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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
May 2011
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    ©2011 Fonds monétaire international

    Production: FMI, Division des services multimédias

    Couverture et conception artistique: Luisa Menjivar et Jorge Salazar

    Composition: Maryland Composition

    Édition française

    Services linguistiques du FMI, Section française

    Traduction: Marc Servais

    Correction: Monica Nepote-Cit et Van Tran

    PAO: Fernando Sole

    Cataloging-in-Publication Data

    World economic outlook (International Monetary Fund). French

    Perspectives de l’économie mondiale. —Washington, Fonds monétaire international. v. ; 28 cm. —(Études économiques et financières, 1020-1343)

    Semiannual. Some issues also have thematic titles.

    Has occasional updates, 1984–

    1. Economic development —Periodicals. 2. Economic forecasting —Periodicals.

    3. Economic policy —Periodicals. 4. International economic relations —Periodicals.

    I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund).

    III. Series: World economic and financial surveys.

    HC10.80

    ISBN 978-1-61635-099-4

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    P.O. Box 92780, Washington, DC 20090, (U.S.A.)

    Téléphone: (202) 623-7430 Télécopie: (202) 623-7201

    Messagerie électronique: publications@imf.org

    www.imfbookstore.org

    Table Des Matiéres

    Hypothèses et Conventions

    Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale reposent sur un certain nombre d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le 8 février et le 8 mars 2011, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II (MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales actuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains pays, voir l’encadré A1); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 107,16 dollars le baril en 2011 et de 108,00 dollars le baril en 2012, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 0,6 % en 2011 et à 0,9 % en 2012; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de 1,7 % en 2011 et de 2,6 % en 2012; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,6 % en 2011 et à 0,3 % en 2012. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles pour la période se terminant fin mars 2011.

    Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude:

    … indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;

    – entre des années ou des mois (par exemple 2010–11 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;

    / entre deux années (par exemple 2010/11) indique un exercice budgétaire (financier).

    Par «billion», il faut entendre mille milliards. Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.

    Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).

    Les données agrégées des Perspectives excluent la Libye pour les années de projection en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    Sauf pour la croissance du PIB et l’inflation, les projections pour la Côte d’Ivoire ne sont pas présentées en raison de l’incertitude entourant la situation politique.

    Dans les graphiques et les tableaux, les zones mises en relief dénotent les projections des services du FMI. Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des

    Perspectives de l’économie mondiale.

    Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.

    Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique également à un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais pour lesquelles des statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.

    Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région. Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou plus des données de groupe pondérées.

    Les chiffres composites des groupes de pays pour les données budgétaires sont la somme des valeurs en dollars pour les pays concernés. Cela diffère des calculs des éditions précédentes, où les chiffres composites étaient pondérés par le PIB en parité de pouvoir d’achat en pourcentage du PIB mondial total.

    Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI, aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

    Informations et Donnèes Supplémentaires

    La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale peut être consultée en version intégrale sur le site du FMI, www.imf.org. On trouvera à la même adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étofé que celui contenu dans le rapport, sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également disponible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante: http://imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/01/pdf/tblpartb.pdf.

    Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y afférentes doivent être adressées par courrier classique ou électronique ou par télécopie (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par téléphone) à:

    World Economic Studies Division

    Research Department

    International Monetary Fund

    700 19th Street, N.W.

    Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Internet: www.imf.org/weoforum Télécopie: (202) 623-6343

    Préface

    Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers internationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départements de soutien: le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés monétaires et de capitaux et le Département des finances publiques.

    L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département des études sous la direction générale d’Olivier Blanchard, Conseiller économique et Directeur du Département des études. Les travaux sont dirigés par Jörg Decressin, Conseiller principal au Département des études, et Petya Koeva Brooks, Chef de division, Département des études. Les principaux collaborateurs de la présente édition sont Abdul Abiad, John Bluedorn, Rupa Duttagupta, Jaime Guajardo, Thomas Helbling, Joong Shik Kang, Michael Kumhof, Dirk Muir, Andrea Pescatori, Shaun Roache, John Simon et Petia Topalova. Ont également contribué à ce rapport Joshua Felman, Benjamin Hunt, Florence Jaumotte, Mika Kortelainen, Daniel Leigh, Troy Matheson, Stephen Snudden, Marco Terrones et Robert Tetlow. Kevin Clinton a fait des commentaires et suggestions. Gavin Asdorian, Shan Chen, Nese Erbil, Angela Espiritu, Toh Kuan, Murad Omoev, Andy Salazar, Min Kyu Song, Ercument Tulun, Jessie Yang, David Reichsfeld et Marina Rousset étaient assistants à la recherche. Saurabh Gupta, Mahnaz Hemmati, Laurent Meister, Emory Oakes et Steve Zhang ont géré la base de données et les systèmes informatiques. Tita Gunio, Shanti Karunaratne et Cristina Tumale se sont chargées du traitement de texte. Linda Griffin Kean (du Département des relations extérieures) a corrigé le manuscript anglais et coordonné la production de la publication. Vladimir Bougay, Anastasia Francis, Aleksandr Gerasimov, Wendy Mak, Shamiso Mapondera, Nhu Nguyen et Pavel Simenov (tous consultants extérieurs) ont fourni une aide technique. Marc Servais (des Services linguistiques) a coordonné la production de l’édition française.

    Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui l’ont examiné le 28 mars 2011. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

    Avant-Propos

    Le redressement économique mondial se poursuit, plus ou moins comme prévu. En fait, nos prévisions de croissance sont quasiment inchangées par rapport à la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2011 et peuvent se résumer en trois chiffres: nous tablons sur des taux de croissance d’environ 4½ % par an, tant en 2011 qu’en 2012, pour l’économie mondiale, mais de 2½ % seulement pour les pays avancés, alors que les pays émergents et en développement afficheront un taux bien plus élevé de 6½ %.

    La crainte d’une double récession —que nous ne partagions pas —ne s’est pas concrétisée. D’aucuns craignaient surtout qu’après une phase initiale de reprise tirée par le cycle des stocks et la relance budgétaire, la croissance ne s’essouffle dans les pays avancés. Aujourd’hui, le cycle des stocks est largement achevé et la relance a cédé le pas au rééquilibrage budgétaire, mais c’est pour l’essentiel la demande privée qui mène la danse.

    Les craintes se sont tournées vers les cours des matières premières. Ceux-ci ont augmenté beaucoup plus que prévu, sous l’effet combiné d’une forte progression de la demande et de perturbations de l’offre. Cette hausse des cours fait renaître le spectre de la stagflation des années 70, mais ne risque guère, semble-t-il, de faire capoter la reprise. Dans les pays avancés, le rôle décroissant du pétrole, la disparition de l’indexation des salaires et la stabilisation des anticipations inflationnistes sont autant d’éléments qui donnent à penser qu’il n’y aura que peu de retombées sur la croissance et l’inflation tendancielle. Les enjeux sont cependant plus élevés dans les pays émergents et en développement, où les denrées alimentaires et les carburants représentent une part plus importante de la consommation et la politique monétaire a souvent moins de crédibilité. Il est fort possible que l’inflation soit plus élevée pendant quelque temps, mais, comme le suggèrent nos prévisions, nous n’en attendons pas des retombées majeures sur la croissance. Cependant, les risques de nouvelles perturbations des approvisionnements pétroliers sont préoccupants.

    La reprise reste toutefois déséquilibrée.

    Dans la plupart des pays avancés, la production est encore très inférieure à son potentiel. Le chômage est élevé et la faiblesse de la croissance donne à penser qu’il le restera pendant de longues années. Cette croissance lente s’explique à la fois par les excès antérieurs à la crise et par les dégâts qu’elle a causés: dans de nombreux pays, surtout aux États-Unis, le marché immobilier est encore déprimé, d’où l’anémie des investissements dans le secteur du logement. La crise elle-même a entraîné une dégradation exceptionnelle de la situation des finances publiques, qui a imposé un revirement dans le sens du rééquilibrage budgétaire, sans toutefois dissiper les inquiétudes des marchés quant à la viabilité des finances publiques. Et dans bien des pays, les banques s’évertuent à accroître leurs ratios de fonds propres, face à une avalanche de créances improductives.

    Les problèmes des pays à la périphérie de l’Union européenne, nés de la conjonction de la croissance faible, de la détresse budgétaire et de tensions financières, sont particulièrement graves. Le rétablissement de la viabilité budgétaire et financière dans un contexte de croissance faible ou négative et de taux d’intérêt élevés est une tâche ardue. Et, bien qu’extrêmes, les difficultés des pays périphériques de l’UE dénotent un problème plus général: le faible taux de croissance tendancielle du potentiel de production. L’ajustement est très difficile lorsque la croissance est très faible.

    Les recommandations à l’intention des pays avancés sont grosso modo les mêmes que dans l’édition d’octobre 2010 des Perspectives de l’économie mondiale et ne rencontrent jusqu’à présent qu’un écho partiel: faire apparaître plus clairement les passifs aux bilans des banques et mettre en œuvre sans tarder des plans de recapitalisation si nécessaire; rééquilibrer les finances publiques de manière avisée, ni trop rapidement, car cela pourrait tuer la croissance, ni trop lentement, car cela pourrait tuer la crédibilité; repenser le système de réglementation et de contrôle financier; et, surtout en Europe, promouvoir plus activement des réformes propres à augmenter le potentiel de croissance.

    Dans les pays émergents, en revanche, la crise n’a pas laissé de blessures durables. Ils avaient généralement au départ une situation budgétaire et financière solide, et les effets négatifs de la crise ont été plus discrets. La forte croissance tendancielle et le bas niveau des taux d’intérêt facilitent beaucoup l’ajustement. Leurs exportations se sont largement redressées et le fléchissement de la demande extérieure dont ils ont éventuellement pâti a en général été compensé par un accroissement de la demande intérieure. Les sorties ont fait place à des entrées de capitaux, parce que les perspectives de croissance sont meilleures et les taux d’intérêt plus élevés que dans les pays avancés.

    La tâche de la plupart des pays émergents est donc très différente de celles des pays avancés: il leur faut éviter la surchauffe dans un contexte de diminution de l’écart entre le potentiel et la production et d’afflux de capitaux. La stratégie à recommander comporte deux volets: en premier lieu, tirer parti à la fois du rééquilibrage des finances publiques et des taux d’intérêt plus élevés pour maintenir la production à son niveau potentiel et, en second lieu, employer des instruments macroprudentiels —y compris, si nécessaire, le contrôle des changes —pour éviter une montée des risques systémiques du fait des afflux de capitaux. Les pays sont souvent tentés de résister à l’appréciation de la monnaie qui accompagne généralement la hausse des taux d’intérêt et des entrées de capitaux. Mais cette appréciation rehausse le revenu réel, fait partie de l’ajustement souhaitable, et il convient donc de ne pas s’y opposer.

    Globalement, sur le plan macroéconomique, les objectifs pour l’économie mondiale restent les mêmes, mais ils deviennent plus pressants à mesure que le temps passe. Afin que la reprise se poursuive, il faut que les pays avancés rééquilibrent leurs finances publiques. Pour y parvenir en maintenant la croissance, ils doivent s’appuyer davantage sur la demande extérieure. À l’opposé, les pays émergents doivent s’appuyer de moins en moins sur la demande extérieure et davantage sur la demande intérieure. L’appréciation des monnaies des pays émergents vis-à-vis de celles des pays avancés est une clé importante de cette correction à l’échelle mondiale. La nécessité de politiques bien conçues au niveau national et bien coordonnées au niveau mondial est sans doute aussi cruciale aujourd’hui qu’au plus fort de la crise il y a deux ans.

    Olivier Blanchard

    Conseiller économique

    Rèsumè Analytique

    La reprise monte en régime, mais le chômage reste élevé dans les pays avancés, et de nouveaux risques macroéconomiques apparaissent dans les pays émergents. Dans les pays avancés, le transfert de la demande publique vers la demande privée se poursuit, et il est donc moins à craindre que le retrait de l’impulsion budgétaire provoque une double récession. La situation financière continue de s’améliorer, bien qu’elle reste exceptionnellement fragile. Dans beaucoup de pays émergents, la demande est robuste et la surchauffe constitue une préoccupation croissante. Les pays en développement, en particulier en Afrique subsaharienne, enregistrent de nouveau aussi une croissance rapide et durable. La hausse des prix des denrées alimentaires et des matières premières constitue une menace pour les ménages pauvres et accentue les tensions sociales et économiques, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les cours du pétrole augmentent depuis janvier 2011, et les données sur l’offre, notamment sur les capacités inemployées, semblent indiquer que les perturbations jusqu’ici n’auraient que des effets modérés sur l’activité économique. Le tremblement de terre au Japon a fait un nombre épouvantable de victimes. Ses retombées macroéconomiques devraient être limitées, bien que l’incertitude reste élevée. Globalement, la reprise étant plus vigoureuse, d’une part, mais la croissance de l’offre de pétrole plus faible, d’autre part, les projections de la croissance du PIB réel mondial pour 2011–12 n’ont guère varié par rapport à la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2011. Toutefois, les risques de dégradation ont augmenté.

    La croissance du PIB réel mondial devrait avoisiner 4½ % en 2011 et en 2012, soit une légère baisse par rapport aux 5 % de 2010. Dans les pays avancés et les pays émergents et en développement, le PIB réel devrait progresser d’environ 2½ % et 6½ %, respectivement. Les facteurs de révision à la baisse continuent de l’emporter sur les facteurs de révision à la hausse. Dans les pays avancés, les faiblesses des bilans souverains et le marasme persistant des marchés immobiliers continuent de susciter des craintes importantes, surtout dans certains pays de la zone euro; le secteur financier représente un risque aussi, étant donné les besoins de financement élevés de banques et d’États souverains. De nouveaux risques apparaissent: les cours des matières premières, notamment du pétrole, et, dans le même ordre d’idées, l’incertitude géopolitique, ainsi que la surchauffe et l’essor des marchés des actifs dans les pays émergents. Cependant, la croissance pourrait aussi être plus vigoureuse que prévu à court terme, grâce à la bonne santé des bilans des entreprises dans les pays avancés et au dynamisme de la demande dans les pays émergents et les pays en développement.

    De nombreux problèmes restent sans solution, alors que de nouvelles difficultés apparaissent. Pour consolider la reprise dans les pays avancés, il faudra maintenir une politique monétaire accommodante aussi longtemps que la pression des salaires reste modérée, que les anticipations inflationnistes sont bien ancrées et que le crédit bancaire est anémique. Par ailleurs, il faut placer les finances publiques sur une trajectoire viable à moyen terme à l’aide de programmes de rééquilibrage budgétaire et de réformes des droits à prestations, en s’appuyant sur des règles et des institutions plus solides. Ce besoin est particulièrement urgent aux États-Unis, afin d’éviter de déstabiliser les marchés obligataires à l’échelle mondiale. En fait, les États-Unis ont maintenant de nouveau l’intention de mener une politique budgétaire expansionniste en 2011, plutôt que de rééquilibrer leur budget. Ils devraient s’efforcer de réduire le déficit prévu pour l’exercice 2011. Des mesures visant à comprimer les dépenses discrétionnaires vont dans ce sens. Cependant, pour réduire notablement le déficit prévu à moyen terme, il sera essentiel de prendre des mesures de plus grande envergure, telles que des réformes de la sécurité sociale et de la fiscalité. Au Japon, la priorité immédiate sur le plan budgétaire est de financer la reconstruction. Lorsque la reconstruction sera en cours et que l’ampleur des dégâts sera mieux évaluée, il conviendra de lier les dépenses de reconstruction à une stratégie budgétaire précise qui permettra de réduire le ratio d’endettement public à moyen terme. Dans la zone euro, en dépit de progrès considérables, les marchés restent appréhensifs quant aux perspectives des pays mis sous pression. À leurs yeux, au niveau de la zone euro, il faut pouvoir compter sur un financement suffisant, flexible et à faible coût pour appuyer un ajustement budgétaire vigoureux, une restructuration bancaire et des réformes qui stimulent la compétitivité et la croissance. De manière plus générale, il faut rétablir la confiance dans les banques de la zone euro en procédant à des tests de résistance ambitieux et en appliquant des programmes de restructuration et de recapitalisation. Par ailleurs, la réforme du système financier mondial reste pour l’essentiel un chantier.

    De nombreux pays émergents et quelques pays en développement doivent faire en sorte que ce qui s’apparente aujourd’hui à une forte expansion ne dégénère en surchauffe au cours de l’année à venir. Les tensions inflationnistes s’accentueront probablement, la croissance de la production se heurtant à l’insuffisance des capacités: étant donné les fortes hausses des prix de l’alimentation et de l’énergie, qui sont des composantes majeures des paniers de consommation, les travailleurs demanderont des salaires plus élevés. Les taux d’intérêt réels demeurent faibles et les politiques budgétaires sont encore bien plus accommodantes qu’avant la crise. L’action à mener diffère d’un pays à l’autre, en fonction des situations conjoncturelles et extérieures. Cependant, un durcissement de la politique macroéconomique est nécessaire dans bon nombre de pays émergents.

    • Pour les pays qui dégagent un excédent extérieur, dont bon nombre dirigent leur monnaie et ne sont pas confrontés à des problèmes budgétaires, le retrait de la politique monétaire accommodante et l’appréciation de la monnaie sont nécessaires pour préserver l’équilibre interne —modérer les tensions inflationnistes et la croissance excessive du crédit —et contribuer au rééquilibrage de la demande mondiale.

    • De nombreux pays affichant un déficit extérieur doivent durcir leurs politiques budgétaire et monétaire, et peutêtre tolérer un surajustement de leur taux de change à court terme.

    • Pour quelques pays en excédent ou en déficit, la croissance rapide du crédit et des prix des actifs met en garde contre un risque d’instabilité financière. Les dirigeants de ces pays devront agir promptement pour préserver la stabilité et mettre en place des systèmes financiers plus résistants.

    • De nombreux pays émergents et en développement devront venir en aide aux ménages démunis qui éprouvent des difficultés face aux prix élevés de l’alimentation.

    Les flux de capitaux vers les pays émergents se sont redressés remarquablement vite après la crise. Cependant, tandis que remontent les taux directeurs dans les pays avancés, qui sont aujourd’hui exceptionnellement bas, les capitaux volatils pourraient de nouveau sortir des pays émergents. En fonction de la situation de chaque pays et à condition que des politiques macroéconomiques et prudentielles appropriées soient en place, des mesures visant à réduire les entrées de capitaux peuvent être utiles pour atténuer l’effet de leur volatilité excessive sur l’économie réelle. Cependant, ces mesures ne peuvent remplacer un durcissement de la politique macroéconomique.

    Il est essentiel d’accélérer le rééquilibrage de la demande mondiale pour consolider la reprise à moyen terme. À cet effet, beaucoup de pays devront agir: les principaux pays qui dégagent un déficit extérieur devront opérer un ajustement budgétaire et les principaux pays en situation d’excédent devront assouplir leur taux de change et exécuter des réformes structurelles qui éliminent les distorsions favorables à l’épargne.

    Ces grandes lignes de la riposte font l’objet d’un large consensus. Cependant, le pire de la crise étant passé, l’impératif de l’action et la volonté des dirigeants de coopérer diminuent. Ce serait une erreur pour les pays avancés de reporter l’ajustement budgétaire en raison d’une situation intérieure difficile sur le plan de l’économie politique. En outre, l’élimination des distorsions qui dopent l’épargne dans les principaux pays émergents en situation d’excédent contribuera à soutenir la croissance et à rééquilibrer les budgets dans les principaux pays avancés, mais des progrès insuffisants sur un front ne peuvent justifier l’inaction sur l’autre front. Ce serait une erreur aussi pour les pays émergents de différer l’ajustement de leur taux de change face à la montée des tensions inflationnistes. De nombreux pays émergents ne peuvent se permettre de reporter un durcissement supplémentaire de leur politique économique jusqu’à ce que les pays avancés durcissent la leur. Les dirigeants devront convaincre leurs populations que ces ripostes serviront au mieux leurs intérêts économiques, peu importe ce que font les autres.

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