Front Matter

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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
November 2012
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    Études économiques et financières

    PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Octobre 2012

    Une dette élevée et une croissance anémique

    Fonds monétaire international

    ©2012 Fonds monétaire international

    Production: FMI, Division des services multimédias

    Couverture et conception artistique: Luisa Menjivar et Jorge Salazar

    Composition: Maryland Composition

    Édition française

    Services linguistiques du FMI, Section française

    Traduction: Marc Servais

    Correction: Monica Nepote-Cit et Van Tran

    PAO: Fernando Sole

    Cataloging-in-Publication Data

    World economic outlook (International Monetary Fund). French

    Perspectives de l’économie mondiale.—Washington, Fonds monétaire international. v.; 28 cm.—(Études économiques et financières, 1020-1343)

    Semiannual. Some issues also have thematic titles.

    Has occasional updates, 1984–

    1. Economic development—Periodicals. 2. Economic forecasting—Periodicals. 3. Economic policy—Periodicals. 4. International economic relations—Periodicals. I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund). III. Series: World economic and financial surveys.

    HC10.80

    ISBN: 978-1-61635-430-5 (version imprimée)

    ISBN: 978-1-47551-112-3 (PDF)

    Les commandes doivent être adressées à: International Monetary Fund, Publication Services P.O. Box 92780, Washington, DC 20090 (U.S.A.)

    Téléphone: (202) 623-7430 Télécopie: (202) 623-7201

    Messagerie électronique: publications@imf.org

    www.imfbookstore.org

    Table des matières

    Hypothèses et conventions

    Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale reposent sur un certain nombre d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le 13 février et le 12 mars 2012, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II (MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales actuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains pays, voir l’encadré A1); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 114,71 dollars le baril en 2012 et de 110,00 dollars le baril en 2013, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 0,7% en 2012 et à 0,8% en 2013; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de 0,8% en 2012 et 2013; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,6% en 2012 et à 0,1% en 2013. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles pour la période se terminant début avril 2012.

    Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude:

    … indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;

    – entre des années ou des mois (par exemple 2011–12 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;

    / entre deux années (par exemple 2011/12) indique un exercice budgétaire (financier).

    Par «billion», il faut entendre mille milliards. Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.

    Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).

    Comme dans l’édition de septembre 2011 des Perspectives de l’économie mondiale, les données sur le budget et sur la dette extérieure de la Libye sont exclues à partir de 2011 et pour les années de projection en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    Sont également exclues les données de la République arabe syrienne en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    Comme dans l’édition de septembre 2011 des Perspectives de l’économie mondiale, les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.

    Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).

    Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.

    Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique également à un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais pour lesquelles des statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.

    Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région. Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90% ou plus des données de groupe pondérées.

    Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI, aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

    Informations et données supplémentaires

    La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale peut être consultée en version intégrale sur le site de la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et le site du FMI, www.imf.org. On trouvera à la même adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également disponible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante: http://imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/01/pdf/tblpartb.pdf.

    Les données figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale sont établies par les services du FMI au moment de la rédaction du rapport. Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées par les économistes chargés des pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse permanente de la situation dans chaque pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que les informations sont disponibles, et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des séries lisses à l’aide de techniques d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des données supplétives pour les séries rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En conséquence, les données des PEM peuvent différer d’autres sources avec des données officielles, y compris les International Financial Statistics du FMI.

    Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce d’assurer, sans pouvoir le garantir, leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité. Lorsque des erreurs sont découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne du FMI (www.elibrary.imf.org) et sur le site Internet du FMI (www.imf.org). Tous les changements importants figurent en détail dans les tables des matières en ligne.

    Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet du FMI sur les droits d’auteur (www.imf./external/terms.htm).

    Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y afférentes doivent être adressées par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par téléphone) à:

    World Economic Studies Division

    Research Department

    International Monetary Fund

    700 19th Street, N.W.

    Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Télécopie: (202) 623-6343

    Forum en ligne: www.imf.org/weoforum

    Préface

    Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers internationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départements de soutien: le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés monétaires et de capitaux et le Département des finances publiques.

    L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département des études sous la direction générale d’Olivier Blanchard, Conseiller économique et Directeur du Département des études. Les travaux sont dirigés par Jörg Decressin, Directeur adjoint du Département des études, et Thomas Helbling, Chef de division du Département des études.

    Les principaux collaborateurs de la présente édition sont Abdul Abiad, John Bluedorn, Rupa Duttagupta, Jaime Guajardo, Andrea Pescatori, Damiano Sandri, John Simon et Petia Topalova. Ont également contribué à ce rapport Ashvin Ahuja, Ali Alichi, Peter Allum, Derek Anderson, Michal Andrle, Samya Beidas-Strom, Olivier Blanchard, Stijn Claessens, Davide Furceri, Nick Gigineishvili, Benjamin Hunt, Joong Shik Kang, M. Ayhan Kose, Douglas Laxton, Daniel Leigh, Prakash Loungani, Junior Maih, Akito Matsumoto, Dimitre Milkov, Armando Morales, Malhar Nabar, Marina Rousset, Marco E. Terrones et Kenichi Ueda.

    Hites Ahir, Gavin Asdorian, Shan Chen, Angela Espiritu, Sinem Kilic Celik, Nadezhda Lepeshko, Murad Omoev, Ezgi O. Ozturk, Katherine Pan, Daniel Rivera-Greenwood, Jair Rodriguez, Marina Rousset, Min Kyu Song et Bennet Voorhees étaient assistants à la recherche. Kevin Clinton a fait des commentaires et suggestions. Tingyun Chen, Mahnaz Hemmati, Toh Kuan, Rajesh Nilawar, Emory Oakes et Steve Zhang ont assuré le soutien informatique. Skeeter Mathurin et Luke Lee se sont chargés du traitement de texte. Linda Griffin Kean (du Département des relations extérieures) a corrigé le manuscript anglais et coordonné la production de la publication. Amrita Dasgupta, Aleksandr Gerasimov, Shamiso Mapondera, Nhu Nguyen et Pavel Pimenov (tous consultants extérieurs) ont fourni une aide technique additionnelle.

    Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui l’ont examiné le 14 septembre, 2012. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

    Avant-propos

    La reprise se poursuit, mais elle s’est affaiblie. Dans les pays avancés, la croissance est maintenant trop faible pour faire reculer notablement le chômage. Dans les principaux pays émergents, la croissance auparavant vigoureuse a ralenti aussi. Par rapport à nos prévisions d’avril 2012, nos prévisions de croissance pour 2003 ont été révisées de 2,0% à 1,5% pour les pays avancés, et de 6,0% à 5,6% pour les pays émergents et les pays en développement.

    Les forces qui sont en jeu sont pour la plupart familières.

    Les forces qui freinent la croissance dans les pays avancés sont le rééquilibrage des budgets et la fragilité persistante du système financier. Dans la plupart des pays, le rééquilibrage budgétaire se poursuit comme prévu. Si ce rééquilibrage est nécessaire, il ne fait aucun doute qu’il pèse sur la demande, et, selon de plus en plus d’indications disponibles, dans la conjoncture actuelle, les multiplicateurs budgétaires sont élevés. Le système financier ne fonctionne toujours pas de manière efficiente. Dans de nombreux pays, les banques demeurent fragiles et leur situation est compliquée par la faiblesse de la croissance. En conséquence, de nombreux emprunteurs sont encore confrontés à des conditions d’emprunt rigoureuses.

    La principale force qui tire la croissance est la politique monétaire accommodante. Les banques centrales continuent non seulement de maintenir des taux directeurs très faibles, mais aussi de mettre en œuvre des mesures novatrices visant à réduire les taux sur certains marchés, à aider certaines catégories d’emprunteurs, ou à favoriser l’intermédiation financière de manière générale.

    Cependant, il semble y avoir plus en jeu que ces forces mécaniques, à savoir un sentiment général d’incertitude. Il est essentiel d’évaluer la nature et les effets exacts de cette incertitude, mais ce n’est pas facile. C’est essentiel, car, si l’on pouvait réduire l’incertitude, la reprise pourrait bien être plus vigoureuse que prévu aujourd’hui. Mais ce n’est pas facile: les indices explicites de l’incertitude, tels que le VIX aux États-Unis ou le VStoxx en Europe, restent à des niveaux relativement bas1. L’incertitude semble plus diffuse, plus proche de l’incertitude de Knight par nature. Les craintes concernant, d’une part, la capacité des dirigeants européens à maîtriser la crise dans la zone euro et, d’autre part, l’incapacité des dirigeants américains à s’accorder jusqu’ici sur un plan budgétaire jouent certainement un rôle important, mais il est difficile de le définir.

    La faiblesse de la croissance et l’incertitude dans les pays avancés ont des répercussions négatives sur les pays émergents et les pays en développement, par les voies du commerce et de la finance, et aggravent les faiblesses internes. Comme en 2009, la voie commerciale est étonnamment puissante, avec, par exemple, une baisse des exportations qui explique la majeure partie du ralentissement de la croissance en Chine. L’alternance de périodes avec ou sans risques, au gré des avancées et des retours en arrière de l’action des pouvoirs publics, en particulier dans la zone euro, provoque des flux de capitaux volatils.

    En ce qui concerne l’action des pouvoirs publics, la zone euro reste au centre des préoccupations. Les attitudes ont clairement changé, et une nouvelle architecture est mise en place. Les enseignements des dernières années sont maintenant clairs. Les pays de la zone euro peuvent être touchés par des chocs de grande ampleur et propres à un pays. Des banques fragiles peuvent amplifier considérablement les effets négatifs de ces chocs. Et, s’il semble que le pays luimême soit peut-être en difficulté, les interactions entre le pays et les banques peuvent encore aggraver la situation.

    Une nouvelle architecture doit donc avoir pour premier objectif de réduire l’amplitude des chocs, c’est-à-dire de mettre en place un système de transferts permettant d’atténuer les effets des chocs. Cette architecture doit viser à déplacer les processus de surveillance, de traitement et de recapitalisation des banques au niveau de la zone euro. Elle doit réduire la probabilité de défaillance des pays et, en cas de défaillance, elle doit en atténuer les effets sur les créanciers et le système financier. Il est bon de constater que ces questions sont sérieusement examinées et que certains de ces mécanismes sont lentement établis.

    À court terme, cependant, des mesures plus immédiates sont nécessaires. L’Espagne et l’Italie doivent donner suite à des plans d’ajustement qui rétablissent leur compétitivité et leur solde budgétaire et maintiennent leur croissance. À cet effet, ces pays doivent pouvoir recapitaliser leurs banques sans accroître leur dette souveraine. Ils doivent aussi pouvoir emprunter à des taux raisonnables. La plupart de ces éléments sont mis en place, et, si ce puzzle complexe peut être terminé rapidement, on peut raisonnablement espérer que le pire est peut-être derrière nous.

    Si l’incertitude explique effectivement le ralentissement actuel, et si l’adoption et la mise en œuvre de ces mesures réduisent l’incertitude, nos prévisions pourraient être dépassées, non seulement en Europe, mais aussi dans le reste du monde. Pour une fois, je serais heureux si nos prévisions de référence s’avéraient inexactes, c’est-à-dire, dans ce cas-ci, trop pessimistes.

    Olivier Blanchard

    Conseiller économique

    Résumé analytique

    La reprise a connu de nouveaux revers, et l’incertitude pèse lourdement sur les perspectives, notamment parce que les politiques économiques menées dans les principaux pays avancés n’ont pas rétabli la confiance dans les perspectives à moyen terme. Les risques extrêmes, tels que ceux liés à la viabilité de la zone euro ou à des erreurs cruciales dans la politique budgétaire américaine, continuent de préoccuper les investisseurs. Selon les prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), l’activité ne devrait donc se redresser que progressivement après les chiffres relativement décevants du début de l’année 2012. La croissance mondiale prévue, à savoir 3,3% et 3,6% en 2012 et en 2013, respectivement, est plus faible que celle attendue dans la Mise à jour des PEM de juillet 2012, qui était elle-même plus faible que celle prévue dans l’édition d’avril 2012 des PEM (chapitre 1). La production devrait rester anémique dans les pays avancés, mais relativement vigoureuse dans de nombreux pays émergents et pays en développement. Le chômage restera probablement élevé dans de nombreuses parties du monde. La situation financière demeurera fragile, selon l’édition d’octobre 2012 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report, GFSR). Le chapitre 2 examine en détail les évolutions régionales.

    Les prévisions des PEM reposent sur deux hypothèses fondamentales. La première est que les dirigeants européens, comme prévu dans le scénario de référence du GFSR, adopteront des mesures qui détendront encore progressivement la situation financière dans les pays de la périphérie. À cet égard, la Banque centrale européenne (BCE) a rempli son rôle récemment. Il revient maintenant aux dirigeants nationaux d’activer le Mécanisme européen de stabilité (MES), tout en établissant une feuille de route crédible et en commençant à appliquer des mesures qui conduiront à une union bancaire et à une intégration budgétaire plus poussée. La deuxième hypothèse est que les dirigeants américains éviteront les hausses des impôts et les compressions des dépenses massives (le «précipice budgétaire») qui découlent automatiquement de la loi budgétaire existante, relèveront le plafond de la dette fédérale en temps opportun et avanceront de manière satisfaisante dans la mise en place d’un plan global de rétablissement de la viabilité des finances publiques. Les prévisions des PEM pourraient de nouveau être trop optimistes si ces deux hypothèses ne se vérifient pas.

    De manière plus générale, les risques de détérioration ont augmenté et sont considérables. Selon le graphique en éventail des services du FMI—qui utilise les données des marchés financiers et des marchés des produits de base, ainsi que les prévisions des analystes, pour évaluer les risques—, il y a aujourd’hui une chance sur six que la croissance mondiale tombe au-dessous de 2%, ce qui correspondrait à une récession dans les pays avancés et à une croissance faible dans les pays émergents et les pays en développement. En fin de compte, cependant, les prévisions des PEM reposent sur une action indispensable dans la zone euro et aux États-Unis, et il est très difficile d’estimer la probabilité que cette action se matérialise.

    Au stade actuel, les dirigeants sont confrontés à de grosses difficultés. Dans de nombreux pays avancés, les injections de liquidités exercent un effet positif sur la stabilité financière, ainsi que sur la production et l’emploi, mais il se peut que cet effet diminue. De nombreux pays ont commencé sérieusement à réduire leur déficit excessif, mais, comme l’incertitude est élevée, la confiance faible et le secteur financier fragile, les progrès considérables accomplis sur le front budgétaire sont allés de pair avec une croissance décevante ou une récession. Dans les pays émergents et les pays en développement, les dirigeants sont conscients de la nécessité de reconstituer une marge de manœuvre budgétaire et monétaire, mais ils se demandent comment moduler leur politique économique face aux importants risques externes de dégradation.

    Une riposte efficace dans les principaux pays avancés est essentielle pour améliorer les perspectives et inspirer confiance dans l’avenir. À court terme, il s’agit principalement d’exclure les scénarios de risques extrêmes et d’adopter des plans concrets de réduction de l’endettement public à moyen terme.

    La crise dans la zone euro reste la menace la plus évidente pour les perspectives de l’économie mondiale. La BCE a mis en place un mécanisme qui permet de mieux répercuter les faibles taux directeurs sur les coûts d’emprunt dans les pays de la périphérie, où les craintes des investisseurs quant à la viabilité de l’euro ont fait monter les taux du marché à des niveaux très élevés. Les pays de la périphérie doivent poursuivre leur ajustement. Les pouvoirs publics doivent, comme ils s’y sont engagés, assouplir le pare-feu de la zone euro. En particulier, le MES doit intervenir dans les systèmes bancaires et venir en aide aux pays, tandis que les dirigeants nationaux doivent œuvrer à l’établissement d’une véritable union économique et monétaire. À cet effet, il faut mettre en place une union bancaire avec un cadre unifié de stabilité financière et appliquer des mesures visant à l’intégration budgétaire, le principe étant qu’une plus grande assurance à l’échelle de la zone euro doit aller de pair avec plus de contrôle à l’échelle de la zone. À moins que des mesures supplémentaires soient prises rapidement, l’amélioration récente des marchés financiers pourrait s’avérer de courte durée. Les prévisions des PEM pourraient être révisées à la baisse une fois de plus, et la zone euro pourrait tomber dans le scénario des mesures faibles du GFSR d’octobre 2012. Si, cependant, les mesures prises dépassaient les hypothèses des PEM—par exemple, si les dirigeants de la zone euro prenaient rapidement des mesures tangibles sur la voie de l’intégration, telle la mise en place d’un mécanisme paneuropéen de traitement des banques avec une garantie budgétaire commune—, la croissance du PIB réel pourrait bien être plus élevée que prévu, ce qui correspond au scénario des mesures complètes du GFSR d’octobre 2012.

    Pour réduire les risques que le surendettement public des principaux pays avancés représente pour les perspectives à moyen terme, il faudra mener une politique monétaire de soutien et opérer des réformes structurelles appropriées (chapitre 3), ainsi que mettre en œuvre une politique budgétaire prudente. Des progrès satisfaisants ont déjà été accomplis et le rééquilibrage budgétaire prévu est considérable à court terme, comme noté dans le Moniteur des finances publiques (Fiscal Monitor) d’octobre 2012. Le Congrès américain devra bientôt éliminer la menace du précipice budgétaire et relever le plafond de la dette: faute de quoi, l’économie américaine pourrait retomber en récession, avec des répercussions négatives sur le reste du monde. Par ailleurs, les dirigeants américains doivent d’urgence définir un plan budgétaire solide à moyen terme. Les dirigeants japonais doivent poursuivre les ajustements prévus et définir de nouvelles mesures pour mettre fin à la hausse du ratio dette publique/PIB et bientôt l’inverser.

    De manière générale, les dirigeants doivent établir des objectifs budgétaires réalistes et des plans pour imprévus. Il s’agit d’adopter des objectifs structurels ou corrigés des variations cycliques, ou d’axer les plans sur des mesures et leur rendement estimé, plutôt que sur des objectifs nominaux. Il faut laisser libre jeu aux stabilisateurs automatiques. En outre, si la croissance s’établissait largement au-dessous des projections des PEM, les pays disposant d’une marge de manœuvre devraient lisser leur ajustement prévu sur 2013 et au-delà. Par ailleurs, la baisse de l’inflation, la hausse des capacités inutilisées et le rééquilibrage budgétaire considérable dans les pays avancés plaident en faveur du maintien d’une politique monétaire très accommodante, y compris des mesures non conventionnelles, parce que les taux d’intérêt sont proches de la borne limitant à zéro les taux nominaux.

    Jusqu’à présent, le bilan des dirigeants est mitigé pour ce qui est d’atteindre des objectifs structurels; ils doivent donc redoubler d’efforts. Là où ils ont été mis en place, les programmes visant à alléger l’endettement chronique des ménages n’ont pas été proportionnels à l’ampleur du problème. Le renforcement de la réglementation des institutions et des marchés financiers a été fragmentaire, selon le chapitre 3 du GFSR d’octobre 2012, avec un certain succès dans la reconstitution des fonds propres, mais moins pour ce qui est de réduire le recours au financement de montant élevé et de limiter les incitations à une prise de risque excessive et à l’arbitrage réglementaire. En outre, dans la zone euro, les restructurations ou liquidations d’établissement financiers fragiles ont été lentes et n’ont eu lieu qu’en réaction à de fortes pressions des marchés; il faut adopter d’urgence une approche plus préventive à l’échelle de l’ensemble de la zone. Les relèvements de l’âge légal de départ en retraite ont fait baisser la trajectoire à long terme des dépenses de retraite, mais, comme les dépenses de santé continuent d’augmenter rapidement, il faudra prendre des mesures supplémentaires pour limiter la croissance des droits à prestation à un rythme soutenable. Quelques pays, notamment dans la périphérie de la zone euro, ont assoupli le fonctionnement de leur marché du travail. Cependant, de nombreux pays doivent s’employer plus énergiquement à aider les chômeurs de longue durée, notamment en améliorant l’aide à la recherche d’un emploi et la formation.

    Dans les pays émergents et les pays en développement, l’activité a souffert du durcissement de la politique économique face à l’insuffisance des capacités de production, du fléchissement de la demande des pays avancés et de facteurs internes. Grâce à l’amélioration de leur politique économique, ces pays sont mieux à même de résister aux chocs (chapitre 4). Depuis que la crise a éclaté en 2008, les politiques expansionnistes ont atténué l’effet négatif de la fragilité des marchés des pays avancés: les déficits budgétaires ont généralement été supérieurs à leur niveau d’avant la crise, tandis que les taux d’intérêt réels ont été plus faibles. Le crédit intérieur a progressé rapidement. À moyen terme, les dirigeants devront veiller à rester en mesure de réagir aux chocs avec flexibilité en préservant une position budgétaire saine et en maintenant des taux modérés d’inflation et de croissance du crédit. À cet égard, le resserrement opéré en 2011 était approprié. Étant donné l’augmentation des risques de fléchissement de la demande extérieure, les banques centrales ont à juste titre suspendu ou inversé en partie le durcissement de leur politique monétaire. Bon nombre d’entre elles ont les moyens de soutenir davantage la demande si les risques de dégradation externes menacent de se matérialiser.

    Les déséquilibres mondiaux, et la vulnérabilité qui y est liée, ont diminué, mais il reste nécessaire de prendre des mesures plus décisives pour s’y attaquer. Au sein de la zone euro, il convient de continuer de corriger les déséquilibres des transactions courantes—les excédents élevés en Allemagne et aux Pays-Bas, et les déficits dans la plupart des pays de la périphérie. Au niveau mondial, les soldes courants des États-Unis, de la zone euro dans son ensemble et du Japon sont plus faibles qu’ils ne le seraient avec des politiques budgétaires plus soutenables, et les taux de change effectifs réels du dollar, de l’euro et du yen sont plus élevés. Par contre, les soldes courants de nombreux pays asiatiques sont inopportunément élevés et leurs taux de change inopportunément faibles. Cela s’explique en partie par des distorsions qui freinent la consommation, mais aussi par l’accumulation massive de réserves de change.

    En général, les mesures nécessaires pour réduire les déséquilibres courants et la vulnérabilité qui y est liée sont dans l’intérêt des pays concernés. Un ajustement supplémentaire dans les pays en déficit et une augmentation de la demande intérieure dans les pays en excédent contribueraient non seulement à rendre l’économie mondiale plus sûre, mais aussi à accélérer la croissance partout. De nombreux pays affichant un déficit extérieur doivent poursuivre leur ajustement budgétaire et renforcer le contrôle et la réglementation de leur secteur financier. Cette action doit être complétée par des mesures structurelles, dont les détails diffèrent largement parmi les pays avancés ou émergents en déficit, mais il s’agit notamment de réformer les marchés du travail et de produits, d’améliorer la gouvernance et le climat des affaires, ainsi que de stimuler l’épargne privée en vue de la retraite. Les mesures structurelles nécessaires dans les pays affichant un excédent extérieur et un taux de change sous-évalué varient aussi selon les pays, mais il faut stimuler l’investissement en Allemagne, réformer le dispositif de protection sociale en Chine de manière à encourager la consommation et réduire l’accumulation des réserves de change dans de nombreux pays émergents, ce qui contribuerait aussi à freiner la forte croissance du crédit et des prix des actifs.

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