Front Matter

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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
June 2002
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    ©2002 Fonds monétaire international

    Production:Section des travaux graphiques du FMI Couverture et conception artistique:Luisa Menjivar-Macdonald Graphiques:Lai Oy Louie

    Édition française

    Division française

    Services linguistiques

    Traduction:Albert Mauger

    Correction:Annette Berthail-Costa

    PAO:Catherine Helwig & Martine Rossignol-Winner

    Perspectives de l’économie mondiale (Fonds monétaire international)

    World economic outlook: a survey by the staff of the International Monetary Fund.—1980-—Washington, D.C.: The Fund. 1980–

    v.; 28 cm.—(1981–84: Occasional paper/International Monetary Fund ISSN 0251-6365)

    Annual.

    Has occasional updates, 1984–

    ISSN 0258-7440 = World economic and financial surveys

    ISSN 0256-6877 = World economic outlook (Washington)

    1. Economic history—1971-—Periodicals. I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund)

    HC10.W7979 84-640155

    338.5’443’09048—dc19

    AACR 2 MARC-S

    Library of Congress 8507

    Published biannually.

    ISBN 1-58906-108-X

    Prix:42 dollars EU

    (35 dollars EU pour les enseignants et les étudiants de l’enseignement supérieur)

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    700 19th Street, N.W., Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Téléphone:(202) 623-7430 Télécopie:(202) 623-7201

    Messagerie électronique:publications@imf.org

    Internet:http://www.imf.org

    Table des Matières

    Hypothèses et Conventions

    Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale reposent sur un certain nombre d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le 11 février et le 11 mars 2002, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II (MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques nationales actuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires des pays industrialisés, voir l’encadré A1); que le prix moyen du baril de pétrole sera de 23,00 dollars en 2002 et de 22,00 dollars en 2003, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 2,8% en 2002 et à 4,5% en 2003; que le taux des certificats de dépôt à trois mois au Japon sera en moyenne de 0,1% en 2002 et en 2003; enfin, que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros se chiffrera en moyenne à 3,7% en 2002 et à 4,5% en 2003. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles jusqu’au début d’avril 2002.

    • Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude:

    • … indique que les données ne sont ni disponibles, ni pertinentes;

    • —indique que le chiffre est égal à zéro ou qu’il est négligeable;

    • – entre des années ou des mois (par exemple 1997–98 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois indiqué inclusivement;

    • / entre deux années (par exemple 1997/98) indique un exercice budgétaire (financier).

    • Par «billion», il faut entendre mille milliards.

    • Par «point de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).

    • Dans les graphiques et les tableaux, les zones ombrées dénotent des projections des services du FMI.

    • Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique également à un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais qui peuvent être considérées comme des économies distinctes aux fins de l’analyse économique et de l’établissement des statistiques.

    Informations et Données Supplémentaires

    Le présent rapport sur les perspectives de l’économie mondiale peut être consulté en version intégrale sur le site Internet du FMI, www.imf.org. On trouvera à la même adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés et sont utilisables avec divers logiciels.

    Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y afférentes doivent être adressées par courrier classique ou électronique ou par télécopie (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par téléphone) à:

    World Economic Studies Division

    Research Department

    International Monetary Fund

    700 19th Street, N.W.

    Washington, DC 20431 (U.S.A.)

    Messagerie électronique:weo@imf.org Télécopie:(202) 623-6343

    Préface

    Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres et sur le système économique mondial. La version anglaise (World Economic Outlook), qui était annuelle entre 1980 et 1983, est semestrielle depuis 1984. Les versions espagnole et française sont publiées depuis mai 1990 et la version arabe paraît depuis octobre 1992.

    Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par les départements géographiques et divers autres départements de soutien:le Département de l’élaboration et de l’examen des politiques, le Département des marchés de capitaux internationaux, le Département de la monnaie et des changes, et le Département des finances publiques.

    L’analyse que présente le rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département des études, sous la direction générale de Kenneth Rogoff, Conseiller économique et Directeur du Département des études. Les travaux sont dirigés par David Robinson, Conseiller principal au Département des études, et Tamim Bayoumi, Chef de la Division des études économiques internationales.

    Les principaux collaborateurs de la présente édition sont Luis Catâo, Hali Edison, Thomas Helbling, Maitland MacFarlan, James Morsink, Silvia Sgherri, Torsten Slok, Marco Terrones, Stephen Tokarick et Cathy Wright. Assistants de recherche:Emily Conover, Toh Kuan et Bennett Sutton. Traitement des données et gestion des systèmes informatiques:Nicholas Dopuch, Mandy Hemmati, Yutong Li, Di Rao et Anthony G. Turner. Ont également contribué à cette édition:Michael Bordo, Robin Brooks, Ximena Cheetham, Jean Le Dem, Atish R. Ghosh, Benjamin Hunt, Aasim Husain, Mads Kieler, Manmohan Kumar, Timothy Lane, Prakash Loungani, Guy Meredith, Ashoka Mody, Carmen Reinhart, Ron van Rooden, Nikola Spatafora et Raju Jan Singh. Marina Primorac, du Département des relations extérieures, est en charge de la préparation et de la production de l’édition anglaise. Van Tran (des services linguistiques) et Marina Primorac ont assuré la coordination de la production des éditions arabe, espagnole et française.

    Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements ainsi que de ceux qu’ont formulés les administrateurs lorsqu’ils ont examiné les Perspectives de l’économie mondiale les 27 et 29 mars 2002. Cependant, les projections et les considérations relatives aux politiques économiques sont celles des services du FMI et ne doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

    Avant-Propos

    Le lecteur des Perspectives de l’économie mondiale a naturellement tendance à porter son attention sur le premier chapitre où il trouve un examen complet de l’évolution récente de l’économie mondiale, des prévisions et analyses des risques, ainsi que des recommandations de politique économique. Si ce chapitre est, et sera toujours, le plus important, les autres ne sont pas qu’un simple complément; nous y approfondissons de manière parfois percutante certaines questions d’actualité qui intéressent les responsables économiques et les analystes. Étant donné la rigueur de ces études, qui doivent notamment s’appuyer sur de vastes travaux d’analyse des données empiriques, nous nous y attelons en général au moins six mois avant la date de publication des Perspectives.

    En octobre 2001, à la fin de la phase de planification de l’édition actuelle, il n’était pas difficile de voir que nous devions procéder à un examen approfondi des caractéristiques des récessions. Le ralentissement sensible et généralisé de l’économie mondiale en 2001 est-il aussi exceptionnel que nombre d’experts le prétendent? Son degré de synchronisation entre les grandes régions est-il aussi inhabituel? Le fléchissement de l’activité induit par une contraction de l’investissement fixe est-il vraiment plus représentatif des récessions du XIXe siècle que des récessions modernes? Ces questions ne sont pas purement théoriques, mais fondamentales pour comprendre comment les autorités doivent réagir à la conjoncture. C’est pourquoi le principal chapitre analytique des Perspectives (chapitre III) situe le dernier ralentissement dans le contexte d’une étude rétrospective des récessions.

    La plupart des études sur les cycles économiques considèrent ces derniers dans le cadre d’un seul pays, mais le nombre des récessions par pays est si faible qu’il est difficile, dans ces conditions, de déceler des caractéristiques récurrentes fiables. Le chapitre III est consacré à un examen ambitieux de l’ensemble des cas de récession (au sens d’un taux de croissance négatif du PIB) qui se sont produits dans 21 pays industrialisés au cours de la période 1973–2001, soit 93 récessions au total. Il contient par ailleurs une étude réuospective des récessions survenues depuis 1881 dans un groupe de pays plus restreint. Les résultats sont surprenants, surtout au regard des idées couramment admises sur la question.

    • 1) En tout premier lieu, la synchronisation des récessions est la norme sur l’ensemble de la période longue considérée. Le ralentissement mondial échelonné des années 90 a été l’exception et non la règle. Les chocs spécifiques du début des années 90, dont la bulle spéculative sur les prix des actifs au Japon et les conséquences de la réunification de l’Allemagne, éclipsent les facteurs qui favorisent en général la synchronisation des récessions entre les pays, notamment ceux du G-3. Quelles sont les principales forces qui sous-tendent la synchronisation? Assurément, l’intégration mondiale des marchés des produits et des actifs, qui s’est intensifiée depuis l’après-guerre, après avoir été freinée pendant les deux guerres mondiales et la dépression des années 30, joue un rôle non négligeable. Cependant, les chocs communs sont probablement le principal déterminant de la synchronisation, du moins entre les pays industrialisés. En ce qui concerne le récent ralentissement, l’éclatement de la bulle spéculative sur les valeurs «technologiques» a eu un impact international. Ce ralentissement a eu pour autres facteurs communs le niveau élevé des prix du pétrole et le durcissement simultané des politiques monétaires à la fin de la longue période d’expansion qui l’a précédé.

    • 2) Une forte contraction de l’investissement fixe des entreprises précède en général la récession. En fait, au cours des dernières décennies, les contractions de l’investissement sont plus synchronisées dans les différents pays que les récessions. Le rôle de l’investissement fixe dans les récessions s’est en réalité intensifié avec le temps, la quasi-totalité des récessions des dernières décennies étant allées de pair avec un repli de l’investissement fixe, contre seulement 60% environ à la fin du XIXe siècle.

    • 3) La reprise ne dépend pas d’un essor de l’investissement fixe. Elle s’amorce en général par un redressement de la consommation et des stocks. En réalité, les stocks jouent un rôle de moins en moins important dans les fluctuations de l’activité économique, grâce peut-être aux meilleures techniques de gestion utilisées.

    • 4) Les cours des actions atteignent en général leur pic un an avant la production, après quoi ils baissent en général de 25%, à en juger par l’expérience de la période récente.

    • 5) Enfin, une hausse du taux d’intérêt à court terme a régulièrement marqué le début de la récession et cela a bien été le cas lors du récent ralentissement. Il n’est pas facile, il est vrai, de distinguer l’effet de la cause:lorsqu’une politique de rigueur monétaire est nécessaire pour contenir des pressions inflationnistes, il se peut que la période d’expansion touche de toute façon à sa fin.

    Ainsi, bien que chaque récession ait ses propres caractéristiques, la récente phase de ralentissement mondial est très analogue aux précédentes, beaucoup plus qu’on ne le pense en général.

    Le chapitre II contient trois courts essais analytiques. Dans le premier, nous chercherons à déterminer pourquoi les crises de la dette sont survenues en plus grand nombre qu’ailleurs dans beaucoup de pays d’Amérique latine. L’analyse met en évidence trois grandes caractéristiques des économies d’Amérique latine qui semblent avoir amplifié leur vulnérabilité. Premièrement, la plupart de ces économies sont relativement fermées au commerce extérieur, ce qui alourdit le service de leur dette extérieure. De ce fait, même si le niveau de la dette extérieure n’a pas été élevé par rapport au PIB en Amérique latine, il l’a souvent été par rapport aux exportations. Deuxièmement, les pays de la région enregistrent un degré élevé d’instabilité macroéconomique, dû non seulement aux chocs des termes de l’échange, mais aussi à une politique budgétaire procyclique. Troisièmement, le développement insuffisant du marché financier, et le faible taux d’épargne intérieure qui en résulte en partie, handicapent depuis longtemps nombre de pays de la région. En conséquence, une part disproportionnée des emprunts publics est contractée à l’étranger ou libellée en devises. La discordance des monnaies de libellé qui en résulte entre les actifs et les passifs des administrations publiques a trop souvent exposé les pays de la région aux conséquences d’une dépréciation forte et soudaine de la monnaie nationale.

    Ces trois caractéristiques—de lourds emprunts extérieurs, de faibles exportations et une politique budgétaire instable—ont une origine commune, à savoir les problèmes du système fiscal et de la maîtrise des dépenses. Un système fiscal intérieur déficient oblige les pouvoirs publics à faire davantage appel aux recettes douanières, ce qui réduit l’incitation à exporter et aboutit à une situation de relative fermeture au commerce extérieur. De même, l’insuffisance des recettes et l’excès des dépenses ont causé, tout au long de l’histoire du continent, des accès d’hyperinflation, car les pouvoirs publics ont périodiquement été obligés de recourir au financement monétaire du déficit, surtout pendant les périodes de crise économique ou d’instabilité politique. Même dans les périodes où l’inflation a été assez faible, le spectre de son retour en force a sans aucun doute ralenti le développement des marchés financiers intérieurs dans certains pays. En raison de ce passé marqué par la forte inflation, il est difficile pour les pouvoirs publics d’emprunter à des taux raisonnables sans offrir de rembourser leur dette en devises. Enfin, un système fiscal déficient et une mauvaise maîtrise des dépenses rendent difficile l’adoption d’une politique budgétaire contracyclique. Ne disposant d’aucun excédent accumulé précédemment, les autorités sont généralement contraintes, lorsque le pays s’engage dans la récession, de mener une politique restrictive, et non expansionniste. De ce fait, les chocs des termes de l’échange sont bien trop souvent amplifiés, et non atténués, par la politique budgétaire. La question est bien sûr extrêmement complexe mais il est clair que la vulnérabilité des économies d’Amérique latine au cours des récentes décennies est due à de nombreux problèmes d’ordre institutionnel ou politique et pas seulement à des erreurs de la gestion macro-économique. On notera que de nombreux pays de la région ont fait ces dernières années des progrès considérables, notamment en améliorant leur système fiscal et en adoptant un système de change plus flexible de sorte qu’à terme, la situation promet de s’améliorer. Il n’en reste pas moins que cet essai lance une mise en garde.

    Le deuxième essai présente une analyse des conséquences pour les dépenses de consommation de l’immense accroissement du patrimoine des ménages qui a eu lieu dans les pays industrialisés pendant les années 90. Á partir d’une étude empirique originale, qui prolonge les travaux déjà réalisés sur la question, l’essai conclut que l’impact sur la consommation est plus important dans les pays dont le système financier repose principalement sur le marché (comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada) que dans ceux où il est surtout fondé sur l’intermédiation bancaire (comme le Japon, l’Allemagne, la France et l’Italie). Dans le premier groupe de pays, le taux d’épargne a perdu 6 points pendant les années 90 sous l’effet de l’accroissement considérable du patrimoine actions—et 8 points si l’on considère en outre le patrimoine immobilier. En revanche, dans le second groupe de pays, l’accroissement du patrimoine actions n’a guère influé sur le taux d’épargne et la hausse des prix des logements a réduit ce taux d’environ VA point. Non seulement le patrimoine des ménages s’est-il fortement apprécié, mais l’analyse établit par ailleurs que la consommation est devenue de plus en plus sensible à l’évolution des cours boursiers et des prix des logements. Dans la mesure où les variations du patrimoine influent sur l’inflation et la production, les cours boursiers et les prix de l’immobilier sont nécessairement devenus, ces dix dernières années, des éléments auxquels la politique monétaire doit prêter une plus grande attention, sans pour autant devoir cibler directement les prix des actifs.

    Le troisième essai est consacré aux objectifs de la politique monétaire dans une période de faible inflation. Il n’y a pas si longtemps, la plupart des pays industrialisés enregistraient des taux d’inflation durablement supérieurs à 10%. Le succès avec lequel ces pays ont établi une faible inflation est attribué, pour une bonne part, à des changements généralisés dans la conduite de la politique monétaire, notamment des réformes institutionnelles qui ont favorisé une attitude plus rigoureuse face à l’inflation, ainsi qu’à l’évolution favorable du comportement du secteur privé qui leur a fait écho. Ces changements ont eu lieu lorsque les économistes et les autorités ont commencé à s’apercevoir que pour maintenir une faible inflation, l’important n’était pas seulement de fixer des règles appropriées pour la politique monétaire, mais aussi de bien concevoir les institutions de la banque centrale. Une plus grande indépendance de la banque centrale, la transparence de ses opérations, l’adoption de diverses formes de ciblage et la nomination de gouverneurs solidement attachés à la lutte contre l’inflation sont autant d’éléments qui ont contribué à une réduction systématique de l’inflation dans de nombreuses régions du monde. Les bonnes politiques et, surtout, les bonnes institutions—dont dépend la viabilité des politiques—sont importantes.

    Dans le nouveau contexte de faible inflation, les objectifs des banques centrales doivent devenir plus symétriques parce qu’il faut peser le risque d’une accélération de l’inflation au regard de celui de la déflation. En raison de la rigidité à la baisse des prix et des salaires nominaux, l’ajustement à la déflation est une opération douloureuse. Si, de surcroît, les anticipations inflationnistes sont faibles, la déflation détermine un plancher à la baisse (à court terme) du taux d’intérêt réel que peut réaliser la banque centrale, étant donné que le taux nominal ne peut pas tomber au-dessous de zéro. Comme l’indique le chapitre III, consacré aux récessions, la déflation était un déterminant important des récessions avant la première guerre mondiale et dans l’entre-deux-guerres mais elle a largement disparu depuis la seconde guerre mondiale dans les pays industrialisés. Les problèmes créés par la déflation en cours au Japon mettent en évidence les dangers et les risques encourus lorsqu’on laisse l’inflation dériver ainsi vers des taux négatifs. La perspective préoccupante de la déflation donne à penser que les banques centrales devraient réagir de façon plus volontariste à des chocs prononcés déprimant l’activité. À quelle hauteur la banque centrale doit-elle porter le taux d’inflation visé pour réduire le danger d’une déflation durable? D’après ce troisième essai, le risque d’engager une spirale déflationniste augmente sensiblement lorsque l’objectif pour l’inflation est abaissé au-dessous de 2%. Néanmoins, un taux légèrement inférieur devrait être acceptable pourvu que les marchés soient suffisamment flexibles dans la région et que les autorités soient attentives à toute dérive temporaire du taux d’inflation vers des valeurs négatives.

    Kenneth Rogoff

    Conseiller économique et Directeur du Département des études

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