé en 2008 a l’ambition de constituer un cadre de cohérence et d’intégration des actions qui seront menées par les différents ministères techniques en vue de la pleine réalisation des quatre dimensions de la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité, la stabilité des productions agricoles, l’accessibilité économique et géographique ainsi que l’utilisation biologique optimale des aliments.

278. Dans le cadre de renforcement des capacités des structures d’encadrement et de formation rapprochées aux agriculteurs, 816 moniteurs agricoles ont été recrutés contre 1000 en 2007 et 287 en 2006. Pour atténuer l’impact de la sécheresse, des modules de formation ont été élaborés et ont servis à la formation de 716 moniteurs dans les provinces de Bururi, Makamba, Rutana, et Mwaro.

279. La professionnalisation agricole est un domaine en essai au Burundi. En 2008, six ateliers de formation ont eu lieu pour mettre en place un plan d’action des organisations professionnelles agricoles (OPA) et de leurs structures d’appui ainsi que des services publics de vulgarisations agricoles. L’objectif de l’année 2008 était d’arriver à dix exploitants modèles par colline de recensement capables d’avoir trois compostages en fosses qui produiraient 4 à 5 tonnes de fumier par compostage afin de pallier aux ruptures de stock d’engrais chimiques. Parallèlement, des programmes de renforcement des capacités ont été menés en faveur (i) des agronomes communaux sur les techniques de fertilisation, les systèmes de production, de conditionnement et de conservation de semences de pomme de terre, haricot, maïs et riz, (ii) des cadres et techniciens ainsi que des groupements multiplicateurs de semences et (iii) des stagiaires de l’ITAB.

4.2. Protection de l’environnement et aménagement du territoire

4.2.1. Protection de l’environnement

280. Les actions menées pour la protection et l’amélioration de l’environnement vise la réalisation de trois objectifs à savoir (i) le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des services de l’environnement ; (ii) la promotion de la politique nationale de gestion des ressources naturelles et (iii) la promotion de l’utilisation des ressources naturelles et l’assainissement du milieu.

4.2.1.1 Renforcement des capacités institutionnelles et techniques des services de l’environnement

281. Le renforcement des capacités institutionnelles et techniques s’est concentré sur la poursuite des activités d’harmonisation des textes favorisant les interventions coordonnées pour sauvegarder efficacement l’environnement. Les actions qui sont en cours dans ce contexte sont (i) la finalisation et l’adoption des textes réglementaires relatifs au renforcement et harmonisation du cadre légal d’utilisation des ressources naturelles et (ii) la mise en œuvre des conventions internationales en matière d’environnement ratifiées par le Burundi.

282. Dans le cadre du suivi et de la mise en œuvre des conventions internationales, des programmes et des projets de gestion rationnelle de l’Environnement ont été initiées tandis que des séminaires et ateliers ont été organisés à l’intention des parties prenantes.

4.2.1.2 La promotion de la politique nationale de gestion des ressources naturelles.

283. Dans le cadre de la politique nationale de gestion des ressources naturelles, le gouvernement a initié une série d’activités axées principalement sur l’information et la formation de toutes les parties prenantes sur la gestion rationnelle des ressources naturelles, ponctuées par des réunions, des descentes sur terrain et des messages radiodiffusés pour la protection de l’environnement. A cet effet, des mesures ont été prises, notamment la gestion des boisements tant naturels qu’artificiels et la surveillance environnementale par l’octroi des permis de coupe et des attestations de conformité environnementale pour les transporteurs et les exploitants des produits miniers et des carrières ayant abouti à (i) la délivrance de 85 autorisations d’exploitation des carrières et miniers, (ii) la délivrance de 407 autorisations de transport, (iii) le refus de 5 demandes et (iv) la perception des amendes aux contrevenants.

284. En outre, un document provisoire sur le profil environnemental de pays (PEP) ainsi qu’une publication par l’INECN de 4 bulletins scientifiques sur les aires protégées ont été diffusés. Il est à signaler également que cette institution entretient une surveillance environnementale sur 157000ha répartis en parcs et réserves protégés à travers tous le pays. Dans le cadre de sa politique de sauvegarde de l’environnement et de la protection des sols, le gouvernement, en appui avec ses partenaires au développement, a continué à mener son programme de plantation des eucalyptus, de creusement des courbes de niveau, de sensibilisation contre les feux de brousse et de reboisement.

285. De façon particulière, le gouvernement envisage une prise en compte plus visible des conséquences relatives aux changements climatiques dont l’impact sur les modes de vie des populations implique des contraintes pour lesquelles des solutions adaptées doivent être recherchées. A cet effet, il est préconisé de (i) concrétiser les engagements découlant de la ratification par le Burundi de la convention internationale sur les changements climatiques dont notamment l’élaboration d’une communication nationale situant l’état des gaz à effet de serre, (ii) confectionner un plan d’action et d’adaptation visant à contrer les retombées sur les groupes vulnérables et (iii) définir un programme d’investissement permettant de répondre aux conséquences des changements climatiques.

4.2.1.3 Promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles et assainissement du milieu

286. Dans le domaine de la promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles et de l’assainissement du milieu, les actions menées en 2008 ont été orientées dans la production et la plantation des plants forestiers et agro forestiers en vue de reconstituer le couvert végétal et dans l’aménagement des bassins versants permettant ainsi l’augmentation de la fertilité des terres cultivables.

287. L’année 2008 a été marquée par la clôture de la campagne sylvicole 2007-2008 et le démarrage de la campagne sylvicole 2008-2009 spécialement par la production de plants forestiers, agro forestiers et fruitiers dans les pépinières et leur plantation. Ainsi sur 57 millions de plants prévus en 2008, 51 millions ont été produits et plantés. Les plantations entretenues couvrent une superficie 6 845 ha, tandis que 307,4 km de pare feux ont été ouverts/entretenus. Environs 2888 ha de marais ont été aménagés durant l’année 2008, surtout dans les provinces Karusi, Gitega, Kayanza, Ngozi, Makamba et Bujumbura Rural.

288. Malgré de nouvelles procédures d’exploitation des boisements privés, des coupes non autorisées sont signalées dans plusieurs localités pour la construction des œuvres sociales telles que les écoles, les ponts, la construction des logements pour les BATWA. Des coupes illicites sont été observées à certains endroits et une superficie de 5 677 ha a été ravagée par les feux de brousse. Par ailleurs au niveau de la protection des bassins versants et de la restauration de la fertilité des terres, environ 1464 km de longueur de courbes de niveau ont été installés au cours de l’année 2008.

4.2.2. Aménagement du territoire

289. Avec plus de 90% de l’activité économique concentrée dans le secteur agricole, la gestion des terres est devenue une question cruciale qui rend nécessaire et urgente la définition d’une politique d’aménagement du territoire en harmonie avec le développement durable.

290. Les principaux défis à relever dans ce secteur sont (i) la promotion de l’utilisation planifiée et rationnelle du foncier notamment par la rénovation de la réglementation foncière et domaniale, la restructuration et la modernisation des services en charge de la gestion foncière, la décentralisation de la gestion foncière, l’inventaire de terres domaniales ainsi que par la réinstallation des sans terres et des rapatriés, (ii) la préservation et le maintien de la productivité des terres, (iii) la prévention et la gestion des conflits fonciers, (iv) l’allégement de la pression démographique sur les terres, ainsi que (v) le renforcement des capacités institutionnelles. A l’heure actuelle, le Burundi a déjà entamé le processus visant à se doter de principaux outils réglementaires et techniques pour une gestion rationnelle et durable du foncier. Il s’agit (i) de la lettre de politique nationale foncière et (ii) de la révision du code foncier de 1986. Certains outils techniques de gestion du foncier sont aussi disponibles entre autre les schémas provinciaux d’aménagement du territoire des provinces Bubanza, Kirundo, Muyinga et Ngozi.

291. Cependant d’autres outils importants pour une gestion durable du foncier font toujours défaut à savoir les schémas provinciaux d’aménagement du territoire pour treize provinces restantes, le code de l’aménagement du territoire ainsi que le code d’expropriation pour utilité publique.

4.3 Développement du commerce et de l’industrie

292. La promotion du commerce et de l’industrie représente des pivots importants pour soutenir la croissance, en particulier par le biais de la création des activités génératrices d’emplois et de revenus.

4.3.1. Promotion des échanges commerciaux

293. La part du commerce dans la formation du PIB est encore relativement faible, de seulement 4,4% en 2008. En vue d’améliorer le cadre légal des activités commerciales, des études visant la révision et l’application des codes de commerce et des sociétés ont été initiées en 2008. Le rapport définitif est attendu pour 2009.

294. Au cours des prochaines années, les activités commerciales devront connaître une plus grande expansion et bénéficier d’une plus grande compétitivité grâce à la stratégie du gouvernement qui a résolument opté pour la libéralisation de l’économie nationale, l’encouragement de la concurrence et le désengagement progressif de l’Etat des secteurs productifs. L’appartenance à la Communauté Est Africaine, désormais effective, ouvre de nouveaux marchés aux produits fabriqués au Burundi.

4.3.2. Développement de l’industrie

295. L’activité industrielle a continué à se développer comme semble le confirmer l’évolution de l’indice de la production bien que le secteur du textile ne produise plus depuis la fermeture de l’entreprise publique COTEBU.

Graphique 12:Indice de la production industrielle

Source: Bulletin mensuel de la BRB, décembre 2008

296. Il est à noter cependant que la tendance affichée par l’indice de la production industrielle reste fortement tributaire des industries alimentaires, dans lesquelles la production du sucre et des boissons est prépondérante.

297. Durant la période sous revue, certaines actions ont pu être menées dans le sens d’encourager les opérateurs privés. Le processus de mise en œuvre du Cadre Intégré pour la promotion du commerce s’est poursuivi et s’est concrétisé par (i) le financement du Projet RUGOFARM pour l’acquisition d’une machine pour la distillerie des huiles essentielles et (ii) la réalisation du Projet séchage des fruits et légumes avec l’acquisition d’un nouvel équipement par l’entreprise DIMAC. Il importe de noter les préparatifs de la phase II du projet Cadre Intégré qui permettront une relance de nouvelles activités en 2009.

298. Dans le cadre de la promotion des micro et petites entreprises rurales, il y a lieu de mentionner le projet « promotion des petites et micro entreprises pour la consolidation de la paix ». Au cours de l’année 2008, ce projet a permis l’identification des bénéficiaires et des besoins et a contribué à financer une série d’expositions en faveur de micro entreprises rurales.

299. Le développement des industries de production des matériaux locaux de construction a également connu une certaine relance. Ainsi, une usine de ciment a été lancée à Cibitoke par un entrepreneur privé. La réhabilitation de la SOSUMO par le remplacement des machines et des équipements a constitué un pas important vers la stabilisation de la production locale de sucre. Ce programme sera renforcé à terme par l’extension des activités de cette entreprise aussi bien au niveau des superficies qu’à celui des capacités de production des équipements. Le gouvernement a par ailleurs procédé au renforcement des structures de contrôle de qualité par un appui au Bureau Burundais de Normalisation (BBN), sous la forme de l’aménagement de bureaux et de la mise en place d’un laboratoire de métrologie et de chimie. Enfin, bien que le gouvernement ait parachevé la révision du code des investissements et que la loi portant code des investissements ait été promulguée en septembre 2008, ce code n’est toujours pas applicable car il n’est pas encore harmonisé avec le code des Impôts.

4.4. Exploitation rationnelles des mines et carrières

300. L’exploitation des mines représente un important potentiel de croissance qu’il convient de valoriser en renforçant les opérations de recherche minière et en accordant l’attention nécessaire à une plus grande valorisation de la production nationale qui relève encore de l’artisanat. Environ 2000 ménages vivent des revenus issus de l’exploitation artisanale des ressources minérales. L’impact des activités minières se répercute aux niveaux des apports en devises, comme le montre l’évolution des exportations sur le graphique suivant.

Graphique 13:Evolution des exportations des produits miniers en millions de FBU

Source: Bulletin mensuel de la BRB, décembre 2008

301. Des investisseurs privés s’intéressent de plus en plus aux activités minières. Ainsi, au cours de l’année 2008, ce regain d’intérêt a été concrétisé par (i) l’agrément de 6 comptoirs pour la commercialisation de l’or dont 3 à Bujumbura (pour l’achat et l’exportation) et 3 autres à Cibitoke, Muyinga et Ruyigi (pour l’exploitation), (ii) la demande de 3 permis de recherche d’hydrocarbures et l’octroi de 5 permis de recherche en substances minérales en cours d’instruction et (iii) l’octroi de 600 permis d’exploitation des carrières et 1709 autorisations de transport.

302. L’action du gouvernement en faveur de la promotion de l’activité minière a également porté sur (i) la sensibilisation, information et formation des artisans miniers, des populations, des administratifs et des policiers (avec un taux de sensibilisation estimé à 80% pour les provinces Cibitoke, Muyinga et Kirundo), (ii) le regroupement et agrément de trois associations artisanales comme comptoirs d’exploitation de la wolframite et de l’or, (iii) l’inventaire des chantiers pilotes à Kirundo et à Muyinga et (iv) la cartographie géologique: des filons ont été identifiés et inventoriés sur les chantiers de Marangara, Vumbi et Kirundo.

Dans cette même direction, il est envisagé:

303. (i) de procéder à la révision du code miner, (ii) d’actualiser la redevance sur les taxes des produits des carrières et (iii) d’adapter le code pétrolier à l’environnement actuel.

4.5. Promotion du Tourisme et de l’Artisanat

304. Le secteur du tourisme est encore faiblement développé. Il contribue pour 3 % à la formation du PIB et pour 2,4% à la création de l’emploi. Le nombre de touristes ayant visité le Burundi est passé de 29.000 à 191.883 entre 2000 et 2005 avant d’atteindre un effectif de 192.186 touristes en 2007.

305. A la faveur de la restauration de la sécurité, il est attendu que les activités touristiques puissent être redynamisées en vue de rentabiliser le potentiel existant et de mettre à profit l’appartenance du Burundi à l’Est African Community. Les efforts de promotion du tourisme ont concerné essentiellement (i) l’élaboration d’un plan national de développement du secteur touristique, (ii) le lancement de « Burunditour » qui jouera le rôle de tour opérateur, (iii) le renforcement des capacités de l’Office National du Tourisme (ONT) en équipement informatique et (iv) l’identification des débouchés rémunérateurs. L’exploitation du marché américain grâce à la loi AGOA (African Growth Opportunity Act) méritera, à court terme, une attention toute particulière.

4.6. Augmentation des opportunités d’emplois et de revenus en faveur des pauvres

4.6.1. Crédit et micro crédit en faveur des populations à faibles revenus

a. Caractéristiques de la demande

306. Bien que les données d’enquête sur les besoins de crédit des populations et sur son utilisation potentielle par les plus défavorisés soient rares, l’existence d’une forte demande des ménages burundais ne fait aucun doute.

307. D’après les résultats de l’enquête 123 (2007) sur le secteur informel menée dans 4 centres urbains (Bujumbura Mairie, Gitega, Kirundo et Makamba), le micro crédit formel bénéficie peu aux petites et micro entreprises. En effet, seulement 31% de leurs dirigeants ont entendu parler du micro crédit, 11% sont réellement bien informés sur ce sujet, 1,1% ont fait une demande et 0,5% ont bénéficié de ce type de crédit. Toujours selon la même enquête, les principaux obstacles à l’accès au crédit par les acteurs du secteur informel concernent les procédures trop complexes (33%), les taux d’intérêts trop élevés (17,2%) ou les garanties trop lourdes (16%).

308. En milieu rural, aucune enquête équivalente ne peut renseigner sur la demande de crédit, mais le faible taux d’équipement des ménages laisse à penser qu’un accès au crédit amélioré garantirait une augmentation sensible de la productivité, dès lors que l’outil de production et les moyens de déplacement seraient à la portée des initiateurs potentiels de micro-entreprises. Cependant, les capacités à offrir des garanties restent posées. Ainsi, ces ménages ne sauraient remplir les conditions (exemple: garantie/caution/hypothèque) habituellement exigées pour accéder au crédit formel.

309. Il existe toutefois une solution potentielle à ce problème de garantie, qui consiste à utiliser la terre pour garantir un emprunt. Les agriculteurs burundais sont en effet presque tous détenteurs d’un capital important, mais le défaut de titres de propriété privée et de sécurité juridique les prive de la possibilité d’hypothéquer ce capital.

310. Le tableau qui retrace les résultats d’une enquête ménages-ruraux effectuée en 2008 par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), illustre la très faible dotation en biens de valeur des ménages ruraux. Ainsi, ces ménages ne sauraient remplir les conditions (par exemple garantie/caution/hypothèque) habituellement exigées pour accéder au crédit formel.

Tableau 10:Taux d’équipement des ménages ruraux (%)
machine à coudre1,16équipage de pêche0,57
Pirogue1,09Houe97,44
Radio38,09Hache47,12
Bicyclette16,10Faucille27,23
Motocyclette0,55Serpette32,52
Véhicule0,15Machette62,51
Moulin1,42
Source: Enquête PAM 2008
Source: Enquête PAM 2008

311. D’après la même enquête en milieu rural, environ 75% des ménages ont déjà accès au crédit, mais essentiellement par le biais de la famille (61%) et des prêteurs commerciaux (47%). Etant donné que moins de 8% des dépenses annuelles sont effectuées à crédit, le marché du crédit apparaît clairement sous-développé, incapable de répondre aux besoins des populations les plus défavorisées.

b. Caractéristiques de l’offre

312. L’offre en matière de microcrédits est relativement restreinte. Le Réseau des Institutions de Micro finance (RIM), qui regroupe 16 des 21 institutions agréées par la BRB, ne couvrait fin 2008 que 400 000 clients, soit 5% de la population, dont à peine 100 000 emprunteurs. L’encours des crédits à fin décembre 2008 était de 28,7 milliards Fbu, soit 2,2% du PIB. Le secteur de la micro-finance souffre de l’absence d’une politique nationale assortie d’un plan d’action approprié. Les Institutions de Micro Finance (IMF) recourent principalement aux dépôts des épargnants pour alimenter leurs lignes de crédit. Elles sont par conséquent exposées à des risques élevés et prêtent donc à des taux prohibitifs contre des garanties importantes, à des populations traditionnellement solvables comme les fonctionnaires et les salariés du secteur formel en milieu rural. Avec un crédit moyen par emprunteur de 295 637 Fbu, la cible type de ces IMF est un travailleur salarié qui souhaite investir dans son logement, plutôt qu’à un agriculteur souhaitant diversifier sa production ou ses activités génératrices de revenus.

313. Bien que les niveaux de l’offre et de la demande soient encore bas, les activités des IMF connaissent une évolution positive avec un montant de crédits octroyés en 2008 de 50% supérieur à 2007 et une épargne collectée en augmentation de 73%. Le tableau ci-après indique la dynamique des IMF entre 2007 et 2008.

Tableau 11:Evolution de quelques chiffres-clefs du secteur de la micro finance
Variables31/12/200431/12/200531/12/200631/12/200731/12/2008
Clients ou membres272 340311 094365 074309 945403 897
Montant des crédits octroyés (Mrds Fbu)9,68,714,220,630,8
Emprunteurs52 95563 051115 997112 422104 021
Crédit moyen (en FBU)181 000138 050122 178183 437295 637
Cumul de l’épargne collectée (Mrds Fbu)Nd12,113,417,730,5
Encours crédits (Mrds Fbu)Nd13,914,218,928,7
Nombre de points de service160177
Nombre d’employés352449449636809
Source: RIM, 2008
Source: RIM, 2008

314. Si les IMF répondent actuellement à une réelle demande de crédit de la part d’une certaine couche de la population, un travail important reste à faire pour adapter l’offre de crédit à la demande des ménages ruraux et des travailleurs informels et transformer la micro finance au Burundi en véritable instrument de développement.

c. Financement des IMF

315. Comme déjà souligné, les opérations de la micro finance ne s’inscrivent pas encore dans une stratégie nationale clairement définie. Du côté de l’Etat, seul le Fonds de Micro Crédit Rural dispose d’un capital de 5,3 milliards Fbu dont 1,3 milliards ont été accordés en 2008 au titre de subventions, le reste provenant d’une dotation initiale de 1,5 milliards reçue en 2002 qui a fructifiée sur 6 ans, avec une rentabilité moyenne annuelle de 17,8%. Sans autre appui financier et avec pour règle l’autonomie financière, le FMCR a pendant longtemps exigé un taux d’intérêt élevé, associé à une garantie bancaire qui rendait le coût du crédit prohibitif.

316. En conséquence, jusqu’en 2006, une grande partie de son capital était immobilisée dans des banques commerciales. Un changement de stratégie a fait baisser ce taux à 10%. Seules deux IMF ont bénéficié de crédit en 2008, pour un total de 437,5 millions Fbu. Une nouvelle baisse du taux d’intérêt, ramené à 8% début 2009, a provoqué une véritable reprise du crédit au niveau de cette institution. C’est donc dire qu’avec des subventions plus importantes, il serait envisageable de baisser encore les taux et donc de toucher un plus grand nombre de bénéficiaires solvables.

317. Parallèlement, la constitution d’un Fonds de Garantie permettra aux IMF d’offrir du crédit à des emprunteurs moins fortunés et ne disposant pas de leurs propres garanties. Par ailleurs, l’implication des autorités locales dans la constitution et le contrôle des IMF au niveau des communes est nécessaire au bon fonctionnement de la micro finance et permettrait d’éviter les cas de disfonctionnement constatés ici et là dans le pays.

d. Mobilisation des crédits commerciaux

318. Le volume de crédits ayant bénéficié au secteur privé suit une tendance à la hausse, avec une forte concentration en faveur des activités commerciales, dont la part a atteint 60% en 2008 et une proportion modeste pour le secteur de l’industrie (2%). Le crédit alloué au secteur agricole est généralement fonction de l’importance de la production du café.

Tableau 12:Répartition des crédits par secteurs d’activités
2006Part (%)2007Part (%)2008Part (%)% PIB
Activités agricoles et annexes22 14311%8 5874%27 54410%44
Activités industrielles1 9761%3 6662%5 4312%11
Bâtiments et travaux publics9 8265%6 3253%10 2514%3
Commerce132 26167%144 11870%158 29560%12
Services divers30 35015%23 88021%61 90724%12
Total196 556206 576263 428
Source: BRB
Source: BRB

319. De façon générale, l’accès au système classique des crédits est difficile en raison de l’inéquation de l’offre des services financiers liée notamment à (i) un niveau d’intérêt très élevé, (ii) l’absence de garanties telles qu’exigées par les banques et les difficultés de leur réalisation, (iii) la rareté des ressources longues et (iv) l’absence d’une demande réellement solvable.

4.6.2. Promotion des travaux publics à haute intensité de main d’œuvre

320. L’objectif visé est de contribuer au processus de paix et à la reconstruction du Burundi à travers la création d’emplois, avec une prise en compte visible des femmes et des jeunes. Avec l’appui des partenaires, deux chantiers importants ont été lancés.

321. Le PTPCE: Après l’exécution de plusieurs projets communautaires axés sur la promotion de l’emploi (pavage, marchés, abattoirs), le projet a consolidé les mécanismes d’appropriation par les bénéficiaires, en mettant en place des systèmes concertés de gestion privatisée en vue de garantir la durabilité des ouvrages aménagés. L’expérience acquise et l’intérêt manifesté par les bénéficiaires ont suscité la pré évaluation de 117 nouvelles activités avec paiement anticipatif en vue de constituer un portefeuille pour financement éventuel.

322. Le PMRSE: Pour une bonne réinsertion socio-économique des groupes défavorisés, un projet multisectoriel a pu être mis en place. Les travaux de pavage dans les communes de Bwiza et Buyenzi ont porté sur un linéaire de 9,2 km ; les 13 écoles primaires prévues ont été construites et 7 centres de santé sur les 8 prévus ont été aménagés, 8 sous projets d’activités génératrices de revenus de 7 associations ont été sélectionnés et approuvés et un sous projet de restauration environnementale de sites d’exploitation de carrières de pavés dans le cadre des travaux de pavage a été finalisé. En vue d’opérationnaliser et de renforcer la durabilité des travaux HIMO, il est envisagé de finaliser les programmes garantissant (i) la formation des membres des CDC sur une meilleure intégration de la dimension population dans les plans communaux de développement et (ii) la sensibilisation sur le VIH/SIDA au niveau des chantiers et des alentours.

4.6.3. Promotion de l’emploi

4.6.3.1. Emploi en milieu urbain

323. D’après l’enquête 123 réalisée dans 4 villes du pays, le taux de salarisation s’élève à 58,7% (69% et 49% pour les hommes et les femmes respectivement). L’emploi en milieu urbain est marqué par la prépondérance des services (52,5%), suivis du commerce (20,2%), du secteur primaire (14,1%) et enfin des emplois dans le secteur industriel (10,5%).

Tableau 13:Répartition de la population urbaine active par secteur (2008)
SecteurRépartiti on (%)Age moyen (années)Homm es (%)Femm es (%)Natif (%)Migrant (%)Etudes (années)Expérienc e (années)
Administration publique10,339,750,249,834,365,714,19,3
Entreprises publiques7,542,267,632,439,360,713,69,7
Entreprises privées formelles3,135,663,436,641,558,58,88,2
Entreprises privées informelles75,332,756,044,050,549,56,17,4
Entreprises associatives3,837,867,532,549,750,311,35,8
Total100,034,457,043,047,752,38,07,7
Source: Isteebu, Enquête 1-2-3, 2008
Source: Isteebu, Enquête 1-2-3, 2008

324. Le secteur privé informel est le principal pourvoyeur d’emploi, avec une part contributive de plus 75%, suivi par l’administration publique qui intervient à hauteur de 10,3% et les entreprises publiques pour 7,5%. L’économie du pays s’est à tel point détériorée que les associations et ONG emploient davantage que le secteur privé formel. Pour assurer la pérennité de l’emploi et développer les opportunités offertes à la jeunesse, c’est précisément ce secteur qui devra se développer de façon conséquente, par la formalisation des entreprises informelles et l’encouragement de l’entreprenariat.

325. Sur les quatre villes considérées dans l’enquête (Bujumbura, Gitega, Kirundo et Makamba), le secteur informel générait en 2007 un chiffre d’affaires total de 5,2 milliards Fbu, dont 2,4 dans le commerce et 1,8 dans l’industrie et employait 117 332 travailleurs, dont 35,7% d’entre eux à leur propre compte, 52,7% dans les petites entreprises (moins de 6 salariés) et 11,6% dans les grandes (de 6 à 50 salariés). Près de 82% de ces emplois étaient considérés comme étant permanents. Le salaire moyen mensuel calculé à partir des données du mois ayant précédé l’enquête était de 17000 Fbu.

326. Au niveau de la composition de la main d’œuvre, les femmes n’en représentent que 32% en moyenne, mais 55% dans le commerce et moins de 25% dans l’industrie, les services et le secteur primaire. Le travail des enfants en milieu urbain est un phénomène de faible envergure. Le secteur informel est généralement marqué par (i) une extension progressive des activités, (ii) un faible accès au financement (iii) une protection sociale insuffisante et (iii) une faible compétitivité. Le salaire horaire moyen s’élevait à 95,1 Fbu, avec d’importantes disparités régionales et catégorielles. Il était plus bas à Bujumbura (90,1) qu’à Kirundo (92,8), Gitega (270,8) ou Makamba (317,5), ce qui peut paraître surprenant, mais s’explique probablement par la faible quantité d’emplois salariés dans ces dernières provinces. Le salaire horaire dépendait essentiellement du niveau d’éducation à Bujumbura, tandis que l’expérience et l’âge semblaient davantage déterminants dans les autres provinces.

4.6.3.2. Emploi en milieu rural

327. D’après l’enquête réalisée par le PAM en 2008, l’agriculture est toujours la principale activité pour 77,2% des ménages ruraux, et est pratiquée pour l’autoconsommation par 92,7% d’entre eux. Cependant, seuls 21,2% des ménages pratique une agriculture commerciale, et la moitié des ménages ont recours à du travail manuel journalier comme complément de revenus.

328. L’agriculture contribue ainsi à 61,2% du niveau de vie des ménages, contre près de 20% pour le travail journalier. D’autres activités complémentaires des ménages ruraux sont le petit commerce, la production de boissons fermentées et l’élevage.

Tableau 14:Activités économiques en milieu rural
ProvinceAgriculture (autoconsommation)Travail journalierAgriculture de ventePetit commerceDistillationElevage
Bubanza (%)88.369.87.99.31.93.1
Bujumbura Rural (%)79.654.221.719.53.80.5
Bururi (%)93.742.843.219.62.610.7
Cankuzo (%)91.756.720.711.10.33.2
Cibitoke (%)90.452.114.614.28.72.1
Gitega (%)91.345.38.210.612.33.1
Karusi (%)97.344.48.38.63.32.3
Kayanza (%)93.055.142.85.812.13.7
Kirundo (%)95.563.09.37.82.65.3
Makamba (%)97.948.829.616.20.88.0
Muramvya (%)95.142.438.52.610.214.7
Muyinga (%)97.342.512.77.95.49.4
Mwaro (%)97.741.824.910.317.33.4
Ngozi (%)90.938.628.96.213.95.4
Rutana (%)88.145.223.319.11.89.2
Ruyigi (%)100.070.84.513.75.92.5
TOTAL92.750.421.211.26.95.2
Source: CFSVA 2008
Source: CFSVA 2008

4.6.3.3. Le chômage

329. Selon la définition du Bureau International du Travail, le chômage s’élevait à 12,2% à Bujumbura, 8,2% à Gitega, 6% à Kirundo et 3,7% à Makamba. Ces taux masquent néanmoins un grave phénomène de sous-emploi de la population active. En élargissant la définition du chômage comme l’a fait l’ISTEEBU à des non-demandeurs d’emploi dans les conditions actuelles, ces taux sont de 17% à Bujumbura, 12,5% à Gitega, 7,9 % à Kirundo et 4,3% à Makamba. En dehors de la ville de Kirundo, le taux de chômage pour les femmes est de 3 à 9 points de pourcentage plus élevé que pour les hommes. Beaucoup de femmes sont donc maintenues hors du marché de l’emploi par les contraintes de leur condition (travaux domestiques, maternité, discrimination à l’embauche, faibles qualifications et rémunération des emplois offerts).

4.6.4. Promotion de la jeunesse, du sport et de la culture

4.6.4.1. Encadrement de la Jeunesse

330. Avec pour objectif de promouvoir une jeunesse responsable, motrice de paix, de réconciliation et de développement durable, l’encadrement des jeunes s’est poursuivi à travers les centres jeunes implantés dans toutes les communes du pays. Outre les 35 centres existants, le gouvernement envisage de faire de tous les centres jeunes de véritables pôles attractifs d’éducation, d’encadrement et de rayonnement pour un développement intégré des jeunes.

331. En 2008, les actions spécifiques menées pour l’insertion économique des jeunes ont porté sur (i) le financement de projets soumis à la CONFEJES, (ii) la formation de 20 jeunes à la fabrication des maillots de sport par la CONFEJES, (iii) l’ouverture d’un centre de formation professionnelle ainsi que (iv) la formation en entreprenariat des leaders des centres pour jeunes dans toutes les provinces.

332. En ce qui concerne la promotion du Mouvement Associatif des Jeunes, les actions menées ont visé (i) la formation en techniques d’animation dans les centres pour jeunes de la zone de coordination du Sud, (ii) la mise en place des organes du Conseil National de la Jeunesse du Burundi, (iii) l’élaboration d’un Guide de Gestion des Centres pour Jeunes et (iv) l’adoption par le Conseil des Ministres d’un projet de décret portant organisation, fonctionnement et gestion des centres pour jeunes.

333. Les objectifs fixés à court terme concernent l’achèvement du travail d’élaboration de la Politique Nationale de la Jeunesse Burundaise, la présidence des travaux de la 32ème Session Ministérielle de la CONFEJES, l’étude de faisabilité de la création d’une Coopérative de Développement de la Jeunesse Burundaise, l’exécution des projets de jeunes dans le cadre du programme « Champs de Cultures», la création d’un Centre National des Volontaires du Burundi, le renforcement des capacités du Conseil National de la Jeunesse ainsi que de nouvelles dotations en équipements des centres pour jeunes.

4.6.4.2. Promotion du Sport

334. Le sport d’élite a été marqué par d’intenses d’activités sportives au niveau national ainsi que par plusieurs participations aux compétitions internationales. Un accent particulier a été mis sur la participation aux stages, séminaires et congrès pour dirigeants sportifs et cadres techniques des fédérations. Le sport de masse a connu une évolution positive grâce à l’animation du sport corporatif tel que les clubs des marcheurs ou les tournois interministériels. Des travaux de réhabilitation des infrastructures sportives de Bujumbura ont été menés tandis que la prospection d’autres centres à réhabiliter ultérieurement a été effectuée. De même, la distribution d’équipements sportifs aux Associations et Fédérations sportives (Basket-ball, Volley-ball, Football, Handball et Tennis) a pu être opérée. Il y a lieu de mentionner également les grandes organisations sportives dont le Premier Marathon de la Paix du Burundi et l’organisation de la 4e édition du Flambeau de la Paix.

335. Au cours de l’année 2009, les actions prioritaires en matière de sports visent le soutien aux Equipes Nationales et clubs champions pour leur participation aux compétitions régionales et internationales, l’appui aux fédérations pour la détection de nouveaux talents, avec un accent particulier sur le sport féminin et les handicapés, la formation des cadres et dirigeants des fédérations en matières de gestion et administration du sport et de la médecine sportive, la vulgarisation et l’organisation d’un Sommet Régional sur le Dopage dans le sport, la participation aux Congrès internationaux des dirigeants des fédérations, l’organisation de la 4ème édition du tournoi interministériel, les matches transfrontaliers, l’appui aux clubs, associations de sports de masse, l’organisation des jeux traditionnels, du championnat National des Vétérans et de la marche populaire, la réhabilitation des infrastructures sportives et la dotation en équipements des équipes sportives provinciales.

4.6.4.3. Promotion de la Culture

336. Des activités axées sur l’encadrement et la coordination des groupes culturels dans leurs représentations musicales et sur l’appui aux productions des différents artistes et musiciens ont été intensifiées. Les Journées Internationales des Musées, des Langues Maternelles, de la Musique et de la Propriété Intellectuelle célébrées en 2007 ont été reconduites en 2008. Il faut noter également la participation aux manifestations culturelles régionales et internationales en Chine, en Ouganda, au Rwanda et en Afrique du Sud, l’organisation du Festival annuel National de la Culture, l’appui aux initiatives culturelles des festivals Amahoro Iwacu, Inanga, des concours PAM AWARDS, l’organisation de MISS BURUNDI et MISS EAST AFRICA 2008 et enfin la réhabilitation de sites historiques.

337. En perspective, il est notamment préconisé l’organisation de l’Exposition Nationale des œuvres d’art, un appui aux initiatives culturelles, la célébration des Journées Internationales des Langues Maternelles, de la Propriété Intellectuelle, des Musées et de la Musique, la participation aux manifestations culturelles régionales et internationales, l’inventaire et la réhabilitation des sites historiques et monuments, la poursuite de la réhabilitation du Musée Vivant de Bujumbura et du Musée National de Gitega, la mise en place du Bureau Burundais du Droit d’Auteur, la traduction en Kirundi de la Loi sur le Droit d’Auteur et les Droits Voisins ainsi que l’organisation du Forum National et du Festival National de la Culture.

4.7. Développement du secteur privé.

338. De plus en plus, l’investissement privé jouera un rôle de premier plan dans la relance de l’économie, par le biais notamment du relèvement de la productivité et de la compétitivité pour faire face aux nouveaux défis consécutifs aux nouvelles formes de concurrence qu’exerceront les autres opérateurs de l’EAC.

339. A cet effet, le gouvernement a entrepris d’importantes réformes dans l’optique de recréer un nouveau cadre légal et réglementaire qui améliore de façon significative et visible l’environnement des affaires. Les domaines couverts par ces réformes concernent les aspects suivants:

  • Code des investissements: le nouveau dispositif préconise la liberté d’établissement, le libre transfert de capitaux et des revenus, l’encouragement du système de zone franche, la mise en place d’un guichet unique et l’exclusion des risques de nationalisation et d’expropriation. Le code des investissements a été promulgué en septembre 2008.
  • Loi sur la faillite et le concordant: elle privilégie la bonne gouvernance dans la gestion des entreprises, instaure des mécanismes de prévention des difficultés des entreprises par le biais de la protection des intérêts des parties prenantes pour les entreprises à problèmes. En 2008, des activités de vulgarisation de cette loi ont eu lieu.
  • Code du commerce et sociétés publiques et privées: ces textes en cours de révision permettent et facilitent, grâce à l’allégement des procédures, la liberté d’entreprendre et le respect des normes internationales en ce qui concerne la législation des affaires.
  • Guide des investissements: il s’agit d’un instrument précisant, à l’intention des opérateurs éventuels, les différentes possibilités offertes en matière d’investissement et le cadre légal rénové dans le domaine des affaires. Ce document est en cours de préparation.
  • Agence de promotion des investissements: sa mise en œuvre contribuera à renforcer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers en garantissant le respect de l’application des directives du code des investissements, des garanties liées au régime de zone franche ainsi que l’accès aux avantages fiscaux et douaniers.
  • Cadre de concertation entre le secteur public et le secteur privé: le but recherché est de renforcer la participation des parties prenantes à la promotion du secteur privé dans le processus de prise de décision en matière de politique et de réformes à mettre en œuvre. Le décret portant Cadre de concertation entre le secteur public et le secteur privé a été promulgé en 2008.
  • Loi sur la concurrence: son contenu, qui met en avant la nécessaire harmonisation des textes prévalant au sein du COMESA et de l’EAC, précise et sanctionne les pratiques déloyales en matière de conduire des affaires comme celles qui tendent à fausser le jeu de la concurrence.

340. Parallèlement à la conception de ces réformes, le processus de réorganisation de la Chambre de commerce a été lancé et le Bureau Provisoire de la Chambre Fédérale du Commerce et d’Industrie du Burundi a été mis en place. Déjà, comme le montre la matrice des indicateurs, l’environnement des affaires s’est sensiblement amélioré et le nombre de création d’entreprises, et notamment des sociétés anonymes, est en augmentation.

341. De même, dans le cadre de l’amélioration de l’environnement des affaires, une étude sur le climat des investissements au Burundi a été menée. Toutefois, les observations du Comité Technique Chargé du suivi des études sur le climat des investissements ont abouti à la formulation d’une étude complémentaire qui conduira à un plan d’actions prioritaires à mener à court et moyen terme. Une étude sur la vision et la stratégie de développement industriel et commercial a été analysée lors de l’atelier du 8 avril 2008. L’exploitation du document se poursuit en vue de faire des recommandations pertinentes à mettre en œuvre. Enfin, la politique du gouvernement est d’éliminer tous les arriérés de paiement envers le secteur privé.

4.8 Infrastructures d’appui à la production

4.8.1 Amélioration des infrastructures de transport

342. L’objectif prioritaire en matière d’infrastructures routières est d’assurer le désenclavement extérieur et intérieur du pays, en vue de favoriser les échanges et promouvoir ainsi la croissance économique. Au cours de l’exercice 2008, le gouvernement a poursuivi le programme de bitumage, de réhabilitation et d’entretien. Les travaux d’asphaltage ont concerné la route Gitega-Karusi-Muyinga, sur une distance de 104 km, et la route Kirundo-Gasenyi, dont les travaux démarrés en 2007, étaient achevée à 85% à la fin de l’année 2008. Des travaux supplémentaires de bitumage en BB et de contournement de la ville de Kirundo ont démarré en novembre 2008 pour une durée de 6 mois. Au niveau de la réhabilitation, il y a lieu de signaler qu’un linéaire de 49,9 km a été réalisé au niveau des RP 104: Muzinda-Rugazi-Muyebe-Musigati, et RC 177: RN 3-Barrage Mugere, grâce aux financements PPTE. Par ailleurs, avec l’appui du FRN, les travaux exécutés ont concerné le cantonnage manuel sur le réseau routier revêtu sur 1 039 km, la stabilisation des glissements et buses, l’enlèvement des éboulements et l’entretien mécanisé des routes en terre sur 123 km. Au total, se sont désormais 1555 km de routes classées qui ont été entretenues depuis 2002.

343. Des travaux de réhabilitation de la voirie urbaine ont été également effectués soit par asphaltage ou pavage. Le démarrage d’une étude sur la prévention de la sécurité routière constitue un pas important vers l’amélioration des conditions du trafic au Burundi.

344. A ce stade, il importe de relever le faible taux d’engagement par rapport au programme d’entretien routier 2008 de l’Office des Routes (OdR), essentiellement en raison de la faible maîtrise du nouveau code des Marchés Publics en matière de procédures de passation des marchés. Ce même problème a été observé au niveau des programmes financés par l’extérieur pour lesquelles les longues procédures ont allongé les délais d’exécution prévus.

345. A court et moyen terme, il est prévu de réaliser (i) la réhabilitation de la RN2 (Bugarama - Gitega), (ii) la réhabilitation de la RN1 (Bujumbura – Bugarama - Kanyaru Haut), (iii) la construction de la RN18 (Nyakararo-Mwaro-Gitega) et (iv) la construction de deux ponts sur la Rumpungwe et la Maragarazi, (v) la poursuite du programme de réhabilitation du réseau secondaire et des pistes rurales.

4.8.2 Infrastructure de communication et de nouvelles technologies de l’information

346. Pour le transport aérien, la construction de la clôture de l’aéroport a débuté et un projet de construction d’une piste secondaire est à l’étude.

347. En ce qui concerne le transport lacustre, 20 000 m3 de matériaux sur 125 000 m3 ont été dragués, et 4 épaves de bateau sur 5 ont été renflouées. Les travaux sont ralentis par la présence de déchets plastiques dans les matériaux dragués, en provenance du collecteur d’eau passant par le marché de Buyenzi, ainsi que par l’exiguïté du terrain de refoulement. Un projet de construction de magasins d’entreposage au port de Dar-es Salam n’a pu être exécuté en raison du renchérissement du coût. Enfin, l’adjudicataire chargé du balisage du Lac Tanganyika n’a pas exécuté le marché conclu. Trois activités figurent néanmoins toujours parmi les priorités du secteur pour 2009, avec le dragage du cours d’eau et de l’embouchure de la Ntahangwa et la construction d’une clôture au port de Rumonge.

348. Pour le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication, un projet de connexion, via le Rwanda et la Tanzanie, à un câble sous marin à fibre optique permettra d’accéder à l’Internet à haut débit.

349. En termes d’accès aux moyens de communication, il existe 29780 abonnés à la téléphonie fixe, 4 172 à l’Internet. Le secteur emploie plus de 1 100 salariés, réalise un chiffre d’affaires de 43,4 milliards Fbu et des investissements s’élevant à 37,5 milliards. Les réseaux sont néanmoins proches de la saturation et la capacité actuelle de 2 670 000 utilisateurs est insuffisante. La couverture du territoire en réseau téléphonique est estimée à 60-70%.

350. La politique nationale de développement des TIC adoptée en 2007 est articulée autour de 6 objectifs, à savoir (i) promouvoir le renforcement des capacités, (ii) améliorer l’environnement juridique et réglementaire, (iii) développer des infrastructures de base, (iv) promouvoir la bonne gouvernance et (v) promouvoir et encourager l’investissement privé.

351. Dans cette optique, les actions à réaliser dans le court et moyen terme concernent les volets suivants:

  • (i) Équipement de chaque établissement de salles multimédia
  • (ii) Mise en place d’un réseau de centres multimédia pour la formation, la documentation et le développement de contenus pédagogiques
  • (iii) Réouverture de l’Ecole Nationale des Télécommunications
  • (iv) Mise en place d’un centre de recherche sur les TIC
  • (v) Equipement de l’Université et les institutions existantes
  • (vi) Acquisition des équipements de contrôle pour l’ARCT
  • (vii) Mise en place d’un centre des outils de collecte et de traitement de l’information sur le secteur
  • (viii) Modernisation et extension du réseau audiovisuel
  • (ix) Modernisation et amélioration de la couverture nationale des réseaux TIC
  • (x) Amélioration de la connectivité rurale
  • (xi) Mise en place d’un parc technologique
  • (xii) Augmentation de la bande passante
  • (xiii) Mise en place de points d’échange Internet
  • (xiv) Participation à des projets d’infrastructures régionaux
  • (xv) Mise en place d’un site d’une infrastructure informatique moderne reliée en réseau national d’information
  • (xvi) Mise en place d’un site Web pour chaque Ministère et Administration publique, Assemblée et Sénat
  • (xvii) Interconnexion des réseaux des services de l’Etat

352. Dans le domaine de l’information, le CNC a entrepris l’élaboration d’un plan stratégique dont les principaux axes concernent (i) la garantie de la liberté de presse, (ii) la bonne couverture du processus électoral par les médias, (iii) le renforcement institutionnel du CNC, (iv) la consolidation du système de régulation et d’autorégulation et (v) le renforcement du professionnalisme des médias. La mise en œuvre des actions prioritaires relevant de chacun de ces objectifs permettra notamment au CNC d’assurer un contrôle et un encadrement participatif de l’ensemble des médias agréés au Burundi.

4.8.3 Promotion de l’énergie

353. Dans les conditions actuelles d’approvisionnement en énergie, des efforts restent à déployer pour atteindre l’objectif d’assurer un accès durable aux sources d’énergies modernes. Le recours au bois de chauffe demeure toujours le principal moyen de satisfaction des besoins énergétiques de plus de 94% de la population, accentuant ainsi les dommages environnementaux et l’accélération de la destruction des espaces boisés.

354. Au niveau de l’approvisionnement en électricité, la production nationale a baissé de 117,5 en 2007 à 111,8 MWH en 2008, tandis que les tendances des 5 dernières années dénotent une croissance très faible. En revanche, la consommation n’a cessé d’augmenter au cours de la même période et a affiché un rythme de croissance de 7% en 2008, s’élevant à 206,4 MWH, soit 85% de plus que la production. Le graphique ci-dessous montre l’évolution comparée de la production et de la consommation en énergie électrique.

Graphique 14:Evolution de la production et de la consommation en énergie électrique

Source: REGIDESO

355. Bien que l’électricité ne représente que 4% du bilan énergétique du pays et que moins de 3% des ménages soient raccordés à l’électricité, le Burundi ne peut satisfaire à ses besoins. Plus de 45% des besoins en énergie électrique ont été couverts par des importations en 2008 contre 39% en 2007.

356. Pour répondre à la forte demande non satisfaite en raccordement (consommation potentielle très importante), des actions (encore très insuffisantes) ont été menées au cours de l’année 2008 pour augmenter la production, étendre le réseau électrique et procéder à des raccordements de nouveaux abonnés. Le nombre des raccordements au réseau national a augmenté de 6,3% dans tout le pays, passant de 38 069 à 40 513 abonnés. Parallèlement, 236 nouveaux abonnés ont été desservis en zones rurales, portant ainsi à 3 174 le nombre total de bénéficiaires du réseau électrique à fin 2008. Dans le même cadre, 8 centres de santé (Ruyaga-Mutumba-Gitaba-Buhinda-Maramvya-Muriza-Businde et Nyange) ont pu être raccordés au réseau.

357. Le pétrole, produit utilisé essentiellement pour l’éclairage en milieu rural et le carburant (essence et diesel), pour le transport, ont un impact direct sur la consommation des ménages. Le gouvernement a donc décidé la mise en place d’un nouveau mécanisme de fixation des prix, fondé sur le principe d’ajustement automatique à l’évolution des cours mondiaux, sans que cela n’affecte dramatiquement les recettes fiscales. Une étude du secteur pétrolier a été lancée à cet effet et devrait permettre de formuler une stratégie sur la politique fiscale appropriée en la matière.

358. Dans le cadre de la politique de promotion des énergies nouvelles et renouvelables, 8 Centres de Santé et 2 Collèges Communaux en milieu rural ont bénéficié de l’électricité par système solaire photovoltaïque. En outre, l’Office National de la Tourbe « ONATOUR » exploite cinq (5) chantiers de tourbière. Selon son plan prévisionnel, la production annuelle de la tourbe a été de 7 490 tonnes contre 8 000 tonnes initialement prévues, soit une réalisation de 93,6%. Cette production, qui reste inférieure à la demande de l’armée (principal client), pourrait être augmentée avec la redynamisation de la production au chantier de Gisozi, une meilleure constitution des stocks de pièces de rechange et l’achat d’une nouvelle unité de carbonisation.

359. Au regard de l’impact direct sur l’amélioration des conditions de vie des populations que peut exercer la diversification de l’accès à l’énergie, le gouvernement envisage l’opérationnalisation des énergies alternatives, en particulier en faveur des zones rurales.

360. Pour faire face au déficit récurent en matière d’électricité, le gouvernement envisage de mener les actions suivantes.

  • (i) Installation et exploitation d’une nouvelle centrale thermique d’au moins 10 MW dans l’immédiat.
  • (ii) Construction des centrales hydroélectriques de Kabu 16 (20 MW) (2 à 3 ans) et Mpanda (10,4 MW) dans le très court terme.
  • (iii) Construction d’une centrale sur le site (Jiji, Mulembwe et Siguvyaye donnant plus de puissance (plus de 100 MW) et sur la Ruvubu (site Mumwendo 80 MW) dans le court terme (5 à 8 ans)
  • (iv) Construction d’une centrale communautaire sur le site Ruzizi III (145 MW) et Ruzizi IV (265 MW) dans le court terme
  • (v) Développement des microcentrales pour l’électrification rurale
  • (vi) Réhabilitation et extension des infrastructures existantes (centrales hydroélectriques et réseau d’adduction d’eau),
  • (vii) Réhabilitation ou renouvellement des réseaux associés (postes et lignes),
  • (viii) Electrification de nouveaux centres à l’intérieur du pays et tirage de nouvelles lignes
  • (ix) Doublement de la puissance des centrales de Nyemanga et de Buhiga,
  • (x) Construction des centrales nationales (Kabu 16(20MW), Mpada (10.4 MW) Siguvyaye (100MW) et communautaires (Rusizi III (145 MW), Rusizi IV (265 MW), Rusumo Falls (61MW)
  • (xi) Interconnexion des réseaux électriques des pays des lacs équatoriaux du bassin du Nil (le renforcement de l’interconnexion du réseau de la CEPGL: Burundi-RD Congo-Rwanda ; jonction Rwanda-Uganda-Kenya ; interconnexion Rwanda-Burundi-Tanzanie via le projet Rusumo Falls avec la ligne passant par Muyinga au Poste de Taba.

4.9 Intégration régionale

361. Le Burundi appartient à six communautés régionales, à savoir: (i) la Communauté Est Africaine (EAC) ; (ii) l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) ; (iii) la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) ; (iv) le Marché Commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique Australe (COMESA) ; (v) la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et (vi) la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Les objectifs de ces différentes communautés sont complémentaires et interdépendants. Le Burundi a pris les mesures nécessaires pour que les programmes convenus au niveau de chacune d’elles puissent être exécutés conformément aux principes énoncés par les états membres.

4.9.1. Communauté Est Africaine (CEA / EAC)

362. Au niveau de l’EAC, l’objectif visé est d’établir entre les pays membres une Union Douanière, un Marché Commun, une Union Monétaire et une Fédération Politique.

363. Au cours de l’année 2008, la mise en place en juillet d’un Comité national de suivi de l’application du Protocole sur l’Union douanière et la création en décembre d’une Commission nationale de suivi des mécanismes d’élimination des barrières non tarifaires ont permis une préparation rapide de l’adhésion du Burundi à l’Union Douanière tandis que le comité chargé de participer aux Négociations du Protocole du Marché Commun de l’EAC a déjà produit son 1er rapport à mi-parcours qui a été soumis au Conseil des Ministres tenu à Zanzibar au mois de novembre. L’établissement d’un marché Commun constitue la deuxième étape du processus d’intégration du Burundi à l’EAC et son échéance est prévue pour 2010.

364. S’agissant de l’étape de l’Union Monétaire dont l’échéance est prévue en 2012, des consultations techniques préliminaires sont en cours. A cet effet, des Experts de la Banque de la République du Burundi (BRB) participent régulièrement à des consultations et discussions sur la politique économique (convertibilité du compte de capital, révision de la formulation et de la conduite de la politique monétaire par les Banques Centrales, harmonisation des statistiques nationales, …), la supervision bancaire, l’harmonisation des systèmes de payement, la technologie de l’information, les marchés financiers, etc.

365. Quant à l’Union Politique, le Burundi a terminé les consultations nationales sur la Fédération Politique des Pays de l’EAC conformément aux recommandations du Secrétariat de l’EAC. Le rapport sanctionnant ces consultations a été validé le 28 novembre 2008. Des comités sectoriels, gérés au niveau des ministères sectoriels, ont été créés en vue d’assurer le suivi des projets et programmes communs des Etats membres de l’EAC visant à élargir et à renforcer la coopération entre les Etats dans les domaines de la politique, de l’économie, des affaires sociales et culturelles, de la recherche, de la technologie, de la défense et sécurité et des affaires juridiques et judiciaires.

Encadré 3:Impact de l’entrée dans l’EAC pour le Burundi

Une étude réalisée par GTZ parue en mai 2008 indique l’impact de l’entrée dans l’EAC pour le Burundi. L’impact de l’entrée dans l’union douanière était ainsi estimé à des pertes en recettes fiscales de 1,7%, et une hausse consécutive du déficit primaire de 5,2%. Les bénéfices pour les consommateurs en termes de réduction des prix seraient potentiellement importants, mais dépendent des pratiques de prix des importateurs.

L’analyse SWOT réalisée dans l’étude faisait ressortir les potentialités suivantes: une tendance à la baisse des prix des produits à la consommation, l’ouverture d’un vaste marché du travail, l’arrivée possible de capitaux d’investissement, les échanges d’idées, d’expériences et d’approches économiques et sociales, plus de coopération institutionnelle et universitaire, un contrôle plus strict de la fraude et de la corruption et l’exploitation de la situation privilégiée d’un pays francophone aux portes de la RDC. Des ajustements devront néanmoins être réalisés pour améliorer la productivité des entreprises burundaises face à la concurrence que ne manquerait pas d’exercer les pays voisins.

366. Le principal problème rencontré pour le fonctionnement efficace des instances de la Communauté concerne l’insuffisance des moyens financiers pour assurer la prise en charge de toutes les missions effectuées dans le cadre de l’EAC et par tous les pays membres, en particulier, le Burundi.

4.9.2 Initiative du Bassin du Nil (IBN)

367. Le Projet Micro subventions a initié plusieurs activités qui ont pu mettre en évidence des meilleures pratiques devant orienter une protection efficace de l’environnement.

368. Les principales réalisations à souligner dans ce cadre concernent (i) le Programme de Conservation au niveau communautaire qui soutient des interventions des communautés visant à réduire les menaces environnementales transfrontalières sur une échelle locale. (ii) les microprojets ont été soutenus pour un montant de 25 000 $US et (iii) les organisations locales ayant bénéficié d’un financement du PAM à hauteur de 75 000 $US par ONG à travers le FFW pour consolider leurs actions.

369. Les domaines touchés par ces interventions concernent la gestion et conservation des sols ; la promotion de l’agriculture écologiquement durable ; la gestion de la pollution de l’eau ; l’agroforesterie ; le reboisement ; la gestion et protection des parcs et réserves naturelles et la promotion des sources alternatives d’énergie (foyers améliorés, biogaz, etc.).

370. Les principaux défis rencontrés à ce niveau résident dans la multiplicité des organisations demandant le financement et la faible capacité des organisations locales dans la formulation des projets.

4.9.3 La Communauté Economique des Pays des Grands Lacs

371. Des programmes de relance de la CEPGL ont été identifiés en matière de démocratie et de bonne gouvernance, d’investissement, d’agriculture, de sécurité alimentaire, d’énergie, des infrastructures, des communications, d’éducation et de recherche.

372. Dans les domaines de la démocratie et de la bonne gouvernance, des projets prioritaires à vocation communautaires ont été identifiés pour implanter la culture de la démocratie et de bonne gouvernance afin de faire participer un plus grand nombre de citoyens à la gestion des affaires publiques. Il s’agit: (i) de la création d’un Observatoire des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance dans les pays de la CEPGL ; (ii) du Projet de création du Centre Communautaire de prévention et de lutte contre le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité et (iii) du Projet de Renforcement des Capacités des Différents Acteurs en matière de Démocratie et Bonne Gouvernance dans les Etats de la CEPGL.

373. Au niveau du secteur agricole et de la sécurité alimentaire, cinq projets ont été élaborés en 2008 et portent sur: (i) l’actualisation de l’étude de faisabilité du Projet Régional Semencier ; (ii) l’Etude de faisabilité des Centres d’Appui à l’Elevage pour le Peuplement du Cheptel ; (iii) l’Etude de faisabilité d’un Projet de Stockage et de Mixage d’Engrais Chimique ; (iv) l’Actualisation de l’Etude de faisabilité d’un Centre Régionale de Machinisme Agricole CERAMA et (v) l’Etude de faisabilité d’un Projet Régional de Stockage des Récoltes

374. Concernant le secteur de l’Energie, Infrastructure et Communication, des projets ont été proposés en 2008 pour financement2. Il s’agit de (i) la Réhabilitation des groupes 2 et 3 de la Centrale RUZIZI II (SINELAC) ; (ii) l’Aménagement d’une Centrale hydroélectrique communautaire RUZIZI III sur la rivière RUZIZI ; (iii) l’Interconnexions Burundi-RD Congo-Rwanda et passage en 110 V ; (iv) l’Interconnexion Burundi-Rwanda et (iv) la Reconstruction/Réhabilitation des Ponts Bukavu-Cyangugu sur la rivière Ruzizi.

375. L’éducation et la recherche ont également retenu l’attention des pays membres puisque sept projets prioritaires à vocation communautaire pour un coût global de 500 000 $ américains ont été proposés3. Il s’agit de: (i) l’élaboration d’une politique d’amélioration de l’Enseignement Supérieur et Universitaire dans la CEPGL: état des lieux, contraintes et recommandations, (ii) l’étude sur la création d’un Institut Régional des Statistiques de la CEPGL, (iii) l’étude sur la création d’un Institut Régional de formation des vétérinaires de la CEPGL, (iv) l’étude sur la mise en place d’un projet du type « TOPTEN » dans la CEPGL, (v) l’actualisation de l’étude du projet « Ecole Polytechnique des Grands Lacs », (vi) la participation active des pays membres de la CEPGL au projet Knowledge management de la CEA/EAC et (vii) la coopération documentaire et la banque des données scientifiques pour les pays de la CEPGL.

376. Les différentes contraintes auxquelles la communauté se heurte sont l’insuffisance des ressources financières des trois pays membres ; l’assistance insuffisante de la Communauté Internationale ; le retard de versement des contributions des Etats et la difficulté de planifier à moyen et long terme.

4.9.4. Marché Commun de l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe

377. Au niveau du COMESA, le protocole portant sur la mise en place de l’Union Douanière a été signé en décembre 2008 mais son opérationnalisation est prévue pour 2009. Les prochaines étapes sont l’Union Monétaire (monnaie unique) et l’établissement d’une Communauté Economique prévue pour 2025.

4.9.5. Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale

378. Les interventions stratégiques prévues pour 2008 sont en cours d’exécution. Il s’agit (i) du projet sur la conservation et la gestion durable des ressources forestières d’Afrique Centrale, (ii) le projet sur la lutte contre les changements climatiques en Afrique Centrale et (iii) le projet sur la conservation et à la gestion durable des ressources naturelles transfrontalières d’Afrique Centrale (eaux douces, marines et côtières, biodiversité, faune et flore). L’étude sur l’interconnexion des réseaux électriques des pays membres de la CEEAC prévue pour décembre 2008, n’est pas encore réalisée.

379. Les différentes contraintes qui handicapent l’efficacité de la communauté sont liées (i) aux problèmes de fonctionnement en interne, (ii) aux thèmes d’action qui évoluent lentement, (iii) aux mesures pour alimenter le budget et pour assurer le maintien de la paix qui doivent encore se concrétiser et (iv) à l’absence d’impact réel en matière d’intégration économique.

4.9.6. Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs

380. Les actions initiées en 2008 concernent (i) le Projet de sécurité alimentaire dont les activités sont contenues dans le cadre de la coopération pour la réduction de la pauvreté, (ii) les projets de Relance de la CEPGL et de ses Organismes Spécialisés pour la période 2006-2010 et de Certification des Ressources Naturelles pour la période 2007-2011 dans le cadre de l’harmonisation et renforcement des politiques de coopération et (iii) le Projet corridor nord dans le cadre du développement des infrastructures régionales.

381. En conclusion, les différentes communautés régionales auxquelles le Burundi a adhéré présentent un intérêt significatif. Cependant, il y a lieu de constater les lacunes suivantes: ces communautés ont des programmes semblables d’où le problème de dédoublement et de chevauchement ; le problème de l’instabilité institutionnelle qui ne permet pas le suivi efficace des dossiers des Communautés ; les programmes régionaux ne sont pas à la hauteur des budgets nationaux.

Chapitre 5: Développement du capital humain

5.1 Promotion de l’éducation

5.1.1 Enseignement primaire et secondaire

5.1.1.1 Etat d’exécution des actions prioritaires

382. Parmi les séquelles de la crise figure l’accès limité à l’éducation, pour une génération entière de jeunes dont les plus touchés se retrouvent parmi les déplacés, les orphelins, les enfants de la rue et les anciens enfants soldats. A tous ces groupes, s’ajoutent les nombreux rapatriés dont certains sont sans référence.

a. Au niveau primaire

383. Avec l’appui de ses Partenaires Techniques et Financiers (PTF), l’Etat a déployé des efforts importants pour reconstruire les infrastructures scolaires et étendre l’accès à l’enseignement primaire. Ces efforts se sont traduits en particulier au niveau des volets suivants.

Suppression des frais de scolarité: Les inscriptions à l’enseignement primaire sont passées de 1,3 million en 2005 à 1,7 million en 2008, avec une augmentation notable des inscriptions de filles. Par rapport à l’année 2007, un accroissement de 8% des effectifs a été enregistré.

Augmentation du nombre de salles de classe et d’enseignants: Le nombre de salles de classe et les effectifs d’enseignants se sont considérablement accrus. Ainsi, durant la seule période de 2007 à 2008, 1894 salles de classe ont été construites et 2780 nouveaux enseignants du primaire ont été recrutés.

Tableau 15:Nouvelles salles construites en 2008, sur de nouveaux sites ou extensions des écoles incomplètes au primaire
ProvinceNombre de Salles Construites
Nouveaux SitesExtensionTotal
Bubanza265581
Buja Mairie69069
Buja Rural6076136
Bururil61126187
Cankuzo49049
Cibitoke403474
Gitega1520152
Karusi1200120
Kayanza11410124
Kirundo1110111
Makamba88997
Muramvya331649
Muyinga80080
Mwaro44044
Ngozi9097187
Rutana1590105
Ruyigi69069
Total12215131734
Source: Services de planification du Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire
Source: Services de planification du Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire

384. Les statistiques disponibles montrent que des efforts ont été effectivement réalisés mais que des progrès sont encore attendus pour certaines provinces comme Cankuzo, Mairie de Bujumbura, Muramvya, Ruyigi et Mwaro.

Mise à disposition de matériels pédagogiques: L’Etat a fourni, pour les élèves des classes de 1ère et 2ème années, un manuel pour deux élèves en Kirundi, Français, Mathématiques et Etude du Milieu et un manuel par élève en Kirundi et en Français pour les élèves des classes de 3ème à la 6ème. Aujourd’hui, tous les enseignants disposent des guides pédagogiques appropriés.

Formation continue des enseignants, des directeurs d’école et des inspecteurs: La formation des enseignants non qualifiés organisée en 2008 a touché 746 enseignants non qualifiés ainsi que 2 104 directeurs d’écoles primaires et Inspecteurs communaux. Ainsi, la qualification des enseignants par sexe et par province s’est améliorée dans l’ensemble, puisque la majorité des enseignants intervenant dans le primaire public ont les diplômes requis, avec une moyenne de 92.6%, et des taux de qualifications qui dépassent 88% dans toutes les provinces. Par rapport à l’année scolaire 2006/2007, une augmentation de 3.9 points de pourcentage a pu être observée car le taux est passé de 88.7% en 2006/2007 à 92.6% en 2007/2008.

Amélioration des conditions de travail des enseignants: Afin d’améliorer la qualité de prestation et stimuler l’engagement des enseignants, un Fonds de logement des enseignants a également été institué en 2008.

En outre, dans le cadre du renforcement des capacités matérielles, 149 motocyclettes ont été distribuées aux inspecteurs communaux pour améliorer l’encadrement des écoles. Par ailleurs, du matériel informatique et de reprographie a été distribué aux services techniques de l’administration centrale et aux Directions Provinciales de l’Enseignement.

Mobilisation pour une plus grande participation communautaire: L’Etat du Burundi, à travers les administrations communales, a sensibilisé les communautés à la collecte de matériaux locaux et à la construction des écoles. Dans ce cadre, des intrants (ciment, tôles, fer à béton) pour appuyer les initiatives communautaires dans la construction des infrastructures scolaires ont été distribués. Par ailleurs, un programme de mise en place des comités de gestion des écoles impliquant les parents est en cours d’élaboration en même temps que la mise en place des cantines scolaires continue à avoir des impacts positifs pour la scolarisation des enfants démunis.

b. Au niveau de l’enseignement secondaire

385. Les communes se sont fortement mobilisées pour répondre à la demande croissante pour l’enseignement post primaire. En effet, les collèges et les lycées communaux représentent actuellement 82% des inscriptions dans le secondaire, tandis que les lycées publics n’inscrivent que 10% de l’effectif des élèves. Il faut également noter que le gouvernement a apporté un appui appréciable aux communes par la construction de nouveaux collèges communaux et 50 entités ont ouvert leurs portes en 2008. A coté de cet appui aux communes, le Gouvernement a consenti un budget de 1,8 milliard pour la construction, réhabilitation et équipement des lycées pour l’exercice budgétaire 2008.

386. Des apports non négligeables ont été également effectués par les confessions religieuses et les ONG dans les constructions des collèges. Dans le souci d’améliorer les conditions d’apprentissage et au vu de la quasi-absence de matériel didactique, l’Etat envisage de fournir des manuels scolaires, à raison d’un jeu pour 2 élèves.

5.1.1.2 Impact des mesures et défis

387. Avec le raffermissement du processus de paix et la déclaration de la gratuité de l’éducation en 2005, la situation s’est progressivement améliorée, puisque l’année scolaire 2007/2008 a connu un taux brut de scolarisation de 123,5%, contre 105,2%.

388. Ce taux s’explique par la scolarisation tardive de nombreux enfants qui, pour des raisons de sécurité, de pauvreté, ou à défaut d’offre de services éducatifs, n’ont pu entrer à l’école primaire avant la mise en place de la gratuité de l’enseignement primaire et du développement des infrastructures, à partir de 2005.

Tableau 16:Evolution des taux bruts de scolarisation du primaire par province
Province2003–20042004-20052005 - 20062006 - 20072007-20082008-2009
Bubanza70,571,286,695,2108,9117,2
Buja Mairie101,8124,3141,9119,8112,9102,3
Buja Rural92,386,995,6116,6127,3131,2
Bururil112,5108,3122,2140,9141,3162,1
Cankuzo75,874,997,579,8130,3137,0
Cibitoke77,274,691,9101,7122,6129,5
Gitega93,888,9106,6112,0134,9138,1
Karusi78,983,2100,1104,5129,7135,2
Kayanza68,775,2102,897,2127,0134,6
Kirundo70,363,988,886,7103,4110,1
Makamba78,782,6101,2114,3135,2152,1
Muramvya96,296,3115,4125,3151,9153,7
Muyinga57,856,474,785,796,0105,5
Mwaro111,1106,8122,0128,7150,6153,8
Ngozi58,357,186,491,5117,7122,1
Rutana85,390,9117,896,3123,3133,4
Ruyigi63,580,1105,8101,4117,6127,2
Total81,081,6101,3105,2123,5130,4
Source: Ministère de l’Education Nationale
Source: Ministère de l’Education Nationale

389. Cependant, les défis à relever restent nombreux et les besoins en éducation sont vastes. Les infrastructures sont très insuffisantes: d’après l’enquête PETS 2007, dans le primaire, seuls 2% des établissements publics possédaient une bibliothèque, seule la moitié des écoles possèdent un bureau pour enseignant, une école sur dix dispose d’une cantine scolaire, 2 sur 100 d’une pharmacie, moins de 5 sur 100 un approvisionnement en électricité, les deux tiers n’ont pas accès à une source d’eau potable, 13% n’ont aucune forme de lieu d’aisance. Le ratio élève/place assise est de 1,4 au niveau national.

390. Le système éducatif se caractérisent par des disparités provinciales très profondes, la pratique de la double vacation est quasi généralisée, ce qui explique la faiblesse du temps scolaire (600h/an dans le primaire), et les enseignants sont mal répartis entre les centres urbains et les zones rurales. De surcroît, la formation initiale des enseignants ne tient pas suffisamment en compte des évolutions scientifiques récentes, alors que la formation en cours d’emploi demeure insuffisante.

391. L’absentéisme est une pratique courante, de l’ordre de 25% selon l’enquête PETS. En dépit des efforts, visant l’augmentation des capacités d’accueils, deux constants requièrent une attention toute particulière pour restaurer l’efficacité du système éducatif burundais.

392. Le ratio élèves/enseignant est de 53 élèves au niveau national, ce qui signifie qu’un enseignant encadre en moyenne 53 élèves. Ce ratio cache des disparités entre les provinces car il varie de 33 à 76. Par rapport à l’année 2006/2007, ce ratio a diminué d’un point et des améliorations pour Bujumbura Mairie, Bujumbura Rural, Gitega, Karusi, Ngozi et Ruyigi sont à signaler. Le ratio élèves/salles de classe est de 84 au niveau national. Par rapport à l’année 2006/2007, ce ratio connaît une légère amélioration. Cependant, les ratios observés dans toutes les provinces dépassent la capacité d’accueil d’une salle de classe qui est normalement de 50 élèves au maximum. Cela montre que la pratique de la double vacation des salles de classe pour pallier l’insuffisance des capacités d’accueil dans l’enseignement primaire reste toujours une réalité dans l’ensemble du pays.

393. La conjugaison de ces facteurs affecte négativement le rendement interne du système éducatif qui connaît un taux de redoublement très élevé allant jusqu’à 36,2% et un taux d’abandon de 5% pour l’année scolaire 2007/2008, au niveau du primaire.

394. Le système éducatif est également caractérisé par la disparité du genre. Des efforts ont été déployés dans ce domaine pour corriger cette disparité4. L’analyse de la parité filles / garçons montre que les garçons restent encore plus scolarisés que les filles car à 100 élèves de sexe masculin correspondent 95 de sexe féminin. Bien que cet indice de parité soit inférieur à 1, des progrès se remarquent dans la scolarisation des filles puisqu’il est passé de 0,93 en 2006/2007 à 0,95 en 2007/2008. Ce progrès montre une évolution vers la réalisation de l’équité en matière de scolarisation primaire, qui est l’un des objectifs du millénaire pour le développement

5.1.1.3 Genre et équité

395. En défit des efforts déployés dans le but de permettre l’accès de la jeune fille burundaise à l’école, un pas important reste à franchir aux niveaux de l’enseignement secondaire et supérieur. Pour les familles les plus pauvres et les plus vulnérables, luttant pour survivre, l’accès à l’école ne suffit pas pour leur assurer l’opportunité de scolarisation. Afin de donner des chances égales à tous les enfants, l’Etat a lancé un programme de cantines scolaires en collaboration avec le PAM et a distribué périodiquement, en collaboration avec l’UNICEF et certains ONGs, des fournitures scolaires et des uniformes à des populations ciblées fréquentant l’école primaire. Des cours de rattrapage et de mise à niveau ont été organisés à l’endroit des enfants rapatriés pour faciliter leur intégration dans le système éducatif burundais.

5.1.1.4. Perspectives d’avenir du secteur de l’enseignement primaire et secondaire

396. En vue de relever les défis et d’impulser un système éducatif permettant de garantir une éducation de qualité et répondant au mieux aux besoins réels du développement du Burundi, le gouvernement a engagé un processus d’élaboration du plan sectoriel de développement de l’éducation, garantissant une formation susceptible d’améliorer durablement l’efficacité du système éducatif. Cette politique éducative en cours de finalisation s’articule autour des cinq principaux objectifs visant à (i) atteindre l’achèvement universel du cycle primaire en 2015, (ii) gérer de manière contrôlée les flux d’élèves au-delà du primaire, (iii) améliorer la qualité et la pertinence de l’enseignement public, (iv) garantir un système éducatif équitable et (v) assurer une meilleure efficience dans l’utilisation des ressources.

397. Les Partenaires Techniques et Financiers qui ont manifesté leur volonté de s’engager aux côtés du gouvernement dans la préparation du Plan Sectoriel de l’Education et la Formation en vue de son endossement dans le cadre de l’Initiative de mise en œuvre accélérée en faveur de l’Education pour Tous (IMOA-EPT), ont décidé d’harmoniser et de coordonner leurs appuis techniques et financiers dans le cadre de ce Plan afin de mieux appuyer la mise en œuvre de celui-ci. Ainsi, il n’y aura qu’un seul plan pour le secteur Education et une seule coordination de tous les partenaires techniques et financiers

398. Dans l’entre temps, dans l’optique de la scolarisation primaire universelle, le Gouvernement mettra l’accent sur trois aspects importants à savoir (i) une expansion des infrastructures et une garantie d’accès équitable à tous les enfants d’âge scolaire, en accordant un soutien ciblé aux familles pauvres et en répondant aux besoins des jeunes qui n’ont pas eu l’opportunité d’achever l’école primaire, (ii) un renforcement de l’efficacité des écoles à travers l’augmentation du temps scolaire, des enseignants qualifiés et de matériels didactiques ainsi que (iii) l’intensification de l’implication des parents et des communes.

399. L’accomplissement de l’objectif de l’enseignement primaire universel qui implique l’achèvement du cycle primaire exige une grande concentration des efforts sur le premier cycle du secondaire. Il est en effet très urgent que des voies et moyens soient analysés en vue de faire face efficacement à une demande de plus pressante au niveau de l’enseignement secondaire. Au regard de cet impératif, le gouvernement cherche à atteindre trois objectifs articulés autour de (i) l’accomplissement des opportunités d’accès incluant la politique d’équité, (ii) l’amélioration de rendements internes impliquant la réduction des redoublements qui constituent un grand frein au développement de l’éducation) et (iii) du renforcement de la qualité et la pertinence de l’éducation mettant en avant l’amélioration nette du contenu des apprentissages dans la perspective d’une plus grande intégration dans les économies régionale et mondiale.

5.1.2. Enseignement des métiers, formation professionnelle et alphabétisation.

400. A la fin de l’année 2007, les effectifs en formation dans les centres d’enseignement des métiers et de formation professionnelle s’élevaient à plus 2601. Les informations disponibles sont synthétisées dans le tableau ci-après.

Tableau 17:Effectifs dans les centres de formation des métiers
Coordination Provinciale1ere année2eme année3eme annéeTotal
FilleGarçonFilleGarçonFilleGarçon
Bujumbura Mairie65185184811201
Buterere373
CFP Kanyosha323
Bujumbura Rurale474141482032229
Bubanza20242971072
Cibitoke13578151765
Kayanza142535281016128
Kirundo35343128577
Muyinga242871281291
Ngozi355495279166
Gitega
Karuzi3047761394
Muramvya17911173663
Mwaro183739343
Ruyigi192
Cankuzo134
Rutana311191125289
Bururi346321372234211
Makamba2218953350
Totaux4053702292561861632601
Source: Ministère de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation
Source: Ministère de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation

401. Le nombre de bénéficiaires apparaît encore très bas, en même temps que les disparités tant géographiques que de genre subsistent. Cependant, le ratio filles/garçons est de 1,04 et donc favorable aux femmes.

402. Au niveau des actions réalisées en 2008, il y a lieu de citer la réhabilitation d’un seul centre contre 5 prévus. En revanche, 20 centres ont été équipés, 4 curricula de formation ont été élaborés, 100 formateurs formés au niveau technique et pédagogique.

403. Au court terme, il est prévu de dispenser l’enseignement professionnel à quelques 2600 inscrits dans les centres, de construire un Centre de Formation Professionnelle, de réhabiliter 5 autres et d’équiper 25 d’entre eux. Au niveau pédagogique, il est préconisé la finalisation de la rédaction des guides et livrets relatifs aux modules pédagogiques, le recrutement de nouveaux formateurs ainsi que des formations techniques et pédagogiques pour 100 formateurs, et 10 formateurs pour les conseillers pédagogiques.

404. Dans le domaine de l’Alphabétisation, le Burundi figure parmi les pays dont le taux d’analphabétisme est le plus élevé avec de taux de 65,1% pour les femmes et de 42,8 % pour les hommes. Le service National d’Alphabétisation a pris en charge 9 168 femmes et 6 851 hommes en 2008, avec cependant de profondes disparités régionales. Les faibles performances des activités d’alphabétisation par rapport à l’ampleur des besoins s’expliquent par le manque de moyens logistiques, la faible implication des parties prenantes, le manque de personnel alphabétiseur motivé (il s’agit souvent de bénévoles), le niveau insuffisant des compétences des alphabétiseurs, l’insuffisance du matériel didactique pour les alphabétiseurs et le manque de politique d’accompagnement après l’administration des programmes d’alphabétisation.

Tableau 18:Effectifs néo-alphabètes
ProvinceEffectifs
FemmesHommes
Bujumbura Mairie35164
Bujumbura Rurale7058
Bubanza010
Cibitoke3830
Kayanza1000675
Kirundo43183549
Muyinga671566
Ngozi322528
Gitega3635
Karuzi984838
Muramvya629375
Mwaro210101
Ruyigi
Cankuzo198111
Rutana3933
Bururi10331
Makamba199169
Totaux9.1686.851
Source: Ministère de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation
Source: Ministère de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation

405. Afin d’aller de l’avant dans le processus d’alphabétisation, il est prévu d’élaborer une politique en matière d’alphabétisation, de doter le Département en charge de l’alphabétisation des moyens humains, matériels et financiers suffisants pour mettre en application la politique ainsi définie, de mener une campagne de sensibilisation à tous les niveaux, de susciter l’intégration de la composante alphabétisation dans les programmes communaux de développement et d’assurer une synergie des actions des différents intervenants dans le domaine de l’alphabétisation.

406. Au niveau de l’éducation préscolaire, 426 éducateurs ont été formés sur les programmes préscolaires tandis que 105 sensibilisateurs ont été formés sur l’éducation parentale. Des initiatives privées concourent à la promotion de l’éducation préscolaire, surtout dans les centres urbains.

5.1.3 Enseignement supérieur

5.1.3.1 Etat des lieux et évolution récente

407. Le sous-investissement qui prévaut dans l’enseignement supérieur a pour conséquences des difficultés d’accès aux technologies de l’information, la rareté de la documentation scientifique, de graves carences dans l’équipement des laboratoires et l’insuffisance des ressources humaines. L’évolution contrastée des effectifs d’enseignants et d’étudiants à l’université du Burundi constitue une autre face des difficultés que rencontre ce niveau d’enseignement au Burundi.

408. Depuis le début de cette décennie, les effectifs d’étudiants du pays ont connu une augmentation spectaculaire, passant d’un effectif de 7578 étudiants en 2000/01 à 18366 en 2007/08 ; soit une augmentation des effectifs de plus de 140% en 8 ans. Ces chiffres sont en outre sous-estimés, car de nombreuses institutions ne publient pas officiellement leurs effectifs. Parallèlement, l’université du Burundi, qui abritait l’essentiel des effectifs d’étudiants du pays (71.38%) en 2000/01, n’a pas suivi le rythme de l’afflux de lauréats de l’enseignement secondaire vers l’enseignement supérieur, rythme qui s’est accéléré depuis ces cinq dernières années. Ainsi, l’université du Burundi connaissaient déjà en 2003/04 une augmentation de ses effectifs de près de 30% et depuis les effectifs semblent se stabiliser du fait de ses capacités d’accueil qui se trouvent limités.

409. Par ailleurs, au moment où le nombre d’étudiants augmente, l’université du Burundi enregistre un nombre d’enseignants qui va en régressant, passant de 296 en 2000/01 à 281 en 2007/08 dont 127 qualifiés (doctorat). Beaucoup d’enseignants qualifiés ont quitté le Burundi à la recherche de meilleures conditions de travail, d’autres sont recrutés par les universités et instituts privés du pays. En outre, l’âge moyen des enseignants qualifiés de l’Université (50 ans) laisse entrevoir des difficultés de renouvellement du corps enseignants à moyen terme. L’augmentation du taux de redoublement de 14 à 30% au cours de la période considérée n’est que la conséquence de cet état de fait.

410. L’enseignement supérieur privé a connu une évolution très rapide au cours des 5 dernières années: de 5 894 étudiants en 2003/04, les effectifs ont atteint 12 943 étudiants en 2007/2008, soit une augmentation de plus de 100%. Outre la croissance démographique, cette évolution s’explique par le dynamisme des instituts privés. Certains d’entre eux sont malheureusement plus tournés sur la rentabilité financière que sur la qualité de l’enseignement (qualification/disponibilité des professeurs). Les conditions d’étude (manque de matériel didactique) et le niveau de recrutement (l’examen d’Etat est rarement exigé des nouveaux inscrits) méritent d’être améliorés. La parité est en progression dans l’enseignement supérieur, avec un indice de 0,48 en 2007/2008, contre 0,42 en 2000/2001. L’université du Burundi est loin de montrer l’exemple, avec un indice de 0,23 seulement.

5.1.3.2 Etat d’exécution des actions prioritaires

411. Les activités de construction et équipement d’amphithéâtres à l’Université du Burundi ont débuté en 2006-2007 avec la construction d’un amphithéâtre à l’IPA et le deuxième est en voie d’achèvement à l’IPA même. Malgré cet effort, la capacité d’accueil des infrastructures de l’Université du Burundi reste insuffisante. L’ENS a réceptionné en 2008 un complexe d’infrastructures comprenant des salles de classe, des amphithéâtres, des salles de réunions et des bureaux.

412. En ce qui concerne la réhabilitation des salles de classe, bureaux et logements sur les campus, seul le Campus Mutanga a été réhabilité en 2008. Certains travaux de réhabilitation continuent à se faire sur le budget de fonctionnement de la ROU. L’ENS s’est doté de son côté de nouveaux livres ainsi que des théodolites et microscopes binoculaires entre 2006 et 2008. Presque toutes les structures de pilotage et de suivi du projet de réforme des programmes (processus de Bologne) sont en place. Selon les prévisions, le système L.M.D. sera introduit à l’Université du Burundi à partir de l’année académique 2009-2010.

413. Des actions complémentaires ont également été réalisées et ont porté sur le renforcement institutionnel et l’appui opérationnel. Sur le plan institutionnel, 6 études ont été réalisées, portant sur les orientations générales de l’enseignement supérieur ; les institutions d’enseignement supérieur privé ; l’université du Burundi ; la Régie des Œuvres Universitaires, les services sociaux aux étudiants et le patrimoine de l’Université du Burundi ; les personnels de l’enseignement supérieur public ; la formation des enseignants de l’enseignement secondaire général et technique. Un rapport d’une mission internationale d’évaluation de l’Enseignement supérieur au Burundi a été produit. Une journée d’étude pour approfondir la réflexion concernant l’enseignement supérieur privé et un Livre blanc sur l’enseignement supérieur a été produite. Il y a lieu de citer encore la mise en place du dispositif de pilotage de la réforme de l’enseignement supérieur avec l’objectif d’introduire le système L.M.D. (Licence, Master, Doctorat), l’établissement des pré-projets de maquettes pour les trois années de licence et la signature du Décret n° 100/12 du 10 janvier 2008 portant création, organisation et fonctionnement de la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur.

414. Sur le plan opérationnel, il convient de relever l’équipement de quatre salles polyvalentes d’informatique pédagogique dans le cadre de l’amélioration des conditions d’enseignement par le développement de l’utilisation des NTIC (72 ordinateurs) et l’organisation d’une formation à la culture informatique au profit des agents et étudiants de l’Université du Burundi ; l’achat de 3.648 ouvrages dans le souci d’actualiser le fonds documentaire, le lancement de l’opération « syllabus » pour soutenir l’élaboration de productions pédagogiques ; la constitution d’un groupe d’étude pour définir les filières et programmes en vue de lancer des formations à l’informatique de gestion scientifique et la préparation du dossier scientifique en vue de la création du pôle « Sciences » de l’école doctorale pluridisciplinaire à l’Université du Burundi.

5.1.3.3 Actions à mener dans le court et moyen terme.

415. Dans le souci de mettre le Burundi sur la voie de la recherche et de l’application technologique, le gouvernement envisage de créer une Commission Nationale de la Science, la Technologie et la Recherche et une Direction Générale de la Science, de la Technologie et de la Recherche. De plus, en vue d’adapter la formation universitaire aux besoins du marché du travail et à ses exigences de modernité, le gouvernement envisage de mener les actions ci-après.

  • (i) Etude portant sur l’examen d’Etat, qui pourrait être à l’avenir exigé pour accéder à l’enseignement supérieur (aussi bien public que privé) ;
  • (ii) Préparation d’une loi d’orientation de l’enseignement supérieur au Burundi ;
  • (iii) Introduction du système LMD et réorganisation des études supérieures selon ce schéma ;
  • (iv) Aménagement des structures de formation et de recherche avec une attention particulière sur la réforme des structures de formation des enseignants du secondaire ;
  • (v) Mise en place d’un dispositif d’encadrement de l’enseignement supérieur privé et de soutien à celui-ci ;
  • (vi) Mise sur pied d’un dispositif visant à relancer la recherche ;
  • (vii) Révision des missions, du statut et du fonctionnement de la Régie des Œuvres Universitaires ;
  • (viii) Détermination de l’état actuel des ressources humaines et prévision des besoins pour l’horizon 2015 en considérant le flux des étudiants attendus et de la nouvelle organisation des études.

5.2 Amélioration de l’accès aux soins

5.2.1 Contraintes liées aux coûts d’accès aux soins encore élevés

416. Les Comptes Nationaux de la Santé 2007 (CNS) montrent que les dépenses en santé par habitant au Burundi sont de 18 848 FBU (18$) par an. Ce qui équivaut à 16,4% du revenu annuel par habitant. Comparé au niveau des dépenses recommandé par la Commission Macroéconomie et Santé de l’OMS qui est de 34$ par habitant et par an, ce montant apparaît être très faible. La contribution directe des ménages correspond à 37% de ce montant, soit 7 102 FBU, soit environ 6% du revenu annuel par habitant.

Graphique 15:Dépenses nationales en santé par habitant et source de financement

Source: CNS 2007

417. L’étude de l’ONG Cordaid menée en 2008 montre que les dépenses en santé dans les provinces enquêtées correspondent en moyenne à 7,7% du revenu annuel par habitant. Cette proportion est similaire à travers les différents groupes socio-économiques, de 9,7% pour le groupe socio-économique « le plus pauvre » à 7,4% pour les « fortunés ». Elle s’élève à 8,9% (7,5% pour les plus pauvres) dans les provinces de Bubanza et Cankuzo (où Cordaid intervient depuis 2006) et à 12,9% (17,1% pour les plus pauvres) dans les provinces de Karusi et Makamba (provinces témoins).

5.2.2 Etat d’exécution des programmes et projets en relation avec les objectifs du PNDS/CSLP

418. La mise en ouvre des activités préconisées par le Plan National de Développent Sanitaire (PNDS 2006-2010) a permis d’atteindre les progrès suivants.

5.2.2.1 Réduction du taux de mortalité maternelle et de mortalité néonatale:

419. les accouchements dans les structures de soins sont passés de 41% en 2007 à plus de 55 % en 2008 tandis que 50% des hôpitaux du pays ont reçu au moins une compétence pour répondre efficacement aux urgences obstétricales (césariennes, etc.), ce qui a réduit sensiblement la mortalité et les invalidités dues à ces dernières. Les consultations des enfants de moins de 5 ans sont passées d’une visite par enfant par an en 2007 à 2 visites par enfant par an en 2008. Au cours de l’année 2008, le système de référence et contre référence des urgences obstétricales a été étendu dans d’autres provinces telles que Kirundo, Muramvya, Mwaro, Kayanza, Bururi et Gitega.

5.2.2.2 Réduction du taux de mortalité infantile et juvénile

420. Le Programme Elargi de Vaccination a permis de mener deux campagnes annuelles pour la santé mèreenfant ainsi que des campagnes de rattrapage pour rapprocher les centres de vaccinations de la population. La couverture vaccinale a atteint 92 % en 2008. En référence aux données provisoires du recensement de 2008, ce taux s’élèverait à 101%.

5.2.2.3 Réduction de la prévalence des maladies transmissibles, carentielles et de la malnutrition

421. Les principales avancées concernent la prévention et la prise en charge du paludisme, du VIH/SIDA et de la tuberculose. Ainsi, pour la lutte contre le Paludisme, l’année 2008 a été marquée par un accord de financement pour 5 ans de 33 millions de dollars américains auprès du Fonds Mondial. Les médicaments antipaludiques ont été rendus disponibles dans toutes les structures de soins à un prix subventionné.

422. Le taux d’incidence du paludisme est tombé à moins de 25%, son plus bas niveau depuis 2004. Les moustiquaires imprégnées d’insecticides ont été distribuées dans tous les centres de santé publique en faveur de chaque enfant qui a reçu le vaccin contre la rougeole et des femmes ayant fréquenté les structures de soins pour leur consultation prénatale. D’après PSI Burundi, les pourcentages d’enfants de moins de 5 ans et de femmes enceintes dormant sous moustiquaire imprégnée d’anti moustique auraient augmenté de 7 à 32% et de 7 à 30% respectivement entre 2005 et 2007. Au niveau de la lutte contre la tuberculose, le gouvernement s’était fixé comme objectif d’atteindre un taux de détection de la tuberculose de 50% et un taux de guérison de 85% pour 2008. Les résultats atteints à la fin de l’année 2008 sont respectivement de 47% pour la détection et 86% pour le taux de guérison. Enfin, en ce qui concerne la malnutrition, d’après les enquêtes nationales Nutrition, les pourcentage d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale et de retard de croissance auraient chuté de 39,2 à 35,2% et de 52,5 à 46% respectivement entre 2005 et 2007, suite au meilleur suivi médical des jeunes enfants et aux résultats du programme nutrition du gouvernement.

5.2.2.4 Renforcement de la performance du secteur de la santé par l’amélioration de l’accès aux services et de la qualité des soins

423. Des actions ont été menées dans les domaines de l’infrastructure, du renforcement des ressources humaines et de l’approvisionnement en médicaments. Le taux d’utilisation des services curatifs ambulatoires, qui représente le nombre de visites annuelles par habitant, a augmenté de 38% en 2005 à 79% en 2008, montre l’élargissement de l’accès aux services de santé pour la population. Dans le domaines des infrastructures, il y a lieu de citer le montage d’équipements biomédicaux dans 10 Centres de Santé (CdS) et 23 hôpitaux, l’électrification de 8 CdS et celle de 18 autres en cours de réalisation, l’entretien de 8 groupes électrogènes dans les BPS, l’installation de deux groupes électrogènes au Ministère de la Santé Publique et l’adduction d’eau pour 3 CdS. De même, des études pour la construction de deux hôpitaux, de 9 CdS et pour la réhabilitation ont été réalisées. La récolte des données relatives à l’état des infrastructures sanitaires dans les 17 provinces sanitaires du pays en vue de leur réhabilitation future a été initiée. Il est intéressant de mentionner également les constructions des salles et les travaux de maintenance et d’entretien de routine de l’équipement (y inclus équipement biomédicaux, informatique et charroi).

424. En ce qui concerne les Ressources Humaines, le constat est plutôt préoccupant. En effet, malgré la hausse des consultations dans les Centres de Santé, le nombre de personnel de santé n’augmente pas, et leurs conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Il n’y a en tout et pour tout au Burundi que 201 médecins dont 87 dans le secteur public et 114 dans le secteur privé et les ONGs. Sur les 87 médecins relevant du secteur public, 46 d’entre eux soit 52% sont des administratifs en poste à Bujumbura et dans les chefs lieux des provinces. Au total, 90 % des médecins travaillent en milieu urbain. De même, 27,34% des paramédicaux se trouvent dans la capitale. Enfin, seuls 42,62% des Techniciens Médicaux travaillent pour 90% de la population. En 2007, l’écart entre les effectifs de personnel médical requis par les normes internationales et les effectifs effectivement disponibles était de 1282 individus. Il faudrait donc augmenter le personnel médical de plus de 340% selon les catégories pour doter raisonnablement le système de santé du Burundi en ressources humaines qualifiées, étant entendu que les carences se font sentir plus particulièrement au niveau des spécialités.

Tableau 19:Besoins en ressources humaines, 2007
CatégoriesSelon les normesDisponiblesBesoinsAugmentation nécessaire des effectifs
Médecins Généralistes et Spécialistes42496328341,7%
Techniciens Supérieurs (infirmiers)2402142612,2%
Techniciens médicaux128168559687,0%
Infirmiers auxiliaires18008321282116,4%
Source: Mission conjointe 2008
Source: Mission conjointe 2008

425. Dans le cadre de la mise en ouvre du Plan d’Action Ressources Humaines 2007-2009, les réalisations suivantes ont été effectuées en 2008, à savoir: (i) début du processus de l’élaboration de la politique et des plans de développement des ressources humaines, (ii) réforme de la formation dans les écoles paramédicales, (iii) formation des médecins en urgence chirugico-obstricienne, (iv) mise en place de mécanismes de motivation et de stabilisation pour le personnel et (v) démarrage de l’approche contractuelle dans certaines provinces pilotes du pays.

426. Quant à l’approvisionnement en médicaments, il est toujours tributaire de la situation d’urgence qui a prévalu pendant longtemps. Avec un approvisionnement en médicaments de plus en plus important, de nombreux problèmes se sont aggravés comme la durée de stockage (jusqu’à plus d’un an), un approvisionnement non adapté aux besoins exprimés, la fréquence des ruptures de stock, la lourdeur administrative des procédures de commande et le gaspillage des ressources existantes. Au regard de ces problèmes, une « logistique intégrée » a été proposée. Celle-ci consiste au transfert progressif des missions d’approvisionnement des intervenants en santé à la CAMEBU, à l’amélioration de la qualité et de la régularité du transport avec l’achat d’un second camion équipé d’une chambre froide, à la mise en application du nouveau code des marchés publics ainsi qu’au ciblage de 20 médicaments essentiels dont l’approvisionnement régulier sera prioritaire.

5.2.3. Mise en œuvre des réformes dans le système sanitaire

427. Les progrès résultants de l’exécution des principales réformes sont globalement encourageants et portent sur les domaines suivants.

(i) La mise en place des districts sanitaires: Cette réforme a commencé en 2007 dans l’optique de décentraliser la gestion administrative et technique du secteur de la santé. Le district couvre une population bien définie d’environ 150 000 habitants. Lorsqu’il y a plus de 250 000 habitants, le district est subdivisé en deux. Chaque district sanitaire comprend un hôpital de district qui est un hôpital de première référence. Les centres de santé réfèrent les cas compliqués au niveau district et celui-ci au niveau supérieur. En 2008, 35 districts sanitaires sur 45 ont été mis en place, répartis sur le territoire national. Les dix entités restantes devront être mises en place 2009.

(ii) La réforme du SIS: A l’heure actuelle, le système de recueil d’information sanitaire n’est pas capable de fournir les données nécessaires pour alimenter les processus de décision des professionnels de la santé. La mise en œuvre du SIS a rencontré plusieurs difficultés dont l’extrême « verticalisation » de l’organisation du système de la santé qui privilégie des SIS spécifiques pour chaque programme/maladie. Cette réforme n’a pas pu être exécutée entièrement en 2008, elle devra donc être poursuivie en 2009.

(iii) La gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans et les accouchements: Au cours de l’année 2008, ont été payés les arriérés de 2007 ainsi que les factures déclarées jusqu’à juin 2008 ; le reste sera remboursé en 2009. Pour faire face aux retards accusés par les bureaux provinciaux de santé, des mesures ont été prises pour les inciter à déclarer plus rapidement leurs factures. Ainsi, les factures tardives sont refoulées et une dérogation spéciale est requise pour leur traitement.

(iv) L’introduction du Financement basé sur la Performance (FBP): Au niveau national, l’objectif est d’arriver à l’harmonisation du financement FBP et le financement de la gratuité. Un suivi régulier des résultats de projets pilote en matière du FBP appuyés par les ONG Health Net TPO dans la province Gitega (district Kibuye) et Cordaid dans les provinces Bubanza, Cankuzo a été opéré. De même, l’installation et la mise en œuvre de nouveaux projets d’appui basé sur le PBF dans les provinces de Ruyigi, Cankuzo Karusi et Rutana, par Santé Plus et les provinces Mwaro, Kayanza, Bururi (districts Bururi et Matana) et Gitega (districts Gitega, Mutaho et Ryansoro) par RSS GAVI ont fait l’objet d’une coordination renforcée. Des ressources ont pu être disponibilisées pour appuyer les provinces qui ne bénéficient pas encore du soutien de partenaires externes et pour garantir l’équité géographique de la répartition des fonds.

428. Les résultats de l’approche FBP dans les provinces pilotes sont très positifs, comme l’a montré l’évaluation menée par Cordaid en comparant deux provinces pilotes avec deux provinces témoins, et en tenant compte des inégalités initiales entre celles-ci. Il est apparu que sur les 27 indicateurs retenus pour l’étude, 22 sont en faveur du système FBP et aucun n’est significativement en faveur du système traditionnel par « input ». Le gouvernement a donc décidé d’adopter cette politique au niveau national et de garantir une harmonisation des différentes interventions dans les provinces, avec le soutien des partenaires du secteur.

429. La Coordination Sectorielle a pu être renforcée alors que le MSP a continué à jouer un rôle central dans le dialogue sectoriel au niveau de la santé, en vue d’avancer dans le processus SWAP (approche sectorielle) et d’atteindre la signature d’un Compact, dont le but est de permettre au pays d’accélérer l’atteinte des OMDs en augmentant l’efficacité de l’aide par un partenariat accru entre le gouvernement et les partenaires dans le cadre de l’initiative IHP+ (International Health Partnership, une initiative qui met ensemble plusieurs partenaires à haut niveau entre autres DFID, la Banque Mondiale, l’OMS et les Nations Unies et les gouvernements de 6 pays pilotes dont le Burundi). La tenue annuelle de missions conjointes entre le gouvernement et ses partenaires est une première étape dans cette voie.

5.2.4 Perspectives d’avenir

430. En termes de planification, un Plan d’Action à moyen terme (PAMT) 2009-2011 est en cours d’élaboration et le CDMT 2009-2011, qui estime les financements disponibles pour cette période, est repris dans le tableau suivant.

Tableau 20:dépenses prévisionnelles en santé (US$)
200920102011
Total général184 968 003187 277 465198 452 292
Habitants8 000 0008 232 0008 470 728
Par habitant/an23,1222,7523,43
Source: CDMT 2009-2011
Source: CDMT 2009-2011

431. Les projections permettent de constater que l’objectif d’accroître les dépenses par habitant est clairement affiché puisqu’il doit passer de 18$ à plus de 23$. Il reste néanmoins des efforts financiers importants à réaliser pour atteindre le montant recommandé par l’OMS. Le gouvernement prévoit de préparer en 2010 un nouveau PNDS 2011-2015, accompagné d’un CDMT pour la même période.

5.3. Accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement

5.3.1. Domaine de l’Eau Potable

432. L’ambition du gouvernement est de garantir, à terme, l’accès à une eau potable et peu chère à toutes les couches de la population, en particulier les plus démunies, en adoptant des mesures appropriées pour faire face notamment aux problèmes (i) de disparité de la ressource eau, (ii) de salubrité et de tarissement, (iii) de gaspillage de la ressource eau et (iv) de la faiblesse des financements investis dans les travaux d’adduction d’eau.

433. La production en eau en 2008 a chuté de 3,9% par rapport au niveau atteint en 2007. Le volume d’eau produit est passé en effet de 38,9 m3 en 2007 à 37,4 m3 en 2008.

434. D’après les dernières données disponibles représentatives au niveau national, issues de l’enquête MICS 2005, 79,7% de la population urbaine et 63,4% de la population rurale avait accès à une source d’eau améliorée (potable). En outre, sous réserve de méthodologies d’enquêtes sensiblement différentes, il est possible de comparer ces taux au niveau provincial (rural), entre 2005 et 2008, grâce aux données de l’enquête PAM 2008, dans le tableau ci-dessous.

435. Celui-ci donne une image positive, probablement surestimée, des progrès réalisés entre ces deux dates, mais indique toutefois que l’accès des populations à l’eau potable s’est élargi ces dernières années, à l’exception notable de la province de Mwaro, grâce à la diffusion des bornes fontaines. Néanmoins, pour des questions de respect de la méthodologie internationale pour le calcul du taux d’approvisionnement en eau potable, dans le cadre des OMDs, l’indicateur figurant dans la matrice en annexe utilise les données de l’enquête MICS uniquement.

Tableau 21:Source d’approvisionnement en eau potable améliorée par province (%)
MICS 2005PAM 2008
Bubanza57,074,1
Bujumbura rural60,680,4
Bururi61,372,7
Cankuzo51,070,8
Cibitoke48,573,2
Gitega61,088,5
Karusi71,875,1
Kayanza73,191,4
Kirundo57,876,1
Makamba54,575,3
Muramvya78,992,3
Muyinga73,776,5
Mwaro89,188,9
Ngozi72,484,7
Rutana56,166,1
Ruyigi47,362,5
Total64,377,0
Source: Enquêtes MICS 2005 et CFSVA 2008
Source: Enquêtes MICS 2005 et CFSVA 2008

436. Au cours de l’année 2008, le nombre d’abonnés est passé de 38 069 à 40 513 ménages, soit une augmentation de 6,3% entre 2007 et 2008. En milieu rural, 125 sources d’eau ont été aménagées en complément à d’autres travaux d’alimentation en eau potable des centres secondaires (AEP Kirundo, Cankuzo, Rutana, Ruyigi, Cibitoke, Kayanza, Karusi et Gitega). Des adductions d’eau ont été également réalisées par les Régies Communales de l’Eau (RCE) et par les ONGs. De plus, un inventaire systématique des infrastructures hydrauliques et d’assainissement en vue de l’actualisation des données du plan Directeur National de l’Eau a été réalisé au niveau national. Dans cette même optique le gouvernement envisage une gestion intégrée de l’eau incluant l’irrigation, le transport et la production hydro-électrique en vue de renforcer les bases d’accroissement de la productivité et de la croissance. Dans cette optique, tout en mettant un accent particulier sur l’entretien régulier des adductions d’eau, la vulgarisation des techniques de gestion et de conservation des eaux sur les collines constituera une haute priorité.

5.3.2. Assainissement

5.3.2.1: Etat des lieux de la gestion des déchets

437. La gestion des déchets et de l’assainissement au Burundi est confrontée à de fortes contraintes en termes de collecte et de traitement des déchets urbains ainsi que de l’évacuation et du traitement des eaux usées. Le traitement des ordures ménagères et autres déchets solides et l’assainissement ne sont disponibles que dans la capitale de Bujumbura.

438. Les Services Techniques Municipaux (SETEMU) de Bujumbura ont mis en place un système de ramassage hebdomadaire des déchets par camions. Le volume des déchets ménagers générés dans la ville de Bujumbura est estimé à 137 085 m3 par an et devrait dépasser 210 000 m3 à l’horizon 2015. Les ordures ménagères et les déchets solides entassés et non collectés sont très éparpillés dans tous les quartiers de la ville. Les SETEMU ne collectent que 20% des déchets produits dans la ville, déposés à la décharge publique de Buterere. L’exploitation de cette décharge ne permet ni un compactage systématique ni une couverture uniforme des déchets. La décharge se trouve dans une zone sablonneuse non imperméabilisée, ce qui entraîne la contamination de la nappe phréatique.

439. La collecte des déchets solides industriels n’est pas bien organisée à Bujumbura. Les entreprises manufacturières ont la possibilité soit de collecter et incinérer leurs déchets sur leur propre terrain, soit de ramasser et transporter ces déchets à la décharge publique ou à un dépôt sauvage avec leurs véhicules. La production annuelle moyenne de déchets industriels à Bujumbura représente environ 64 170 m3.

440. Il existe quatre réseaux d’égouts qui ont été réalisés à des dates différentes. Les réseaux du centre-ville et de Ngagara datent de 1959 alors que celui de Mutanga a été construit dans les années 70. Le nouveau réseau a été réalisé au mois de juillet 2000, tout comme l’aménagement de la station d’épuration actuelle, et dessert les quartiers récents de la ville. A part ce nouveau réseau, le reste est vétuste et doit être réhabilité dans son ensemble afin de pouvoir intercepter et assainir de façon acceptable les eaux usées.

441. La station d’épuration a été construite il y a 10 ans mais elle reste sous exploitée. La quantité d’eau produite dans toute la ville par an est estimée à environ 75 millions m3 mais la capacité à collecter ces eaux par le réseau d’égouts actuel serait de seulement 11 millions m3 par an. Sur cette quantité d’eau collectée, seulement 1 million de m3 est traitée par an par la station d’épuration en raison du non raccordement de quelques quartiers au réseau d’égout. La technique utilisée est le lagunage biologique. Dans la ville de Bujumbura, seulement 38% de la superficie est reliée au système public d’égouts.

442. A l’échelle nationale, selon l’enquête MICS 2005, 47,6% de la population urbaine et 30,8% de la population rurale a accès à des installations saines d’évacuation des excréments, soit 31,7% au niveau national. De fortes disparités provinciales subsistent néanmoins, comme il ressort du Tableau 22 ci-dessous. Le taux d’équipement en installations saine d’évacuation des excréments est ainsi 4 fois plus grand à Muyinga qu’à Mwaro, Rutana ou Bururi.

Tableau 22:Pourcentage de la population utilisant des installations saines d’évacuation des excréments, par province
Bubanza42,0Karusi17,2Mwaro16,7
Bujumbura rural31,9Kayanza38,9Ngozi25,1
Bururi13,5Kirundo54,1Rutana14,1
Cankuzo20,3Makamba14,6Ruyigi21,0
Cibitoke28,7Muramvya36,3Bujumbura Mairie51,5
Gitega26,5Muyinga63,3Total31,7
Source: Enquête MICS 2005
Source: Enquête MICS 2005

443. Sur le plan institutionnel, les problèmes relevés à ce niveau sont (i) le manque d’une politique nationale en matière d’hygiène et assainissement, (ii) l’absence de plan directeur nationale d’aménagement du territoire incluant le plan les directeurs d’urbanisme pour les différentes villes du pays et (iii) le manque d’institution leader en assainissement.

444. Sur le plan législatif et réglementaire, certains codes tels que le code de la santé publique et le code d’hygiène sont caducs tandis que d’autres comme le code de l’environnement n’ont pas de textes d’application. Le Burundi souffre également du manque de normes adaptées au contexte national.

445. Au niveau technique, le pays est surtout confronté aux problèmes tels que (i) l’insuffisance et vétusté des infrastructures existantes d’assainissement, (ii) l’insuffisance du matériel logistique adéquat, (iii) la manque de planification lors de la conduite des études et (iv) l’absence d’une banque de données actualisées en matière d’hygiène et assainissement.

446. Concernant la coopération internationale, les échanges d’expériences au niveau régional sont insuffisants tandis que des projets concrets communs au niveau sous régional et régional font toujours défaut.

447. Dans le domaine du renforcement des capacités et de la recherche, les lacunes observées sont (i) la faible éducation de la population en matière de l’hygiène et de l’assainissement, (ii) l’absence d’actions contraignantes pour amener les industriels au prétraitement de leurs eaux usées avant le rejet, (iii) l’insuffisance des ressources humaines qualifiées et (iv) l’absence de possibilité de perfectionnement et de recherche en cours d’emploi.

5.3.2.2. Mesures et actions préconisées

448. Pour réhabiliter, développer et élargir le système public de gestion des déchets solides et de l’assainissement, les travaux préconisées porteront sur (i) les études techniques, (ii) l’aménagement de la décharge publique et des voies d’accès, (iii) l’acquisition du matériel de transport des déchets, (iv) la construction d’un réseau d’égouts dans les quartiers non reliés (Gihosha, Gikungu), (v) l’aménagement d’une station d’épuration au sud de Bujumbura afin de mettre en place un programme d’appui à la construction de meilleures latrines et (vi) l’achat de matériel aratoire pour la mairie et l’aménagement des rivières.

449. Par ailleurs, avec la finalisation de la politique nationale en matière de l’hygiène et assainissement, il est prévu de mener des enquêtes en matière d’hygiène et d’assainissement et une étude sur la standardisation des modèles de latrines en milieu scolaire au niveau nationale. De façon spécifique, les actions de la réhabilitation d’installations sanitaires dans les écoles primaires ciblées de Kirundo, Muyinga, Cankuzo, Ruyigi, Rutana, Bururi, Makamba, Bujumbura Rural, Karusi et Gitega sont programmées.

5.4. Promotion de l’urbanisme et de l’Habitat

5.4.1. Promotion de l’urbanisme

450. En raison de la faible capacité de production de parcelles en quantité suffisante et à des prix compatibles avec les revenus de la majorité de citadins, une occupation anarchique et spontanée s’est développée dans les quartiers périurbains. Cette situation implique des opérations de restructuration coûteuses et freine l’extension ordonnée des agglomérations urbaines. De surcroît, malgré le faible taux d’urbanisation, estimé à 7%, il subsiste un fort déséquilibre entre la capitale et les centres urbains provinciaux, en même temps que les centres ruraux ne parviennent pas encore à devenir de véritables pôles de développement.

451. Les stratégies adoptées par le gouvernement visent à (i) définir et adopter une politique Nationale de l’Habitat et de l’Urbanisme, (ii) actualiser le Schéma Directeur d’Aménagement et de l’Urbanisme (SDAU) et élaborer les plans locaux d’aménagement (PLA) pour la ville de BUJUMBURA et les villes de l’intérieur, (iii) élaborer un code de l’Urbanisme et de la Construction et (iv) assurer la gestion rationnelle des espaces urbains et renforcer la maîtrise de contrôle des espaces domaniaux et de construction.

452. Au cours de l’année 2008, le gouvernement a poursuivi son programme de disponibilisation de terrains à bâtir à travers les activités suivantes.

  • (i) Expropriation des sites: Il s’agit des frais d’indemnisations décaissés afin de faciliter l’aménagement de nouvelles des trames d’accueil (Kirama, gasekebuye, Ruziba, Bwoya)
  • (ii) Aménagement et viabilisation des terrains à bâtir: ce programme concerne la ville de Bujumbura (Kinindo, Kinanira IV, SororezoII, Gasekebuye, kabondo ouest et Bwiza) et les centres provinciaux comme Gitega, Makamba, Muyinga, Bubanza, Mwaro et Bururi. Au total, 2 443 parcelles seront disponibles à la fin de l’opération.
  • (iii) Etudes d’aménagement: Ces études visent la délimitation de certains quartiers de Bujumbura et Bubanza.
  • (iv) A court et moyen terme, il est prévu de renforcer ces activités en cours en vue d’élargir et de diversifier les possibilités d’accès aux parcelles.
  • (v) Restructuration de nouveaux quartiers: Il s’agit de mener d’abord des études techniques en vue d’établir de nouveaux lotissements et permettre ainsi aux populations à faibles revenus d’avoir accès aux parcelles cadastrés et viabilisées.
  • (vi) Projets « antennes régionales »: Ce projet concerne les provinces de Muyinga, Bubanza, Bururi et Mwaro et vise la production de 2000 parcelles à usage essentiellement résidentiel.

5.4.2. Promotion de l’Habitat

453. Outre le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de parcelles à bâtir, les coûts élevés pour la construction des logements et l’inadéquation des mécanismes de financement constituent des défis majeurs pour une promotion équitable de l’habitat. Le déficit en matière d’habitat est estimé à 13 000 logements par an et se trouve à l’origine d’une augmentation excessive des loyers. Les promoteurs du logement font face aux contraintes liées à (i) l’absence de ressources sur le long terme, (ii) une demande largement insolvable à cause des faibles revenus de la population, (iii) l’inefficacité du système des hypothèques et (iv) l’absence d’une politique claire en matière de logements.

454. Les alternatives préconisées par le gouvernement pour résoudre cette épineuse question de carence des logements ont trait à (i) l’encouragement de l’épargne individuelle comme préalable à l’acquisition d’une parcelle, (ii) l’incitation des organismes de prévoyance comme l’INSS, la MFP, les assurances à s’impliquer dans le secteur du logement, (iii) l’incitation fiscale envers les banquiers et les promoteurs privés, (iv) la promotion des constructions en hauteur et (v) la mobilisation des ressources extérieures selon les modalités appropriées à la promotion de l’habitat.

455. Les programmes préconisés concernent (i) la reconstruction du stock de 300 000 logements détruits par la guerre en milieu rural, (ii) la création des associations de regroupement en village, (iii) la restructuration et l’assainissement de certains quartiers de populations pauvres dans la ville de BUJUMBURA et dans les villes secondaires, (iv) la sensibilisation de la population pour l’utilisation des matériaux locaux de construction et (v) la sensibilisation pour la constitution de l’épargne intérieure pour le financement de l’Habitat.

5.5. Appui aux groupes vulnérables et promotion de la sécurité sociale

5.5.1. Appui aux groupes vulnérables

5.5.1.1 Les catégories de vulnérables

(i) Les réfugiés

456. Les réfugiés à l’étranger sont estimés à 55 000 en Tanzanie et à 450 au Rwanda à fin 2008. Les réfugiés qui rentrent au Burundi, surtout ceux de longue date (1972), ont des difficultés de récupérer leurs anciennes propriétés foncières, dans la mesure où elles sont occupées par leurs anciens voisins. Ils deviennent ainsi des « sans terres et sans référence » dont la réinstallation se heurte à des problèmes d’une ampleur telle que la question est devenue explosive, surtout dans le sud du pays. De plus, les rapatriés installés dans les villages de réinstallation manquent de terres pour leur survie et les villages de réinstallation sont souvent dépourvus d’infrastructures sociales à proximité (école, centre de santé, adduction d’eau).

(ii) Les déplacés

457. Les déplacés, au nombre de 116 407 en 2005, vivent toujours misérablement dans les sites que certains voudraient quitter pour retourner sur leurs collines d’origine, et sollicitent un appui pour y retourner, surtout des tôles pour construire ou réhabiliter leurs maisons et des vivres, en attendant les premières récoltes.

(iii) Les rapatriés

458. Le gouvernement a poursuivi la politique de rapatriement des réfugiés et les effectifs de rapatriés ont atteint 95 997 personnes en 2008, contre 41 718 en 2007, et pour un total de 492 148 depuis la fin du conflit.

459. Ces effectifs sont inégalement répartis dans les provinces du pays, comme le montre le tableau suivant.

Tableau 23:Effectifs et répartition des rapatriés à la fin de l’année 2008.
Années
Province2002200320042005200620072008TOTAL
Bubanza2716854992623701433072537
Bujumbura Rural91117756955937034306925799
Bujumbura Mairie12052591204917558876075489642
Bururi3 2885 8374 7663 2474 1642 60610 48634 394
Cankuzo120492172904159516592457387222908
Cibitoke91495539565112732222074617
Gitega93628242795186417371149279914104
Kirundo643141826 1554 3732 1632 5734 52230 399
Karuzi18924846587864639742247459624079
Kayanza3727801032824476532473812255
Makamba4 83821 45314 45017 65111 8218 03830 858109 109
Muramvya1409319146186673097404319
Muyinga10933119831282515921623282861374579925
Mwaro81106046731887402
Ngozi203217792691270715831142186113 795
Rutana378253818920413836865074645537 436
Ruyigi6 46614 862314 1127 7456 3666 09313 48486 428
TOTAL4 562390 19198 44072 05648 12241 71895 997492 148
MENAGES2 187032 5072 99362 125613 71211 27222 90515 3458
Source: Ministère de la Solidarité Nationale, du Rapatriement des Réfugiés et de la Réintégration Sociale
Source: Ministère de la Solidarité Nationale, du Rapatriement des Réfugiés et de la Réintégration Sociale

(iv) Autres catégories de vulnérables

460. Suite au conflit, de nouvelles formes de vulnérabilités sont apparues. Il s’agit essentiellement des enfants de la rue et des handicapés de guerre pour lesquels des programmes de réinsertion dans le tissu socio-économiques doivent être conçus et exécutés.

5.5.1.2 Perspectives d’avenir

461. Pour continuer à faire face aux problèmes récurrents des catégories de populations en difficultés particulières, plusieurs activités sont programmées. Il s’agit de (i) la construction et l’équipement d’un atelier de production de tricycles au CNAR (ii) la réhabilitation du Centre Socioprofessionnel de Jabe, (iii) l’achat des vivres et non-vivres pour les sinistrés et victimes des catastrophes, (iv) l’appui à l’encadrement et à la réinsertion des enfants retirés de la rue (v) la réintégration socio-économique des jeunes retirés de la rue et (vi) la réadaptation physique et réinsertion socioprofessionnelle des handicapés.

462. Il est également prévu de procéder à l’achat de tôles, l’appui au retour volontaire des déplacés internes sur leur colline d’origine, l’appui aux activités génératrices de revenus en faveur des sinistrés rapatriés, déplacés regroupés en associations et l’achat de vivres et non vivres.

5.5.2. Promotion de la sécurité sociale

463. La protection sociale, qui relève du droit universel de la personne humaine, est prise en charge par l’INSS, qui gère le régime des pensions et des risques professionnels ainsi que la MFP, qui a la responsabilité de l’assurance maladie.

464. Le taux actuel de couverture de la population en régimes de sécurité sociale reste très faible. Environ 10% de la population bénéficie des prestations menées ou prises en charge au sein des régimes de sécurité sociale existants Avec l’année 2008, le gouvernement a mis en place une structure de coordination chargée de la promotion, du suivi et du contrôle des activités menées dans ce domaine. De plus, le processus de mise en place de l’Office National des Pensions et Risques Professionnels pour Fonctionnaires et Magistrats (ONPR) initié en août 2006, s’est poursuivi. A cet effet, une étude de faisabilité a été réalisée par le Consortium SERVACADECRI qui a remis la 2ème version du rapport final en février 2008. Le démarrage sera effectif dès que les textes réglementaires relatifs à la création de cet office seront disponibles.

465. D’autres activités ont été réalisées en vue de la mise en place d’un organisme d’assurance maladie maternité pour le secteur informel. Il s’agit d’une étude de faisabilité exécutée par le Bureau CIERGAM, de la signature d’un contrat d’assistance technique, le 30 octobre 2008, de l’adoption par le comité de pilotage, des projets de textes de loi pour l’institution de cette entité et du décret de création d’un organisme de gestion de ce régime (INAMA). C’est dans cette perspective qu’un Fonds National de Solidarité est envisagé pour couvrir la totalité des coûts relatifs aux prestations en faveur des indigents et vulnérables. Le lancement du processus d’élaboration d’une politique nationale de protection sociale en novembre 2008 constitue également une action importante dans le domaine de la promotion de la sécurité sociale. Les organismes de sécurité sociale existants continuent à jouer leur rôle et leurs prestations ont connu une certaine expansion comme le montrent les éléments repris dans le tableau ci-après.

Tableau 24:Evolutions des effectifs des bénéficiaires des prestations
RégimeCatégorie de prestationNombre de bénéficiaires
Exercice 2007Exercice 2008Taux de croissance
PensionsVieillesse120481335610,86%
Invalidité45149910,64%
Survivants:20098210954,96%
1. veuves et veufs910395775,21%
2. orphelins10562110654,76%
3. ascendants4334534,62%
TOTAL32597349507,22%
Risques

Professionnels
Rente d’incapacité746278184,77%
Rentes de veufs ou veuves195419801,33%
Rentes d’orphelins357936712,57%
Rentes d’ascendants745175240,98%
TOTAL21222216311,93%
Source: INSS, MFP
Source: INSS, MFP

466. En dépit des taux de croissance affichés au niveau de chaque catégorie de prestation, il est clair que la proportion de la population bénéficiaire reste extrêmement faible. C’est pourquoi, les nouvelles initiatives visant l’extension de l’accès aux services de sécurité sociale aux nouveaux groupes sociaux doivent être accélérées en même temps que les performances des structures existantes doivent être renforcées.

467. Dans sa politique axée sur l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment en faveur des groupes vulnérables, le gouvernement prévoit de mener, à court et moyen terme, les programmes de (i) mise en place d’une politique nationale de protection sociales, (ii) création d’une entité chargée de l’assurance maladie-maternité pour le secteur informel, (iii) constitution d’une caisse d’assurance maladie pour le secteur privé structuré, (iv) réalisation des études de faisabilité pour la mise en place des mutuelles de santé et (v) élaboration d’une stratégie nationale de recouvrement régulier des cotisations à la sécurité sociale.

468. Le gouvernement entend également accélérer la mise en œuvre du Code de sécurité sociale articulé autour de (i) la création d’autres branches de sécurité sociale (prestations familiales, prestations de maternité) (ii) l’extension progressive des prestations existantes à tout le secteur structuré et au secteur informel et (iii) l’amélioration des équilibres financiers et de la gestion transparente des organismes de sécurité sociale.

5.6. Promotion du genre

5.6.1. Inégalité économique et juridique

469. La réduction des inégalités entre genres constitue l’un des enjeux principal de la politique du gouvernement qui vise plus d’équité dans l’accès aux services sociaux de base, aux facteurs de production et à la participation dans les instances de prise de décision.

470. D’un point de vue économique, les femmes sont en général plus pauvres que les hommes, comme le confirment les résultats des enquêtes récentes. Ainsi, les données reprises dans le tableau suivant indiquent que les ménages dirigés par une femme sont représentés de façon disproportionnée dans les quintiles de richesse inférieurs. Ceci implique que ces ménages disposent en moyenne de moins d’actifs que ceux dirigés par des hommes et connaissent des conditions de vie inférieures. Avec un accès plus difficile aux facteurs de production, ces ménages seraient donc davantage susceptibles d’être enfermés dans une trappe de pauvreté, de laquelle il serait difficile d’échapper sans un appui extérieur spécifique.

Tableau 25:Répartition des ménages dans chaque quintile de richesse, en fonction du sexe du chef de ménage (%)
Milieu urbainPremier quintile (Le plus pauvre)SecondTroisièmeQuatrièmeCinquième quintile (Le plus riche)Moyenne
Masculin66,168,273,185,084,674,1
Féminin33,931,826,915,015,425,9
Milieu ruralPremier quintile (Le plus pauvre)SecondTroisièmeQuatrièmeCinquième quintile (Le plus riche)Moyenne
Homme72,378,679,888,890,582,0
Femme27,721,420,211,29,518,0
Sources: Enquête 123 2008 en milieu urbain et enquête PAM 2008 en milieu rural
Sources: Enquête 123 2008 en milieu urbain et enquête PAM 2008 en milieu rural

471. Au niveau de l’emploi, d’après l’enquête 123 réalisée en 2008, le chômage en milieu urbain serait de 13,5% chez les femmes, contre 10,1% chez les hommes, en prenant la définition restrictive du BIT. D’après la définition élargie du chômage formulée par l’ISTEEBU le taux serait de 20,9% chez les femmes contre 12,4% chez les hommes. Au niveau du secteur informel urbain, les femmes ne représenteraient que 32% de la main d’œuvre. Pour ce qui concerne la catégorie restreinte des salariés, le salaire moyen des hommes serait de 50% supérieur à celui des femmes, tandis que le taux de salarisation proprement dit serait de 49% chez les femmes contre 69% chez les hommes. S’il y a parité dans le recrutement de la fonction publique, les femmes sont néanmoins sous-représentées dans les entreprises, qu’elles soient publiques, privées ou associatives, formelles ou informelles. Tous ces éléments indiquent d’importantes discriminations envers les femmes sur le marché de l’emploi, ce qui nuit en particulier aux 26% de ménages urbains dirigés par des femmes, qui doivent faire vivre leurs foyers avec des revenus systématiquement inférieurs à ceux des hommes.5

5.6.2. Mesures adoptées

472. Face à ces problèmes, la Politique Nationale Genre préconisée par le gouvernement est axée sur six domaines prioritaires: l’éducation, la santé, la paix, la lutte contre la pauvreté, les droits de l’homme et l’information.

473. Les objectifs majeurs attendus dans le cadre de cette politique concernent deux aspects importants à savoir: (a) la promotion de l’équilibre des genres à travers la plaidoirie, l’accroissement du potentiel productif, des capacités professionnelles et managériales des femmes, ainsi que la répression de toutes les formes de violences notamment la violence sexuelle en vue de leur intégration dans le processus de prise de décision et de développement et (b) la disponibilisation des stratégies de mobilisation des financements et de mise en œuvre des programmes en faveur des femmes. Les progrès réalisés au niveau de la promotion du genre sont visibles dans certains secteurs de la vie socio-économique du pays comme la santé et l’éducation. Bien plus, des actions spécifiques et ciblées de promotion de la femme ont été initiées et se traduisent notamment par les réalisations ciaprès:

  • Elaboration d’une une Stratégie Nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) qui a validé.
  • Confection et multiplication de matériels didactiques dépourvus de stéréotypes sur le genre: Une action de renforcement des capacités en genre a été menée en faveur des concepteurs des programmes de l’enseignement primaire. Un document contenant des propositions liées au genre à intégrer dans les programmes de l’école primaire a été également élaboré.
  • Renforcement des capacités des CDFs pour une mise en œuvre efficace des programmes et une bonne coordination des actions en faveur de la promotion du genre: L’implantation et l’appui aux CDFs se sont poursuivis par le recrutement du personnel manquant dans les CDFs et au centre multifonctionnel de Gitega. Les CDFs de Muramvya et Ngozi ont été dotés de 9 motos et des réunions d’autoévaluation avec les animateurs communautaires ont eu lieu.
  • Renforcement du rôle de la femme comme pilier de la paix et pour la promotion de la bonne gouvernance. Des séances de sensibilisation et de formation ont été menées à travers les consultations communautaires et sectorielles pour l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre les VBG dont le contenu a été validé, les consultations communautaires sur le programme de consolidation de la paix, l’approche de transformation sociale »DELTA », la formation sur la prévention et la gestion des conflits, les méthodes de négociation, le leadership féminin, la promotion du genre, les compétences de la vie, la lutte contre le SIDA, le chômage et la pauvreté, la production des émissions radiophoniques et télévisées, l’organisation d’un atelier d’échanges d’expériences dans la prise en charge intégrée des victimes, l’élaboration d’un projet de lutte contre les VFF, la participation de 291 leaders communautaires des provinces Ngozi et Muramvya dans des journées de sensibilisation sur la lutte contre les VBG, la confection d’un document de formation en genre-conseil et d’orientation des victimes des VFF, la conduite d’une campagne de 16 jours d’activisme contre les VFF et une journée d’échange débat entre les OPJ, les Commissaires et les assistants sociaux sur la lutte contre les VBG, la production d’un document de bandes dessinées sur les VFFF et la participation de 20 femmes victimes de violences sexuelles au projet de sensibilisation par le théâtre avec l’appui du projet Jaz.
  • D’autres actions en rapport avec le renforcement des capacités ont été réalisées par le biais notamment de (a) la multiplication de 110 cassettes audio relatives au tournoi d’éloquence de 2007, (b) le recyclage de 182 animateurs communaux sur le genre, les droits dans le mariage, la gestion des microprojets générateurs de revenus, l’accueil individuel et (c) l’orientation de 722 femmes en quête d’assistance psychosociale, matérielle, financière ou juridique. En vue de rendre disponible les textes de lois et codes existants pour la promotion et la protection des droits de la femme, des associations et des chefs collinaires des provinces Ngozi, Muramvya, Mwaro, Kirundo, Bujumbura Mairie ont bénéficié de séances de sensibilisation sur le code des personnes et de la famille et sur les VBG.
  • Enquêtes et études pour l’alimentation de la base de données genre: Quelques documents et études ont été produits dont un outil harmonisé de collecte des données sur les VBG, une étude sur les rapports de genre dans la dynamique des conflits au Burundi, une étude sur les perceptions des femmes sur la sécurité et un document sur les priorités des femmes.
  • Formation des élus à tous les niveaux pour le renforcement de leur participation politique décisionnelle: un projet de mobilisation des femmes à la prise des décisions a été élaboré.
  • Développement de technologies appropriées et d’un système d’organisation sociale permettant l’allègement du travail des femmes: une enquête sur l’implication des femmes salariées dans l’éducation parentale et une formation sur la transformation et la conservation des produits agroalimentaires à l’endroit des associations de la Mairie de Bujumbura ont eu lieu.
  • Renforcement du pouvoir économique et politique de la femme: des visites de suivi auprès des associations financées en AGR ont été organisées. Il y a lieu de citer également l’accueil de 155 femmes représentant des associations de femmes pour le suivi de microcrédits et l’organisation de 38 descentes dans les communes de la Mairie de Bujumbura pour l’encadrement des associations féminines bénéficiaires des formations et des microcrédits. Une formation sur la notion de comptabilité et la tenue des livres à l’intention des associations de la Mairie de Bujumbura a eu lieu. Un échange d’expériences entre 24 associations en micro crédit a été organisé. De même, un projet de réinsertion socio-économique des femmes à partenaires multiples a été exécuté. Dans le cadre du renforcement de la participation politique de la femme, la Résolution 1325 a été évaluée (production d’un rapport alternatif) et un plan d’action national de mise en œuvre de la même résolution a été élaboré.
  • Amélioration de l’accès des femmes aux facteurs de production et à la gestion des ressources qui en découlent: une journée de réflexion sur les barrières culturelles à l’émancipation de la fille burundaise a été organisée. Dans le cadre du projet d’amélioration des connaissances des femmes sur les Techniques Nouvelles d’Information, un cyber café a été mis en place et des services y relatifs ont été disponibilisés (salles pour les formations et les réunions).
  • Promotion d’un environnement favorable à l’accès et à la rétention scolaire des filles: les actions menées dans ce cadre visent essentiellement le renforcement des capacités et la sensibilisation. A cet effet, trois documents concernant le règlement scolaire favorable à la réintégration des élèves mères ont été élaborés et validés. Un effectif de 61 directeurs et inspecteurs régionaux des écoles secondaires de Muramvya et Kayanza ont été formés en genre, conseil et orientation tandis que des clubs UNGEI des provinces Muramvya, Kayanza, Ngozi et Kirundo ont bénéficié de séances de suivi. De même, 110 radios cassettes et des clubs genre et équité ont été étendus dans 5 écoles pilotes en Mairie de Bujumbura. En outre, le Projet « Politique d’éducation des filles au Burundi » a été revue et exécutée, tandis que le Projet pilote de lutte contre l’exploitation sexuelle et autres abus en milieu scolaire a été exécuté en province Bubanza.
  • Promulgation d’une loi réprimant sévèrement les violences sexuelles: une conférence de presse sur le code pénal et un plaidoyer pour l’adoption du nouveau code pénal contenant des dispositions réprimant les violences faites aux femmes ont été tenus, tandis que des actions accompagnatrices, telles que les séminaires, les dialogues et la médiatisation sur les violences ont été organisées.
  • Elaboration du code des successions, des régimes matrimoniaux et des libéralités: un projet de loi portant sur les successions, les libéralités et les régimes matrimoniaux a été élaboré. Les procédures de son adoption devraient être accélérées.
  • Mise en place d’une structure spécialisée au sein des structures judiciaires en vue d’une bonne prise en charge des victimes des violences: des OPJ chargés des VBG ont été mis en place et formés.
  • Traduction, simplification et diffusion des textes de lois et codes existants en vue de la promotion et protection des droits des femmes: dans ce cadre, il ya lieu de citer la traduction en Kirundi et la multiplication en 1000 exemplaires du protocole de Maputo (Protocole Additionnel à la Charte Africaine des droits de l’homme et des Peuples relatifs aux droits de la femme), l’atelier de vulgarisation du Protocole et le plaidoyer pour sa ratification.
  • Création et/ou renforcement des structures d’accueil et de prise en charge intégrée des victimes des violences sexuelles: Le CDF Cankuzo a bénéficié des kits médicaux et du carburant dans le cadre de l’assistance aux victimes des violences sexuelles, tandis que 2175 victimes des violences sexuelles ressortissant de la Mairie de Bujumbura ont été accueillies et encadrées.
  • Prise en compte du genre dans la réinsertion et la réintégration des sinistrés de guerre et des autres groupes vulnérables: 250 femmes vulnérables ont été identifiées et 250 kits ont été distribués, 120 associations féminines ont été accompagnées et 120 micro-projets ont été élaborés en leur faveur et ont bénéficié des financements. La structuration de 40 nouvelles associations et la création de 2 nouveaux réseaux d’associations figurent aussi dans le bilan des actions menées en faveur des femmes.
  • Accroissement de l’accès des filles à la propriété foncière: une journée de réflexion sur l’héritage de la fille a été tenue.

5.6.3 Actions à mener dans le court terme

  • (i) Mettre en place les CDF à Bubanza et à Makamba en vue d’intensifier les activités de lutte contre les violences sexuelles
  • (ii) Renforcer les activités d’autonomisation de la femme dans la mesure où les violences qu’elle subit prennent naissance dans sa dépendance économique.
  • (iii) Mener une évaluation de la mise en œuvre de la politique nationale genre en vue de mesurer le degré de prise en compte du genre dans tous les ministères ;
  • (iv) Créer une antenne de l’APFB à l’intérieur du pays ;
  • (v) Poursuivre les actions visant la mise en application de la Résolution 1325 ;
  • (vi) Mettre en place la stratégie Nationale de lutte contre les violences basées sur le genre ;
  • (vii) Mobiliser des fonds pour la construction d’un refuge pour les femmes victimes des violences dans le cadre de la mise en œuvre des programmes basés sur les OMD,
  • (viii) Construire un atelier partagé à la Maison des femmes au Burundi ;
  • (ix) Mettre sur pied une unité chargée de la préparation des rapports nationaux et internationaux.

Chapitre 6: Lutte contre le VIH/SIDA

6.1. Analyse du problème

474. Selon les résultats de l’Enquête combinée de surveillance des comportements face au VIH/SIDA/IST et d’estimation de la séroprévalence du VIH/SIDA réalisée en 2007 et publiée en 2008, le taux de séroprévalence était de 2,97% à l’échelle nationale, mais présente d’importantes différences suivant le milieu, le sexe et l’âge. Au niveau de la population générale (18 mois et plus), le taux global de séroprévalence est de 2,82% en milieu rural, 4,41% en milieu semi-urbain et 4,59% en milieu urbain. Concernant la population active (15-49 ans et plus), ce taux varie globalement de façon suivante: En milieu rural, 3,3%, en milieu semi-urbain, 5,97% et en milieu urbain, 6,46%.

6.2. Etat de mise en œuvre des actions initiées dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA.

475. Au cours de l’année 2008, l’action gouvernementale s’est concentrée sur 4 principaux domaines à travers l’exécution des programmes spécifiques à chacun d’eux. Il faut noter que les programmes initiés dans ce sens ont déjà porté leurs fruits, car le taux de prévalence semble avoir diminué entre les enquêtes de 2002 et 2007 et surtout au regard de la stabilisation du nombre d’orphelins du sida, qui a augmenté de 43% entre 2000 et 2005, mais de moins de 4% entre 2005 et 2008, selon les estimations du CNLS.

476. La première série d’activités vise la réduction de la transmission sexuelle du VIH et des autres IST. A cet effet, les réalisations à mentionner concernent d’abord (i) la mise en place de 34 sous projets en faveur des groupes à risques (jeunes, femmes à partenaires multiples et veuves), (ii) la distribution de 8,5 millions de préservatifs dont 63446 préservatifs féminins, (iii) l’équipement de 256 centres de dépistage, (iv) le dépistage de 236 988 cas dont 9 824 cas se sont avérés positifs, soit un taux de 4,2%, et (v) le traitement de 33 781 cas. A fin 2008, le réseau des CDV s’est étendu à toutes les provinces et a atteint le nombre de 266 dont 149 en milieu urbains et 191 en zones rurales.

Graphique 16:Evolution du nombre de préservatifs distribués et des séropositifs dépistés

Source: Ministère de la lutte contre le VIH/SIDA

477. Le niveau de distribution des préservatifs qui constitue l’un des moyens de prévention contre le VIH/SIDA s’est quelque peu réduit à partir de 2005, même si le rythme semble à la reprise. En revanche, une avancée non négligeable a été observée au niveau du dépistage. En effet, les ruptures de stock en réactifs ont pu être évitées avec le début de l’année 2008 en même temps que le nombre de sites a augmenté de 49,4%.

478. Le thème de la sensibilisation au dépistage volontaire développé lors de la journée mondiale de lutte contre le sida en 2007 continue à produire des effets positifs.

479. Néanmoins, depuis 2003, il est à noter que seulement 760 638 personnes ont été dépistées sur 8 038 618 d’habitants, soit un taux de 9,5% de personnes qui connaissent leur statut sérologique. Cet effectif est encore très bas avec l’hypothèse selon laquelle chaque personne devrait connaître son statut sérologique. Dans l’immédiat, il convient toutefois de mettre plus d’accent sur le dépistage dans les catégories des populations à haut risque et vulnérables.

480. Les actions centrées sur la réduction de la transmission du VIH par voie sanguine ont été marquées par quelques progrès à travers (i) l’achèvement des travaux de construction du CNTS, le processus d’acquisition des équipements du CNTS étant en cours, (ii) le test de 20 248 poches de sang (100% de l’objectif) dont 72 séropositives soit 0,36 % et (iii) la prévention de la transmission post-expositionnelle du VIH envers 374 personnes.

481. Enfin, les actions complémentaires visant à prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant ont également été menées puisque (i) 260 infirmiers ont été formés sur l’alimentation du nourrisson tandis que (ii) 1 483 nouvelles mères enceintes séropositives et 1 299 nouveau-nés ont bénéficié du traitement prophylactique ARV.

482. La seconde série d’activités vise l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie des PVVIH et des personnes affectées par le VIH/SIDA. Les résultats atteints dans ce cadre ont porté essentiellement sur l’octroi des soins, la facilitation de l’accès aux médicaments et sur la prise en charge des PVVIH. Les actions pertinentes à mentionner couvrent 3 aspects importants.

483. La prophylaxie, le Diagnostic et Traitement des IO et Continuum de soins ayant permis (i) la formation de 264 prestataires des soins (ii) le soutien de 43 099 PVVIH par l’octroi des soins à domicile et (iii) le traitement de 38 935 cas d’IO. L’amélioration de l’accès aux antirétroviraux avec comme résultats (i) 46 sous projets financés, (iii) l’accréditation de 22 sites ARV et (iv) le traitement de 14 343 PVVIH. La prise en charge psychologique et nutritionnelle des personnes vivant avec le VIH/SIDA en vue de consolider l’adhésion à la démarche de soin grâce à (i) la formation de 50 prestataires, (ii) au soutien nutritionnel à 13 932 et (iii) à la prise en charge psychosociale de 72 780 PVVIH.

484. La troisième série d’activités vise la réduction de la pauvreté et des autres déterminants de la vulnérabilité face au VIH. Il s’agit d’un programme multisectoriel initié en faveur des personnes rendues vulnérables par le VIH/SIDA. Les interventions à signaler ont porté essentiellement sur 3 domaines:

485. Activités génératrices de revenus en faveur des personnes économiquement affectées par le VIH/SIDA. A cet effet, 28 sous-projets d’AGR en faveur de 4 804 PVVIH ont été lancés, et 424 PVVH ont été réinsérées dans des activités socioprofessionnelles.

486. Prise en charge des orphelins et des enfants vulnérables (OEV) à cause du VIH/SIDA: Les progrès observés ont porté sur (i) le financement de 27 AGR en faveur des familles d’accueil des OEV, (ii) l’octroi du matériel scolaire à 90 908 OEV, (iii) l’assistance médicale à 33 831 bénéficiaires (iv) l’assistance psychosociale à 43 507 OEV et (v) la fourniture de supplément nutritionnel à 8 005 OEV.

487. Promotion des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des autres groupes vulnérables. Les actions menées concernent (i) le projet de texte d’application en cours de finalisation, (ii) l’assistance juridique à 399 personnes (PVVIH et OEV) et (iii) la mise en place d’une structure offrant une assistance juridique aux PVVIH (ODPIA+), personnes affectées et aux groupes vulnérables (OEV, victimes des violences sexuelles, etc.).

488. La quatrième série d’activités vise l’accroissement des performances du Système d’Information pour un pilotage rationnel des actions de lutte contre le VIH/SIDA. Les actions menées dans cette optique se rapportent à (i) la surveillance des résistances aux ARV en cours au CMC de Buyenzi (555 patients ont déjà été enrôlés sur les 520 prévus) ; (ii) l’opérationnalisation de 8 sites de surveillance sentinelle des IST/VIH/SIDA et (iii) la réalisation d’une enquête combinée de séroprévalence et de surveillance socio-comportementale disponible.

489. Parallèlement, la réussite de l’ensemble des programmes de lutte contre le VIH/SIDA est subordonnée à la mise en place d’un système de coordination approprié et efficace. Les mesures adoptées à cet effet ont permis d’améliorer la coordination de la réforme multisectorielle décentralisée et d’apporter les appuis nécessaires à la mise en œuvre de 17 plans d’actions provinciaux. L’amélioration du partenariat avec les bailleurs de fonds a permis également de renforcer les mécanismes de mobilisation des ressources. C’est ainsi que 61% des ressources nécessaires ont été mobilisées, qu’un accord de financement du MAP II a été signé et qu’une proposition de financement à soumettre au Fonds Mondial a été élaborée et transmise au GFATM.

6.3. Perspectives d’avenir

490. La prévalence du VIH/SIDA reste potentiellement expansive et appelle à des actions rigoureuses dans les domaines de la prévention et de la prise en charge globale. Dans ce sens, les actions de lutte contre la pandémie du VIH/SIDA passeront par une mobilisation de tous les acteurs et une synergie d’actions en vue de limiter sa propagation et d’assurer une prise en charge des personnes infectées et affectées par ce fléau. En agissant ainsi, le souhait est que tout le monde s’investisse à la réalisation de la vision nationale telle qu’énoncée dans le Plan stratégique national de lutte contre le SIDA pour la période 2007-2011.

Chapitre 7: Performances Macroéconomiques

7.1. Secteur réel

7.1.1 Evolution récente

491. Quoique fluctuant, le taux de croissance du PIB réel est demeuré relativement satisfaisant au cours des trois dernières années. Le taux annuel moyen observé est de 4,42% alors qu’il n’était que de 2,17% sur la période allant de 2000 à 2005. Comme par le passé, son évolution est restée très liée au niveau de la production agricole, en particulier celle du café. Le graphique ci-dessous retrace la tendance et le rythme d’augmentation du PIB réel sur la période allant de 2000 à 2008.

Graphique 17:Evolution du PIB réel et du taux de croissance (2000-2008)

Source: Ministère du plan et de la reconstruction

492. Le PIB nominal est passé de 860,9 milliards de FBU en 2005 à 1 378,5 milliards de FBU en 2008, soit une augmentation de 60,1% en 3 ans, en valeur nominale, mais de 13,9% seulement en valeur réelle. Ce relèvement correspond à un taux de croissance moyen annuel de 4,4%, légèrement supérieur au taux de croissance de la population, estimé actuellement à 2,35% par an (taux annuel moyen entre les recensements de 1990 et 2008). Le revenu annuel par habitant est désormais de l’ordre de 171 483 Fbu, soit l’équivalent de 144,2 dollars américains au taux de change fin de mois moyen pour l’année 2008, ou 0,40 dollar par jour et par personne.

493. Bien que les conditions de vie induites par ce niveau de revenus soient en deçà de celles qui sont observées dans les pays de la sous région (Rwanda, Tanzanie, Kenya et Ouganda), il convient cependant de noter une légère amélioration par rapport à l’année précédente pour laquelle le revenu par habitant était estimé à 124,15 $ américains. Ce relèvement du revenu/habitant en dollars courants s’explique par l’appréciation du taux de change effectif réel du Fbu.

7.1.2 Evaluation des performances réalisées pour le CSLP en 2008

7.1.2.1 Structure de l’économie burundaise

494. Le tableau suivant montre l’évolution de la structure de l’économie du Burundi entre 2006 et 2008 par grands secteurs. Les données recueillies mettent en évidence une variation quelque peu contrastée des principales composantes et permettent de constater la prédominance persistante du secteur primaire.

Tableau 26:Evolution du PIB réel par secteur économique (2006-2008)
Mrds Fbu de 19962006200720082008/2007
(Réalisations)(Réalisations)(Réalisations)(croissance, en %)
Secteur primaire143,7143,9149,94,2
− Agriculture vivrière112,3117,0120,12,6
− Agriculture d’exportation9,13,75,548,6
− Elevage17,618,319,24,9
− Forêt3,43,63,84,4
− Pêche1,21,21,37,2
Secteur secondaire48,751,654,35,2
− Industries20,121,022,15,2
− Industries agricoles2,02,22,34,5
− Industries alimentaires11,011,512,15,2
− Industries textiles, cuir et vannerie2,12,12,24,8
− Autres industries5,05,25,55,8
− Artisanat10,711,111,53,6
− Construction15,616,717,97,2
− Mines et énergie2,32,82,80,0
Secteur tertiaire104,6112,0117,75,1
− Administration publique67,772,175,75,0
− Transport et communication14,115,316,15,2
− Commerce13,414,515,35,5
− Autres services prives9,410,110,65,0
PIB aux coûts des facteurs297,0307,5321,94,7
Taxes indirectes (moins21,222,022,42,0
PIB réel (prix 1996)318,2329,4344,34,5
Source: CSLP et Ministère de la Planification
Source: CSLP et Ministère de la Planification

495. Si l’année 2007 a connu une stagnation en valeur réelle de la production du secteur primaire, celle-ci a augmenté de 4,2% en 2008, ce qui représente une progression significative, due essentiellement au regain de la production du café. Il est à déplorer que la production vivrière n’ait pas connu un taux de croissance comparable à 2007. Elle ne s’est élevée qu’à 2,6%, à peine au-dessus de la croissance démographique. L’insuffisance des récoltes n’a fait qu’aggraver au niveau local les effets de la hausse des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux.

496. La hausse globale des prix des produits agricoles et des frais de transport a naturellement pénalisé les secteurs secondaires et tertiaires, dont les coûts de fonctionnement et d’approvisionnement ont augmenté. Etant donnée la place prépondérante des biens alimentaires dans le panier des ménages, le niveau de consommation de ces derniers a été affecté notamment par la réduction de la demande pour les biens non-alimentaires, limitant ainsi la croissance des secteurs secondaire et tertiaire.

497. Si le PIB nominal a augmenté de 30%, c’est parce que les importateurs n’ont pas répercutés sur leurs ventes la baisse des prix enregistrée au niveau de certains produits importés au second trimestre 2008, augmentant ainsi leurs marges mais pas leur production. En conséquence, 2008 fut une année de croissance plus faible qu’attendue pour le secteur secondaire, estimée à 5,2%, alors qu’elle était de 5,9 % en 2007. Cette situation est en outre la conséquence du faible niveau d’investissement consacré à son développement. Ce sont la construction et l’industrie qui ont porté la croissance du secteur secondaire, soutenues par des besoins potentiellement importants. Le secteur tertiaire a connu une légère baisse de croissance, de 7 à 5%. Celle-ci reste toutefois soutenue en raison de la multiplication des projets de développement dans le contexte actuel de reconstruction post-conflit.

7.1.2.2 Progrès accomplis par rapports aux prévisions du CSLP

498. En 2008, le Burundi a atteint un taux de croissance de 4,5% contre un niveau de 7,1% projetés par le CSLP. Le graphique suivant illustre, pour chaque secteur, la contribution projetée et effective à la croissance du PIB pour 2008. Il ressort clairement que les secteurs primaire et tertiaire restent les véritables moteurs de la croissance, même si leurs résultats sont inférieurs aux niveaux escomptés initialement, tandis que le secteur secondaire s’est très peu développé. En effet, la part contributive à la croissance du PIB des secteurs primaires et tertiaires représente à elle seule 3,6% sur un taux global de 4,5%, le reste soit 0,9% étant constitué des contributions du secteur secondaire (0,8%) et des taxes indirectes (0,1%).

499. Si le taux de croissance prévu dans le CSLP est loin d’avoir été atteint, c’est principalement en raison des performances mitigées du secteur primaire, qui n’a pas eu ainsi l’effet d’entraînement escompté sur les autres secteurs. En effet, l’agriculture représente plus de 40% du PIB et emploie près de 80% de la population, et c’est seulement par la constitution d’un surplus agricole que la consommation et l’investissement des ménages ruraux pourront augmenter, et donc les activités de transformation et de commerce se multiplier. Les prévisions du CSLP étaient donc probablement trop optimistes quant aux résultats que le secteur primaire, et agricole en particulier, pouvait atteindre, étant donné le niveau des investissements réalisés. Néanmoins, les investissements programmés dans le plan d’action de la SAN devraient enfin permettre d’atteindre à moyen terme un taux de croissance permettant de lutter efficacement contre la pauvreté.

Graphique 18:Contribution des principaux secteurs de l’économie à la croissance du PIB

Source: CSLP et Ministère de la Planification

500. Il ne faudrait toutefois pas sous-estimer les performances économiques de l’année 2008 au regard de l’atteinte des objectifs du CSLP. D’une part, l’année 2008 marque une certaine reprise de la croissance par rapport à l’année 2007, qui fut décevante, avec un taux de croissance de 3,6%, contre 5,1% enregistré pour l’année 2006. D’autre part, les activités d’investissement ont été retardées en raison des retards constatés dans le décaissement des ressources attendues lors de l’exécution des programmes préconisés pour l’année 2008.

7.2. L’inflation en 2008 au Burundi

7.2.1. Profil général

501. L’inflation au Burundi, mesurée par l’évolution de l’indice des prix à la consommation à Bujumbura, a fortement augmenté en 2008, passant de moins de 15% à 25,65% en glissement annuel, avec un pic à 28,62% en juin. Concernant les hausses mensuelles des prix, les mois les plus marqués ont été les mois de janvier (2,96%), avril (4,34%), octobre (3,68%) et décembre (3,34%).

502. Comparée aux années antérieures, l’inflation qu’a connue le Burundi au cours des derniers mois a non seulement rattrapé mais dépassé les niveaux d’avant 2005. L’indice des prix à la consommation a doublé depuis 2003, mais l’essentiel de cette hausse a eu lieu au cours des deux dernières années.

Graphique 19:Indice des Prix à la Consommation et inflation 2003-2008

Source: ISTEEBU

503. Les pressions inflationnistes apparues déjà en 2006 se sont poursuivies et accentuées jusqu’en décembre 2008, lorsque l’indice des prix a atteint 814,3 points, alors qu’il ne s’élevait qu’à 565 en décembre 2006, soit un accroissement de 44,1% sur 2 ans, traduisant ainsi un renchérissement du coût de la vie, avec des répercussions beaucoup plus dures pour les groupes particulièrement vulnérables.

7.2.2. Poids relatif des principaux produits dans la composition de l’indice des prix

504. La décomposition de l’indice des prix 2008 montre que ce dernier a été tiré vers le haut avant tout par les rubriques « Alimentation », « Articles de Ménage » et « Services Médicaux ».

Graphique 20:Augmentation des indices décomposés des prix à la consommation en 2008

Source: ISTEEBU

505. En réalité, l’analyse des parts contributives des principales composantes de l’IPC révèle que c’est l’ « Alimentation » qui exerce une influence déterminante sur l’allure générale des prix. En effet, avec une augmentation des prix de 41% et un poids dans l’IPC de plus de 50%, elle détermine plus des trois quarts de l’accroissement de l’indice général en 2008. Il est à noter de surcroît que ce poids est en augmentation puisque les coefficients de pondérations restent inchangés tandis que les indices des prix des rubriques varient à des rythmes différents. La composante « Alimentation » représentait ainsi 58% de l’IPC en décembre 2008, contre 52% en janvier de cette même année.

506. La composante « Articles de ménage » est fortement influencée à la hausse par les prix du savon de ménage et de toilette. Le prix du premier a augmenté de 100 à 175 Fbu entre novembre et décembre. Le second a augmenté de 450 à 650 Fbu entre juillet et septembre. Enfin, pour la rubrique « services médicaux », la tendance à la hausse repose essentiellement sur l’augmentation de 3310,8 à 3690 Fbu du prix moyen de 3 examens médicaux (selles, goutte épaisse et radiographie des poumons) entre mars et avril, de 7000 à 8000 Fbu du prix de la consultation d’un médecin privé entre juin et juillet, et de 5487,5 à 6740 Fbu du prix moyen de 5 médicaments (Phosphalugel, Vermox, Fasigyn, bactrim sirop et quinine) entre octobre et novembre. Ces phénomènes exigent des réajustements sur les priorités du gouvernement afin de garantir une bonne réussite de sa politique visant à faciliter l’accès de la population aux soins et traitements de base.

507. La montée des prix des matières premières qui a précédé l’entrée de l’économie internationale dans la crise financière n’a pas manqué d’avoir des retombées négatives sur le niveau des prix au Burundi. En effet, la forte hausse des prix des denrées alimentaires importées, les répercutions de l’augmentation du prix du pétrole sur les coûts de production et de transport et la dépréciation du Fbu face au dollar américain n’ont fait qu’amplifier l’impact du relèvement des prix mondiaux sur les prix à la consommation au Burundi.

508. La baisse des prix des produits pétroliers à la fin de l’année 2008 n’a pas été immédiatement et intégralement répercutée sur les consommateurs, permettant aux importateurs d’augmenter leurs marges, donc la valeur ajoutée de leurs activités commerciales. C’est ainsi que le PIB nominal a fortement augmenté et que le déflateur de PIB a été estimé à 24,4%.

7.2.3. Perspectives d’avenir

509. En raison de son enclavement prononcé, les répercussions de la flambée des prix semblent avoir été particulièrement profondes sur le Burundi ainsi que cela est illustré dans le tableau ci-après, qui établit une comparaison entre le cas du Burundi et celui des pays d’Afrique sub-saharienne en général et de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est en particulier.

Tableau 27:Comparaisons internationales des chiffres de l’inflation annuelle en 2008
Inflation en glissement annuelPays de l’EACAfrique Sub-saharienneMonde
BurundiKenyaRwandaTanzanieOuganda
25,65 %27,72 %22,32 %13,50 %14,20 %13,3 %5,9%
Source: Données en ligne des banques centrales ou instituts nationaux de statistiques et World Economic Outlook 2008, FMI).
Source: Données en ligne des banques centrales ou instituts nationaux de statistiques et World Economic Outlook 2008, FMI).

510. Seul le Kenya, qui a connu de graves troubles politiques ayant entraîné des perturbations économiques dans le cycle de production et le secteur touristique, connaît une inflation supérieure à celle du Burundi. Celui-ci, par rapport à ses voisins, a subi des aléas supplémentaires comme les mauvaises récoltes et la sécheresse dans les provinces du Nord.

511. Si les indices des prix décomposés sont d’une grande utilité pour suivre de près l’inflation au Burundi, il est important de rappeler que le panier de biens utilisé dans le calcul de l’indice composite et les poids associés à chaque produit n’ont pas été revus depuis 1991, alors que des perturbations ont eu lieu dans les modes de production et de consommation pendant la guerre et avec la hausse récente des prix. Il s’avère donc urgent de mener une enquête permettant de réévaluer ces poids.

512. De surcroît, le seul indice synthétique disponible aujourd’hui est celui de Bujumbura, bien que les prix soient récoltés par l’ISTEEBU sur l’ensemble du territoire. La perception de l’évolution du coût de la vie au Burundi serait nettement meilleure avec la définition des indices de prix au niveau provincial. L’idéal serait de déterminer un panier de biens et services considérés comme essentiels pour un ménage burundais et de comparer le prix de ce même panier dans chacune des 17 provinces du pays.

513. A moyen terme, il est prévu que l’inflation annuelle sera graduellement réduite, de 9% en 2009 à environ 5,5% en 2012. Ces projections se basent sur la poursuite d’une politique monétaire prudente qui vise à contrôler les attentes inflationnistes.

7.3. Le secteur extérieur

514. Comme pour l’exercice précédent, le solde de la balance courante était fortement déficitaire en 2008, confirmant ainsi les difficiles problèmes de financement auxquels le Burundi doit toujours faire face. Si le solde de la balance commerciale s’est creusé de 42,5 milliards Fbu passant de -242 à -284,5 milliards, cette tendance n’a fait que suivre celle du PIB nominal, en forte augmentation sous le coup de l’inflation de plus de 25% à fin décembre. En proportion du PIB, le solde (négatif) des biens et services ne s’est donc que légèrement aggravé, de 38,9% à 40,4%.

515. Si le déficit de la balance courante a finalement pu être réduit de 15,7 à 13,5%, c’est grâce à l’augmentation importante des transferts courants de 240 à 308 millions US$, soit 26,6% du PIB.

516. Ce résultat reflète la dépendance aigue de l’économie burundaise aux appuis budgétaires et autres transferts sans contreparties pour soutenir son niveau d’importation, nécessairement élevé en période de reconstruction économique et augmentant avec la croissance du PIB. Quoique ceux-ci soient prévus à la baisse au cours des prochaines années, cela ne devrait pas aggraver le déficit de la balance courante, en raison de la réduction attendue du coût des importations, en particulier des produits pétroliers qui constituent le quart des importations du pays.

Graphique 21:Evolution de la balance courante 2005-2012, en % du PIB

Source: Service des études, BRB

517. Le déficit de la balance courante a été financé en partie par une augmentation des investissements, des crédits commerciaux à court terme, de l’utilisation des prêts du FMI et surtout des tirages, c’est-à-dire des prêts à long terme, souvent concessionnels, destinés à financer des investissements productifs. Les réserves officielles de la BRB ont crû de plus de 90 millions US$, suite aux appuis budgétaires décaissés en fin d’année et aux appuis spécifiques du FMI à la balance des paiements. Elles représentaient fin 2008 6,6 mois d’importations, contre 3,9 un an plus tôt, améliorant la capacité du Burundi à faire face aux chocs macroéconomiques provoqués par la crise économique et financière internationale.

7.4. Secteur monétaire et financier

518. La politique monétaire prônée par la Banque Centrale est destinée à soutenir les efforts du gouvernement visant à assurer la stabilité macro-économique et à accompagner les programmes de croissance. Dans cette optique, il est préconisé que le rythme de croissance de la masse monétaire soit indicativement inférieur à celui du PIB nominal afin de contenir les retombées négatives résultant des fluctuations des prix internationaux.

519. C’est dans ce même objectif que le financement des déficits budgétaires par la Banque Centrale devrait baisser progressivement pour tendre vers zéro. En appui à la réalisation de ces objectifs, les mesures de gestion monétaire initiées dans le cadre de la première FRPC se sont poursuivies et consolidées avec la mise en œuvre des réformes retenues lors de l’adoption du second programme. Ces mesures sont essentiellement articulées autour de la politique monétaire et de change.

7.4.1. Réalisation des objectifs quantitatifs

520. Le tableau suivant retrace l’évolution des principaux agrégats monétaires et indique une augmentation générale de ses principales composantes, bien supérieure à celle prévue dans le cadrage macroéconomique du CSLP, en raison de la hausse générale des prix qui a fortement augmenté les valeurs nominales en Fbu et de difficultés de financement des dépenses budgétaires.

Tableau 28:Situation Monétaire (Mrds Fbu)
Rubriques20052006200720082007/2008
Δ%
Situation monétaire
Avoirs extérieurs nets70.374.6109.1181.472.366.3
Banque Centrale48.841.575.6139.463.884.4
Banques commerciales21.533.133.542.08.525.4
Avoirs intérieurs nets227.5277.7298.6369.070.423.6
Crédit intérieur277.9354.3374.0436.262.216.6
Crédit au gouvernement121.1158.1157.4176.519.112.1
Crédits à l’économie156.8196.2216.6259.743.119.9
Autres postes−50.4−76.6−75.4−67.28.2−10.9
Masse monétaire
M3297.9352.2407.8550.4142.635.0
Dépôts en devises40.252.377.7107.329.638.1
M2257.7299.9330.1443.1113.034.2
Circulation fiduciaire67.968.484.2112.628.433.7
Dépôts en monnaie locale189.8231.5245.9330.584.634.4
Banque Centrale
Avoirs extérieurs nets41.575.6139.463,884,4
Avoirs intérieurs nets65.049.417.0-32,465,6
Crédits intérieurs165.3138.8114.1−24,717,8
Crédit au gouvernement161.4134.7120.8−13,910,3
Crédits l’économie3.93.2−6.6−9,8306,3
Autres postes nets−100.2−89.4−97.2−7,88,7
Base monétaire106.5125.0156.431,425,1
Source: Service des Etudes de la BRB
Source: Service des Etudes de la BRB

521. Au niveau de la masse monétaire, la progression enregistrée a été fortement marquée par la hausse des dépôts auprès des banques commerciales qui s’élevaient à près de 210 milliards Fbu, soit 50% de croissance en 2008. La circulation fiduciaire, quant à elle, n’a augmenté « que » de 33,7%. Le taux de croissance de la masse monétaire (M2) a augmenté de 10% et 34% respectivement en 2007 et 2008, accompagnant la croissance des avoirs intérieurs du secteur financier mais dépassant la croissance du PIB nominal en 2008, qui s’est élevée à 30%, et alimentant donc l’inflation.

522. Le graphique ci-dessous montre l’évolution comparée de la masse monétaire et de l’indice des prix à la consommation en 2008.

Graphique 22:Evolution de la masse monétaire et de l’Indice des Prix à la Consommation à Bujumbura en 2008

Source: BRB et Isteebu

523. A voir l’évolution de la masse monétaire (M2), qui a augmenté de 34,2% entre décembre 2007 et décembre 2008, alors que la croissance du PIB réel n’a pas excédé 4,5% et celle du PIB nominal 30%, il importe de noter que la politique monétaire n’a pu porter les effets escomptés sur la maîtrise de l’inflation. Le ratio M2/PIB a augmenté de 32,6% en 2007 à 37,7% en 2008, ce qui est beaucoup pour une économie encore peu monétisée comme le Burundi. A titre de comparaison, ce ratio était de 17,9% en 2007 au Rwanda.

524. Il est vrai que la BRB ne dispose que d’un nombre limité d’instruments dans la conduite de sa politique monétaire, en agissant principalement sur les quantités de monnaie injectées dans l’économie. L’économie burundaise fait très peu appel au crédit intérieur, l’essentiel des investissements étant réalisé sur dons ou prêts extérieurs. Il n’existe pas de marché interbancaire du crédit. Le recours aux instruments indirects de politique monétaire pour réguler la création de monnaie, et donc la hausse des prix se trouve, dans de telles circonstances, très réduit. Le taux directeur de la BRB est resté stable à 10,1%, et il n’existe pas de marché secondaire de titres du Trésor qui aurait permis à la BRB de reprendre de la liquidité en rachetant les titres sur le marché.

525. Dans ce contexte, les retards de décaissement des appuis budgétaires se sont répercutés sur l’économie, augmentant le crédit net de la BRB au Trésor de 26,7 milliards BIF, soit 19,8% d’augmentation sur l’année. Lorsque finalement les appuis ont été décaissés, les avoirs extérieurs nets de la BRB ont augmenté de près de 62 milliards Fbu en 2008, sous l’effet des entrées de devises étrangères. Cependant, il a fallu attendre 2009 pour que tous les fonds soient effectivement versés sur le compte du Trésor et que l’endettement de l’Etat diminue significativement. Dans l’entre-temps, une augmentation des réserves extérieures en devises de la BRB sans diminution parallèle des créances sur l’Etat, a pu être observée, ce qui a eu pour effet d’augmenter excessivement la masse monétaire en fin d’année 2008. Ce phénomène pourrait expliquer en partie la persistance d’un taux d’inflation élevé en fin d’année 2008, alors que les prix des matières premières avaient déjà entamé leur chute au niveau international.

526. Les avoirs extérieurs nets ont donc également connu des hausses très significatives entre 2007 et 2008 avec une augmentation de 66% au cours de cette période. Consécutivement à cette évolution, les réserves de change officielles se sont confortées et correspondent, à fin décembre 2008, à une couverture de 6,6 mois d’importation, contre l’équivalent de 3,9 mois à la même période de l’année précédente.

Encadré 4:L’impact macroéconomique de l’Aide Publique au Développement

La masse monétaire (M3) est composée des avoirs intérieurs nets, sous la forme de crédit au gouvernement et de crédit à l’économie (au secteur privé), ainsi que des avoirs extérieurs nets, dont 77% sont détenus par la BRB. Les flux d’Aide Publique au Développement (APD) ont pour effet, en arrivant au Burundi, d’augmenter les avoirs extérieurs nets en devises de la BRB du même montant que le crédit au gouvernement diminue, alors que la contrepartie en Fbu de l’aide est versée sur le compte unique du Trésor ou sur un compte de projet. L’impact macroéconomique de l’APD et les effets y afférents dépendent alors de la manière dont celle-ci est utilisée dans le pays. Plusieurs scénarii sont possibles:

(i) L’aide est utilisée pour financer des importations (ex: biens de capital pour l’investissement en infrastructure, expertise technique, aide alimentaire d’urgence, véhicules): le gouvernement rachète des devises avec sa contrepartie, les effets au niveau monétaire comme à celui de la balance des paiements sont neutres.

(ii) L’aide est utilisée pour financer des biens et services domestiques: le crédit au gouvernement remonte à son niveau d’avant le versement de l’aide, mais les réserves de la BRB ne diminuent pas du montant équivalent, puisque la dépense a été réalisée en Fbu. La BRB a alors deux options:

  • Soit elle vend ces réserves supplémentaires sur le marché des changes, ce qui aura pour effet d’apprécier le Fbu. Il s’agit de l’effet bien connu du « syndrome hollandais » qui touche les pays ayant une balance commerciale fortement excédentaire, ou très dépendant de l’aide extérieure. L’appréciation de la monnaie locale réduisant le coût des importations, la demande nationale peut être satisfaite et l’inflation contenue.
  • Soit elle autorise une croissance de la masse monétaire, ce qui, sous l’effet de la demande intérieure supplémentaire due à l’utilisation de l’aide et dans un contexte d’offre limitée, aura pour effet d’augmenter l’inflation. Il est à noter que si l’Etat réduit ainsi son déficit fiscal, ce phénomène inflationniste s’opère au détriment du secteur privé et des épargnants, et donc de l’investissement privé. Si les marchés financiers étaient suffisamment développés, la BRB pourrait alternativement vendre des bons du trésor au secteur privé pour absorber la liquidité excédentaire, et contenir l’inflation. Enfin, ce mécanisme est à peu près identique à une simple politique de financement budgétaire par la création monétaire, ce qui ne nécessite pas à priori d’appui extérieur et représente donc un mauvais emploi des ressources de l’APD.
  • Dans le cas du Burundi, bien que la balance commerciale très déficitaire ne soit pas intégralement compensée par les transferts extérieurs, le taux de change effectif réel s’est apprécié de 15,5% au second semestre 2008 et le pays pourrait donc être victime du syndrome hollandais. En effet, il n’est pas exclu que l’APD décaissée tardivement en 2008 ait été utilisée pour acheter ou rembourser des achats de biens et services domestiques, et qu’elle ait donc exercé une pression supplémentaire sur la demande intérieure. Pour limiter un taux d’inflation déjà excessif, la BRB aurait alors été forcée de vendre une partie des réserves accumulées, provoquant une appréciation réelle de la devise burundaise
  • Pour éviter ce type de risques macroéconomiques, l’APD devrait être prioritairement dirigée vers le développement d’infrastructures qui exigent l’importation de biens de capital. Ces dépenses devraient par ailleurs être conditionnées au décaissement effectif de l’aide. Une étude approfondie sur le sujet permettrait aux autorités de mieux maîtriser les risques liés à l’expansion de l’aide internationale au Burundi. Il serait très utile aux autorités monétaires de connaître notamment la composition en importations des dépenses du gouvernement et un échéancier précis des décaissements de l’aide, à condition que celui-ci soit respecté.
  • Un problème supplémentaire se pose avec l’existence de multiples comptes ouverts dans les banques commerciales pour financer des projets, gérés par le gouvernement ou les bailleurs de fonds. En cas de difficultés de décaissement, ces montants dorment inutilement, et ont pour effet d’inciter les banques à augmenter leurs prêts au secteur privé et encourager l’inflation. De plus, en comparaison de l’aide versée directement sur le compte de l’Etat à la BRB, cette situation augmente l’endettement de l’Etat et le poids de la dette intérieure, et prive la BRB de revenus supplémentaires qui pourrait augmenter les recettes de l’Etat. Le montant de ces fonds non décaissés ne cesse d’augmenter: les dépôts des projets auprès des banques commerciales était de 22,5 milliards Fbu en décembre 2008, contre 8,5 un an plus tôt.

7.4.2. Mise en œuvre des réformes

7.4.2.1. Instruments indirects de gestion monétaire

7.4.2.1.1 Appel d’offres de liquidité

527. La Banque Centrale a continué le programme débuté en 2007 en ce qui concerne la régulation des liquidités au sein du système bancaire. Elle a ainsi procédé à 18 opérations hebdomadaires pour faire face à des excès de liquidité par appels d’offre de reprise de liquidité et à 3 interventions pour aider les banques en difficultés de trésorerie.

528. Le recours à la facilité de prêt marginal a été préféré par certaines entités puisque cette opportunité a concerné 87 cas au cours de l’année 2008. La persistance d’une telle pratique laisse penser à une imperfection du marché interbancaire dans la mesure où les taux pratiqués au niveau de cette facilité varient de 11,04% à 11,18%, alors que les taux appliqués en cas d’appel d’offres de liquidité étaient de 10%.

7.4.2.1.2 Réserves obligatoires

529. Parallèlement aux mécanismes d’appel d’offres de liquidité, la Banque Centrale a renforcé le principe de réserves obligatoires pour réguler les liquidités bancaires. Le coefficient de réserves obligatoires a été maintenu à 3% tandis que leur rémunération est restée à 0,5%. Le coefficient des réserves obligatoires en devises a baissé de 7% pour se situer à 3%, le taux de rémunération étant de 0,3% pour le dollar américain et de 0,2% pour l’Euro.

7.4.2.1.3 Taux d’intérêt

530. Les marchés financiers sont encore peu développés au Burundi et la récente introduction des bons du trésor comme base de rémunération à terme des liquidités nationales n’est pas entièrement opérationnelle. Les échéances inférieures à un an sont systématiquement préférées, les titres à deux et cinq ans émis en 2008 n’ayant pas trouvé preneurs, en raison de l’absence d’un marché secondaire permettant de les revendre et de la méfiance persistante vis-à-vis des risques associés à ces titres sur la dette publique.

531. Par ailleurs, en l’absence d’un marché obligataire fonctionnel, c’est principalement auprès de la Banque Centrale que les banques empruntent et placent leurs excédents de liquidités. A ce titre, le taux de refinancement est resté remarquablement stable, de 10,12% en janvier à 10,08% en décembre 2008. Ce taux nominal fixe demeure très inférieur au taux d’inflation, de plus de 25%, qui a prévalu en 2008. En termes réels, c’est donc à un taux négatif que la BRB a prêté de l’argent et rémunéré les excès de liquidités en 2008.

532. Parallèlement à l’absence d’indexation des taux d’intérêt sur l’inflation, il subsiste un très grand écart entre les taux pratiqués par les banques sur les prêts qu’elles accordent et ceux appliqués à la rémunération des dépôts.

Tableau 29:Taux d’intérêt créditeur et débiteur moyens pratiqués par les banques commerciales en 2008
%CréditeursDébiteurs
Court terme7,4317,19
Moyen terme7,3516,64
Long terme5,4817,18
Source: Bulletin Mensuel de la BRB (janvier 2009
Source: Bulletin Mensuel de la BRB (janvier 2009

533. En même temps que les taux créditeurs sont inférieurs au taux directeur de la BRB, le taux moyen des prêts est largement supérieur au taux de refinancement auprès de la BRB.

534. Il y a lieu de noter également la faible rémunération des dépôts à long terme, par nature pourtant plus sujets aux risques économiques futurs par rapport aux dépôts à court terme, et qui devraient donc être mieux rémunérés. Les épargnants burundais sont clairement incités à déposer leur épargne sur des comptes en devises étrangères, sur lesquels le taux de rémunération net d’inflation est bien plus intéressant. Ce phénomène ne fait que creuser le déficit de la balance des paiements, mais contribue indirectement à contrer les effets du syndrome hollandais en exerçant une pression à la baisse sur la devise nationale.

7.4.2.2. Taux de change

535. Le taux de change du Franc Burundais se compare traditionnellement au dollar américain, qui est la monnaie de référence pour le pays et l’ensemble de la sous région. En 2008, le Fbu s’est encore déprécié nominalement face au dollar, de 8,5%, le taux de change moyen passant de 1137,91 en décembre 2007 à 1234,53 en décembre 2008. Cette dépréciation était de 5% en 2007 et semble donc s’accélérer. Ce phénomène s’explique principalement par la hausse du dollar par rapport à la plupart des devises internationales au second semestre 2008 et par le différentiel d’inflation entre le Burundi et les Etats-Unis.

536. En revanche, malgré le solde déficitaire de la balance courante, le taux de change effectif réel s’est apprécié de 18,2% en 2008, essentiellement au second semestre (15,5%), période de décaissement habituel des appuis budgétaires et des fonds des programmes de développement. Ces décaissements représentent des entrées de devises conséquentes pour le pays et sont donc probablement à l’origine de cette appréciation (voir Encadré 4: L’impact macroéconomique de l’Aide Publique au Développement).

537. Le dollar étant la principale devise étrangère utilisée par le Burundi dans ses transactions commerciales et comme monnaie de réserve, le Franc Burundais a suivi l’évolution du dollar face aux autres monnaies, comme le montre les deux graphiques ci-dessous pour l’euro et la livre sterling.

Graphique 23:Evolution du franc burundais et du dollar face à la livre sterling et à l’euro

Source: Service des Etudes de la BRB et www.oanda.com

538. Globalement, le taux de change de l’euro a retrouvé en fin d’année le même niveau qu’il avait en son début, après avoir subi de fortes variations en cours d’année. Quant à la livre sterling, durement touchée par la crise financière, elle s’est dépréciée de près de 20% face au Fbu, comme face à la plupart des monnaies internationales.

7.4.2.3. Le Marché aux Enchères de Devises en 2008

539. L’organisation du MED s’est poursuivie sur une base bihebdomadaire par la Banque de la République du Burundi qui, par ce mécanisme, propose aux banques commerciales et agents de change une plate-forme transparente et équitable d’achat de dollars américains. Près de US$185 millions ont ainsi été vendus en 2008, soient environ US$ 1,9 million par enchère. La BRB a pu ainsi offrir suffisamment de devises pour satisfaire les opérateurs, limitant l’activité du marché parallèle et le taux de change y prévalant.

540. Cet objectif a été largement accompli dans la mesure où les montants offerts par la BRB sur le MED ont été supérieurs à la demande de US$ 620 000 en moyenne par enchère, et le taux de change Fbu/$ du marché parallèle n’a presque jamais dépassé le taux officiel de plus de 2% (1,28% en moyenne) tout au long de l’année. Le graphique suivant montre que la réactivité de la BRB a permis de répondre à la demande en devises des banques commerciales et bureaux de change.

Graphique 24:Offre et demande de US$ au MED en 2008

Source: MED, BRB

541. A fin décembre 2008, la BRB ne procède plus à la publication du montant offert et du taux plancher. Les offres répondront désormais à un objectif cible de réserves extérieures nettes propres à la Banque de la République du Burundi. Il s’agit d’adapter au plus près l’offre de devises à la demande, afin de détourner davantage les activités de change du marché parallèle vers le marché officiel. L’accroissement des réserves de change de la BRB et la stabilité du taux de change Fbu/$ depuis le début de l’année 2009 sont à mettre au crédit de cette nouvelle stratégie. Ultérieurement, la BRB cédera aussi le monopole de la vente de devises, et interviendra sur le marché des changes au même titre qu’une banque commerciale.

7.4.2.4. Renforcement de la gouvernance

542. Avec l’année 2008, de nouvelles mesures ont été prises dans le sens de consolider la primauté accordée à la Banque Centrale dans le pilotage de la politique monétaire, d’améliorer davantage la transparence dans la gestion des fonds publics et de renforcer les mécanismes d’appréciation des risques. Dans cette optique, des progrès significatifs ont été réalisés en particulier grâce à (i) la promulgation de nouveaux statuts régissant la Banque Centrale et lui conférant une plus grande indépendance, (ii) l’exécution des audits internes et externes, (iii) la mise en œuvre de mesures de sauvegarde financière et (iv) l’amélioration des mécanismes de supervision bancaire.

543. Enfin, une étude sur le secteur financier et dont le rapport préliminaire est déjà disponible permettra de déceler les forces et les faiblesses du réseau bancaire actuel, de diagnostiquer ses déficiences et d’élaborer une stratégie de développement du secteur financier. L’établissement d’un plan comptable adapté à l’exercice des micro-finances et un contrôle plus soutenu de leurs activités figurent parmi les priorités de la Banque Centrale.

7.5. Cadrage budgétaire

7.5.1. Tendance générale des recettes et des dépenses

544. Depuis 2006, année d’adoption du CSLP, les recettes de l’Etat et les dépenses totales n’ont cessé d’augmenter, quoique à un rythme différent. Ainsi, les recettes qui, en terme nominal s’élevaient à 178,8 milliards de FBU en 2006, se chiffraient à 256,7 milliards en 2008. Sur la même période, les dépenses courantes ont varié de 221,5 milliards à 354,5 milliards, tandis que les dépenses totales sont, sur la même période, passées de 361,4 à 608 milliards.

545. L’évolution comparée de ces deux aspects du budget fait apparaître un déficit persistant et sans cesse croissant, situation caractéristique d’un pays sortant d’une longue crise et dont l’appui des partenaires est crucial pour le financement des programmes de relance économique et de réduction de la pauvreté.

Graphique 25:Comparaison des budgets 2006 – 2008 valeur nominale vs valeur réelle

Source: Lois de Finances 2006 révisée, 2007, 2008 révisée et 2009, et 1ere revue FRPC 2008-2012

546. En termes réels, les augmentations affichées sont néanmoins plus modérées, eu égard surtout à l’ampleur des niveaux d’inflation qui ont marqué les années 2007 et surtout 2008. Le taux d’inflation s’est élevé à 14,7 et 25,7% respectivement en 2007 et en 2008. Par ailleurs, il importe de noter des changements positifs en termes d’affectation des ressources. En effet, d’une année à l’autre, avec l’appui de ses partenaires, le gouvernement à déployé des efforts accrus en faveur des dépenses en capital, privilégiant ainsi de plus en plus les investissements par rapport aux frais de fonctionnement. L’évolution récente du poids respectif des dépenses courantes et des dépenses en capital confirme cette tendance ainsi que cela est illustré dans le graphique suivant.

Graphique 26:Evolution des dépenses au budget 2006 – 2009

Source: Lois de Finances 2006 révisée, 2007, 2008 révisée et 2009

547. Les dépenses en capital qui représentaient 31,3% du budget en 2006 ont progressé continuellement pour atteindre une proportion de 37,4% en 2008. Il est à noter que cette évolution s’est davantage renforcée en 2009, puisque la part consacrée aux dépenses en capital s’est élevée à 46% du total, en grande partie grâce à la baisse concomitante des ressources antérieurement allouées au remboursement de la dette extérieure et intérieure.

7.5.2. Principaux résultats du budget 2008

7.5.2.1. Mobilisation des ressources intérieures

548. Même si les recettes de l’Etat pour l’exercice 2008 ont globalement connu une progression appréciable par rapport aux prévisions budgétaires, elles sont néanmoins marquées par une évolution contrastée au niveau de leurs principales composantes et des résultats mitigés.

Tableau 30:Evolution des ressources intérieures (Mrds Fbu)
2005200620072008
Recettes intérieures totales172,1178,8197,6256,7
Recettes fiscales158,9163,4182,6229,8
Impôts sur les revenus41,845,953,565,0
Impôts sur les biens et services78,383,992,3121,8
Impôts sur le commerce extérieur38,429,733,740,8
Autres produits fiscaux0,33,93,12,2
Recettes non fiscales13,215,415,026,9
Source: Ministère des Finances
Source: Ministère des Finances

549. Au total, les recettes fiscales et non fiscales se sont élevées à 256,7 milliards de Fbu, soit un accroissement de 2,1 milliards par rapport aux prévisions budgétaires, mais de 6,1 milliards de Fbu par rapport aux prévisions révisées. Ce résultat est dû principalement aux bonnes performances enregistrées au niveau des impôts sur le revenu dont les rentrées ont dépassé de 7,8% les prévisions du budget 2008, et de 6,9% celles effectuées ultérieurement dans le cadre du programme FRPC.

550. Il en est de même de la rubrique « recettes non fiscales » dont la contribution au budget a atteint un montant de 26,9 milliards de Fbu alors que les prévisions les plus récentes tablaient sur 18,4 milliards de Fbu, soit une amélioration de 8,5 milliards de FBU.

551. En revanche, des contre performances sont observées au niveau des impôts sur les biens et services et sur le commerce extérieur pour lesquels un écart négatif par rapport aux attentes a été de -5,8% et de -2,2% respectivement. Ces écarts suggèrent une analyse plus approfondie aussi bien au niveau des éventuels disfonctionnement des services concernés qu’à celui de la fiabilité des prévisions.

552. Dans cette optique, il est essentiel que les mesures fiscales adoptées pour accroître les rendements des services chargés de collecter les recettes de l’Etat soient réévaluées, notamment à travers une analyse approfondie des causes explicatives de leur faible exécution. Les principales réformes édictées à cet effet devaient porter essentiellement sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la compression des exonérations, l’identification de tous les contribuables, incluant le secteur informel, et la mise à contribution de l’impôt sur les rémunérations du personnel local œuvrant dans des organismes internationaux.

553. En vue de renforcer le niveau des recettes publiques, il est prévu, pour l’exercice 2009, de procéder à l’acquisition de nouvelles plaques automobiles et au recouvrement amélioré des arriérés. A court terme, il est attendu que la mise en place de l’office National des Recettes puisse contribuer à la consolidation de ces avancées.

7.5.2.2. Exécution des dépenses

554. Globalement, les dépenses et prêts nets ont affiché un dépassement des charges par rapport aux montants prévus. Au niveau des dépenses courantes, les fonds effectivement débloqués s’élèvent à 354,5 milliards contre un montant de 339,1 milliards programmé, soit un dépassement de 15 milliards.

555. Pour une large part, cette situation est attribuable à l’accroissement des rémunérations (enseignement, santé et justice). Les dépenses d’investissement ont fortement augmenté également grâce à un budget en hausse de 55%. L’apport financier des PTF, qui a doublé en deux ans, s’est avéré essentiel pour parvenir à ces niveaux d’investissement.

Tableau 31:Evolution des dépenses publiques (Mrds Fbu)
2005200620072008
Dépenses et prêts nets316,4361,0407,9608,0
Dépenses courantes200,6221,5261,2354,5
Salaires72,693,9114,0154,7
dont: Santé1,82,83,86,7
Education26,541,053,255,1
Armée24,022,928,029,4
Police6,715,118,219,8
Programmes spéciaux financés sur ressources extérieures33,223,512,245,2
Démobilisation8,723,512,245,2
Election24,50,00,00,0
Dépenses d’équipement et prêts nets82,6116,0134,5208,3
Sur ressources nationales19,535,328,946,5
Sur ressources extérieures64,581,5105,9162,6
Source: Ministère des Finances
Source: Ministère des Finances

556. Le programme de démobilisation a connu une nette amélioration au niveau des décaissements. En effet, alors que les fonds décaissés pour l’année 2007 n’étaient que de 12,2 milliards de Fbu, les ressources utilisées pour 2008 se sont élevées à 45,2 milliards. Cette amélioration est due en grande partie à la restructuration du projet DDR et à un meilleur suivi.

557. Toutefois, des difficultés de gestion ont occasionné un retard dans la reconstitution des fonds dont le gouvernement a pourtant besoin non seulement pour réaliser les objectifs initialement prévus, mais aussi pour tenir compte de nouveaux engagements consécutifs à l’impératif de démobilisation et d’intégration des éléments du FNL.

7.5.3. Besoins accrus des appuis extérieurs

558. Au total, le gap de financements afférant à l’exercice budgétaire 2008 s’élève à 366,8 milliards de Fbu, confirmant ainsi les faiblesses structurelles des ressources intérieures vis-à-vis des besoins accrus de relance économique et de mise en activité des services sociaux de base.

559. En effet, ainsi que cela est illustré dans le graphique ci-dessous, les recettes nationales ont été constamment en deçà des dépenses courantes du gouvernement.

Graphique 27:Besoins de financement du budget de l’Etat

Source: Lois de Finances 2006 révisée, 2007, 2008 révisée et 2009, SIGEFI

560. D’emblée, il faut noter les difficultés pour le budget de l’Etat à financer ses dépenses courantes, le solde primaire étant négatif d’une année à l’autre, depuis 2006. Ce déficit se creuse davantage avec la prise en compte des dépenses en capital et n’a cessé de s’amplifier depuis 2006. Les besoins de financement ainsi générés ont pu être comblés grâce à trois sources de financement, dont les apports extérieurs sont de loin les plus importants.

Tableau 32:Modalités de financement des budgets 2006-2008 (Mrds Fbu)
2005200620072008
Financement165,2199,8237,7366,8
Dons extérieurs100,8169,0221,5345,2
Dons budgétaires40,067,687,4134,8
PPTE8,036,740,741,1
Dons projets19,741,281,1124,1
Programmes spéciaux33,223,512,245,2
Dette intérieure8,521,325,419,0
Secteur bancaire14,537,0−0,719,0
BRB−14,0
Banques commerciales33,0
Comptes de transition à la BRB0,0−16,916,90,0
Secteur non bancaire−6,01,29,20,0
Besoin de financement résiduel et erreurs et omissions-10,6-3,9-5,4-4,5
Source: Ministère des Finances
Source: Ministère des Finances

7.5.3.1 Appui des partenaires au développement

561. Les apports extérieurs ont porté essentiellement sur l’aide budgétaire et les dons projets représentant respectivement 135 milliards et 124 milliards de Fbu. Les ressources dégagées grâce aux nouvelles opportunités offertes par l’Initiative PPTE se sont élevées à 41,1 milliards en 2008. Les deux formes d’aide ont dépassé les prévisions, respectivement de 0,2 et 5,2 milliards de Fbu.

7.5.3.2 Produit du programme de privatisation

562. Le processus de privatisation a pu apporter au budget un montant de l’ordre de 0,2 milliards de FBU, contre une valeur de 1,7 milliards de Fbu attendue. La contribution de ce programme aux recettes de l’Etat est donc quasi-nulle.

7.5.3.3 Financement intérieur

563. L’endettement intérieur a davantage concerné le secteur bancaire dont le solde en fin d’année s’élevait à 19 milliards, et en premier lieu les banques commerciales avec 33 milliards. Les emprunts de l’Etat auprès de celles-ci peuvent priver le secteur privé de sources de financement (effet d’éviction). L’Etat devrait donc limiter ses recours aux crédits du secteur financier privé. Néanmoins, les dépenses liées au remboursement des arriérés sur la dette intérieure se sont élevées à 18,6 milliards Fbu au cours de l’année 2008.

7.5.4. Degré de cohérence des dépenses avec les priorités du CSLP

564. La proportion des dépenses pro-pauvres inscrites au budget connaît une croissance remarquable d’une année à l’autre. Une telle évolution est illustrée dans le graphique numéro 28 qui indique notamment que les dépenses pro-pauvres qui représentent 52,21% en 2006, se sont accrues jusqu’à 60,54% en 2008. En valeur nominale, les dépenses pro-pauvres s’élevaient à 389,1 milliards Fbu dans le budget 2008, alors que ce montant équivalait à 277,1 milliards Fbu en 2007, soit une augmentation de 112 milliards Fbu ou de 40,4%.

Graphique 28:Dépenses pro pauvres dans le budget de l’Etat

Source: Lois de Finances 2006 révisée, 2007, 2008 révisée et 2009

565. Cette augmentation des parts du budget allouées aux secteurs sociaux concrétise la volonté politique du gouvernement, qui, avec l’appui de ses partenaires, met en avant le développement du capital humain comme fondement de la croissance.

7.5.5. Evolution des budgets relatifs alloués aux secteurs prioritaires

566. La tendance est à la baisse pour les dépenses des services généraux et de défense, hormis un accroissement en 2007, à la stabilisation des dépenses de sécurité publique et de justice, en légère baisse en 2008 toutefois, et à l’augmentation des dépenses dans les secteurs sociaux. La tendance est à la baisse pour les dépenses des services généraux et de défense, hormis un accroissement en 2007, à la stabilisation des dépenses de sécurité publique et de justice, en légère baisse en 2008 toutefois, et à l’augmentation des dépenses dans les secteurs sociaux.

Tableau 33:Allocations des budgets aux secteurs prioritaires
200620072008
Dépenses par domaines:En Mrds FbuEn %En Mrds FbuEn %En Mrds FbuEn %
Services généraux des administrations publiques176,837,6165,834,1178,027,7
Affaires économiques58,312,474,515,3141,222,0
dont Agriculture25,15,322,54,644,56,9
dont Électricité3,90,83,20,74,00,6
dont Transports routiers21,74,638,17,875,811,8
Défense72,915,593,219,2104,516,3
Enseignement79,416,980,916,7103,716,1
dont Enseignement primaire45,89,743,18,950,07,8
dont Enseignement Secondaire Général14,83,115,93,318,82,9
dont Enseignement Secondaire Technique2,70,63,10,66,21,0
dont Enseignement supérieur2,20,52,10,42,30,4
dont Services annexes à l’enseignement11,92,514,22,918,42,9
Ordre et sécurité publics35,67,642,68,849,47,7
dont Tribunaux et administration pénitentiaire6,21,38,61,89,81,5
Santé36,57,818,23,836,45,7
dont Services hospitaliers5,61,27,61,619,13,0
dont Services de santé publique8,01,78,01,610,31,6
Protection sociale5,41,23,20,711,91,8
Logements et équipements collectifs3,90,85,51,111,81,8
dont Alimentation en eau2,00,40,70,13,70,6
Protection de l’environnement0,60,10,70,14,30,7
Loisirs, culture et culte1,00,21,30,31,50,2

567. Le budget alloué au secteur des Affaires économiques n’a cessé d’augmenter depuis 2006 avec une croissance de 28%, 90% et 66% en 2007, 2008 et 2009 respectivement. L’évolution budgétaire reflète ici clairement les choix politiques du gouvernement appuyé par ses partenaires: le développement du secteur privé et des opportunités d’emploi est en effet la clef de voûte du processus de développement et de lutte contre la pauvreté économique. L’agriculture a elle seule absorbe plus du tiers des investissements dans l’appareil productif, et cette part est en augmentation. Le détail de l’enveloppe budgétaire de 141 milliards Fbu allouée aux affaires économiques en 2008 montre que les grands chantiers concernent le développement agricole et les infrastructures de transport. L’apport des partenaires techniques et financiers est significatif: sur les 44,5 milliards consacrés à l’agriculture, 33,5 proviennent des dons extérieurs, sur les 75,8 milliards consacrés au transport routier, 70,8 proviennent des aides extérieures.

568. La rubrique budgétaire relative à l’Ordre et la Sécurité Publique, qui inclut la Justice, met en évidence la priorité accordée avant tout à la Police Nationale du Burundi, qui absorbe l’essentiel de ce budget de près de 50 milliards Fbu en 2008. Les ressources destinées aux tribunaux et l’administration pénitentiaire, quant à elles, n’ont augmenté que de 500 millions de Fbu en 2008. Leurs budgets semblent stagner depuis 2006, alors que l’accessibilité effective à la Justice par tous les citoyens burundais exigerait des investissements conséquents.

569. Une hausse du budget alloué au secteur de l’éducation continue à être observée, en croissance de 2% seulement en 2007 mais de 28% en 2008. Plus de la moitié de ce budget était consacré à l’éducation primaire en 2006 et 2007 (respectivement 58% et 53%) suite à la mise en place de la mesure de gratuité de l‘enseignement primaire. Cependant, la part de ces dépenses a diminué en 2008 passant à 48% en faveur des dépenses de l’enseignement secondaire, qui ont augmenté de près d’un tiers en 2008. L’enseignement technique bénéficie en particulier d’un fort accroissement de ses ressources, alors que le budget de l’enseignement supérieur a tendance à baisser relativement au budget total du secteur, n’étant pas qualifié pour bénéficier des ressources IPPTE.

570. En revanche, la part du budget allouée au secteur de la santé a fortement diminué en 2007, passant de 36,5 milliards à 18,2 milliards soit 3,8% du budget total. Cette proportion s’est cependant relevée à 5,7% en 2008. Il faut noter la prépondérance du coût des services hospitaliers, grandement mis à contribution depuis la mesure de gratuité des soins accordés aux femmes enceintes lors de l’accouchement et aux enfants de moins de cinq ans, au détriment des services de santé publique, dont le budget est en stagnation.

7.5.6. Ressources liées à l’Initiative PPTE et domaines de concertation

7.5.6.1. Evolution des ressources PPTE

571. Le Burundi a bénéficié des allégements de la dette après les premières négociations avec les pays membres du Club de Paris en 2004. Les fonds générés grâce à ce processus de remise de la dette ont beaucoup contribué à la consolidation des programmes du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté.

Graphique 29:Evolution des ressources PPTE en millions de dollars

Source: Lois de Finances 2005 – 2008

572. Après l’atteinte du point d’achèvement, des ressources supplémentaires conforteront davantage la politique du gouvernement visant la promotion des secteurs sociaux. Avec cette échéance, les mesures destinées à maintenir la soutenabilité de la dette seront poursuivies et porteront notamment sur la mise en avant du respect du critère de concessionnalité pour tous les emprunts extérieurs. Tout emprunt extérieur doit désormais être concessionnel à 50% minimum. Parallèlement, le gouvernement continue de suivre attentivement les risques de surendettement et a initié la mise en place d’une stratégie de la dette compatible avec le cadrage budgétaire.

7.5.6.2. Domaines de concentration et rythme de décaissement des ressources PPTE

573. Les secteurs prioritaires bénéficiaires des ressources PPTE sont renseignés dans le tableau qui décrit également le cheminement budgétaire. Les secteurs sociaux, à savoir, l’éducation, la santé, la lutte contre le VIH/SIDA et la solidarité nationale totalisent à eux seuls plus de 72% des fonds PPTE afférant à l’exercice 2008. Cette proportion était de 82% en 2006 et de 70% en 2007. A ce propos, les taux d’engagement ont évolué positivement entre 2006 et 2008, passant de 38,2% à 93,7% entre ces deux périodes. Il est clair que d’importants efforts ont été déployés pour améliorer l’exécution des travaux financés par les fonds PPTE. De même, les taux d’exécution des engagements qui n’étaient que de 71,8% en 2007 ont progressé jusqu’à 94,3% en 2008.

Tableau 34:Répartition du crédit IPPTE à travers les ministères sociaux de 2006 à 2008 (en Mrds de FBU)
MINISTERE200620072008
CréditsEngagementsEngagements en (%) du budgetCréditsEngagementsEngagements en (%) du budgetCréditsEngagementsEngagements en (%) du budget
SERVICES SOCIAUX
Ministère de l’éducation18.377.5641.20%9.749.6999.60%109.1691.59%
Ministère de la santé10.333.1430.40%7.77.3895.90%16.8516.7199.17%
Solidarité nationale0.250.1664.00%0.570.5697.50%3.243.1396.53%
Jeunesse et sport0.30.3100.00%0.50.599.60%
Lutte contre le sida3.60.5415.00%2.42.2694.30%32.8996.21%
S/T32.8511.735.62%20.920.3994.84%33.0931.8896.35%
SERVICES ECONOMIQUES
Travaux publics2.431.5965.40%1.75157.10%1.661.5894.90%
Agri -élevage1.530.7448.70%32.8594.90%4.34.2398.30%
Energie et mines2.60.8733.30%3.171.0834.10%3.622.3163.75%
S/T6.563.248.80%7.924.9362.25%9.588.1184.65%
SERVICES GENERAUX
Justice0.210.2198.80%0.80.1316.30%32.8394.33%
S/T0.210.2198.80%0.80.1316.30%32.8394.33%
TOTAL ALLOCATION DES DEPENSES IPPTE
TOTAL39.615.1138.20%29.624.8984.08%45.6742.8293.76%

7.6. Prévisions macroéconomiques

574. Les prévisions économiques à moyen terme ont dû être largement révisées depuis le début de la crise financière et économique internationale, qui aura des répercussions négatives sur l’économie burundaise. En effet, les prix du café ont chuté et n’ont commencé à se relever qu’au second semestre de l’année 2009. Toutefois, la demande internationale devrait rester modérée à moyen terme et il faudra plusieurs années pour que le pays ressente les effets des gains de productivité que devrait engendrer la réforme du secteur. Avec la sécheresse dans la sous région, la production kényane de thé est en baisse et les prix internationaux en hausse. Même si la production nationale semble se relever, cette culture ne pèse pas encore suffisamment dans la balance commerciale du Burundi pour infléchir significativement la croissance. En outre, les investissements tant publics que privés devraient diminuer, en raison du resserrement des conditions de crédit, des difficultés économiques auxquelles font face les entreprises régionales et multinationales, et de l’accroissement des déficits publics dans les pays donateurs, qui pourrait entraîner une diminution de l’APD. Les hypothèses de croissance ont donc été revues à la baisse. Il est ainsi prévu un taux de 3,2% pour 2009, 3,6% pour 2010 et toujours inférieur à 5% en 2011 et 2012. Cette faible croissance devrait toutefois permettre d’atteindre aisément les objectifs d’inflation, revus à 9,1% pour 2009 et en réduction progressive jusqu’à 5,5% en 2012.

575. Le compte de capital sera influencé par les emprunts concessionnels auxquels fera appel le Burundi pour assurer la rénovation de ses infrastructures, tandis que le compte financier devrait bénéficier d’un accroissement des investissements directs étrangers suite à l’intégration du pays dans l’économie de l’EAC, à condition que l’impact de la crise économique et financière s’atténue dans la sous région. Les recettes de l’Etat ont été revues à la baisse pour 2009 et 2010, notamment en raison de plus faibles recettes douanières. Elles devraient augmenter à un rythme modéré au cours des 4 prochaines années, grâce aux réformes entreprises dans le sens de l’élargissement de l’assiette fiscale, pour atteindre près de 450 milliards Fbu en 2012. En revanche, les dépenses ont été revues à la hausse afin de faire face aux effets néfastes de la crise pour les populations les plus vulnérables. Elles représenteront encore plus du double des recettes propres de l’Etat burundais au cours des 4 prochaines années. Avec un déficit budgétaire annuel attendu proche d’un demi milliard de dollars, le Burundi demeurera très dépendant des appuis extérieurs pour mener ses politiques de développement et de lutte contre la pauvreté.

Tableau 35:Prévisions économiques 2009-2012
20082009201020112012
Croissance réelle (%)4,53,23,64,24,8
Inflation (%)25,79,17,56,05,5
Exportations (millions US$)57,757,573,078,381,1
(% PIB)5,34,15,05,25,0
Importations (millions US$)342,2231,8270,6303,3331,0
(% PIB)31,216,418,720,020,5
Balance commerciale (millions US$)−284,5−174,3−197,6−225,0− 249,9
(% PIB)- 25,9-12,3- 13,7- 14,8- 15,5
Compte courant−155,9−134,6− 153,7− 206,0− 236,3
(hors transferts officiels)−372,0−333,6−350,2−380,6− 397,9
Compte de capital (millions US$)138,41 227,1143,3150,3161,3
Compte financier (millions US$)175,7− 1 227,312,242,661,3
Recettes de l’Etat (milliards de FBu)256,7308,1352,1402,8449,3
Dépenses et prêts nets (milliards de FBu)608,0789,6861,3873,3951
Solde global (base engagements, en milliards de FBu)− 351,3− 481,5− 509,2− 470,5− 501,7
PIB nominal (milliards Fbu)1 3781 7111 8932 0912 310
PIB nominal (US$ millions)1 0971 4171 4471 5161 611
Taux de change Fbu/$1 2561 2071 3081 3791 434
Source: 2e revue, 2nde FRPC, FMI, juillet 2009
Source: 2e revue, 2nde FRPC, FMI, juillet 2009

576. Le compte de capital sera influencé par les emprunts concessionnels auxquels fera appel le Burundi pour assurer la rénovation de ses infrastructures, tandis que le compte financier devrait bénéficier d’un accroissement des investissements directs étrangers suite à l’intégration du pays dans l’économie de l’EAC, à condition que l’impact de la crise économique et financière s’atténue dans la sous région. Les recettes de l’Etat ont été revues à la baisse pour 2009 et 2010, notamment en raison de plus faibles recettes douanières. Elles devraient augmenter à un rythme modéré au cours des 4 prochaines années, grâce aux réformes entreprises dans le sens de l’élargissement de l’assiette fiscale, pour atteindre près de 450 milliards Fbu en 2012. En revanche, les dépenses ont été revues à la hausse afin de faire face aux effets néfastes de la crise pour les populations les plus vulnérables. Elles représenteront encore plus du double des recettes propres de l’Etat burundais au cours des 4 prochaines années. Avec un déficit budgétaire annuel attendu proche d’un demi milliard de dollars, le Burundi demeurera très dépendant des appuis extérieurs pour mener ses politiques de développement et de lutte contre la pauvreté.

7.7. Le Système Statistique

577. Le Système Statistique du Burundi présente toujours les mêmes faiblesses que lors de l’élaboration du CSLP, dans la mesure où la coordination entre les différents services producteurs de données n’est pas encore opérationnelle et que, la couverture, la qualité de la production statistique et l’adéquation aux besoins des utilisateurs sont encore réduites. Plus spécifiquement, les diagnostics successifs du système statistique ont mis en lumière l’irrégularité dans la publication des statistiques courantes, l’absence de système efficace de collecte des données au niveau de l’Administration centrale et locale. Les principales contraintes auxquelles fait face le Système Statistique sont liées au manque de ressources humaines et financières essentielles pour améliorer les capacités de traitement, de stockage, d’analyse et de diffusion de l’information statistique.

578. Pour remédier à cette situation, il est prévu de préparer une Stratégie Nationale de Développement de la Statistique au Burundi. En s’appuyant sur un diagnostic approfondi du système statistique actuel, elle devra proposer une vision à un horizon de 5 ans, basé sur des axes stratégiques, qui seront eux-mêmes détaillés pour élaborer un plan d’actions et son budget. Les travaux seront effectués par l’ISTEEBU en collaboration avec les ministères sectoriels et selon une approche participative incluant les producteurs et les utilisateurs de statistiques, y compris les PTFs. Une fois adaptée, cette stratégie servira de référence obligée pour toutes les activités statistiques.

579. Entre temps, quelques réalisations relatives à l’année 2008 méritent d’être mentionnées. Il s’agit de la poursuite de l’enquête 123 sur l’emploi et la consommation des ménages en milieu urbain, dans les villes de Bujumbura, Gitega, Kirundo et Makamba, ainsi que de l’enquête sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité des ménages en milieu rural, sous la supervision du PAM. Par ailleurs, les prix à la consommation sont désormais collectés par l’ISTEEBU dans la plupart des centres urbains, et seront prochainement utilisés pour construire un indice national des prix. Enfin, la première promotion d’ingénieurs statisticiens a achevé sa formation, et ses lauréats ont été recrutés par le gouvernement et déployés dans ses principales antennes statistiques, aux niveaux central et provincial.

580. Au regard de l’ampleur des besoins en ressources humaines, il est évident que cette seule promotion est bien en deçà de la demande aussi bien de l’Administration que des privés. Il est donc crucial que des voies et moyens soient recherchés concertés en vue de pérenniser le système de formation dans le domaine des statistiques au même titre que les autres disciplines reconnues par l’enseignement supérieur au Burundi.

581. Enfin, il est important que les procédures visant à assurer la participation à l’Initiative SGDD du FMI puissent être accélérées à travers notamment la mise à jour des métadonnées requises à cet effet.

Matrice d’indicateurs de performance de la mise en œuvre du CSLP

Actions prioritaires du CSLPIndicateursOMD200020012002200320042005200620072008Cible 2010
AXE 1 AMELIORATION DE LA GOUVERNANCE ET DE LA SECURITE
1.1. Renforcement de la paix, de la réconciliation nationale et de la sécurité
1.1.1 négociation du cessez-le- feu
1.1.2 Démobilisation, désarmement et réintégration
Démantèlement des groupes de gardiens de la paix et militants combattantsEffectif cumulé de démobilisés adultes1 68116 68218 75521 45823 02355 000
Nombre d’armes remises ou7 29910 026100000
Mise en œuvre des programmes d’appui à la réintégration socio-économique des démobilisésNombre de démobilisés bénéficiant de programmes d’appui1 5963 7307 9509 373
1.1.3 Professionnalisation des corps de défense et de sécurité
Cours de formation civique pour l’ensemble du personnel des corps de défense et de sécurité en incluant les questions liées au genre.Effectifs des membres des corps formés6 60839094
Nombre de Cas de torture817348252573537
1.2. Promotion de l’Etat de droit, de la lutte contre l’impunité et d’une justice pour tous
1.2.1. Faciliter l’accès à la justice
1.2.2 Renforcer la crédibilité du système judiciaire
Renforcement des capacités de l’appareil judiciaire dans l’exécution des décisions de justicePourcentage des jugements exécutés par rapport aux affaires515746503744463936100
Pourcentage de dossiers répressifs clôturés par rapports aux dossiers ouverts1281059592105899311270100
Arriéré judiciaire16 91717 87818 78818 07319 71924 44827 19530 99034 980
Nombre de magistrats pour 100 000 habitants12,012,412,115,416,115,515,517,1
Informatisation du système pénitentiaire et amélioration duPourcentage de personnes en détention préventive69,762,755,559,763,860,965,771,165,2
1.2.3 Promouvoir et défendre les droits de la personne humaine
Promotion et adoptions de peines non privatives de libertéNombre de détenus pour 100 000 habitants133131118113102107107106123
Pourcentage d’occupation des prisons238221215203197215208245
Nombre de mineurs dans les maisons de détentions162154138172260419419461484
1.3. Réduire les risques de conflit liés au foncier/gestions durable des conflits fonciers
1.3.1 Prise en compte de la dimension foncière dans la gestion des conflits
Appui à la mise en place et au fonctionnement de la Commission des Terres et autres BiensNombre cumulé de conflits fonciers réglés par la CNTB1273389
1.3.2. Plus grande équité dans la gestion du patrimoine
Campagne de sensibilisation des populations sur la question de l’accès des femmes à la propriété foncièreNombre d’animations ou ateliers de sensibilisation dans les communes237
1.4. Promouvoir la bonne gouvernance
1.4.1. Gouvernance Politique
1.4.1.1 Renforcer les capacités des institutions élues
Elaboration et mise en œuvre d’un programme de formation des parlementaires et des élus locauxNombre d’élus locaux ayant bénéficié d’au moins une séance de formation1731299573 200
1.4.1.2 Promouvoir la décentralisation et renforcer la participation citoyenne
Elaboration et adoption d’une politique de décentralisation et adaptation du cadre juridique institutionnelEffectif des communes dotées d’un plan de développement validé6129
1.4.1.3 Renforcer l’obligation de rendre compte des responsables de l’Etat et des élus
Campagne de sensibilisation des élus locaux sur leurs obligations de rendre compte prévues par la loi communaleNombre de réunions de4
Nombre de participants à ces réunions2 4442 697
1.4.1.4 Adapter les systèmes électoraux à l’évolution socio politique
Etude sur le système institutionnel actuel en fonction des préoccupations prises en compte lors des dernières électionsNombre de nouvelles lois en la matière adoptées par le Parlement632
1.4.3.1 Renforcer les structures institutionnelles de contrôle interne et externe et de lutte contre la corruption
Appui à la mise en place de la cour anti-corruptionNombre de cas de corruption jugés par la Cour Anti Corruption7721
1.4.3.6 Renforcer le rôle de la société civile dans la gouvernance économique de l’Etat
Renforcer les organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la bonne gouvernance économiqueNombre de cas de malversation dénoncés par les organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de la bonne Gouvernance Economique43526193147
AXE 2 PROMOTON DUNE CROISSANCE ECONOMIQUE DURABLE ET EQUITABLE
2.1. Relance de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et pisciculture
2.1.1 Relance des cultures vivrières
Développement et amélioration de la production vivrièreProduction céréalière totale (en milliers de tonnes)246274282272280290280290290
Production de légumineuse (en milliers de tonnes)217280282262252250236239221
Production de racine et tubercule (en milliers de tonnes)1 4581 6161 7071 6631 6491 5751 4671 5181 575
Production de banane et plantains (en milliers de tonnes)1 5141 5491 5491 5541 5901 6361 6001 7091 760
Production vivrière /habitant (en milliers de tonnes)0,510,540,550,520,510,500,470,480,48
2.1.2 Relance des cultures d’exportation
Relance des cultures d’exportationCafé (exportations en tonnes)24 71918 66316 95627 81420 91121 41218 55618 21011 093
Coton (exportations en tonnes)2 3001 1721 100720
Thé (exportations en tonnes)6 4748 4546 5097 0237 1077 6005 9466 4755 406
Relance et diversification des cultures de rente destinées à l’exportationCultures non traditionnelles (en tonnes)78723325210947144268246763
Reconstitution et amélioration génétique des races animales à travers la chaîne de solidarité communautaire, le programme d’insémination et la diffusion des géniteursEffectifs Bovins (Unités)358 492360 440376 346355 222374 475396 741433 800479 106471 6141 087 352
Promotion du petit élevage très prolifique et à cycle courtEffectifs Caprins(Unités)868 039984 166974 543960 2881 108 9621 245 6801 438 7131 606 7171 616 8735 018 950
Effectifs Ovins(Unités)224 663247 965242 086239 505235 611242 933266 510292 916281 190
Effectifs Porcins(Unités)194 218165 143115 835105 753136 360169 572178 737189 505166 721
Effectifs Volailles(Unités)698 589799 608771 260704 254852 954945 3181 142 1021 315 7881 524 007
Effectifs Lapins(Unités)218 508290 107311 834217 195267 544316 351102 998315 112390 641
2.1.4 Développement de l’apiculture, de la pêche et relance de la pisciculture
Encadrement de la pêche artisanaleTonnage de poissons péchés16 87910 16914 17613 70813 5159 66614 14412 44618 76418 000
2.2 Amélioration et protection de l’environnement
2.2.1 Renforcement des capacités institutionnelles, techniques des services de l’environnement
Création d’un centre de formation en matière environnementaleNombres Institutions environnementales crées et appuyés333334444
Renforcement et harmonisation du cadre légal d’utilisation des ressources naturellesNombre d’outils législatifs élaborés et adoptés11
Formulation d’une politique nationale d’aménagement du territoire et des terroirsNombre de propriétés foncières délimités et aménagés116701157151279913
2.2.2 Promotion de la politique nationale de gestion des ressources naturelles
Lutte anti-érosive et conservation des solsLongueur de courbes de niveaux installés (Km)1 1591 5431 3601 4691 3651 2007101 2451 464
Aménagement et gestion durable des aires protégéesSuperficies parcs et réserves protégés en milliers d’ha)157157157157157157157157157
Reboisement et gestion des boisements existantsNombre de plants produits et plantés (en milliers)15 76816 05112 18515 36525 86036 12955 39257 32151 653
Aménagement intégral des bassins versantsSuperficies des marais aménagés (ha)3502811002656237001 2001 9982 888
2.2.3 Promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles et assainissement du milieu
Identification et introduction de substituts pour protéger les ressources naturelles menacées% de ménage utilisant le combustible ligneux (Bois)979797979797979797
Aménagement et contrôle de décharges publiques dans tout le paysNombre de déchargés aménagés111111111
2.3 Développement du commerce et de l’industrie
Développement de la production industrielleIndice de la production industrielle (base 100 en 1989)81,883,383,4949391,895,296,598,2
Mise en œuvre du cadre intégré pour la promotion du commerce international et des exportationsAccroissement des exportations:

* En valeurs (en milliards de
35,232,028,940,652,761,560,457,368,4
* En Quantité (en milliers de37,637,734,841,743,543,533,337,150,9
2.4 Exploitation rationnelle des mines et carrières
Redynamisation des activités de recherche minière, Réhabilitation des sites et carrières dégradésVolume de la production minière:
or (tonnes)0,40,52,93,23,94,32,42,2
Cassitérite (tonnes)10,05,48,818,68,178,95,149,8
Wolframite (tonnes)32,823,9294,5668,2455,4608,2
Colombo-tantalite (tonnes)31,2122,572,424,423,442,616,251,683,9
Encadrement et suivi des activités artisanales et semi-industrielles dans le secteurTaxes et redevances minières (en milliers $ américains)37,2176,679,2205,9339,0205,6552,7715,2752,2
2.5 Promotion du tourisme et de l’artisanat
Réhabilitation et création de nouveaux sites touristiquesEffectifs de touristes29 00036 00083 70685 206173 073191 883195 960192 186
Organisation et développement de la filière artisanale, amélioration de la qualité des produits artisanaux par la formation des artisansRecettes en provenance des touristes (en million de FBU)723,0692,01 066,9784,51 326,51 568,51 348,11 430,81 157,0
2.6 Augmentation des opportunités d’emploi et de revenus en faveur des pauvres
2.6.1 Amélioration de l’accès aux facteurs de production
Renforcement des capacités institutionnelles d’encadrementVolume du crédit octroyé au secteur industriel (en millions de BIF)6 104,47 224,56 783,42 564,54 262,35 549,7
Volume du crédit octroyé au secteur agricole(en Millions de1 260,51 061,51 298,72 037,01 832,02 427,5
2.6.2 Vulgarisation du système de microcrédit en milieu rural
Sensibilisation de la population sur l’importance de l’épargne pour accéder au microcréditClients ou membres des IMF272 340311 094365 074309 945403 897
Rapprochement des services de microcrédits rural avec les bénéficiairesNombre de bénéficiaires du microcrédits52 95563 051115 997112 422104 021
2.6.3 Promotion des travaux publics à HIMO
Construction et réhabilitation de routes, bâtiments et infrastructuresMain-d’œuvre engagée dans les projets HIMO (homme-jour)1 138 8221 787 5121 648 5781 678 2642 439 4422 446 9031 961 8862 647 7401 077 749
2.6.4 Promotion de la jeunesse, des sports et de la culture
Construction et équipement des centres pour jeunesNombre de centres pour jeunes111120120120126
Nombre de jeunes réinsérés socio économiquement120125
Réhabilitation, aménagement et extension des infrastructures sportives, culturelles et de loisirNombre de clubs de marche55556812
Nombre de Terrains fonctionnels20202020203048
Nombre de fédérations appuyés18181818212525
Nombre de Monuments et sites réhabilités7778121313
Renforcement de l’enseignement des arts et appui aux clubs de musique, de danses traditionnelles et modernes, de dessin et de peintureNombre de clubs culturels8888101212
2.6.5 Promotion des AGR et Activités d’insertion professionnelle
Nombre de coopératives ou de groupements de production crées404040434545495356
Réhabilitation, construction et équipement des infrastructures d’enseignement des métiersNombre de bénéficiaires formés par les centres de formation et de perfectionnement professionnel575873853
2.7 Développement du secteur privé
2.7.1 Actions d’urgence à court terme
Réhabilitation des centres de négoceNombre de marchés construits et/ou réhabilités010947321
Inventaire des lacunes légales et réglementaires relatives à l’activité économiqueNombre de loi et/ou règlements promulgués000000102
2.7.3 Renforcement des incitations à la croissance des investissements privés
Création d’entreprises: personnes physiques11826251523209615111560
Créations d’entreprises: sociétés287188226338283549
Instauration de mécanismes incitant la Diaspora à participer dans le processus de développement du paysInvestissements directs étrangers (millions de BIF)49,2632,432,5541,24 545,0
2.8 Développement des infrastructures d’appui a la production
2.8.1 Amélioration des infrastructures de transport
Construction de nouvelles routes revêtues pour relier les chefs-lieux des provincesNombre de Km de routes revêtues1 3221 3221 3221 3221 3221 3221 3221 3221 418
Réhabilitation et entretien du réseau routier existantNombre de Km de routes classées entretenues2026436121 1441 3501 5181 5551 362
Volume de Marchandises Importées (en Tonnes)170 397156 469157 969176 144169 632188 453176 462110 149107 282
Volume de Marchandises Exportées (en Tonnes)30 02721 74120 47027 86215 32117 3959 68713 4098 525
Volume de Marchandises Importées par Route (en Tonnes)13 46814 37922 63723 09233 07140 18848 27654 766
Volume de Marchandises Exportées par Route (en Tonnes)1 2381492852 9742 3157 0993 2846 959
2.8.2 Amélioration des infrastructures de communication
Extension du réseau téléphonique ruralNombre d’abonnés au téléphone fixe18 72719 19121 72423 85127 39428 47728 70729 12729 780
Nombre d’abonnés à l’Internet4 17210 000
2.8.3 Accroissement des capacités de l’offre énergétique
Augmentation de la capacité de production de l’énergie électriqueProduction nationale d’électricité (Mwh)114 552127 302101 47191 578100 26793 337117 459111 789
Consommation électrique à l’échelle nationale (Mwh)140 079154 528154 528164 664170 863151 514192 618206 429
Redynamisation des organismes régionaux d’anergie dont l’EGLImportation d’électricité (Mwh)25 52727 22653 05773 08670 59658 17775 15994 640
Réhabilitation, extension et maintenance des infrastructuresPertes techniques et commerciales (en %)312129232430313421
Electrification des collectivitésEffectif d’abonnés à l’électricité33 46534 57632 85835 13638 06940 51346 310
Electrification des collectivités ruralesProportion de la population ayant accès à l’électricité (%)223333333
Valorisation et diversification des sources d’énergieConsommation du bois de chauffe (tonnes)5 749 7755 922 5396 082 7546 228 7406 396 916
Consommation des déchets végétaux (tonnes)332 565342 542350 420364 437374 277
Consommation de charbon de bois (tonnes)336 521346 617367 414382 110397 594
Production de la tourbe en tonnes4 5804 6427 3034 8717 4997 490
Consommation de la tourbe en2 8404 6627 3038 5289 993
Production des M.C.H.E de la D.G.H.E.R en (Mwh)273155206167211
Importations de produits pétroliers énergétiques (Millions7177847769
Consommation de produits pétroliers énergétiques (En55,865,977,168,675,782,971,472,3
DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN
3.1. Promotion de l’éducation
3.1.1 Renforcer l’appui et l’encadrement des écoles
Renforcement des bureaux pédagogiques par la fourniture de manuels scolaires et organisation des formationsRatio Manuel par élève0,90,90,90,80,750,580,70,80,8
3.1.2 Améliorer l’accessibilité et la qualité des apprentissages pour la petite enfance
Elaboration participative d’une politique nationale intégrée de priseNombre d’écoles maternelles construites140
3.1.3 Améliorer l’accessibilité et la qualité des apprentissages pour le primaire
Campagne de sensibilisation pour la promotion de l’enseignement primaire dans les provinces à faible taux de scolarisationTaux net d’admission en première année au primaire37,337,829,630,732,153,548,349,4100
Garçon40,541,130,032,433,653,348,949,8100
Fille34,134,629,129,030,653,747,749,0100
Taux brut de scolarisation au primaire (fille et garçon)81,081,6101,3105,2123,5
Construction de 750 écoles dans les provinces à faible taux de scolarisationTaux net de scolarisation au primaire (fille et garçon)X50,250,956,259,159,872,482,684,6100
Garçon55,856,562,765,365,573,784,085,1
Fille44,845,550,053,354,371,181,284,1
Réhabilitation des écoles détruites par le conflitEcoliers par classe72,173,274,074,076,386,384,784,450
Formations qualifiantes pour les instituteurs faiblement qualifiésTaux de qualification des maîtres83,083,484,685,187,488,790,292,695
Construction de logements pour enseignants dans les zones reculéesTaux d’encadrement (ratio élèves par maître)49,649,751,052,049,055,054,453,150
Extension du programme de cantine scolaireTaux d’abandon dans le primaire10,18,310,56,019,56,35,14,9
Garçon10,29,513,76,218,76,64,83,9
Fille10,06,96,45,820,46,15,35,8
Fournitures d’équipements pédagogiquesTaux de promotion dans le65,067,063,167,351,263,071,058,5
Garçon65,466,260,667,453,362,875,558,8
Fille64,567,966,267,148,763,266,058,3
Construction des infrastructuresTaux de transition du primaire au secondaire (public + communal + privé)28,430,130,332,633,034,130,732,732,8
Formation continues pour le recyclage des enseignantsTaux d’achèvement du cycle primaireX33,135,036,037,641,0
Réduction de la disparité genreIndice de parité dans l’enseignement primaireX0,830,860,910,930,95
Promotion de l’alphabétisation des adultes en tenant compte de la spécificité genreTaux d’alphabétisation des42,041,942,142,142,242,242,344,7
Hommes52,752,354,054,154,054,154,057,2
Femmes32,232,432,532,632,732,832,934,9
Indice de parité entre les sexes en matière d’alphabétisme0,610,620,600,600,610,910,930,95
3.1.4 Améliorer l’accessibilité et la qualité des apprentissages pour l’enseignement secondaire
Construction de lycées d’enseignement général et de lycées techniques dans les provinces à taux de couverture faibleTaux net de scolarisation au secondaire4,356,064,658,588,628,548,599,00
Garçon4,536,575,409,699,849,629,7110,20
Fille4,195,563,947,517,397,447,397,70
3.1.5 Améliorer l’accessibilité et la qualité des apprentissages pour l’enseignement supérieur
Organisation d’autres structures d’enseignement supérieur dans les provincesEffectif global des étudiants7 5788 09711 10113 86914 52914 9738 34918 366
Réduction de la disparité genreIndice de parité dans l’enseignement supérieurX0,420,410,310,450,440,430,800,48
Construction et équipement d’amphithéâtre à l’Université du BurundiRatio étudiants/places assises0,810,750,720,830,860,850,810,88
Fourniture de livres, matériel de laboratoire, matériel didactiqueTaux de redoublement en 1ère année à l’université du Burundi30283240853328
3.2 Santé
3.2.1 Amélioration de la performance du système national de santé
Formation, recyclage, perfectionnement du personnel médical et paramédicalNombre de médecins pour 100.000 habitants4,120,273,422,701,782,682,592,602,07
Nombre d’infirmiers pour 100.000 habitants35,0122,7
Nombre d’hôpitaux pour 100.000 habitants0,640,690,570,560,640,710,690,660,65
Révision de la carte sanitaire et construction de structures de soin dans les zones défavoriséesNombre de centres de santé pour 100.000 habitants6,77,87,67,97,57,77,97,78,2
Taux d’utilisation des services curatifs ambulatoires0,640,380,290,760,79
Mise en place d’un système de gestion et de maintenance des équipements et des infrastructuresNombre de lits d’hôpital pour 100.000 habitants34,1132,9822,3156,5755,19
3.2.2 Réduction de la prévalence des maladies transmissibles et non transmissibles
Renforcement des activités de lutte contre le paludismeTaux d’incidence du paludisme46,542,135,130,224,926,427,529,424,6
Taux de mortalité proportionnelle palustre chez les moins de 5ans36,553,049,646,835,448,047,063,029,0
% des enfants de moins de 5 ans dormant sous MII71632n/a
% des femmes enceintes dormant sous MII72030n/a
Renforcement des activités de lutte contre la tuberculoseTaux de détection des TPM+ Nouveaux cas (%)X494641444344414544
Taux de succès thérapeutique des malades TB (%)X747573747272788086
3.2.3 Réduction de la mortalité maternelle et néonatale
Disponibilisation et subvention des soins obstétricaux d’urgenceMortalité maternelle pour 100 000 naissancesX800615
Taux d’utilisation de la contraceptionX2,73,64,05,46,58,47,39,411,4
Proportion d’accouchementsX17,816,122,020,422,922,930,741,156,360
3.2.4 Réduction de la mortalité infantile
Renforcement des capacités du réseau de prise en charge des maladies de l’enfanceMortalité infantile pour 1000 naissances129120
Mortalité infanto-juvénile pour 1000 naissancesX190176
Amélioration de l’apport nutritionnel des enfants% des enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondéraleX45,139,235,2
% des enfants de moins de 5 ans souffrant d’un retard de56,852,546,0
% des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë ou d’émaciation7,57,45,6
Amélioration de la logistique du PEV et renforcement de la vaccination de routineTaux de couverture vaccinale des enfants de moins de 5 ans (%)767879818387929992
Proportion d’enfants de 1 an vaccinés contre la rougeole (%)X615467808598929299
Couverture vaccinale globale chez les enfants de moins de 1 an6863858479879490
3.3 Amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène, à l’assainissement et au logement décent
3.3.1 Eau potable, hygiène et assainissement
Construction de nouveaux réseaux d’adduction d’eauProportion de la population ayant accès à l’eau potable (%): àX64,3
en milieu rural63,471
en milieu urbain79,790
Réhabilitation et maintenance des infrastructures existantesPourcentage de ménages ayant accès à une installation sanitaire améliorée: à l’échelle nationaleX31,7
en milieu rural47,6
en milieu urbain30,8
Aménagement des sites urbains et péri-urbainsNombres de parcelles octroyées7931 0459109118671 0801 0251 3611 584
Nombre de permis de bâtir6654715076839491 0028121 2351 127
Création d’un mécanisme de financement de l’habitatTaux d’intérêt moyen sur les crédits à l’habitat (moyen terme)1416161819191818189
3.3.3 Appui aux groupes vulnérables
Prise en charge des indigents et des groupes vulnérablesNombre de rapatriés ayant recouvré leur terre63516 995
Effectif de vulnérables assistés médicalement3 4007 6074 72210 000
Ménages vulnérables assistés en alimentation10 00015 000131 230300.000
Reconstruction et réhabilitation de l’habitat pour les groupesNombre de ménages bénéficiant des logements6 5005 71822 97515 9606 75013 200
3.3.4 Promotion du genre
Renforcement du pouvoir économique et politique de laProportion de sièges occupés par les femmes au parlementX14,914,720,320,620,631,431,431,431,4
Formation des élues à tous les niveaux pour le renforcement de leur participation politique etPourcentage de femmes au gouvernement au 31 décembre de l’année7,711,111,110,710,734,834,834,827,6
AXE 4 LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA
4.1 Prévention de la transmission du VIH
Disponibilisation du préservatifTaux de prévalence * Global3,22,974
Milieu Urbain*9,44,59
Milieu semi-urbain*10,54,41
Milieu Rural*2,52,82
Effectif de préservatifs distribués (en millions)3,093,675,157,047,2910,716,069,178,44
Multiplication des centres de dépistage volontaire au sein des structures de santéNombre de CDV6480105128151180266
Effectif de personnes dépistées au cours de l’année26 51720 24730 41250 30376 69889 178150 092118 665236 988150 000
Renforcement des activités de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA dans les structures sanitairesNombre de centres PTME191112273763
Pourcentage de femmes enceintes séropositives bénéficiant de services PTME46141450
Nombre d’enfants orphelins du sidaX166 672184 176201 197216 336229 549238 277244 505247 253247 005
Taux de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes âgéesX7,97,45,14,62,83,38,82,2
4.2 Prise en charge des patients infectés par le VIH
Disponibilisation des médicaments contre les maladies opportunistes et les ARVEffectif de PVVIH sous ARV6001 2103 9006 4168 04810 92814 343
4.3 Réduction de l’impact chez les personnes affectées par le VIH
Promotion des droits et protection des PVVIHNombre de PVVIH démunies et de personnes affectées bénéficiant d’un soutien à travers1687774660587577264 8048 000
Appu aux activités génératrices de revenus initiées par les PVVIH ou OEVNombre de PVVIH insérés ou réinsérés dans les activités socioprofessionnelles après la formation334424
4.4 Renforcement des capacités institutionnelles
Renforcement des capacités des structures gouvernementales et des intervenants dans la lutte contre le SIDANombre de prestataires de soins formés sur le TARV200395415488264800
Nombre de structures équipées dans la lutte contre le SIDA148
5. MACROECONOMIE ET BUDGET
Taux de croissance du PIB réel−0,92,14,5−1,24,80,95,13,64,5
Taux d’inflation fin de période10,615,711,91,09,414,725,7
Solde global base engagement en pourcentage du PIB (hors dons)−5,0− 7,2− 5,7− 9,9− 19,7− 16,8− 19,3− 19,8− 25,5
Déficit Budgétaire (solde global base engagement, en Mrds de Fbu)25,739,633,263,6144.3144,3182,2210,4336,9
Taux de pression fiscale (Recettes de l’Etat, hors dons, en % d PIB)19,220,020,320,120,120,018,918,619,1
Encours de la dette extérieure en % du PIB168,1161,2181,6203,9220,8182,9165,1153,8132,5
Ratio service de la dette sur recettes d’exportation (%) (échéances courantes exigibles)83,193,0157,487,1109,246,754,460,646,0
Exportations en % du PIB6,95,95,07,87,27,16,45,45,0
Solde épargne - investissement (balance courante, en % du PIB)− 10,0− 6,8− 6,5− 5,9− 8,1−1,2− 14,5− 15,7− 13,0
Solde extérieur courant, dons inclus (millions US$)− 70,9− 44,9−40,7−35,0− 54,0− 9,7−133,5−153,4−151,5
Proportion des dépenses pro pauvres sur ressources nationales (% des dépenses)47,248,654,9
6. POPULATION
Taux de croissance2,352,352,352,352,352,352,352,352,35
Taux Brut de Mortalité (%)15,615,515,515,515,415,415,315,315,2
Taux de Mortalité Infantile (0/00)156156156156156120120120120