Front Matter

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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
August 2013
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    ©2013 Fonds monétaire international

    Production: FMI, Division des services multimédias

    Couverture et conception artistique: Luisa Menjivar et Jorge Salazar

    Composition: Maryland Composition

    Édition française

    Services linguistiques du FMI, Section française

    Traduction: Marc Servais

    Correction: Monica Nepote-Cit et Van Tran

    PAO: Fernando Sole

    Cataloging-in-Publication Data

    World economic outlook (International Monetary Fund). French

    Perspectives de l’économie mondiale.—Washington, Fonds monétaire international.

    v. ; 28 cm.—(Études économiques et financières, 1020-1343)

    Semiannual. Some issues also have thematic titles.

    Has occasional updates, 1984–

    1. Economic development—Periodicals. 2. Economic forecasting—Periodicals. 3. Economic policy—Periodicals. 4. International economic relations—Periodicals. I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund). III. Series: World economic and financial surveys.

    HC10.80

    ISBN: 978-1-61635-034-5 (version imprimée)

    ISBN: 978-1-47559-714-1 (PDF)

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    P.O. Box 92780, Washington, DC 20090 (U.S.A.)

    Téléphone: (202) 623-7430 Télécopie: (202) 623-7201

    Messagerie électronique: publications@imf.org

    www.imfbookstore.org

    Table des matières

    Hypothèses et conventions

    Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le 11 février et le 11 mars 2013, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II (MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales actuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains pays, voir l’encadré A1); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 102,60 dollars le baril en 2013 et de 97,58 dollars le baril en 2014, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 0,5 % en 2013 et à 0,6 % en 2014; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de 0,2 % en 2013 et de 0,4 % en 2014; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,2 % en 2013 et en 2014. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles pour la période se terminant début avril 2013.

    Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude:

    … indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;

    – entre des années ou des mois (par exemple 2011–12 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;

    / entre deux années (par exemple 2011/12) indique un exercice budgétaire (financier).

    Par «billion», il faut entendre mille milliards. Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.

    Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).

    Pour certains pays, les données de 2012 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations et non de chiffres effectifs.

    Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgétaires. Veuillez consulter la section «country information» de la base de données en ligne des PEM sur le site Internet du FMI (www.imf.org) pour une liste complète des périodes de référence par pays.

    Les projections pour Chypre sont exclues en raison de la crise en cours.

    La Mongolie figure parmi les pays en développement d’Asie (elle était classée précédemment avec les membres de la Communauté des États indépendants).

    L’Afghanistan et le Pakistan, précédemment classés parmi les pays en développement d’Asie, ont été ajoutés aux pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN) pour former la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). L’agrégat MOAN (y compris l’Afghanistan et le Pakistan) sera maintenu.

    Les données pour les îles Marshall et la Micronésie figurent désormais dans la région des pays en développement d’Asie.

    Comme dans l’édition d’octobre 2012 des PEM, les données de la Syrie à partir de 2011 sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    À compter de l’édition d’avril 2013 des PEM, le groupe «nouvelles économies industrielles d’Asie» est supprimé.

    Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des PEM.

    Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.

    Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique également à un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais pour lesquelles des statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.

    Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région. Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou plus des données de groupe pondérées.

    Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI, aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

    Informations et données supplémentaires

    La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site de la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et le site du FMI, www.imf.org. On trouvera à la même adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également disponible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante: http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2013/01/pdf/tblpartb.pdf.

    Les données figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale sont établies par les services du FMI au moment de la rédaction du rapport. Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées par les économistes chargés des pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse permanente de la situation dans chaque pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que les informations sont disponibles, et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des séries lisses à l’aide de techniques d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des données supplétives pour les séries rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En conséquence, les données des PEM peuvent différer d’autres sources avec des données officielles, y compris les International Financial Statistics du FMI.

    Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce d’assurer, sans pouvoir le garantir, leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité. Lorsque des erreurs sont découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et sur le site Internet du FMI (www.imf.org). Tous les changements importants figurent en détail dans les tables des matières en ligne.

    Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet du FMI sur les droits d’auteur (www.imf./external/terms.htm).

    Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y afférentes doivent être adressées par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par téléphone) à:

    World Economic Studies Division

    Research Department

    International Monetary Fund

    700 19th Street, N.W.

    Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Télécopie: (202) 623-6343

    Forum en ligne: www.imf.org/weoforum

    Préface

    Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers internationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départements de soutien: le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés monétaires et de capitaux et le Département des finances publiques.

    L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département des études sous la direction générale d’Olivier Blanchard, Conseiller économique et Directeur du Département des études. Les travaux sont dirigés par Jörg Decressin, Directeur adjoint du Département des études, et Thomas Helbling, Chef de division du Département des études.

    Les principaux collaborateurs de la présente édition sont Abdul Abiad, John Bluedorn, Rupa Duttagupta, Jaime Guajardo, Troy Matheson, Nkunde Mwase, Damiano Sandri et John Simon.

    Ont aussi contribué: Ali Al-Eyd, Alberto Behar, Samya Beidas-Strom, Paul Cashin, Luis Cubeddu, Alfredo Cuevas, Gabriel Di Bella, Frigyes Ferdinand Heinz, Dora Iakova, Joong Shik Kang, Padamja Khandelwal, M. Ayhan Kose, Prakash Loungani, Romain Ranciere, Julien Reynaud, Marina Rousset, Jay Shambaugh, Shane Streifel, Yan Sun, Marco E. Terrones et Olaf Unteroberdoerster.

    Gavin Asdorian, Shan Chen, Tingyun Chen, Angela Espiritu, Sinem Kilic Celik, Nadezhda Lepeshko, Ezgi O. Ozturk, Katherine Pan, Daniel Rivera-Greenwood et Bennet Voorhees étaient assistants à la recherche. Andrew Berg, Kevin Clinton, Olivier Coibion, Romain Duval, Douglas Laxton, Andrew Levin, Akito Matsumoto, Chris Papageorgiou et Catherine Pattillo ont fait des commentaires et suggestions. Mitko Grigorov, Mahnaz Hemmati, Toh Kuan, Rajesh Nilawar, Emory Oakes et Steve Zhang ont assuré le soutien informatique. Skeeter Mathurin et Luke Lee se sont chargés du traitement de texte. Linda Griffin Kean (du Département des relations extérieures) a corrigé le manuscript anglais et coordonné la production de la publication, avec le concours de Lucy Scott Morales. Pavel Pimenov, consultant extérieur, a fourni une aide technique additionnelle.

    Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui l’ont examiné le 1er avril 2013. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

    Avant-propos

    Ce qui était jusqu’à maintenant une reprise à deux vitesses, rapide dans les pays émergents et les pays en développement, mais plus faible dans les pays avancés, devient une reprise à trois vitesses. Les pays émergents et les pays en développement continuent d’afficher une croissance vigoureuse, mais, dans les pays avancés, il semble y avoir une divergence croissante entre les États-Unis, d’une part, et la zone euro, d’autre part.

    Nos prévisions en témoignent. La croissance dans les pays émergents et les pays en développement devrait atteindre 5,3 % en 2013 et 5,7 % en 2014. Aux États-Unis, la croissance serait de 1,9 % en 2013 et de 3,0 % en 2014. Par contre, la croissance dans la zone euro atteindrait –0,3 % en 2013 et 1,1 % en 2014.

    La croissance prévue aux États-Unis en 2013 ne semble peut-être pas très élevée: en fait, elle est insuffisante pour faire reculer sensiblement un taux de chômage qui reste élevé. Mais elle sera atteinte malgré un assainissement budgétaire très vigoureux, en fait trop vigoureux, d’environ 1,8 % du PIB. La demande privée est vraiment vigoureuse, portée en partie par l’anticipation de taux directeurs faibles selon les indications de la Réserve fédérale quant à l’orientation future de la politique monétaire, ainsi que par la demande non satisfaite de logements et de biens de consommation durables.

    La prévision d’une contraction de l’activité dans la zone euro s’explique par des faiblesses non seulement dans la périphérie, mais aussi dans une certaine mesure au cœur de la zone. La croissance allemande s’accélère, mais elle devrait quand même être inférieure à 1 % en 2013. En France, l’activité devrait se contracter en 2013, à cause de l’assainissement budgétaire, de mauvais résultats à l’exportation et d’un manque de confiance. Cela remet peut-être en question la capacité des pays du cœur de la zone d’aider les pays de la périphérie, si nécessaire. La plupart des pays de la périphérie, notamment l’Espagne et l’Italie, devraient enregistrer une forte contraction de l’activité en 2013. Le processus de dévaluation interne se déroule lentement, et la plupart de ces pays deviennent peu à peu plus compétitifs. Cependant, la demande extérieure n’est tout simplement pas suffisamment vigoureuse pour compenser la faiblesse de la demande intérieure. Les chaînes de réaction négatives entre les banques fragiles, les pays fragiles et l’activité languissante continuent de se renforcer mutuellement.

    Le Japon suit sa propre voie. Après de nombreuses années de déflation, et peu ou pas de croissance, le nouveau gouvernement a annoncé une nouvelle politique, qui repose sur un assouplissement quantitatif agressif, un objectif d’inflation positive, une relance budgétaire et des réformes structurelles. Cette politique stimulera la croissance à court terme, comme en témoigne notre prévision d’une croissance de 1,6 % pour 2013. Étant donné le niveau élevé de la dette publique, toutefois, il est risqué d’engager une relance budgétaire sans disposer d’un programme d’assainissement budgétaire à moyen terme; il est d’autant plus probable que les investisseurs exigeront une prime de risque, avec pour conséquence une remise en question de la viabilité de la dette.

    Par opposition à ce tableau hétérogène pour les pays avancés, les pays émergents se portent bien. Dans le passé, les conditions d’aujourd’hui—à savoir des cours élevés des produits de base, des taux d’intérêt faibles et des entrées de capitaux massives—auraient souvent entraîné une forte expansion du crédit et une surchauffe. Cette fois-ci, cependant, les dirigeants ont dans l’ensemble réussi à maintenir la demande globale en phase avec le potentiel. Par ailleurs, la croissance potentielle a elle-même diminué apparemment dans un certain nombre de grands pays émergents, par rapport à sa tendance d’avant la crise. Bien que les circonstances varient d’un pays à l’autre, il semble qu’une partie de cette baisse trouve son origine dans des distorsions liées à la politique économique menée, et il convient de s’attaquer à ces distorsions.

    Action à entreprendre:

    Aux États-Unis, il s’agit de définir la bonne trajectoire de l’assainissement des finances publiques. La procédure de réduction automatique des dépenses a réduit les craintes concernant la viabilité de la dette, mais ce n’est pas la bonne manière de s’y prendre. L’assainissement budgétaire devrait être de moindre ampleur et de meilleure qualité aujourd’hui, et les autorités devraient s’engager à entreprendre un assainissement de plus grande envergure à l’avenir.

    Dans la zone euro, des progrès institutionnels ont été accomplis au cours de l’année écoulée, en particulier pour ce qui est de l’établissement d’une feuille de route pour une union bancaire. Même s’il n’en a pas encore été fait usage, le programme des opérations monétaires sur titres de la Banque centrale européenne a réduit les risques extrêmes. Cependant, cela ne suffit pas. Les taux d’intérêt appliqués aux emprunteurs dans les pays de la périphérie restent trop élevés pour assurer la reprise, et il faut prendre d’urgence des mesures supplémentaires pour renforcer les banques, sans affaiblir les pays. La faiblesse de la demande privée semble indiquer aussi que les pays qui en ont les moyens devraient laisser jouer les stabilisateurs automatiques, et que les pays disposant de l’espace budgétaire nécessaire devraient même aller plus loin.

    Les pays émergents font face à des problèmes différents, parmi lesquels la gestion des flux de capitaux. Compte tenu des perspectives foncièrement favorables dans les pays émergents, ainsi que des faibles taux d’intérêt dans les pays avancés, il est probable que de nombreux pays émergents continueront d’enregistrer des entrées de capitaux nettes et de subir des pressions sur leur monnaie. C’est un processus souhaitable qui fait partie du rééquilibrage mondial nécessaire pour que l’économie mondiale se rétablisse. Par ailleurs, comme nous l’avons vu, les flux de capitaux peuvent être volatils, ce qui complique la gestion macroéconomique. Pour les pays bénéficiaires, il s’agit de faire face à la tendance sous-jacente tout en réduisant la volatilité des flux lorsqu’ils menacent la stabilité macroéconomique ou financière.

    En résumé, les bonnes nouvelles récentes concernant les États-Unis ont coïncidé avec de nouvelles craintes à propos de la zone euro. Étant donné les interconnexions étroites entre les pays, une reprise inégale est aussi une reprise dangereuse. Certains risques extrêmes ont diminué, mais les dirigeants ne peuvent pas relâcher leur effort.

    Olivier Blanchard

    Conseiller économique

    Résumé analytique

    Les perspectives de l’économie mondiale se sont améliorées de nouveau, mais la route menant à la reprise dans les pays avancés restera cahoteuse. La croissance de la production mondiale devrait atteindre 3¼ % en 2013 et 4 % en 2014. Dans les pays avancés, l’activité devrait s’accélérer progressivement, à compter du deuxième semestre de 2013. La demande privée semble de plus en plus vigoureuse aux États-Unis, mais elle reste très anémique dans la zone euro. Dans les pays émergents et les pays en développement, l’activité est déjà passée à la vitesse supérieure.

    Des perspectives meilleures, mais irrégulières et divergentes, pour les pays avancés

    Au cours des six derniers mois, les dirigeants des pays avancés ont réussi à écarter deux des plus grandes menaces à court terme pour la reprise de l’économie mondiale, à savoir un éclatement de la zone euro et une forte contraction budgétaire aux États-Unis à cause du «précipice budgétaire». Les marchés financiers se sont ressaisis dans l’ensemble. Par ailleurs, la stabilité financière s’est améliorée, comme indiqué dans l’édition d’avril 2013 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report, GFSR).

    La remontée des marchés financiers a contribué à la reprise économique en améliorant les conditions de financement et en renforçant la confiance, mais les perspectives de croissance semblent plus ou moins inchangées. La demande privée américaine semble vigoureuse tandis que les marchés du crédit et du logement se rétablissent, mais un ajustement budgétaire plus marqué que prévu devrait maintenir la croissance du PIB réel aux environs de 2 % en 2013. Dans la zone euro, l’amélioration des conditions de financement des pays de la périphérie ne s’est pas encore répercutée sur les entreprises et les ménages, parce que les banques continuent de souffrir d’une rentabilité faible et de fonds propres peu élevés, ce qui limite l’offre de crédit. En outre, dans beaucoup de pays, l’activité sera freinée par l’ajustement budgétaire qui se poursuit, des problèmes de compétitivité et la fragilité des bilans. Par ailleurs, de nouveaux risques politiques et financiers qui pourraient peser sur la reprise sont apparus. En conséquence, le PIB réel devrait se contracter de ¼ % par rapport à 2012. Par contre, l’économie japonaise rebondira grâce à une relance budgétaire et monétaire: la croissance du PIB réel devrait atteindre 1½ %.

    Globalement, les prévisions de croissance annuelle pour les pays avancés en 2013—seulement 1¼ %—ne sont pas supérieures aux chiffres de 2012. Cela dit, en supposant que les dirigeants évitent de nouveaux revers et tiennent leurs engagements, les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un relâchement durable des freins de l’activité réelle. En conséquence, en 2013, après un premier semestre médiocre, la croissance du PIB réel dans les pays avancés devrait dépasser 2 % pour le reste de l’année et atteindre en moyenne 2¼ % en 2014, portée par une croissance américaine voisine de 3 %.

    Une nouvelle accélération de l’activité dans les pays émergents et les pays en développement

    Les pays émergents et les pays en développement ont enregistré un ralentissement sensible de l’activité en 2012, du fait de la forte décélération de la demande des principaux pays avancés, d’un durcissement des politiques économiques nationales et de la fin de l’expansion de l’investissement dans quelques-uns des principaux pays émergents. Toutefois, comme la demande de biens de consommation est résiliente, que la politique macroéconomique est en attente et que les exportations se redressent, la plupart des pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne et beaucoup de pays d’Amérique latine et de la Communauté des États indépendants enregistrent aujourd’hui une croissance plus élevée. La reprise devrait de nouveau s’accélérer dans les pays émergents d’Europe tandis que la demande des pays avancés d’Europe se redresse lentement. Cependant, les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord restent confrontés à des transitions internes difficiles. En outre, quelques pays d’Amérique du Sud font face à une inflation élevée et à des pressions croissantes sur les marchés de change.

    Les pays en développement sont sources de bonnes nouvelles. Alors même que les estimations de la croissance potentielle ont été révisées à la baisse ces dernières années pour quelques-uns des plus grands pays émergents, la croissance potentielle progresse régulièrement ailleurs. En fait, le chapitre 4 souligne que les perspectives de bon nombre des pays à faible revenu dynamiques semblent meilleures aujourd’hui que celles de leurs équivalents dans les années 60 et 70.

    Des risques plus symétriques

    En dépit des vieux dangers et des nouvelles turbulences, les perspectives à court terme se sont améliorées: les dirigeants européens et américains se sont attaqués récemment à quelques-uns des risques les plus importants à court terme. Dans la zone euro, les principaux dangers à court terme sont maintenant liés à la lassitude face à l’ajustement, à la fragilité des bilans, aux circuits du crédit qui sont brisés dans la périphérie et à l’insuffisance des progrès vers une union économique et monétaire plus solide au niveau de la zone. Aux États-Unis et au Japon, les risques se rapportent principalement à la politique budgétaire à moyen terme. À court terme, si le Congrès américain ne remplace pas, à la fin de l’exercice en cours, les réductions automatiques des dépenses par des mesures concentrées en fin de période, la croissance serait un peu plus faible que prévu à la fin de 2013 et au-delà. Un non-relèvement du plafond de la dette serait bien plus préoccupant: toutefois, le risque d’une telle inaction autodestructive semble faible. À moyen terme, les risques sont liés à l’absence d’un solide plan d’assainissement budgétaire aux États-Unis et au Japon; à la dette élevée du secteur privé, à la marge de manœuvre limitée des pouvoirs publics et à l’insuffisance des progrès institutionnels dans la zone euro, qui pourraient conduire à une période prolongée de croissance faible; aux distorsions causées par une politique monétaire accommodante et non conventionnelle dans beaucoup de pays avancés, ainsi qu’à l’investissement excessif et aux prix élevés des actifs dans beaucoup de pays émergents et de pays en développement. Si les dirigeants ne s’attaquent pas à ces problèmes, des replis périodiques de l’activité mondiale sont probables. De la même façon, une réaction plus vigoureuse que prévu des dirigeants pourrait aussi conduire à une reprise plus forte de l’activité.

    Les dirigeants ne peuvent pas se permettre de relâcher leur effort

    Dans les pays avancés, les dirigeants devraient utiliser toutes les mesures prudentes pour soutenir une demande languissante. Cependant, le risque lié à la dette élevée de certains pays limite la marge de manœuvre budgétaire. Il n’y a pas de solution facile pour résoudre tous les problèmes relatifs à la demande et à la dette. L’ajustement budgétaire doit se poursuivre progressivement, en s’appuyant sur des mesures qui limitent les dégâts occasionnés à la demande à court terme; la politique monétaire doit continuer de soutenir l’activité; la politique financière doit contribuer à améliorer la transmission de la politique monétaire, et les politiques structurelles et autres doivent stimuler la croissance potentielle et favoriser le rééquilibrage de la demande mondiale. En ce qui concerne la politique monétaire, l’une des principales conclusions du chapitre 3 est que les anticipations inflationnistes sont bien mieux ancrées aujourd’hui, ce qui donne aux banques centrales une plus grande liberté pour soutenir l’activité, bien qu’elles doivent être conscientes des risques que représente leur action pour la stabilité financière, comme expliqué en détail dans le GFSR d’avril 2013.

    Sur le front budgétaire, les impératifs sont un assainissement persistant, mais progressif, et, pour les États-Unis et le Japon, la formulation et l’application d’un vaste programme de réduction du déficit à moyen terme. Ces impératifs sont urgents pour le Japon, étant donné les risques considérables qui sont liés à la prolongation des mesures de relance sur fond d’endettement public très élevé. Aux États-Unis, il est préoccupant de noter que, après trois ans de débats, les dirigeants ne se sont pas accordés sur un plan crédible de réforme des droits à prestations et de la fiscalité, et qu’une amélioration des perspectives à court terme semble s’être accompagnée d’une diminution de l’empressement à aller de l’avant. Les impératifs et les détails par pays sont examinés dans l’édition d’avril 2013 du Moniteur des finances publiques (Fiscal Monitor).

    Le GFSR d’avril 2013 souligne qu’il est nécessaire de continuer de réparer et de réformer le système financier, notamment en restructurant les banques fragiles et, dans certains cas, en offrant aux ménages et aux entreprises débitrices fragiles des moyens autres que la faillite traditionnelle pour faire face à leur surendettement. Dans des éditions antérieures des PEM, il était noté aussi que des réformes structurelles peuvent contribuer largement à rehausser la compétitivité et les perspectives de croissance à moyen terme dans de nombreux pays de la zone euro.

    Dans les pays émergents et les pays en développement, un durcissement de la politique économique semble approprié à moyen terme. Il devrait commencer par la politique monétaire et être complété par des mesures prudentielles, si nécessaire, pour freiner les excès qui apparaissent dans les secteurs financiers. Finalement, les dirigeants devraient aussi ramener les soldes budgétaires à des niveaux qui offrent une large marge de manœuvre. Certains devront prendre des mesures importantes aujourd’hui; d’autres n’auront besoin que de progrès limités à moyen terme.

    Effets d’entraînement

    La reprise cahoteuse et le dosage faussé des mesures macroéconomiques dans les pays avancés compliquent l’élaboration de la politique économique dans les pays émergents. Des craintes sont réapparues récemment, lorsqu’un assouplissement de la politique monétaire au Japon et d’autres facteurs ont provoqué une forte dépréciation du yen. Cela dit, les plaintes concernant les dépréciations monétaires compétitives semblent exagérées. Au stade actuel, les principales monnaies ne semblent guère s’écarter du niveau correspondant aux paramètres économiques fondamentaux à moyen terme. Le dollar américain et l’euro semblent légèrement surévalués, et le renminbi légèrement sous-évalué. Les données sont variables en ce qui concerne l’évaluation du yen.

    Face à ces craintes concernant l’évaluation des monnaies, tous les pays doivent mener une politique économique qui favorise l’équilibre intérieur et extérieur. Dans les principaux pays avancés, il s’agit de faire avancer les programmes d’ajustement budgétaire à moyen et à long terme, la réforme des droits à prestations et la réparation des bilans. À court terme, la politique budgétaire pourrait être moins restrictive, ce qui, conjugué à une amélioration des bilans, allégerait la pression exercée sur la politique monétaire. Les pays émergents et les pays en développement font face à des problèmes différents. Les principaux pays qui affichent un excédent extérieur devraient laisser le marché déterminer davantage leur taux de change et devraient appliquer des mesures structurelles visant à rééquilibrer leur économie de manière à ce que leur croissance soit davantage tirée par la consommation. Les autres pays doivent prendre des mesures structurelles qui facilitent une bonne absorption des entrées de capitaux. Lorsque ces flux de capitaux menacent de déstabiliser leur économie, ils peuvent adopter des mesures macroprudentielles ou des mesures de gestion des flux de capitaux afin d’éviter l’accumulation de déséquilibres internes importants.

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