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Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 1999
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    Quatre commentaires d’Alassane D. Ouattara

    Intégration Et Croissance Dans Une économie mondialisée

    Fonds monétaire international

    Washington, D.C., septembre 1999

    Conception de la couverture: Luisa Menjivar-Macdonald

    Traduction de la Division française du Bureau des services linguistiques du FMI

    ISBN 1-55775-848-4

    Les commandes doivent être adressées à:

    International Monetary Fund, Publication Services

    700 19th Street, N.W., Washington, DC 20431, U.S.A.

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    Préface

    Pour tous les pays du monde, le développement se situe dans un contexte nouveau. Les marchés de capitaux mondialisés et intégrés, aujourd’hui devenus la norme, offrent des chances prodigieuses — accélérer le rythme de l’investissement, de la création d’emplois et de la croissance économique —, de même, c’est inévitable, que certains risques. Comme la crise financière asiatique de 1997-98 l’a bien fait ressortir, aucun pays ne peut s’isoler. Les pays qui mènent de bonnes politiques économiques ne manqueront pas d’être récompensés par le marché, mais ceux dont les politiques sont mauvaises devront en supporter les conséquences.

    Comment les pays peuvent-ils progresser dans ce monde nouveau et en partie inexploré? Cette question est au coeur du nouveau débat de politique économique, un débat ponctué par des expressions telles que transparence, responsabilité, bonne gestion des affaires publiques, consensus, participation et, par-dessus tout, solidarité. Au niveau mondial, la communauté internationale ne ménage pas ses efforts pour édifier un nouveau système financier plus solide face aux assauts futurs. Alors que la crise des deux dernières années s’estompe, une autre grande question apparaît: que signifient tous ces débats et toutes ces initiatives pour les pays en développement, en particulier ceux d’Afrique, qui sont loin d’avoir encore pleinement bénéficié de la mondialisation?

    Dans ce recueil, M. Alassane D. Ouattara, qui a récemment quitté ses fonctions de Directeur général adjoint du FMI, examine ces questions avec l’acuité et la pertinence que confère une vie professionnelle placée au carrefour de l’économie, des fonctions politiques et de la diplomatie nationale et internationale.

    Pour l’Afrique, il a d’abord été le Gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest entre 1988 et 1990. jouant alors un rôle déterminant dans la résolution d’une grave crise bancaire et dans la création d’une commission régionale efficace chargée du secteur bancaire. Cette expérience allait lui être précieuse un peu plus tard, lorsque le FMI fut appelé en 1997 à aider l’Asie aux prises avec une crise financière, L’Afrique l’a connu aussi comme Premier Ministre de la Côte d’Ivoire de 1990 à 1993, période durant laquelle il a engagé la mise en place d’un régime politique plus ouvert et plus transparent tout en avançant à grands pas sur la voie du renforcement économique et social du pays.

    Pendant ses quatorze années au FMI, il a été, tour à tour, économiste. Directeur du Département Afrique, Conseiller et Directeur général adjoint. Il m’a été donné personnellement de le connaître comme conseiller et comme ami. Par ses efforts, il a beaucoup contribué à une transformation profonde du FMI, avec des conséquences certaines pour l’amélioration des conditions d’existence d’innombrables personnes à travers le monde.

    Quels messages adresse-t-il aux pays en développement et, en particulier, à l’Afrique, au moment où s’approche le nouveau millénaire? Permettez-moi d’en souligner quelques-uns.

    S’adressant à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), il nous a rappelé qu’une bonne politique macroéconomique doit être la priorité des priorités et qu’elle doit reposer sur la transparence et la responsabilité. Il nous a aussi rappelé que les politiques menées aux niveaux national et mondial doivent se renforcer mutuellement, les pays industrialisés devant répondre avec plus d’ouverture, en particulier commerciale, aux politiques d’ouverture des pays en développement.

    Dans un commentaire qu’a publié le Brown Journal of World Affairs, il montre que l’Afrique se trouve à un carrefour: prend-elle résolument son destin dans ses propres mains, ou laisse-t-elle le hasard ou des intérêts particuliers le modeler? L’Afrique peut être fière de ce qu’elle a fait, car les dix années écoulées nous ont permis d’assister à un progrès économique considérable. Mais il reste beaucoup à faire si elle veut accroître les niveaux de vie et réduire réellement la pauvreté. Elle doit chercher notamment à adopter des réformes structurelles audacieuses et à établir un consensus social en faveur de la réforme, la sécurité économique, la bonne gestion des affaires publiques et un meilleur dialogue avec la société civile.

    Dans son discours de Berlin, il propose que le développement se fonde sur trois piliers: une bonne politique économique, un environnement juridique et politique favorable et le souci d’un développement social équitable. Il souligne les dimensions politiques des réformes économiques et s’interroge sur le rôle qui incombe à l’État dans le monde moderne, sur le cadre institutionnel nécessaire pour définir et appliquer des politiques économiques, sur les moyens qu’exigent la définition et la mise en oeuvre de ces politiques et sur le rôle que doivent jouer d’autres groupes sociaux.

    Enfin, s’adressant à la première Conférence des ministres de l’économie et des finances de la Francophonie, il a fait valoir que les pays en développement ne peuvent se soustraire à la mondialisation et, en fait, qu’ils devraient l’accueillir à bras ouverts. En outre, il s’est prononcé en faveur de l’intégration régionale, dans laquelle il voit un moyen d’accéder à l’intégration complète, et il a souligné à cet égard l’expérience des pays francophones, qui lui est personnellement familière.

    M. Alassane D. Ouattara n’a jamais cessé de l’affirmer: quel que soit le pays considéré, les modifications qui conduisent de manière décisive au progrès ne peuvent venir que de l’intérieur. En fin de compte, un pays est maître de son propre destin, quelles que soient l’importance de la solidarité internationale et la contribution des organisations internationales. C’est par ses propres efforts qu’il peut agir de manière décisive. Pour cette raison, M. Alassane D. Ouattara quitte aujourd’hui le FMI, afin de servir à nouveau son propre pays. Tous nos voeux l’accompagnent.

    Michel Camdessus

    Directeur général

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