Front Matter

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
    Share
    • ShareShare
    Show Summary Details

    Manuel de l’indice des prix à la production

    Théorie et pratique

    Organisation internationale du travail

    Fonds monétaire international

    Organisation de coopération et de développement économiques

    Commission économique des Nations Unies pour l’Europe

    Banque mondiale

    2004

    Copyright © 2004

    Édition française © 2009

    International Bank for Reconstruction and Development / The World Bank International Labour Organization

    International Monetary Fund

    Organisation for Economic Co-operation and Development

    United Nations

    Édition française

    Section française

    Département de la technologie

    et des services généraux du FMI

    All rights reserved

    Manufactured in the United States of America

    ISBN 1-58906-304-X

    Cataloging-in-Publication Data

    Manuel de l’indice des prix à la production: théorie et pratique.

    [Washington, D.C.]: Fonds monétaire international, 2004.

    p. ; cm.

    ISBN 978-1-58906-305-1

    French translation of: Producer price index manual: theory and practice.

    «Organisation internationale du travail; Fonds monétaire international; Organisation de coopération et de développement économiques; Commission économique des Nations Unies pour l’Europe; Banque mondiale.»

    Includes bibliographical references.

    1. Wholesale price indexes—Handbooks, manuals, etc. I. Title. II. International Monetary Fund.

    HB225 .P76314 2004

    Prix: 125 dollars EU

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    700 19th Street, N.W., Washington, DC 20431 (USA)

    Téléphone: (202) 623-7430 Télécopie: (202) 623-7201

    Messagerie électronique: publications@imf.org

    Internet: www.imfbookstore.org

    Table des matières

    Avant-propos

    Le Manuel de l’indice des prix à la production remplace le Manuel d’indices des prix à la production pour les biens industriels (série M, no 66) paru en 1979. Sa rédaction, organisée par le Groupe de travail intersecrétariats sur les statistiques des prix (IWGPS), a été entreprise sous la responsabilité de cinq organisations internationales, à savoir: le Bureau international du travail (BIT), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE–ONU) et la Banque mondiale. Sa publication est assurée conjointement par les cinq organisations.

    Cet ouvrage propose un ensemble d’informations et d’explications complètes et détaillées sur l’établissement des indices des prix à la production (IPP). Rédigé à l’intention des pays développés aussi bien que des pays en développement, il passe en revue les questions conceptuelles et théoriques dont les offices de statistique doivent tenir compte pour répondre aux problèmes que l’établissement d’un IPP peut poser au quotidien. Ses différents chapitres couvrent un large éventail de sujets, analysent en détail les pratiques en vigueur à l’heure actuelle, proposent le cas échéant d’autres méthodes et comparent les avantages et inconvénients de chacune des solutions avancées. Compte tenu de sa vocation exhaustive, il devrait pouvoir répondre aux besoins de nombreux utilisateurs.

    Le présent Manuel a pour principal objectif d’aider les statisticiens chargés d’établir un IPP, en particulier dans les pays qui entreprennent de réviser ou mettre en place cet indice. Il fait fond sur une large gamme d’expériences et de compétences pour présenter des méthodes de mesure pratiques et adaptées au but visé, et devrait aussi aider les pays à se doter d’IPP qui se prêtent davantage aux comparaisons internationales effectuées par les offices nationaux de statistique et les institutions multilatérales. Parce qu’il rassemble une somme de connaissances sur cette question, le Manuel de l’IPP peut aussi servir d’instrument d’apprentissage individuel ou d’outil pédagogique pour des cours de formation.

    L’ouvrage s’adresse également à d’autres utilisateurs des IPP, tels que les employeurs et les salariés, les décideurs ou les chercheurs. Il fournira à tous des précisions sur les différentes méthodes employées pour recueillir les données et calculer les indices, mais aussi sur les limites de ces méthodes, de façon à ce que les résultats puissent être correctement interprétés.

    La rédaction et la révision de ce Manuel ont nécessité de nombreuses réunions qui se sont échelonnées sur cinq ans et auxquelles ont participé des experts d’offices nationaux de statistique, d’organisations internationales et régionales, des milieux universitaires et des instituts de recherche. Le nouveau Manuel doit beaucoup à leur sagesse et à leurs conseils.

    La version électronique du Manuel peut être consultée sur le site Internet du FMI, à l’adresse www.imf.org. L’IWGPS voit dans cet ouvrage un document évolutif appelé à être modifié et mis à jour pour traiter tel ou tel point plus en détail. C’est ce qui ressort dès à présent des remarques et recommandations formulées par les groupes internationaux chargés de réviser l’IPP, le Groupe de travail intersecrétariats sur les statistiques du secteur des services (Groupe de Voorburg) et le Groupe de travail intersecrétariats sur les indices de prix (Groupe d’Ottawa).

    L’IWGPS encourage les lecteurs à lui faire part de leurs commentaires. Ceux-ci peuvent être adressés au Département des statistiques du FMI (adresse électronique: TEGPPI@imf.org) afin d’être pris en compte, le cas échéant, dans de futures révisions du Manuel.

    A. Sylvester YoungHeinrich Brüngger
    DirecteurDirecteur
    Bureau de statistiqueDivision de statistique
    Bureau international du travailCommission économique des Nations Unies pour l’Europe
    Rodrigo de RatoShaida Badiee
    Directeur généralDirectrice
    Fonds monétaire internationalGroupe de données de développement Banque mondiale
    Enrico Giovanini
    Directeur
    Direction des statistiques
    Organisation de coopération et de développement économiques

    Préface

    La Banque mondiale, le Bureau international du travail (BIT), la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE–ONU), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et un groupe d’experts de divers offices de statistique nationaux ou universités ont collaboré, depuis 1998, à l’élaboration du Manuel de l’indice des prix à la production (IPP). Ils ont consulté à ce titre un grand nombre d’utilisateurs potentiels du Manuel et sollicité leurs concours sur différentes questions pratiques. Les organisations parrainant ces travaux souscrivent aux principes et recommandations énoncés, qui définissent selon elles la marche à suivre par les offices de statistique pour établir et suivre un IPP. Il se peut toutefois que, en raison de contraintes matérielles et financières, quelques-unes des recommandations formulées ne puissent être appliquées immédiatement par certains offices de statistique. Elles devraient alors tenir lieu d’orientations aux offices qui entreprennent de réviser leur IPP ou d’améliorer les programmes engagés dans ce domaine. Il n’est pas toujours possible d’apporter une réponse claire et nette aux problèmes concrets que posent les indices, tels que la mise en place de dispositifs d’échantillonnage spécifiques, le choix d’une formule d’estimation de l’indice adéquate ou les modalités de traitement des changements de qualité et de l’apparition de produits nouveaux. Les offices de statistique devront s’appuyer sur les principes fondamentaux énoncés dans le présent Manuel et sur la théorie économique et statistique pour trouver des solutions pratiques.

    A. Indices des prix à la production

    Les IPP mesurent le taux de variation des prix des biens et services achetés et vendus par les producteurs. L’IPP des extrants mesure le taux de variation des prix des produits vendus au moment où ils quittent le lieu de production, l’IPP des intrants mesure le taux de variation des prix des intrants (biens ou services) achetés par le producteur et l’IPP de la valeur ajoutée correspond à une moyenne pondérée des deux.

    Le Manuel de l’IPP répond aux besoins de différents lecteurs. Les statisticiens chargés d’établir les IPP, d’abord: ce Manuel et d’autres ouvrages, guides ou manuels pratiques sont, à divers titres, importants pour ces derniers. Premièrement, les pays doivent produire des statistiques selon des modalités comparables, de façon à pouvoir procéder à des comparaisons internationales fiables des résultats et comportements économiques en suivant les meilleures pratiques en vigueur. Deuxièmement, les statisticiens de chaque pays ne devraient pas avoir à décider seuls des questions méthodologiques. Le Manuel s’appuie sur un large éventail d’expériences et d’expertises pour définir des méthodes de mesure pratiques et répondre aux problèmes qui se posent à ce niveau. Ces questions et ces méthodes de mesure ne sont pas toujours simples, et le Manuel bénéficie des apports théoriques et pratiques les plus récents dans ce domaine. Troisièmement, les écrits consacrés à la mesure des IPP sont dispersés dans de multiples publications, et le présent Manuel s’efforce de rassembler une grande partie des connaissances actuelles sur ce sujet. Il peut donc constituer un ouvrage de référence et un outil de formation utiles. Quatrièmement, enfin, le Manuel se veut aussi une référence indépendante pour évaluer les méthodes de travail d’un office de statistique et, le cas échéant, la nécessité d’en changer. Cependant, il doit aussi permettre de répondre aux besoins des utilisateurs. Ces derniers devraient non seulement être au courant des méthodes employées par les offices de statistique pour recueillir des données et établir des indices, mais aussi des risques d’erreurs et de biais qui s’y attachent, de façon à pouvoir interpréter correctement les résultats obtenus. La théorie des indices présente par exemple de nombreuses questions sur les biais de formules d’indice, sur lesquels le Manuel s’étend longuement.

    Recueillir des données pour les IPP n’est pas une mince affaire. Concrètement, cela suppose que l’on procède au tirage, à partir d’un échantillon d’établissements représentatif, d’un ensemble bien défini de produits dont les variations de prix moyennes sont représentatives de celles des millions de transactions qui ont lieu. Les offices de statistique suivent alors les prix de ces produits à intervalles périodiques (d’ordinaire mensuels) et pondèrent les variations de prix en fonction des recettes nettes dégagées par chacun d’eux. Cela dit, la qualité des biens produits peut changer, car de nouveaux établissements et de nouveaux produits apparaissent tandis que d’autres plus anciens disparaissent de façon saisonnière ou définitive. Les offices de statistiques doivent suivre de près les changements de qualité éventuels, tout en étant tenus de produire chaque mois un indice représentatif, et ce dans les meilleurs délais.

    Il est important aussi de s’appuyer, pour établir ces indices, sur des fondements théoriques solides connus aussi bien des praticiens que des utilisateurs. Les besoins de ces derniers doivent être bien compris, de même que la façon dont l’indice répond aux attentes de chacun. Fort heureusement, les recherches consacrées à ces questions sont nombreuses et, pour beaucoup d’entre elles, relativement récentes. Ce Manuel couvre l’aspect théorique des indices pour étayer certaines considérations pratiques.

    Le Manuel propose une série de lignes directrices aux offices de statistique et autres organismes chargés d’établir l’IPP, en partant du principe que les ressources dont ils disposent à cet effet sont limitées. Calculer un IPP ne se limite pas à suivre automatiquement un simple jeu de règles ou un ensemble type de procédures adaptées à n’importe quelle situation. Bien que certains principes généraux soient d’application universelle, les procédures suivies dans la pratique varient selon les circonstances. Les offices de statistique doivent faire des choix, que ce soit pour les procédures de relevé ou de traitement des prix ou pour les méthodes d’agrégation. D’autres facteurs jouent aussi un rôle majeur dans l’adoption d’une méthodologie: l’usage principal de l’indice, la nature des marchés et des pratiques de fixation des prix en vigueur dans le pays, mais aussi les ressources disponibles. Le Manuel explique les concepts ou principes économiques et statistiques qui peuvent leur permettre d’opter, en toute connaissance de cause, pour des solutions efficaces et rentables.

    Le Manuel fait fond sur l’expérience accumulée par de nombreux offices de statistique à travers le monde. Les méthodes que ceux-ci utilisent ne sont pas figées, mais, pour diverses raisons, évoluent et s’améliorent sans cesse. En premier lieu, la recherche affine sans cesse la théorie économique et statistique sur laquelle reposent les IPP et consolide ces derniers. Ainsi, les travaux récents améliorent notre connaissance des avantages et inconvénients des diverses formules ou méthodes de traitement des données sur les prix de base recueillies pour construire les IPP, et les progrès récents des technologies de l’information ou des communications influent eux aussi sur les méthodes d’établissement des IPP. L’évolution de la théorie et des données statistiques peut peser sur toutes les étapes du calcul des IPP. Les technologies nouvelles peuvent modifier les méthodes employées pour relever les prix et les communiquer à l’office central de statistique. Elles peuvent aussi améliorer le traitement et la vérification des données, notamment les méthodes d’ajustement des prix des biens et des services pour tenir compte des changements de qualité. Enfin, l’amélioration des formules permet de calculer des indices de niveau supérieur plus exacts.

    B. Le contexte de la présente révision

    Certaines normes internationales de statistiques économiques ont évolué principalement pour permettre d’établir des statistiques qui se prêtent à des comparaisons internationales. Mais ce travail normatif peut aussi avoir pour but d’aider les pays eux-mêmes à tirer parti des expériences et des connaissances accumulées à travers le monde. L’échange d’informations sur les méthodes de calcul des indices ne peut qu’être profitable à tous les pays. L’ONU a publié le Manual on Producers’ Price Indices for Industrial Goods (ONU, 1979) il y a plus de 25 ans, et les méthodes et procédures présentées alors ne sont plus appliquées aujourd’hui, car la théorie et la pratique des indices, de même que la technologie, ont beaucoup progressé ces vingt dernières années.

    B.1 Quelques sujets de préoccupation liés aux méthodes d’indice actuelles

    Le Manuel de l’IPP met à profit les multiples études consacrées récemment à la théorie des indices et aux méthodes d’indice pour répondre aux préoccupations évoquées ci-dessus. Il recommande de nombreuses pratiques nouvelles au lieu de se borner à codifier les usages en vigueur dans les offices de statistique. Il y a plusieurs raisons à cela.

    Premièrement, la méthodologie traditionnelle utilisée pour calculer un IPP typique repose sur un indice de Laspeyres à quantités fixes se rapportant à une période de référence antérieure. Cet indice est construit en choisissant un panier de biens et services représentatif des recettes de la période de référence qui est valorisé aux prix de la période de référence, puis en valorisant ce même panier aux prix de la période en cours. Dans ce cas, l’IPP cible est défini comme le rapport de ces deux recettes. Les praticiens utilisent cette méthode parce qu’elle présente au moins trois avantages pratiques. D’abord, elle est facile à expliquer au public. Ensuite, elle peut utiliser des informations sur les pondérations souvent onéreuses et anciennes tirées de la dernière enquête (voir d’une enquête encore antérieure) ou de sources administratives (au lieu de requérir des données pour le mois en cours). Enfin, elle n’a pas besoin d’être révisée si les utilisateurs acceptent le principe de la formule de Laspeyres. Cette dernière présente au demeurant, toujours en ce qui concerne la facilité d’explication, un autre avantage notable: il y a associativité de l’agrégation, en ce sens que l’indice de Laspeyres peut être décomposé en sous-agrégats interconnectés les uns aux autres de façon simple.

    Les offices de statistique établissent leur indice de Laspeyres sous forme de rapport de prix (variation des prix par rapport à la période de référence) et de parts de recettes (de la période de référence). Ainsi présenté, il peut s’écrire comme la somme des parts de recettes dégagées par les différents produits élémentaires de l’indice dans la période de référence multipliées par les rapports de prix correspondants. Malheureusement, bien que l’indice de Laspeyres soit un concept simple, son calcul continue de poser une série de problèmes. Les offices de statistique ont donc adopté des approximations de l’indice de Laspeyres théorique cible.

    • Jusqu’à une période récente, il n’a pas été possible d’obtenir des parts de recettes exactes pour la période de référence jusqu’au niveau le plus fin d’agrégation des produits. Les offices de statistique se contentent donc des pondérations des recettes de la période de référence au niveau de groupes de 100 à 1.000 produits.

    • Pour chacun des agrégats de produits choisis, les offices de statistique relèvent un échantillon de prix représentatifs pour des transactions spécifiques d’établissements au lieu d’énumérer chacune des transactions possibles. Ils utilisent des formules d’indice pondérées de façon symétrique (plutôt qu’en fonction des recettes) pour agréger ces prix de produits élémentaires en un indice d’agrégat élémentaire, lequel servira à son tour de rapport de prix pour chacun des groupes de 100 à 1.000 produits dans l’indice de Laspeyres de niveau supérieur. Les praticiens reconnaissent que cette procédure en deux temps n’est pas parfaitement conforme à la méthodologie de Laspeyres (qui suppose qu’il y ait pondération à chaque niveau d’agrégation). Ils estiment cependant, pour des raisons théoriques et pratiques, que les rapports de prix des indices d’agrégat élémentaire ainsi obtenus seront assez exacts pour être inclus dans la formule de Laspeyres au niveau d’agrégation final.

    La méthodologie de l’indice type qui vient d’être présentée remonte aux travaux effectués par Mitchell (1927), Knibbs (1924) et quelques autres pionniers il y a environ 80 ans de cela, et est encore utilisée de nos jours.

    Bien que la plupart des offices de statistique utilisent traditionnellement comme indice cible l’indice de Laspeyres, la théorie économique et la théorie des indices laissent penser que d’autres types d’indice—ceux de Fisher, Walsh ou Törnqvist–Theil, par exemple—constitueraient des cibles plus indiquées. Comme on le sait, l’indice de Laspeyres est entaché d’un biais positif par rapport à ces autres indices cibles. Il est bien sûr possible que ces derniers ne puissent pas être calculés par un office de statistique, mais il n’en faut pas moins se donner une cible théorique, quelle qu’elle soit. La fixation d’une cible est nécessaire aussi pour déterminer à quel point l’indice effectivement produit par un office de statistique se rapproche de l’idéal théorique. Les chapitres du Manuel consacrés aux questions théoriques décrivent les quatre principales approches de la théorie des indices:

    • 1) l’approche du panier-type et des moyennes symétriques de paniers-types (chapitre 15);

    • 2) l’approche stochastique, ou estimateur statistique (chapitre 16);

    • 3) l’approche axiomatique, ou approche des tests (chapitre 16);

    • 4) l’approche économique (chapitre 17).

    Les approches 3 et 4 sont familières aux statisticiens des prix et des utilisateurs chevronnés de l’IPP, mais les approches 1 et 2 appellent peut-être des précisions.

    L’indice de Laspeyres est un exemple d’indice de panier-type. Le problème, d’un point de vue théorique, est qu’il existe une formule «jumelle» tout aussi valable pour les deux périodes considérées: l’indice de Paasche, qui utilise les pondérations en quantités de la période en cours. Lorsqu’il existe deux estimateurs aussi valables l’un que l’autre pour le même concept, la théorie statistique nous invite à faire la moyenne des deux estimateurs pour obtenir un estimateur plus précis. Il existe toutefois plusieurs types de moyenne, et le choix de la «meilleure» d’entre elles n’est pas sans importance. Selon le Manuel, les «meilleures» moyennes d’indice à base fixe sont la moyenne géométrique des indices de Laspeyres et de Paasche (l’indice idéal de Fisher) et la moyenne géométrique des pondérations en quantités des deux périodes (l’indice de Walsh). Pour les statisticiens concernés, le «meilleur» indice est une moyenne géométrique des rapports de prix que pondère la moyenne des parts de recettes sur les deux périodes (l’indice de Törnqvist–Theil).

    La théorie des indices nous apprend encore une chose qui doit être mentionnée ici, à savoir la difficulté de définir le prix et la quantité des produits à utiliser pour chaque période dans la formule d’indice. En effet, l’établissement peut vendre une spécification particulière d’un même produit à des différents prix dans la période considérée. Quel est alors le prix le plus représentatif des ventes de cette transaction pour la période? La réponse est à l’évidence la valeur unitaire de la transaction pour cette période, puisque ce prix s’appariera à la quantité vendue pendant la période pour donner un produit égal à la valeur des ventes1.

    Ceci étant posé, la méthodologie de l’IPP type soulève une série de problèmes. Les six principaux sujets de préoccupation sont les suivants2:

    • 1) Au niveau d’agrégation final, l’IPP type n’est pas un véritable indice de Laspeyres car les pondérations des recettes se rapportent à une année de référence différente du mois (ou trimestre) de référence des prix. Les pondérations de dépenses choisies ont donc une fréquence annuelle, tandis que les prix sont relevés tous les mois. Dans un véritable indice de Laspeyres, la période de référence pour les recettes doit coïncider avec la période de référence pour les prix. Dans la pratique, la formule effectivement utilisée par beaucoup d’offices de statistique au niveau d’agrégation final est celle d’un indice dans lequel la période de référence des pondérations précède celle des prix. Les indices de ce type afficheront probablement un certain biais positif par rapport à un véritable indice de Laspeyres, en particulier si les pondérations de dépenses sont actualisées par les prix de la période de référence des pondérations à la période de base de l’indice de Laspeyres. Il s’ensuit que ces indices sont nécessairement entachés de biais positifs par rapport à des indices cibles théoriques comme ceux de Fisher, Walsh ou Törnqvist–Theil.

    • 2) Aux premiers niveaux d’agrégation, ce sont des moyennes non pondérées des prix ou rapports de prix qui sont employées. Jusqu’à la période relativement récente où les données sur une entreprise saisies par lecture optique sont devenues plus accessibles, on pensait que les biais pouvant résulter de l’utilisation d’indices non pondérés n’étaient pas particulièrement significatifs. Cependant, certaines observations font apparaître aujourd’hui que les niveaux d’agrégation inférieurs pourraient être entachés de biais positifs importants par rapport aux résultats des indices cibles préférés mentionnés plus haut.

    • 3) Le troisième sujet de préoccupation est le suivant: si les offices de statistique reconnaissent d’ordinaire que le traitement des changements de qualité et des produits nouveaux pose des problèmes, il est difficile de mettre au point une méthodologie cohérente qui puisse les résoudre lorsque l’on a choisi un indice de Laspeyres à base fixe. La «régression hédonique» est la plus répandue des pratiques optimales d’ajustement des indices de prix en fonction de la qualité. Dans ce contexte, le prix d’un produit à un moment donné est fonction de ses caractéristiques par rapport à celles des plus proches remplaçants. En fait, les modalités d’intégration de la régression hédonique dans le cadre théorique de l’IPP soulèvent bien des controverses. Les chapitres théoriques et pratiques du Manuel font une large place à ces problèmes méthodologiques. Les difficultés liées à la disparition de produits anciens et à l’apparition de nouveaux modèles sur le marché sont beaucoup plus graves qu’elles ne l’étaient lorsque la méthode traditionnelle de l’IPP a été mise au point il y a environ 80 ans (ce problème était alors largement ignoré). Pour de nombreuses catégories de produits, les modèles dont le prix a été relevé en début d’année ne sont tout simplement plus disponibles en fin d’année. L’amenuisement progressif de l’échantillon pose d’énormes problèmes qui se répercutent sur le plan méthodologique et, aux niveaux d’agrégation inférieurs, il devient nécessaire (au moins pour de nombreuses catégories de produits) d’utiliser les indices-chaînes plutôt que les indices à base fixe. Certains indices non pondérés sont entachés de biais importants lorsqu’ils sont chaînés.

    • 4) Le quatrième sujet de préoccupation, lié au premier, concerne le traitement des produits saisonniers. L’utilisation d’un ensemble de produits annuel ou de parts de recettes annuelles se justifie dans une certaine mesure si l’on s’intéresse aux tendances des variations de prix sur le long terme. Cependant, si l’accent est mis sur le court terme (en glissement mensuel)—comme c’est le cas pour les banques centrales—, il est manifeste que l’utilisation de pondérations annuelles risque de lancer des signaux trompeurs dans une perspective à court terme, puisque les variations mensuelles des prix des produits dont ce n’est pas la saison (auxquels sont donc attribués des pondérations faibles pour les deux mois considérés) peuvent être fortement amplifiées si l’on utilise des pondérations annuelles. Le problème des pondérations saisonnières est important lorsque les produits ne sont pas du tout offerts pendant certains mois de l’année. Il y a certes des solutions aux problèmes des produits saisonniers, mais elles ne plaisent guère aux statisticiens qui utilisent l’IPP traditionnel car elles supposent la construction de deux indices, l’un pour mesurer les variations de prix à court terme et l’autre (plus exact) pour suivre l’évolution des prix à long terme, corrigée des variations saisonnières.

    • 5) Cinquième sujet de préoccupation, la méthodologie de l’IPP type est en général d’exclure les services du cadre de l’indice. Un IPP type inclut les activités extractives, et de fabrication ainsi que l’approvisionnement en eau, gaz et électricité, le tout étant normalement regroupé dans un indice des prix à la production dans l’industrie. De nombreux pays y ajoutent aussi les prix agricoles. Au total donc l’IPP couvre beaucoup plus d’activités de production de biens que de services. D’une certaine façon, cela ne fait que refléter l’historique de la théorie de l’IPP. Pendant 80 ans, les IPP nationaux ont couvert essentiellement les biens, mais ces derniers étaient à cette époque beaucoup plus importants que les services. Il n’y avait donc guère de raisons de s’intéresser beaucoup aux problèmes posés par la mesure des services. Ce n’est que depuis une trentaine d’années que, parallèlement au passage à une économie du tertiaire, la production de services en est venue à dépasser la production de biens. En plus du simple problème d’inertie, la mesure des prix de nombreux services pose une série de difficultés conceptuelles graves. Les services d’assurance, les jeux de hasard, les services financiers, la publicité, les télécommunications (et leurs plans complexes), les services de loisirs ou les services commerciaux sont autant d’exemples de services difficiles à mesurer. Bien souvent, les offices de statistique ne disposent tout simplement pas des méthodes appropriées pour résoudre ces délicats problèmes théoriques d’évaluation. C’est pourquoi les prix à la production des IPP du secteur des services n’ont pas été largement mesurés3.

    • 6) Enfin, la méthodologie de l’IPP actuelle tend à ne pas reconnaître qu’il faut plus d’un IPP pour répondre aux besoins des différents utilisateurs. Or, il existe en fait trois types d’IPP susceptibles d’intéresser ces derniers: les indices des prix des extrants bruts, l’indice des prix des intrants intermédiaires et les indices des prix de la valeur ajoutée. La plupart des pays se concentrent sur la production d’un indice des prix des extrants par produit et par secteur d’activité, et n’accordent que peu d’attention aux indices des prix des intrants. L’utilité de disposer d’indices multiples est illustrée aussi par l’opposition des indices des prix des extrants bruts aux indices des prix sectoriels nets. L’agrégation d’indices des prix des extrants bruts par secteur ou par produit entraîne un double comptage des effets des variations des prix des intrants—ceux-ci sont inclus à la fois dans l’indice du secteur d’origine et dans celui du secteur utilisateur. Les indices sectoriels nets excluent les effets de prix intersectoriels, et donnent par conséquent une mesure plus fiable de l’évolution de l’inflation dans la chaîne de production. Par ailleurs, certains utilisateurs peuvent avoir besoin au plus vite d’informations sur l’évolution des prix en glissement mensuel. Pour ce faire, il faut disposer d’un IPP à pondérations fixes du type des IPP actuels, dans lesquels les informations courantes sur les pondérations ne sont pas forcément disponibles. Mais d’autres pays peuvent préférer une mesure plus exacte ou plus représentative des variations de prix et accepter, pour cela, de sacrifier l’actualité des données à leur exactitude. Les offices de statistique peuvent donc produire l’un des indices théoriques cibles (Fisher, Walsh ou Törnqvist–Theil) utilisant les données sur les pondérations de la période courante et de la période de référence, avec un retard d’un an ou deux. Ce sont là des manières de procéder tout à fait rationnelles, car les utilisateurs n’ont pas tous les mêmes besoins. Comme ces approches ont toutes trois des atouts solides, il serait bon que l’office de statistique en choisisse une comme indice officiel, tout en proposant les deux autres à titre de «séries analytiques» aux utilisateurs intéressés. L’utilité d’établir des indices multiples se manifeste aussi dans le cas des produits saisonniers. L’IPP ordinaire est un indice en glissement mensuel, et il est implicitement supposé que tous les produits sont disponibles chaque mois. Comme il est noté au point 4), cette hypothèse n’est pas justifiée. Dans ce contexte, un IPP en glissement mensuel ne sera pas aussi «exact» qu’un IPP qui compare les prix des produits d’un mois donné aux prix des produits correspondants le même mois un an plus tôt. Là encore, on voit la nécessité de disposer d’indices multiples pour répondre aux besoins des différents utilisateurs.

    Bon nombre de ces préoccupations sont évoquées dans le Manuel de l’IPP. Un échange de vues franc et ouvert sur ces questions devrait encourager les économistes et statisticiens des universités à s’attaquer à ces problèmes de mesure et à trouver de nouvelles solutions applicables par les offices de statistique. La sensibilisation du public à ces problèmes devrait conduire les gouvernements à prendre conscience de la nécessité d’affecter des ressources supplémentaires aux offices de statistique afin d’améliorer ces mesures économiques. Il est urgent, en particulier, de combler certaines des lacunes qui existent dans la mesure des extrants du secteur des services.

    B.2 Efforts déployés pour répondre aux préoccupations soulevées par les méthodes d’indice

    Il y a plusieurs années déjà, la nécessité d’approfondir un certain nombre de problèmes méthodologiques en suspens et controversés est devenue manifeste. Un groupe d’experts, composé de spécialistes de l’indice des prix venus d’offices nationaux de statistique, d’organisations internationales et de milieux universitaires du monde entier, a été formé pour discuter de ces questions. Il s’est réuni pour la première fois à Ottawa en 1994. Lors des six réunions qu’il a tenues entre 1994 et 2001, plus d’une centaine d’études sur la théorie et la pratique des indices de prix ont été présentées et examinées par le Groupe d’Ottawa. Si les travaux ont porté principalement sur les indices des prix à la consommation (IPC), beaucoup des questions évoquées avaient des prolongements pour l’IPP. Il est devenu évident qu’il était possible d’améliorer et de consolider les méthodes utilisées pour l’IPP et l’IPC.

    En outre, le Groupe de Voorburg sur les statistiques du secteur des services, qui réunit les représentants d’un grand nombre d’offices nationaux de statistique, a tenu des réunions annuelles pendant plus de dix ans. Beaucoup des points de son ordre du jour avaient trait à l’extension des IPP nationaux au secteur des services et à ses produits. Le Groupe a élaboré de nombreux documents et concepts techniques sur les méthodes d’établissement d’un IPP des services. Ces études servent de référence aux pays qui souhaitent s’en inspirer.

    Dans le même temps, la maîtrise de l’inflation est devenue presque partout une priorité majeure. Les responsables économiques font largement appel à l’IPP pour mesurer et suivre l’inflation. Le ralentissement de l’inflation dans de nombreuses régions du monde au cours des années 90 (par rapport aux années 70 et 80), loin d’émousser l’intérêt pour l’IPC et l’IPP, l’a au contraire ravivé. On note aujourd’hui une demande accrue de mesures plus exactes, plus précises et plus fiables de l’évolution des prix l’inflation. Lorsque le taux d’inflation tombe à 2 ou 3% par an, même une petite erreur ou un faible biais de l’IPC deviennent en effet importants.

    Pour s’assurer de l’exactitude des indices de prix, les gouvernements ou instituts de recherche de certains pays ont chargé des groupes d’experts d’examiner et d’évaluer les méthodes utilisées, en particulier pour l’IPC. La méthodologie de calcul de l’IPC et de l’IPP a suscité un intérêt et fait l’objet d’un examen sans précédent de la part du grand public. Il en est ressorti, entre autres, que les méthodes actuelles pourraient être entachées d’un biais positif, dans la mesure notamment où l’on ne tiendrait pas assez compte des améliorations de la qualité de nombreux biens et services. En fait, l’ampleur et le sens du biais varient bien sûr selon les groupes de produits, et son effet total sur l’économie n’est pas le même d’un pays à l’autre. Il n’en reste pas moins que ce biais peut être considérable. Le Manuel de l’IPP propose donc un examen assez approfondi du traitement des changements de qualité, en s’inspirant des études les plus récentes sur cette question. Mais le biais constaté peut découler aussi de l’omission ou d’une prise en compte inadéquate des modifications apportées à l’assortiment de biens produits, par exemple, ou peut s’expliquer par une réorientation de la production d’un produit à un autre lorsqu’ils affichent tous deux des taux de variation des prix différents. Enfin le biais peut résulter des méthodes utilisées pour procéder aux échantillonnages et relever les prix. Plusieurs chapitres traitent de ces questions et les erreurs ou biais possibles sont récapitulés au chapitre 11.

    L’IPC est largement utilisé pour indexer des prestations sociales telles que les pensions, indemnités de chômage et autres paiements publics. Les effets cumulés d’un biais, aussi faible soit-il, peuvent donc avoir à la longue un impact financier considérable sur les budgets publics. De son côté, l’IPP est utilisé avant tout pour indexer les contrats à long terme. C’est pourquoi les organes gouvernementaux, en particulier le ministère des finances, et les entreprises privées manifestent un regain d’intérêt pour les indices de prix, dont ils examinent l’exactitude et la fiabilité avec plus de soin et de rigueur que dans le passé.

    Face aux évolutions décrites ci-dessus, l’idée qu’il convenait de revoir, mettre à jour et développer le manuel de l’ONU s’est peu à peu imposée à la fin des années 90. La révision du manuel Consumer Price Indices: An ILO Manual (BIT, 1989), formellement recommandée lors de la réunion commune CEE–ONU/BIT des experts internationaux de l’IPC tenue à Genève fin 1997, a été confiée aux principales organisations internationales chargées de mesurer l’inflation. Cette stratégie a été avalisée en 1998 par la Commission de statistique des Nations Unies, qui est convenue par ailleurs de transformer le Groupe d’Ottawa en Groupe de travail intersecrétariats sur les statistiques des prix (IWGPS).

    C. Organisation de la révision

    C.1 Agences responsables de la révision

    Les six organisations internationales suivantes, qui s’intéressent à la fois à la mesure de l’inflation et aux moyens de la maîtriser, ainsi qu’à la mesure des déflateurs des comptes nationaux, ont collaboré à la révision des Manuels de l’IPC et de l’IPP.

    • L’Organisation internationale du travail (OIT);

    • le Fonds monétaire international (FMI);

    • l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE);

    • l’Office statistique des Communautés européennes (Eurostat);

    • la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE–ONU);

    • la Banque mondiale.

    Ces organisations continuent d’apporter une assistance technique dans le domaine de l’IPC aux pays en développement et aux pays en transition de la planification centrale à l’économie de marché. Elles ont uni leurs efforts pour réviser les Manuels de l’IPC et de l’IPP, et, pour ce faire, elles ont créé l’IWGPS dont le rôle est d’organiser et de conduire les opérations de révision plutôt que de remplir les fonctions de groupe d’experts.

    L’IWGPS a été chargé:

    • de désigner les spécialistes de l’indice des prix invités à participer au processus de révision soit en qualité de membre du groupe d’experts techniques qui a formulé des conseils sur le contenu du Manuel, soit à titre d’auteur des divers chapitres;

    • de fournir les ressources nécessaires, financières et autres;

    • d’organiser les réunions du groupe d’experts techniques, de préparer son programme de travail et de rédiger les comptes rendus de ses réunions;

    • d’assurer la publication et la diffusion des deux Manuels.

    Certains membres de l’IWGPS étaient aussi membres du groupe d’experts techniques. Il importe de noter que les experts participant à ce groupe ont été invités à se joindre au groupe en qualité d’expert et non pas de représentant ou délégué des offices nationaux de statistique ou autres organismes qui les emploient. Les participants ont ainsi pu donner leur opinion d’expert sans engager en aucune façon la responsabilité des organismes dont ils pouvaient relever.

    C.2 Liens avec le nouveau Manuel de l’indice des prix à la consommation

    L’une des premières décisions de l’IWGPS a été de produire un Manuel de l’IPP parallèlement au Manuel de l’IPC. S’il existe des normes internationales sur les IPC depuis plus de 70 ans, le Manuel de l’IPP produit par les Nations Unies en 1979 est le premier ouvrage international sur les prix à la production. En dépit de l’importance des IPP pour la mesure et l’analyse de l’inflation, les méthodes utilisées pour les construire ont été relativement négligées, que ce soit au niveau national ou sur le plan international.

    L’IWGPS a créé deux groupes d’experts techniques, un pour chaque Manuel, et certains participants se retrouvent membres des deux. Les deux Manuels ont des contenus similaires, ils sont tout à fait cohérents entre eux du point de vue conceptuel et leurs textes sont identiques quand cela se justifie. Les deux équipes ont travaillé en étroite collaboration. Les méthodologies de l’IPP et de l’IPC présentent de nombreux points communs. Toutes deux reposent sur la même théorie économique et statistique, mais l’IPC s’appuie sur la théorie du comportement des consommateurs et l’IPP sur la théorie de la production. Cependant, les deux théories économiques sont isomorphes et conduisent aux mêmes types de conclusions sur l’établissement des indices. Les deux Manuels proposent des applications pratiques opérationnelles (chapitres 1 à 13 et glossaire) qui sont étayées par les fondements théoriques développés aux chapitres 14 à 22.

    La plupart des membres du groupe d’experts techniques sur l’IPC et du Groupe d’experts techniques sur l’IPP participent activement au Groupe d’Ottawa. Les deux Manuels ont pu mettre à profit le contenu et les conclusions des nombreuses études présentées lors des réunions des Groupes d’Ottawa et de Voorburg.

    D. Remerciements

    Le Manuel de l’IPP est l’aboutissement de cinq ans d’activités très diverses. Une première étape a consisté à arrêter les grandes lignes du Manuel puis à recruter les spécialistes chargés d’en rédiger les différents chapitres. Les membres du groupe d’experts techniques sur l’IPP (TEG–IPP) et de l’IWGPS, ainsi que d’autres participants, ont ensuite revu ces avant-projets. L’étape suivante a été l’affichage de ces versions revues des chapitres sur le site du Manuel de l’IPP afin de recueillir les observations des spécialistes et organismes intéressés. Les dernières étapes, enfin, ont été la consultation avec un groupe d’utilisateurs sélectionnés parmi les offices nationaux de statistique, la révision finale du Manuel et la relecture finale du manuscript par James McEuen, du Département des relations extérieures du FMI. Le responsable de la présente publication tient à remercier Mbaye Gueye pour l’aide qu’il a apportée dans la finalisation du Manuel, ainsi que tous ceux qui ont participé à ce processus, avec une mention spéciale pour:

    Les auteurs des différents chapitres (dont le nom est suivi de l’affiliation).

    PréfacePaul Armknecht (responsable de la publication du Manuel de l’IPP, FMI), W. Erwin Diewert (University of British Columbia), Peter Hill (responsable de la publication du Manuel de l’IPC, expert) (Universidad de British Columbia), Peter Hill (responsable de la publication du Manuel de l’IPC, expert)
    Guide du lecteurPaul Armknecht (FMI), Peter Hill (expert)
    Chapitre 1Paul Armknecht (FMI), David Collins (Australian Bureau of Statistics), Peter Hill (expert)
    Chapitre 2Andrew Allen (U.K. Office of National Statistics), Paul Armknecht (FMI), David Collins (Australian Bureau of Statistics)
    Chapitre 3Paul Armknecht (FMI), Irwin Gerduk (U.S. Bureau of Labor Statistics)
    Chapitre 4Paul Armknecht (FMI)
    Chapitre 5Paul Armknecht (FMI), Fenella Maitland-Smith (OCDE)
    Chapitre 6Andrew Allen (U.K. Office of National Statistics), David Collins et Matthew Berger (Australian Bureau of Statistics)
    Chapitre 7Mick Silver (Cardiff University)
    Chapitre 8Mick Silver Cardiff University)
    Chapitre 9Carsten B. Hansen (Denmark Central Bureau of Statisitcs), Peter Hill (expert), Robin Lowe (Statistics Canada), Mick Silver (Cardiff University)
    Chapitre 10Dennis Fixler (responsable de la rédaction du chapitre, U.S. Bureau of Economic Analysis), avec la contribution des offices de statistique suivants: Australian Bureau of Statistics, Statistics Canada, Statistics Singapore et U.S. Bureau of Labor Statistics
    Chapitre 11Mick Silver (Cardiff University)
    Chapitre 12David Fenwick (U.K. Office of National Statistics), Yoel Finkel (Israel Central Bureau of Statistics)
    Chapitre 13Paul Armknecht (FMI), Tom Griffin (expert)
    Chapitre 14Kimberly Zieschang (FMI)
    Chapitre 15W. Erwin Diewert (University of British Columbia), Paul Armknecht (FMI)
    Chapitre 16W. Erwin Diewert (University of British Columbia)
    Chapitre 17W. Erwin Diewert (University of British Columbia)
    Chapitre 18W. Erwin Diewert (University of British Columbia)
    Chapitre 19W. Erwin Diewert (University of British Columbia)
    Chapitre 20W. Erwin Diewert (University of British Columbia), Mick Silver (Cardiff University)
    Chapitre 21Mick Silver (Cardiff University), W. Erwin Diewert (University of British Columbia)
    Chapitre 22W. Erwin Diewert (University of British Columbia), Paul Armknecht (FMI)
    GlossaireDavid Roberts (OCDE), Paul Schreyer (OCDE)
    Annexe du glossaireBert Balk (Netherlands Bureau of Statistics, annexe)

    Les membres de l’IWGPS et du groupe d’experts techniques sur l’IPP.

    IWGPS: les organisations participantes sont les suivantes: Eurostat, OIT, FMI, OCDE, Banque mondiale et CEE–ONU. le responsable de la publication du Manuel de l’IPC (Peter Hill), le président du groupe d’experts techniques sur l’IPC (David Fenwick) et le responsable de la publication du Manuel de l’IPP et président du groupe d’experts techniques sur l’IPP (Paul Armknecht) ont assisté à la révision de ce Manuel en qualité d’observateur. L’OIT a assuré le secrétariat du groupe, et Sylvester Young la présidence de l’IWGPS.

    L’IWGPS s’est réuni formellement à quatre reprises: le 24 septembre 1998 à Paris, le 11 février 1999 à Genève, le 2 novembre 1999 à Genève, et les 21 et 22 mars 2002 à Londres. Des réunions informelles ont été organisées à diverses reprises.

    Groupe d’experts techniques sur l’IPP: Andrew Allen (U.K. Office of National Statistics), Paul Armknecht (président, FMI), Bert Balk (Netherlands Bureau of Statistics), Matthew Berger* (Australian Bureau of Statistics), David Collins* (Australian Bureau of Statistics), W. Erwin Diewert (University of British Columbia), Dennis Fixler (U.S. Bureau of Economic Analysis), Yoel Finkel (Israel Central Bureau of Statistics), Irwin Gerduk (U.S. Bureau of Labor Statistics), Jan Karlsson (CEE-ONU), Robin Lowe (Statistics Canada), Richard McKenzie* (Australian Bureau of Statistics), David Roberts (OCDE), Paul Schreyer (OCDE), Mick Silver (Cardiff University) et Kimberly Zieschang (FMI). Le FMI a assuré le secrétariat du groupe.

    Le groupe d’experts techniques sur l’IPP s’est réuni à cinq reprises: les 2 et 3 novembre 1999 à Genève, du 20 au 22 septembre 2000 à Madrid, les 29 et 30 octobre 2001 à Genève, du 19 au 21 mars 2002 à Londres et du 25 au 27 février 2003 à Washington4.

    Les participants au séminaire sur le Manuel de l’IPP organisé à Pretoria (Afrique du Sud).

    Le Département des statistiques du FMI et Statistics South Africa—appuyés par des financements du Japon, via le compte administré au nom du Japon pour certaines activités du FMI, et de l’OCDE, via le Centre pour la coopération avec les non-membres—ont organisé un séminaire avec divers utilisateurs du 23 au 27 juin 2003. Les participants se sont accordés à reconnaître la grande utilité du nouveau Manuel et ont avancé de nombreuses suggestions utiles en vue de son amélioration. Étaient présents les experts suivants (dont l’affiliation est donnée entre parenthèses): Adnan Badran (Jordan Department of Statistics), Langa Benson (Statistics South Africa), Gustavo Javier Biedermann (Central Bank of Paraguay), Bikash Bista (Nepal Central Bureau of Statistics), Juleeemun Dhananjay (Mauritius Central Bureau of Statistics), Istvan Kölber (Hungarian Central Statistics Office), Inga Kunstvere (Latvia Central Bureau of Statistics), Phaladi Labobedi (Botswana Central Bureau of Statistics), Guergana Maeva (Bulgarian National Institute of Statistics), Moffat Malepa (Botswana Central Bureau of Statistics), Gopal Singh Negi (Indian Ministry of Commerce and Industry), Ali Rosidi (Statistics Indonesia), Matti Särngren (Statistics Sweden), Joy Sawe (Tanzanian National Bureau of Statistics), Harry Them (Statistics South Africa) et Bouchaib Thich (Direction de la statistique, Maroc).

    Guide du lecteur

    Les manuels de statistiques économiques publiés à travers le monde apportent traditionnellement un éclairage utile sur les concepts, définitions et classifications utilisés, la couverture des indices, la valorisation et l’enregistrement des données, les procédures d’agrégation, etc. Ils visent avant tout à aider les praticiens à établir les statistiques requises dans les différents pays, et c’est ce même objectif que nous nous sommes donné ici.

    Le présent Manuel bénéficiera à tous ceux qui utilisent les indices des prix à la production (IPP), qu’il s’agisse d’économistes des administrations publiques et des milieux universitaires, d’experts financiers ou d’autres observateurs avertis de l’activité économique. L’IPP est une statistique clé pour la politique économique, et retient à ce titre l’attention des médias, des gouvernements et du public de la plupart des pays. C’est un concept perfectionné qui fait largement appel à la théorie économique et statistique et suppose la manipulation de données complexes. Ce Manuel a donc aussi pour ambition de faire mieux connaître les propriétés des IPP.

    En règle générale, tous ceux qui produisent ou utilisent des statistiques économiques doivent avoir une idée précise de ce que celles-ci mesurent en principe. En économie comme dans d’autres disciplines, il ne peut y avoir de mesure sans théorie. Le présent Manuel propose par conséquent une analyse approfondie, exhaustive et actuelle de la théorie économique et statistique. Ce faisant, il offre une présentation complète, sur le double plan conceptuel et pratique, de la mesure des IPP.

    L’ouvrage qui en résulte est donc volumineux. Il est impossible, sachant que les lecteurs n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts ou priorités, de concevoir une séquence de chapitres qui réponde aux attentes de tous. Cela dit, les utilisateurs de ce type de Manuel ne le lisent pas d’un bout à l’autre, mais s’en servent plutôt comme d’un outil de référence. Beaucoup de lecteurs ne seront sans doute intéressés que par une série de chapitres. L’objectif de ce guide est donc de donner à chacun un aperçu du contenu du Manuel pour les aider à satisfaire au mieux leurs intérêts et priorités.

    A. Aperçu de la séquence des chapitres

    Comme il a été indiqué dans la préface, les chapitres de ce Manuel s’ordonnent de manière à ce que les questions pratiques et opérationnelles (chapitres 1 à 13, glossaire) puissent s’appuyer sur des fondements théoriques (chapitres 14 à 22). Concrètement, le Manuel est divisé en quatre parties:

    • la première (chapitres 1 à 3) examine la méthodologie, les utilisations et la couverture des IPP;

    • la deuxième (chapitres 4 à 11) porte sur l’établissement des IPP;

    • la troisième (chapitres 12 à 13) passe en revue les questions opérationnelles;

    • la quatrième (chapitres 14 à 22), enfin, analyse les aspects théoriques.

    Les paragraphes suivants de cette section donnent un synopsis des différents chapitres.

    A.1 Première partie: méthodologie, utilisations et couverture

    Le chapitre 1 est une introduction générale à la théorie et à la pratique de l’IPP et s’adresse à tous les lecteurs, auxquels il donne les informations de base nécessaires pour comprendre les chapitres suivants. Il résume la théorie des indices, qui est expliquée plus en détail aux chapitres 15 à 20, et récapitule les grandes étapes de l’établissement d’un IPP, en faisant fond sur les points développés dans les chapitres 3 à 9. Cependant, le chapitre 1 ne résume pas l’ensemble du Manuel car il laisse de côté les sujets spécifiques ou cas particuliers qui ne présentent pas un intérêt général.

    Le chapitre 2 rappelle l’historique des IPP et comment ils ont évolué en réponse aux demandes de mesures plus larges des variations des prix. Le chapitre 3 présente les concepts, principes et classifications de base, ainsi que le champ d’application ou la couverture de l’IPP, qui peut varier sensiblement d’un pays à l’autre.

    A.2 Deuxième partie: établissement des IPP

    Les chapitres 4 à 9 sont étroitement liés en une séquence qui décrit les diverses étapes de l’établissement de l’IPC, du relevé et du traitement des données sur les prix jusqu’au calcul de l’indice final. Le chapitre 4 présente les modalités du calcul des pondérations en valeur attachées aux variations de prix pour les différents biens et services. Ces pondérations reposent d’ordinaire sur des recensements d’établissements ou autres enquêtes, complétés au besoin par des données extraites d’autres sources.

    Le chapitre 5 traite des questions d’échantillonnage. L’IPP est, dans son principe, une estimation fondée sur un échantillon des prix des biens produits par un échantillon d’établissements. Il analyse la conception de ces échantillons et présente les avantages et inconvénients du tirage aléatoire et du tirage raisonné. Le chapitre 6 est consacré aux procédures suivies pour relever les prix auprès d’une sélection d’établissements et de produits. Il aborde des sujets tels que la conception des questionnaires, la spécification des transactions sélectionnées et les méthodes de collecte des données, y compris par des moyens électroniques.

    Le chapitre 7 aborde la question difficile de l’ajustement des prix en cas de changement de la qualité des biens ou services sélectionnés. Les variations de valeur dues aux changements de qualité sont considérées comme des variations en volume et non pas des changements de prix. Isoler les effets spécifiques des changements de qualité pose des problèmes théoriques et pratiques considérables aux statisticiens. Le chapitre 8 couvre deux questions connexes: premièrement, le traitement des biens et services qui disparaissent de l’échantillon; deuxièmement, l’insertion dans l’échantillon de nouveaux biens et services qui n’étaient pas produits auparavant.

    Le chapitre 9 résume, étape par étape, les procédures de vérification, le calcul des indices d’agrégat élémentaire à partir des prix bruts relevés pour de petits groupes de produits et l’établissement consécutif de la moyenne des indices d’agrégat élémentaire pour obtenir des indices de niveau supérieur, jusqu’à l’IPP global lui-même. Il donne aussi une description du processus de mise à jour périodique des pondérations en valeur.

    Le chapitre 10 passe en revue un certain nombre de cas qui appellent un traitement spécifique: produits agricoles saisonniers, vêtements, aciéries, ordinateurs, véhicules automobiles, mais aussi raffinage des produits pétroliers, construction navale, bâtiment et travaux publics, vente au détail, services de télécommunications, certains services financiers et juridiques ou services hospitaliers. Le chapitre 11 examine les erreurs et biais qui peuvent entacher les IPP.

    A.3 Troisième partie: questions opérationnelles

    Le chapitre 12 traite des questions d’organisation et de gestion. La conduite des enquêtes sur les prix et le traitement des résultats obtenus constituent une opération de grande ampleur qui doit être organisée avec soin et menée de façon efficace. La publication et la diffusion de normes en matière d’IPP sont évoquées au chapitre 13.

    A.4 Quatrième partie: questions conceptuelles et théoriques

    Le chapitre 14 marque une rupture dans la séquence des chapitres, en ce sens qu’il ne porte pas sur l’établissement des IPP. Son objectif est en effet d’examiner la place de l’IPP dans le système général des statistiques des prix. L’IPP n’est pas un ensemble de statistiques indépendantes et isolées. Le flux de biens de production et de services auquel il se rapporte n’est qu’une partie d’un ensemble plus vaste de flux interdépendants au sein de l’économie globale. Il faut plus d’un indice pour analyser l’inflation, et il est essentiel de savoir exactement comment l’IPP se rattache à l’indice des prix à la consommation (IPC) et aux autres indices de prix, tels que les indices des prix à l’exportation et à l’importation. Le tableau des ressources et des emplois du Système de comptabilité nationale 1993 (Commission des communautés européennes et al., 1993) offrent le cadre théorique nécessaire à l’examen de ces interrelations.

    Les chapitres 15 à 18 exposent de façon systématique et détaillé la théorie des indices sur laquelle reposent les IPP. Ils examinent différentes approches de cette théorie et, ensemble, ils en donnent un aperçu exhaustif et actuel, puisqu’il expose aussi les développements méthodologiques récents présentés dans les revues spécialisées et les comptes rendus de conférences.

    Le chapitre 15 propose une introduction à la théorie des indices centrée sur la décomposition des changements de valeur en leurs composantes de prix et de quantités, et le chapitre 16 examine les approches axiomatiques et stochastiques des IPP. L’approche axiomatique, ou approche par les tests, énumère une liste de propriétés souhaitables pour les indices et met à l’essai des formules spécifiques qui permettent de déterminer si les indices possèdent ou non ces propriétés.

    Le chapitre 17 explique l’approche économique à l’aide de la théorie du comportement du producteur. Dans ce cadre, l’IPP est défini comme un indice des prix économique «avec intrants fixes» qui pose en hypothèse que la technologie est fixe. Ses variations découlent uniquement des variations des prix des extrants entre les deux périodes considérées. L’IPP des intrants est défini comme un indice des prix économique «avec extrants fixes» et suppose lui aussi que la technologie est fixe. Ses variations découlent donc uniquement, là aussi, des variations des prix des intrants entre les deux périodes considérées. Bien qu’il ne soit pas possible de calculer directement ces indices, on peut s’attendre à ce qu’une certaine classe d’indices, appelés indices superlatifs, en donnent une approximation dans la pratique. D’un point de vue économique, l’indice idéal pour les besoins de l’IPP devrait être un indice superlatif, tel que l’indice de Fisher. Ce dernier apparaît aussi très souhaitable d’un point de vue axiomatique.

    Le chapitre 18 traite des questions d’agrégation, et le chapitre 19 explique, à partir d’un ensemble de données artificiel, les implications numériques de l’utilisation de formules d’indices différentes. Il montre que le choix de la forme d’indice peut faire le plus souvent une différence notable, mais que les divers indices superlatifs se rapprochent tous les uns des autres.

    Le chapitre 20 répond à une question importante: quelle est, sur le plan théorique, la formule d’indice d’agrégat élémentaire la plus indiquée pour mener à bien la première phase du calcul de l’IPP quand on ne dispose pas d’informations sur les quantités ou les valeurs. C’est une question qui a été relativement négligée jusqu’à une période récente, même si le choix d’une formule d’indice d’agrégat élémentaire peut avoir des conséquences non négligeables sur l’IPP global, car c’est à partir de ces indices que l’on construit des IPP de niveau supérieur.

    Les chapitres 21 et 22 concluent le Manuel par l’analyse de deux questions difficiles. Le chapitre 21 examine les questions théoriques liées aux ajustements de qualité par l’approche hédonique, et le chapitre 22 présente le traitement des produits saisonniers.

    Le Manuel s’achève sur un glossaire des termes utilisés, accompagné d’une bibliographie.

    B. Plans de lecture possibles

    Chaque lecteur a ses propres besoins et ses propres priorités. Ceux qui s’intéressent avant tout à l’établissement des IPP ne souhaiteront peut-être pas approfondir toutes les facettes de la théorie économique et statistique. Inversement, ceux qui sont davantage concernés par l’utilisation des IPP à des fins analytiques ou opérationnelles ne tiendront peut-être pas à connaître les détails de la conduite et de la gestion des enquêtes sur les prix. Tous ne voudront donc pas lire ce Manuel dans son intégralité, ni même suivre le même plan de lecture.

    Cependant, qu’ils soient utilisateurs de l’IPP ou chargés de l’établir, tous les lecteurs gagneront à prendre connaissance des trois premiers chapitres. Le chapitre 1 offre une introduction générale au sujet dans son ensemble en faisant un tour d’horizon de la théorie et de la pratique de l’IPP présentées dans ce Manuel, et couvre les notions de base qui sont indispensables pour comprendre les chapitres suivants. Le chapitre 2 explique pourquoi les IPP sont calculés et comment ils sont utilisés. Le chapitre 3, enfin, présente une série de concepts fondamentaux et décrit le champ d’application de l’IPP.

    B.1 Plan de lecture pour les statisticiens

    Les chapitres 4 à 13 s’adressent en premier lieu aux statisticiens. Ils suivent une séquence logique qui correspond approximativement aux diverses étapes de l’établissement d’un IPP, en commençant par le calcul des pondérations en valeur et le relevé des données sur les prix, pour terminer par la publication de l’indice final. Le chapitre 12, qui traite des questions d’organisation et de gestion, a été rédigé à l’intention des gestionnaires et des statisticiens. Il examine une série de questions importantes concernant les structures et mécanismes dont les offices de statistique ont besoin pour suivre et contrôler les IPP, en assurer la qualité et utiliser au mieux les ressources mises à leur disposition.

    Le chapitre 14 s’adresse à la fois aux statisticiens et aux utilisateurs des IPP. Il inscrit les IPP dans le cadre plus large du système des indices des prix.

    Les chapitres restants (15 à 22) sont pour l’essentiel théoriques. Les statisticiens qui voudront approfondir certains points y auront immédiatement accès aux informations dont ils ont besoin. Il nous paraît souhaitable qu’ils aient au moins une bonne connaissance des fondements de la théorie des indices exposée au chapitre 15 et de l’exemple numérique développé au chapitre 19. Le chapitre 20 sur les indices d’agrégat élémentaire est lui aussi important pour les statisticiens.

    B.2 Plan de lecture pour les utilisateurs

    S’il est vrai que tous les lecteurs devraient tirer profit des chapitres 1 à 3, et que les chapitres 4 à 13 s’adressent en premier lieu aux statisticiens, plusieurs des questions abordées intéressent cependant beaucoup les utilisateurs de l’IPP.

    C’est le cas du traitement des changements de qualité, de la substitution de produits et de la prise en compte des nouveaux produits, qui donne lieu à un examen approfondi aux chapitres 7 et 8. Les utilisateurs de l’IPP trouveront aussi le chapitre 9 utile, car il propose une description concise des diverses étapes de l’établissement de cet indice.

    Le chapitre 11 sur les erreurs et les biais et le chapitre 14 sur le système des statistiques des prix intéressent euxaussi à la fois les utilisateurs et les statisticiens.

    Enfin, les chapitres 15 à 22, qui couvrent la théorie économique et statistique sur laquelle reposent les IPP, retiendront probablement l’attention de nombreux utilisateurs, en particulier des économistes professionnels et des étudiants en économie.

    C. Quelques mots sur la bibliographie

    Dans le passé, les manuels de statistiques économiques ne donnaient pas, le plus souvent, les références des travaux effectués dans ce domaine. Il n’était pas utile de les citer lorsque les études visées se limitaient pour l’essentiel à des revues universitaires ou à des comptes rendus de conférences disponibles seulement dans certaines universités ou bibliothèques, car les agents de bon nombre d’offices de statistique avaient peu de chances de pouvoir consulter ce type de documents. Les choses ont changé avec l’Internet et le World Wide Web, grâce auxquels tous ces documents sont aisément accessibles. C’est pourquoi ce Manuel rompt avec la tradition passée en proposant une vaste bibliographie des multiples travaux consacrés à la théorie et à la pratique des indices, qui sera sans doute très utile à de nombreux lecteurs. Nous donnons aussi les références des sites informatiques, y compris ceux des Groupes d’Ottawa et de Voorburg, où sont affichés des documents spécialisés sur la théorie et la pratique des indices.

    Abréviations

    ABS

    Australian Bureau of Statistics

    ALENA

    Accord de libre-échange nord-américain

    ANZIC

    Classification type par industrie de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande

    BCE

    Banque centrale européenne

    BEA

    Office de l’analyse économique des États-Unis

    BIT

    Bureau international du travail

    BLS

    Office des statistiques du travail des États-Unis

    c.a.f.

    Coût, assurance, fret

    CD

    Disque compact ou Cédérom

    CD-ROM

    Disque compact à mémoire morte

    CD-RW

    Disque compact réinscriptible

    CE

    Commission européenne

    CEE–ONU

    Commission économique des Nations Unies pour l’Europe

    CITI

    Classification internationale type par industrie de toutes les branches d’activité économique

    COICOP

    Nomenclature des fonctions de consommation des ménages

    CPA

    Classification des produits associée aux activités, dite aussi PRODCOM (Eurostat)

    CPC

    Classification centrale des produits

    CVS

    Correction des variations saisonnières

    CSWD

    Indice des prix de Carruthers, Sellwood, Ward et Dalén

    DAB

    Distributeur automatique de billets

    DRG

    Repères de diagnostiques de gestion

    EFQM

    Fondation européenne pour la gestion par la qualité

    Eurostat

    Office statistique des Communautés européennes

    f.à.b.

    Franco à bord

    FMI

    Fonds monétaire international

    GET-IPP

    Groupe d’experts techniques sur l’indice des prix à la production

    Go

    Gigaoctet

    GPS

    Système de positionnement mondial

    Groupe d’Ottawa

    Groupe de travail international sur les indices des prix

    Groupe de Voorburg

    Groupe de Voorburg sur les statistiques de service

    ICE

    Indice du coût de l’emploi

    IPAP

    Indice des prix des approvisionnements

    IPC

    Indice des prix à la consommation

    IPCF

    Indice des prix à la consommation finale

    IPCH

    Indices des prix à la consommation harmonisés (Eurostat)

    IPCI

    Indice des prix à la consommation intermédiaire

    IPDCF

    Indice des prix de la dépense de consommation finale

    IPE

    Indice des prix des extrants

    IPEIF

    Indice des prix des extrants avec intrants fixes

    IPIEF

    Indice des prix des intrants avec extrants fixes

    IPG

    Indice des prix de gros

    IPIN

    Indice des prix des intrants

    IPIM

    Indice des prix à l’importation

    IPMA

    Indice de majoration des approvisionnements

    IPP

    Indice des prix à la production

    IPPA

    Indice des prix des produits agricoles

    IPV

    Indice des prix des objets de valeur

    IPX

    Indice des prix à l’exportation

    IPY

    Indice des prix des extrants

    ISBLSM

    Institutions sans but lucratif au service des ménages

    ISO

    Organisation internationale de normalisation

    IWGPS

    Groupe de travail intersecrétariat sur les statistiques des prix

    MBP5

    Manuel de la balance des paiements du FMI, cinquième édition

    MHz

    Mégahertz

    MCO

    Moindres carrés ordinaires

    NACE

    Nomenclature des activités de la Communauté européenne

    NAICS

    North American Industrial Classification System

    NSDD

    Norme spéciale de diffusion des données (FMI)

    OCDE

    Organisation de coopération et de développement économiques

    OIT

    Organisation internationale du travail

    ONU

    Organisation des Nations Unies

    PC

    Indice des prix de Carli

    PCSWD

    Indice des prix de Carruthers, Sellwood, Ward et Dalén

    PD

    Indice des prix de Dutot

    PDR

    Indice de Drobisch

    PF

    Indice des prix de Fisher

    PGL

    Indice de Laspeyres géométrique

    PGP

    Indice de Paasche géométrique

    PH

    Moyenne harmonique des rapports de prix

    PIB

    Produit intérieur brut

    PIT

    Indice des prix implicite de Törnqvist

    PJ

    Indice des prix de Jevons

    PJW

    Indice de Laspeyres géométrique (indice de Jevons pondéré)

    PKB

    Indice des prix de Konüs et Byushgens

    PL

    Indice des prix de Laspeyres

    PLM

    Indice des prix de Lloyd–Moulton

    PLo

    Indice des prix de Lowe

    PME

    Indice des prix de Marshall–Edgeworth

    PP

    Indice des prix de Paasche

    PPA

    Parité de pouvoir d’achat

    PPT

    Probabilité proportionnelle à la taille

    PRH

    Rapport des moyennes harmoniques de prix

    PRODCOM

    Système de classification des produits de la Communauté européenne

    PT

    Indice des prix de Törnqvist

    PW

    Indice des prix de Walsh

    PY

    Indice des prix de Young

    RAM

    Mémoire vive

    RH

    Rapport des moyennes harmoniques de prix

    RMSE

    Radiotéléphonie mobile spécialisée évoluée

    RONC

    Rapport sur l’observation des normes et codes

    SCN

    Système de comptabilité nationale

    SCN 1993

    Système de comptabilité nationale 1993 publié conjointement par l’Office statistique des Communautés européennes (Eurostat), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale (Bruxelles/Luxembourg, New York, Paris et Washington)

    SGDD

    Système général de diffusion des données (FMI)

    SH

    Système harmonisé de description et de codage des produits

    SIFIM

    Services d’intermédiation financière indirectement mesurés

    Tr/min

    Tours/minute

    TRE

    Tableau des ressources et des emplois

    TVA

    Taxe sur la valeur ajoutée

    UAEL

    Unité d’activité économique au niveau local

    UE

    Union européenne

      Other Resources Citing This Publication