World Economic Outlook, April 2014 : Recovery Strengthens, Remains Uneven

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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
June 2014
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    Études économiques et financières

    PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

    Avril 2014

    La reprise s’affermit, mais reste inégale

    Fonds monétaire international

    ©2014 Fonds monétaire international

    Production: FMI, Division des services multimédias

    Couverture et conception artistique: Luisa Menjivar et Jorge Salazar

    Composition: Maryland Composition

    Édition française

    Services linguistiques du FMI, Section française

    Traduction: Marc Servais

    Correction: Monica Nepote-Cit et Van Tran

    PAO: Fernando Sole

    Cataloging-in-Publication Data

    Joint Bank-Fund Library

    World economic outlook (International Monetary Fund). French

    Perspectives de l’économie mondiale. — Washington, Fonds monétaire international.

    v.; 28 cm. — (Études économiques et financières, 1020-1343)

    Semiannual. Some issues also have thematic titles.

    Has occasional updates, 1984–

    ISSN (print) 0256–6899

    ISSN (online) 1564–5215

    1. Economic development — Periodicals. 2. Economic forecasting — Periodicals. 3. Economic policy — Periodicals. 4. International economic relations — Periodicals. I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund). III. Series: World economic and financial surveys.

    HC10.80

    ISBN-13: 978-1-47557-161-5 (version imprimée)

    ISBN: 978-1-47552-274-7 (version ePub)

    ISBN: 978-1-47551-794-1 (version Mobipocket)

    ISBN: 978-1-48432-460-8 (version PDF)

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    P.O. Box 92780, Washington, DC 20090 (U.S.A.)

    Téléphone: (202) 623-7430 Télécopie: (202) 623-7201

    Messagerie électronique: publications@imf.org

    www.imfbookstore.org

    Table des Matières

    Hypothèses et conventions

    Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le 31 janvier et le 28 février 2014, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II (MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales actuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains pays, voir l’encadré A1 de l’appendice statistique); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 104,17 dollars le baril en 2014 et de 97,92 dollars le baril en 2015, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 0,4 % en 2014 et à 0,8 % en 2015; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de 0,3 % en 2014 et de 0,4 % en 2015; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,2 % en 2014 et en 2015. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles généralement au 24 mars 2014.

    Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude:

    … indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;

    – entre des années ou des mois (par exemple 2013–14 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;

    / entre deux années (par exemple 2013/14) indique un exercice budgétaire (financier).

    Par «billion», il faut entendre mille milliards. Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.

    Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).

    Pour certains pays, les données de 2013 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations et non de chiffres effectifs.

    Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgétaires. Veuillez consulter le tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence par pays.

    Les projections pour l’Ukraine sont exclues en raison de la crise en cours.

    Les projections sur les prix à la consommation pour l’Argentine sont exclues en raison de la rupture structurelle dans les données. Voir la note 6 du tableau A7 pour plus de détails.

    La série du PIB réel de la Corée repose sur l’année de référence 2005. Cela ne reflète pas les comptes nationaux révisés publiés le 26 mars 2014 après la finalisation des PEM. Ces révisions exhaustives incluent la mise en œuvre du Système de comptabilité nationale 2008 et le changement d’année de référence à 2010. À la suite de ces révisions, la croissance du PIB réel en 2013 a été portée de 2,8 % (chiffre figurant dans les tableaux 2.3 et A2) à 3 %.

    Le 1er janvier 2014, la Lettonie est devenue le 18e pays membre de la zone euro. Les données relatives à ce pays ne sont pas incluses dans les agrégats de cette zone, parce que la base de données n’a pas encore été convertie en euros, mais elles sont incluses dans les données agrégées pour les pays avancés.

    À compter de l’édition d’avril 2014 des Perspectives de l’économie mondiale, les régions Europe centrale et orientale et pays émergents d’Europe ont été rebaptisées pays émergents et en développement d’Europe. La région pays en développement d’Asie a été rebaptisée pays émergents et en développement d’Asie.

    Le Cap-Vert s’appelle dorénavant République de Cabo Verde.

    Comme dans l’édition d’octobre 2013 des PEM, les données de la Syrie à partir de 2011 sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des PEM.

    Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.

    Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Son emploi désigne aussi un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais dont les statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.

    Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région. Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou plus des données de groupe pondérées.

    Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI, aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

    Informations et données supplémentaires

    La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site de la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et le site du FMI, www.imf.org. On trouvera à la même adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également disponible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante: http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2013/01/pdf/tblpartb.pdf.

    Les données figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale sont établies par les services du FMI au moment de la rédaction du rapport. Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées par les économistes chargés des pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse permanente de la situation dans chaque pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que les informations sont disponibles, et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des séries lisses à l’aide de techniques d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des données supplétives pour les séries rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En conséquence, les données des PEM peuvent différer de celles d’autres sources avec des données officielles, y compris les International Financial Statistics du FMI.

    Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce d’assurer, sans pouvoir le garantir, leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité. Lorsque des erreurs sont découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et sur le site Internet du FMI (www.imf.org). Tous les changements importants figurent en détail dans les tables des matières en ligne.

    Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet du FMI sur les droits d’auteur (www.imf./external/terms.htm).

    Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y afférentes doivent être adressées par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par téléphone) à:

    World Economic Studies Division

    Research Department

    International Monetary Fund

    700 19th Street, N.W.

    Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Télécopie: (202) 623-6343

    Forum en ligne: www.imf.org/weoforum

    Préface

    Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers internationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départements de soutien: le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés monétaires et de capitaux et le Département des finances publiques.

    L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département des études sous la direction générale d’Olivier Blanchard, Conseiller économique et Directeur du Département des études. Les travaux sont dirigés par Thomas Helbling, Chef de division du Département des études et Jörg Decressin, Directeur adjoint du Département des études.

    Les principaux collaborateurs de la présente édition sont Abdul Abiad, Aseel Almansour, Aqib Aslam, Samya Beidas-Strom, John Bluedorn, Rupa Duttagupta, Davide Furceri, Andrea Pescatori, Marco E. Terrones et Juan Yepez Albornoz.

    Ont aussi contribué: Ali Alichi, Angana Banerji, Benjamin Beckers, Alberto Behar, Sami Ben Naceur, Patrick Blagrave, Kevin Clinton, Alexander Culiuc, Joshua Felman, Emilio Fernandez Corugedo, Roberto Garcia-Saltos, Roberto Guimarães-Filho, Keiko Honjo, Benjamin Hunt, Dora Iakova, Deniz Igan, Gregorio Impavido, Zoltan Jakab, Douglas Laxton, Lusine Lusinyan, Andre Meier, Pritha Mitra, Dirk Muir, Jean-Marc Natal, Marco Pani, Mahvash Qureshi, Jesmin Rahman, Marina Rousset, Damiano Sandri, John Simon, Serhat Solmaz, Shane Streifel, Yan Sun, Li Tang, Boqun Wang et Shengzu Wang.

    Gohar Abajyan, Gavin Asdorian, Shan Chen, Tingyun Chen, Angela Espiritu, Madelyn Estrada, Sinem Kilic Celik, Mitko Grigorov, Cleary A. Haines, Pavel Lukyantsau, Olivia Ma, Tim Mahedy, Anayo Osueke, Katherine Pan, Sidra Rehman, Daniel Rivera Greenwood, Carlos Rondon, Yang Yang et Fan Zhang étaient assistants à la recherche. Luis Cubeddu a fait des commentaires et suggestions. Mahnaz Hemmati, Toh Kuan, Emory Oakes et Richard Watson ont assuré le soutien informatique. Skeeter Mathurin et Anduriña Espinoza-Wasil se sont chargés du traitement de texte. Linda Griffin Kean et Michael Harrup (du Département de la communication) ont corrigé le manuscrit anglais et coordonné la production de la publication, avec le concours de Lucy Scott Morales et Sherrie Brown. L’équipe chargée de la gestion des données de base du Département de la technologie du FMI et Pavel Pimenov, consultant extérieur, ont fourni une aide technique additionnelle.

    Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui l’ont examiné le 21 mars 2014. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

    Avant-propos

    Les dynamiques qui se dégageaient lorsque l’édition d’octobre 2013 des Perspectives de l’économie mondiale a été publiée deviennent plus visibles.

    La reprise qui commençait à s’installer dans les pays avancés prend de l’ampleur. Le rééquilibrage des finances publiques ralentit, et les investisseurs s’inquiètent moins de la viabilité des dettes. Les banques se renforcent progressivement. Bien que la reprise soit loin d’être complète, la normalisation de la politique monétaire, conventionnelle et non conventionnelle, est maintenant à l’ordre du jour.

    Ces dynamiques impliquent un nouvel environnement pour les pays émergents et les pays en développement. L’affermissement de la croissance dans les pays avancés implique une hausse de la demande de leurs exportations. Cependant, la normalisation de la politique monétaire implique un durcissement des conditions financières et de l’environnement financier. Les investisseurs seront moins indulgents, et les faiblesses macroéconomiques deviendront plus coûteuses.

    Les risques extrêmes ont diminué, mais les risques n’ont pas disparu. Aux États-Unis, la reprise semble bien en place. Au Japon, le programme Abenomics doit encore se traduire par une augmentation de la demande privée intérieure pour que la reprise soit durable. Dans le Sud de l’Europe, l’ajustement ne peut être tenu pour acquis, surtout si l’inflation est faible dans l’ensemble de la zone euro. Comme indiqué dans l’édition d’avril 2004 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report), les réformes financières sont incomplètes, et le système financier reste exposé. Les risques géopolitiques ont augmenté, bien qu’ils n’aient pas encore eu de répercussions macroéconomiques à l’échelle mondiale.

    De plus en plus, la priorité doit être d’agir sur l’offre.

    La croissance potentielle dans beaucoup de pays avancés est très faible. C’est une mauvaise chose en soi, mais cela complique aussi l’ajustement budgétaire. Il est donc d’autant plus important de relever la croissance potentielle: il s’agirait notamment de repenser les institutions du marché du travail, d’accroître la concurrence et la productivité dans un certain nombre de secteurs de biens non échangeables, de repenser la taille de l’État et d’examiner le rôle de l’investissement public.

    Bien que les données ne soient pas encore claires, la croissance potentielle dans beaucoup de pays émergents semble aussi avoir fléchi. Dans certains pays, comme la Chine, ce fléchissement est peut-être en partie un effet secondaire souhaitable d’une croissance plus équilibrée. Dans d’autres pays, il est manifestement possible d’opérer des réformes structurelles afin d’obtenir de meilleurs résultats.

    Enfin, à mesure que les effets de la crise financière s’estompent lentement, une autre tendance pourrait occuper le devant de la scène: il s’agit de l’augmentation des inégalités de revenu. Bien que les inégalités aient toujours été considérées comme un problème important, on ne pensait pas, jusqu’il y a peu, qu’elles aient des implications majeures sur le plan macroéconomique. Cette idée est de plus en plus remise en question. L’examen des retombées des inégalités sur la macroéconomie et sur la conception de la politique macroéconomique sera probablement un point de plus en plus important de notre programme de travail.

    Olivier Blanchard

    Conseiller économique

    Résumé analytique

    L’activité mondiale s’est dans l’ensemble affermie et devrait continuer de progresser en 2014–15, principalement sous l’impulsion des pays avancés. Cependant, l’inflation dans ces pays a été inférieure aux projections, en raison de la persistance d’écarts de production élevés et du recul récent des cours des produits de base. Dans beaucoup de pays émergents, l’activité a été inférieure aux prévisions dans un environnement financier extérieur moins favorable, même si ces pays continuent de représenter plus de deux tiers de la croissance mondiale. Leur croissance devrait profiter de l’augmentation de leurs exportations vers les pays avancés. Dans ce contexte, les risques de dégradation qui étaient recensés dans les éditions antérieures des Perspectives de l’économie mondiale ont quelque peu diminué, mais avec trois réserves: les risques ont augmenté dans les pays émergents, l’inflation est inférieure aux prévisions dans les pays avancés et des risques géopolitiques ont réapparu. Globalement, si le solde de tous les aléas s’est amélioré, il reste négatif.

    La nouvelle augmentation de la volatilité sur les marchés financiers à la fin du mois de janvier dernier souligne les problèmes que représente l’évolution de l’environnement extérieur pour les pays émergents. La cause directe semble être un regain d’inquiétude des marchés à propos des paramètres fondamentaux des pays émergents. Bien que les tensions aient été relativement généralisées, les pays qui affichent une inflation et un déficit courant plus élevés ont été généralement plus touchés. Certaines de ces faiblesses existent depuis quelque temps, mais, étant donné l’amélioration attendue des rendements dans les pays avancés, les investisseurs sont maintenant moins enclins à prendre des risques sur les pays émergents. Étant donné la possibilité d’une inversion des flux de capitaux, les risques liés à des besoins considérables de financement extérieur et à des dépréciations monétaires désordonnées constituent un sujet de préoccupation. Quelques pays émergents ont durci leur politique macroéconomique pour rétablir la confiance et renforcer leur engagement envers leurs objectifs. Globalement, les conditions financières se sont encore durcies dans certains pays émergents par rapport à l’édition d’octobre 2013 des Perspectives de l’économie mondiale. Le coût du capital a donc augmenté, ce qui devrait peser sur l’investissement et la croissance.

    La croissance mondiale devrait passer de 3 % en 2013 à 3,6 % en 2014 et à 3,9 % en 2015, soit des prévisions plus ou moins inchangées par rapport à octobre 2013. Dans les pays avancés, la croissance devrait monter aux environs de 2¼ % en 2014–15, soit une amélioration d’environ 1 point de pourcentage par rapport à 2013. Une réduction du durcissement de la politique budgétaire, sauf au Japon, et la persistance de conditions monétaires très accommodantes sont les raisons principales de cette accélération. La croissance sera la plus élevée aux États-Unis, où elle avoisinera 2¾ %. La croissance devrait être positive, mais variable dans la zone euro: plus vigoureuse dans les pays du cœur de la zone, mais plus faible dans les pays caractérisés par une dette (privée et publique) élevée et une fragmentation financière, ces deux facteurs pesant sur la demande intérieure. Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance devrait monter progressivement de 4,7 % en 2013 à environ 5 % en 2014 et à 5¼ % en 2015. La croissance sera portée par l’affermissement de la demande extérieure des pays avancés, mais le durcissement des conditions financières pèsera sur la croissance de la demande intérieure. En Chine, la croissance devrait rester voisine de 7½ % en 2014 tandis que les autorités cherchent à freiner le crédit et à faire avancer les réformes tout en assurant une transition graduelle à une trajectoire de croissance plus équilibrée et durable.

    La reprise mondiale reste fragile en dépit d’une amélioration des perspectives, et il subsiste des risques de dégradation considérables (vieux et nouveaux). Récemment, de nouveaux risques géopolitiques sont apparus. En ce qui concerne les vieux risques, ceux liés aux pays émergents ont augmenté du fait de l’évolution de l’environnement extérieur. Comme indiqué dans l’édition d’avril 2014 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report), une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine ou de nouveaux accès de forte aversion au risque de la part des investisseurs pourraient entraîner de nouvelles turbulences sur les marchés financiers. Cela conduirait à des ajustements difficiles dans certains pays émergents, avec un risque de contagion et de tensions financières généralisées, et donc de ralentissement de la croissance.

    Dans les pays avancés, les risques liés à une inflation très faible attirent l’attention, surtout dans la zone euro, où des écarts de production élevés ont contribué à une inflation basse. Comme il est prévu que l’inflation restera inférieure à l’objectif fixé pendant quelque temps, les anticipations inflationnistes à plus long terme pourraient baisser, ce qui conduirait à une inflation encore plus basse que prévu aujourd’hui, ou peut-être à une déflation si les autres risques de dégradation se matérialisent. En conséquence, les taux d’intérêt réels et les dettes privées et publiques augmenteraient, et la demande et la production s’affaibliraient.

    L’affermissement de la reprise dans les pays avancés après la Grande Récession constitue une évolution encourageante. Mais la vigueur de la croissance n’est pas la même partout dans le monde, et il convient de redoubler d’efforts pour rétablir pleinement la confiance, réaliser une croissance vigoureuse et réduire les risques de dégradation.

    Les dirigeants des pays avancés doivent éviter un retrait prématuré de leur politique monétaire accommodante. Tandis que le rééquilibrage des finances publiques se poursuit, que les écarts de production restent élevés et que l’inflation est très basse, la politique monétaire doit rester accommodante. Dans la zone euro, il est nécessaire de poursuivre l’assouplissement monétaire, y compris à l’aide de mesures non conventionnelles, pour soutenir l’activité et atteindre l’objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne, ce qui réduirait le risque d’une inflation encore plus basse ou d’une déflation pure et simple. La persistance d’une inflation basse ne serait probablement pas propice à un redressement approprié de la croissance économique. Au Japon, il est essentiel de mettre en œuvre les deux volets restants du programme Abenomics (réformes structurelles et plans de rééquilibrage budgétaire au-delà de 2015) pour atteindre l’objectif d’inflation et accélérer durablement la croissance. Cependant, la nécessité d’établir des plans crédibles de rééquilibrage budgétaire à moyen terme ne concerne pas seulement le Japon. Selon l’édition d’avril 2014 du Moniteur des finances publiques (Fiscal Monitor), la combinaison de dettes publiques élevées et de l’absence de plans d’ajustement à moyen terme prévoyant des mesures concrètes et des réformes vigoureuses des droits à prestations constitue le principal facteur qui explique les risques budgétaires à moyen terme importants dans les pays avancés, y compris aux États-Unis. Dans la zone euro, il sera fondamental de réparer les bilans des banques dans le cadre d’un examen crédible de la qualité de leurs actifs et de recapitaliser les banques fragiles afin de rétablir la confiance et de relancer le crédit. Pour atteindre ces objectifs, il est essentiel aussi d’avancer dans la mise en place de l’union bancaire, notamment en établissant un mécanisme de résolution unique indépendant qui soit en mesure d’agir en temps opportun dans les banques en difficulté et qui dispose de garanties communes pour briser le lien entre les pays et les banques. Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires pour rehausser les perspectives de l’investissement et de l’activité.

    Les pays émergents devront surmonter les turbulences et maintenir une croissance élevée à moyen terme. Les mesures appropriées différeront d’un pays à l’autre. Cependant, bon nombre de ces pays ont des priorités communes. Premièrement, les dirigeants devraient laisser leur taux de change varier en fonction de l’évolution des paramètres fondamentaux et faciliter l’ajustement extérieur. Les pays qui disposent de réserves de change adéquates peuvent intervenir sur les marchés de changes pour lisser la volatilité et éviter les perturbations financières. Deuxièmement, dans les pays où soit l’inflation est encore relativement élevée, soit les risques que la dépréciation monétaire récente puisse alimenter l’inflation sous-jacente sont élevés, il pourrait s’avérer nécessaire de continuer de durcir la politique monétaire. Si la crédibilité de l’action gouvernementale constitue un problème, il faudra peutêtre renforcer la transparence et la cohérence des cadres d’action afin que ce durcissement soit efficace. Troisièmement, sur le plan budgétaire, les dirigeants doivent réduire le déficit, bien que le degré d’urgence varie d’un pays à l’autre. Il est nécessaire d’agir rapidement si la dette publique est déjà élevée et si les besoins de refinancement y afférents représentent une source de vulnérabilité. Quatrièmement, beaucoup de pays doivent engager une nouvelle série de réformes structurelles qui inclut l’investissement dans les infrastructures publiques, l’élimination des obstacles à l’entrée sur les marchés de produits et de services, et, en Chine, le rééquilibrage de la croissance, qui doit être tirée davantage par la consommation et moins par l’investissement.

    Les pays à faible revenu devront éviter une accumulation de la dette extérieure et publique. Bon nombre de ces pays ont réussi à maintenir une croissance vigoureuse, en partie grâce à une meilleure politique macroéconomique, mais leur environnement extérieur évolue aussi. L’investissement direct étranger a commencé à ralentir du fait du recul des cours des produits de base; les recettes budgétaires et les recettes en devises liées aux produits de base sont compromises. Il sera important d’ajuster la politique économique en temps opportun pour éviter une accumulation de la dette extérieure et de la dette publique.

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