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Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2005
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    Une institution mondiale

    Le Fonds monétaire international est une agence spécialisée du système des Nations Unies créée par traité en 1945 pour veiller à la bonne santé de l’économie mondiale. Le FMI a son siège à Washington, et il est gouverné par ses 184 États membres, ce qui lui confère une dimension quasi universelle.

    Le FMI est l’institution centrale du système monétaire international—le système de paiements internationaux et de changes qui permet les courants d’échanges entre les nations.

    De par ses Statuts, le FMI a mission de faciliter l’expansion harmonieuse du commerce mondial, de promouvoir la stabilité des taux de change, d’éviter les dévaluations compétitives et de favoriser la correction ordonnée des problèmes de balance des paiements de ses pays membres.

    Afin d’atteindre ces objectifs, le FMI

    • Suit l’évolution et les politiques économiques et financières au niveau national et au plan mondial, et offre à ses pays membres des conseils de politique générale en s’appuyant sur plus de soixante années d’expérience.

    • Prête ses ressources aux pays confrontés à des problèmes de balance des paiements, à titre temporaire, à l’appui de mesures d’ajustement et de réformes visant à corriger les problèmes de fond.

    • Fournit aux gouvernements et aux banques centrales de ses pays membres son assistance technique et des services de formation dans les domaines relevant de sa compétence.

    Oeuvrant à renforcer le système financier international et à accélérer les progrès dans la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’à promouvoir des politiques économiques avisées dans tous ses pays membres, le FMI contribue à mettre la mondialisation au service de tous.

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    Le Rapport annuel du Conseil d’administration du FMI retrace les activités du Conseil durant l’exercice écoulé (1er mai 2004 au 30 avril 2005). Il rend compte, pour l’essentiel, des discussions du Conseil sur les politiques et opérations de l’institution. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site Internet du FMI: www.imf.org.

    Fonds Monétaire International

    l’économie mondiale au service de tous

    RAPPORT ANNUEL | 2005

    Table des matières

    L’exercice financier du FMI va du 1er mai au 30 avril.

    L’unité de compte du FMI est le DTS; les conversions des données financières du FMI en dollars EU sont approximatives et faites pour des raisons de commodité. Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis. Au 30 avril 2005, 1 dollar était égal à 0,65929 DTS et 1 DTS à 1,51678 dollar (au 30 avril 2004, ces taux étaient de 0,68879 DTS et de 1,45183 dollar, respectivement).

    Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.

    Dans le présent rapport, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique également à un certain nombre d’entités territoriales qui ne sont pas des États, mais sur lesquelles des statistiques sont établies et publiées au plan international de façon distincte et indépendante.

    Message du Directeur général et Président du Conseil d’administration

    La direction du FMI, de gauche à droite:

    Rodrigo de Rato, Directeur général et Président du Conseil d’administration

    Agustín Carstens, Directeur général adjoint

    Anne O. Krueger, Première Directrice générale adjointe

    Takatoshi Kato, Directeur général adjoint

    le Rapport annuel du Conseil d’administration est un instrument essentiel pour rendre compte des activités du FMI au Conseil des gouverneurs. Le Conseil d’administration, qui est chargé de la gestion quotidienne du FMI, se compose de 24 administrateurs désignés ou élus par les 184 pays membres du FMI, tandis que le Conseil des gouverneurs, où chaque pays membre est représenté par un haut fonctionnaire—presque toujours le ministre des finances ou le gouverneur de la banque centrale—est l’autorité suprême du FMI. Mais le Rapport annuel n’est pas seulement le moyen par lequel le Conseil d’administration rend compte de sa gestion au Conseil des gouverneurs. Sa publication signifie également que le FMI rend des comptes au public dans son ensemble. C’est aussi dans cet esprit que le FMI publie désormais promptement la grande majorité des rapports examinés par le Conseil d’administration, des résumés de la plupart des discussions du Conseil et un volume substantiel d’autres documents, témoignant ainsi de sa volonté de transparence.

    Ce rapport annuel, qui couvre l’exercice clos au 30 avril 2005, décrit ce qui fut à nouveau une période très active pour notre institution, bien que le climat économique mondial ait été exceptionnellement clément et qu’il n’y ait pas eu de crises financières graves. La croissance économique mondiale a été forte, et l’inflation est demeurée sous contrôle. L’expansion a continué à être tirée principalement par les États-Unis et la Chine, et d’autres pays émergents d’Asie, mais les résultats économiques se sont améliorés dans presque toutes les régions. L’Afrique subsaharienne, en particulier, a affiché en 2004 son taux de croissance le plus élevé en une décennie, ce qui est de bon augure pour la réduction de la pauvreté dont la région a tant besoin urgent. Cette évolution favorable tient dans une large mesure à l’amélioration des politiques menées ces dernières années dans un certain nombre de pays membres—amélioration activement appuyée dans bien des cas par le FMI.

    Néanmoins, des risques significatifs—en particulier les déséquilibres de paiements chroniques et la hausse des cours du pétrole—ont continué de peser sur l’expansion mondiale, et les pays sont restés confrontés à des difficultés dans la poursuite des réformes nécessaires pour assurer une croissance soutenue et forte, accompagnée de niveaux élevés d’emploi. Une grande partie du travail du FMI l’année dernière, particulièrement dans le cadre de la surveillance des économies de tous ses pays membres ainsi que de l’économie globale et du système monétaire, a consisté à conseiller et recommander des politiques appropriées afin de parer à ces risques et difficultés. Le FMI a par ailleurs apporté son soutien financier aux programmes économiques engagés par de nombreux pays en développement et émergents pour asseoir fermement une croissance durable et résoudre les problèmes de balance des paiements.

    Pour l’avenir, la persistance de perspectives économiques favorables devrait fournir aux pays d’autres occasions, qu’ils devraient saisir, de renforcer leurs économies. Pour les pays à faible revenu, en particulier, grâce à la perspective d’un accroissement de l’aide financière de la communauté internationale, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) paraissent plus réalisables, mais seulement si les pays eux-mêmes prennent les mesures énergiques requises pour stimuler une croissance plus forte et faire reculer la pauvreté. Au niveau international, l’impératif prioritaire, en particulier pour permettre des progrès plus rapides sur le front de la pauvreté, est que tous les pays tiennent leurs engagements pour que le cycle de Doha débouche sur une ambitieuse libéralisation du commerce mondial.

    Le FMI a aussi poursuivi activement au cours de l’exercice 2005 les réformes de ses propres politiques et opérations. Nous avons procédé aux réexamens périodiques de certaines de nos principales politiques opérationnelles, y compris la surveillance et la conditionnalité dont sont assortis les programmes appuyés par le FMI. Ces réévaluations font partie de la culture du savoir et du changement qui caractérise le FMI. Mais il est également indispensable de prendre de temps en temps un peu de recul pour porter un regard neuf sur notre institution dans son ensemble. C’est pourquoi, quelques mois après être devenu Directeur général en juin 2004, j’ai lancé un examen des orientations stratégiques du FMI. Pour continuer à servir, aussi efficacement que possible, ses pays membres et s’acquitter des missions pour lesquelles il a été créé, le FMI doit être en mesure de les aider à maîtriser les forces qui vont probablement façonner l’économie globale au cours des prochaines années. L’examen de nos orientations stratégiques est l’occasion d’étudier des dossiers très divers et de réfléchir à leurs implications pour le travail du FMI. Ces dossiers sont les flux financiers mondiaux, l’intégration régionale, les efforts pour aider les pays à faible revenu à réduire la pauvreté et à atteindre les OMD et la gouvernance du FMI lui-même.

    J’attends avec intérêt la discussion de la stratégie à moyen terme du FMI au cours de l’Assemblée annuelle de nos gouverneurs, en septembre 2005. Il semble déjà acquis que le FMI, sans cesser d’évoluer, doit continuer à ancrer ses activités sur ses missions fondamentales, énoncées il y a 61 ans dans ses Statuts: promouvoir la coopération monétaire internationale; faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce international; promouvoir la stabilité des changes; aider à faire fonctionner un système multilatéral de règlement; favoriser la stabilité macroéconomique et financière, qui est essentielle pour une croissance soutenue; et aider les pays à résoudre leurs difficultés de balance des paiements. Pendant les six dernières décennies, à mesure que l’intégration économique et l’interdépendance des nations ont augmenté, la présence d’une organisation qui poursuit ces buts—une organisation internationale, voire presque universelle aujourd’hui, où les pays apportent leurs perspectives naturellement différentes pour traiter dans un esprit de coopération les affaires économiques et financières—est devenue de plus en plus pertinente face aux besoins du monde. Notre tâche est de faire en sorte que le FMI serve plus efficacement ces objectifs, notamment en veillant à ce qu’il reste en prise directe sur l’évolution de l’économie mondiale et du système financier international.

    Lettre de transmission au Conseil des gouverneurs

    Le 18 août 2005

    Monsieur le Président,

    J’ai l’honneur de présenter au Conseil des gouverneurs, conformément à l’article XII, section 7 a), des Statuts du Fonds monétaire international et à la section 10 de la Réglementation générale du FMI, le Rapport annuel du Conseil d’administration pour l’exercice clos le 30 avril 2005. En application de la section 20 de la Réglementation générale, ce rapport fait état du budget administratif et du budget d’équipement du FMI approuvés par le Conseil d’administration pour l’exercice s’achevant le 30 avril 2006, lesquels sont présentés au chapitre 7. Les états financiers vérifiés du département général, du département des DTS et des comptes administrés par le FMI pour l’exercice clos le 30 avril 2005 sont présentés à l’appendice VII.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

    Rodrigo de Rato

    Directeur général et

    Président du Conseil d’administration

    Conseil d’administration au 30 avril 2005

    États-Unis

    Nancy P. Jacklin

    Meg Lundsager

    Japon

    Shigeo Kashiwagi

    Michio Kitahara

    Allemagne

    Karlheinz Bischofberger

    Gert Meissner

    Arménie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Géorgie, Israël, ex-République yougoslave de Macédoine, Moldova, Pays-Bas, Roumanie, Ukraine

    Jeroen Kremers

    Yuriy G. Yakusha

    Costa Rica, El Salvador, Espagne, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Venezuela

    Moisés Schwartz

    Mary Dager

    Albanie, Grèce, Italie, Malte, Portugal, Saint-Marin, Timor-Leste

    Pier Carlo Padoan

    Miranda Xafa

    Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Iraq, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maldives, Oman, Qatar, République arabe syrienne, Yémen

    A. Shakour Shaalan

    Oussama T. Kanaan

    Arabie Saoudite

    Sulaiman M. Al-Turki

    Abdallah S. Alazzaz

    Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, Indonésie, Malaisie, Myanmar, Népal, République démocratique populaire lao, Singapour, Thaïlande, Tonga, Vietnam

    Hooi Eng Phang

    Made Sukada

    Fédération de Russie

    Alexeï V. Mojine

    Andreï Louchine

    Afghanistan, Algérie, Ghana, République islamique d’Iran, Maroc, Pakistan, Tunisie

    Abbas Mirakhor

    Mohammed Daïri

    Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Haïti, Panama, République Dominicaine, Suriname, Trinité-et-Tobago

    Murilo Portugal

    Roberto Steiner

    France

    Pierre Duquesne

    Olivier Cuny

    Royaume-Uni

    Tom Scholar

    Andrew Hauser

    Autriche, Bélarus, Belgique, Hongrie, Kazakhstan, Luxembourg, République slovaque, République tchèque, Slovénie, Turquie

    Willy Kiekens

    Johann Prader

    Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Canada, Dominique, Grenade, Irlande, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie

    Kevin G. Lynch

    Charles X. O’Loghlin

    Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Lituanie, Norvège, Suède

    Jon A. Solheim

    David Farelius

    Australie, Corée, États fédérés de Micronésie, îles Marshall, îles Salomon, Kiribati, Mongolie, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Samoa, Seychelles, Vanuatu

    Jong Nam Oh

    Richard Murray

    Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Kenya, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Nigéria, Ouganda, Sierra Leone, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Zambie

    Peter J. Ngumbullu

    Peter Gakunu

    Chine

    WANG Xiaoyi

    GE Huayong

    Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Pologne, République kirghize, Serbie-et-Monténégro, Suisse, Tadjikistan, Turkménistan

    Fritz Zurbrügg

    Andrzej Raczko

    Bangladesh, Bhoutan, Inde, Sri Lanka

    B.P. Misra

    Amal Uthum Herat

    Argentine, Bolivie, Chili, Paraguay, Pérou, Uruguay

    Héctor R. Torres

    Javier Silva-Ruete

    Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Rép. du Congo, Rép. dém. du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Maurice, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Tchad, Togo

    Damian Ondo Mañe

    Laurean W. Rutayisire

    Vue d’ensemble

    l’ exercice 20051, sur lequel porte le présent rapport, a été un important jalon dans l’histoire du FMI. Issus de la Conférence de Bretton Woods de juillet 1944, le FMI et la Banque mondiale ont ainsi franchi l’étape notable de leur soixantième anniversaire. Juin 2004 a par ailleurs marqué le début du mandat de Rodrigo de Rato, nommé au poste de Directeur général par le Conseil d’administration; sous sa direction, le FMI a engagé une vaste réflexion stratégique sur ses activités. Enfin, plusieurs autres revues, plus ciblées, ont été menées à terme.

    Les chapitres qui suivent décrivent en détail les travaux entrepris par le FMI durant l’année. L’action du FMI est largement dictée par l’évolution de l’économie mondiale et celle de ses 184 pays membres, mais l’institution doit en outre anticiper les défis qui en découlent. La présente introduction dresse un rapide bilan des activités du FMI en les situant dans le contexte de l’évolution économique mondiale.

    L’économie mondiale

    Durant l’année écoulée, l’économie mondiale a enregistré l’expansion la plus rapide des trois dernières décennies. Presque toutes les régions ont pris part à cette embellie, l’inflation a été maîtrisée et aucune crise financière grave n’est venue perturber cette progression. Le FMI a donc mené son action dans un contexte international très favorable. Il y a cependant eu quelques ombres au tableau: la forte poussée des cours du pétrole, la persistance des incertitudes géopolitiques, l’aggravation des déséquilibres mondiaux des balances des paiements et les redoutables problèmes économiques et sociaux—dont celui de la pauvreté—auxquels de nombreux pays membres restent confrontés.

    Avec une conjoncture et des perspectives favorables, l’occasion était propice pour entreprendre les réformes économiques requises afin de faire face à un certain nombre de problèmes tenaces. Le moment était également opportun pour permettre au FMI d’engager une vaste réflexion sur ses orientations stratégiques et sur l’évolution future de son rôle et de ses activités.

    L’exercice 2005 a été marqué par une formidable expansion de l’économie mondiale. L’année 2004 s’est soldée par un taux de croissance de 5,1 %, le plus élevé en près de trois décennies. Durant le premier trimestre de 2005 (le dernier de l’exercice), la croissance dépassait toujours les prévisions, et le plus étonnant était que cette tendance fort bienvenue se retrouvait dans toutes les régions du monde, y compris celles qui, comme l’Amérique latine, le Moyen-Orient ou l’Afrique subsaharienne, avaient généralement été à la traîne.

    Parmi les pays industrialisés, les États-Unis affichaient encore la croissance la plus vigoureuse et maintenaient le cap d’un remarquable redressement après le léger fléchissement de 2001–02, continuant ainsi de nourrir l’expansion mondiale. Au Japon, la reprise engagée en 2003 a marqué le pas au milieu et à la fin de 2004, mais un rebond s’est amorcé dans les premiers mois de 2005. Dans la zone euro, la croissance a continué d’être décevante, la demande intérieure restant faible, surtout en Allemagne.

    La plupart des pays émergents et en développement ont enregistré une croissance relativement forte. En Asie, l’expansion soutenue de l’économie chinoise et le dynamisme de l’activité en Inde ont été déterminants pour la croissance régionale. Ce sont d’ailleurs les pays émergents d’Asie qui ont connu la croissance la plus rapide durant la période. Mais la plupart des pays d’Amérique latine ont également affiché une reprise vigoureuse; le Moyen-Orient s’est comporté mieux que prévu, et l’Afrique subsaharienne a connu la croissance la plus forte de ces huit dernières années. Enfin, en dépit de l’atonie de leurs partenaires commerciaux de la zone euro, les pays de la Communauté des États indépendants (CEI) ont continué à connaître une vive expansion.

    La croissance des échanges internationaux (9 % en 2004) a été plus rapide que celle de la production mondiale, ce qui confirme la tendance relative à long terme et met en évidence la contribution systématique du commerce international à la croissance de l’économie mondiale. La croissance du commerce a toutefois donné des signes de repli au début de 2005, sans doute du fait de l’expansion moins forte du secteur manufacturier dans plusieurs pays.

    Par rapport à 2003, l’inflation a légèrement progressé dans la plupart des régions tout en restant en général faible, ce qui a d’ailleurs aussi contribué à la vigueur de l’expansion de l’économie mondiale. Au vu de l’expérience de ces dernières décennies, il est de plus en plus évident qu’une faible inflation est essentielle pour assurer une croissance dynamique, qui est elle-même le plus sûr moyen de faire reculer durablement la pauvreté, objectif prioritaire de nombreux membres du FMI.

    Si l’expansion de l’économie mondiale a été si puissante et si généralisée, c’est, dans une grande mesure, grâce à l’adoption de politiques appropriées dans de nombreux pays. Depuis plusieurs années, il est de plus en plus admis que la stabilité macroéconomique est une condition préalable à une croissance forte et durable. Lorsqu’ils adoptent des politiques macroéconomiques saines, les pays sont mieux à même de s’adapter aux phases de ralentissement inhérentes au cycle économique. En outre, ces mêmes politiques leur permettent de mieux résister aux chocs.

    Les risques qui pèsent sur l’économie mondiale

    La forte croissance de l’économie mondiale durant l’exercice 2005 a été riche en possibilités et en défis pour les pays membres et pour le FMI lui-même. Deux facteurs menaçaient toutefois d’assombrir ce tableau: la montée des cours du pétrole et l’ampleur des déséquilibres mondiaux des balances des paiements.

    Le renchérissement du pétrole constitue un risque pour les pays importateurs et a fortiori pour les pays à faible revenu. La gravité du problème dépend de l’intensité énergétique de la production et de la consommation, de l’incidence sur les termes de l’échange et de la capacité de réaction aux chocs. L’expérience des autres chocs pétroliers a montré que la flambée des cours n’était pas dénuée de risques pour les pays producteurs eux-mêmes. En effet, le gonflement des recettes pétrolières encourage un relâchement excessif de la discipline budgétaire. L’histoire nous montre qu’il est particulièrement difficile d’absorber la manne pétrolière tout en préservant la stabilité macroéconomique, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement.

    Durant l’exercice 2005, les services du FMI et les responsables de nombreux pays ont continué d’être vigilants face au risque d’une correction brutale des déséquilibres mondiaux des balances des paiements. Leur inquiétude porte principalement sur l’imposant déficit courant des États-Unis et leur corollaire—les excédents qu’affichent notamment le Japon, les marchés émergents d’Asie et les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient. Le FMI a déclaré sans équivoque que la correction de ces déséquilibres est une responsabilité partagée qui incombe à l’ensemble de la communauté internationale, et il a en ce sens donné son appui à une vaste stratégie axée sur le rééquilibrage des finances publiques à moyen terme aux États-Unis, la poursuite des réformes structurelles au Japon et en Europe pour donner un coup de fouet à la croissance de la consommation et de la production et, dans les pays émergents d’Asie, l’assouplissement des régimes de change, qui doit continuer à aller de pair avec des réformes du secteur financier. Il est globalement admis que l’exécution de cette stratégie permettrait de corriger les déséquilibres de manière ordonnée en évitant un ajustement brutal et douloureux.

    Certes, les craintes que le renchérissement du pétrole et les déséquilibres mondiaux ne sapent la croissance mondiale ne se sont pas matérialisées jusqu’à présent, mais elles ne se sont pas pour autant dissipées. Si les cours du pétrole persistent sur leur lancée, certains pays risquent de devenir encore plus vulnérables. En outre, faute d’ajustements généralisés des politiques économiques, les déséquilibres mondiaux risquent de compromettre la croissance mondiale.

    Cela dit, l’expansion de l’économie mondiale a également été porteuse. À court terme, de nombreux pays ont eu l’occasion de prendre les mesures nécessaires pour maintenir durablement leurs taux de croissance, puis passer à des paliers supérieurs. La maîtrise des déficits budgétaires et la mise en œuvre de politiques contracycliques en phase descendante entrent dans cette catégorie. Nombreux sont les pays industrialisés et en développement dont le déficit budgétaire reste excessif en crête de cycle, car ils limitent leur marge de manœuvre pour parer à une phase descendante. Pour améliorer le potentiel de croissance à long terme, il faut également lever les obstacles structurels à une croissance plus vigoureuse, et notamment libéraliser les marchés de l’emploi et des produits de même que les échanges commerciaux. Ce type d’ajustements profiterait aussi bien aux pays industrialisés qu’aux pays en développement.

    Pour renforcer la politique budgétaire et rendre l’économie plus adaptable et ainsi élargir les perspectives d’expansion, les gouvernants doivent nécessairement prendre des décisions politiquement délicates; ils doivent en effet être soucieux de leur électorat, d’autant que les réformes mettent un certain temps à porter leurs fruits en termes de croissance. L’histoire montre que les changements se produisent parfois dans des conjonctures économiques difficiles, lorsque la demande de réformes est forte, alors que les périodes d’expansion mondiale relativement rapide devraient être les plus propices aux réformes économiques.

    Il en va de même pour les réformes à plus long terme, car il est de plus en plus évident que, dans un grand nombre de pays membres, l’évolution de la pyramide des âges pose de redoutables défis. Dans beaucoup de pays industrialisés, le pourcentage de la population dépendante qui a franchi le cap de la retraite est déjà en augmentation. Dans certains grands pays émergents, tels que la Chine et la Corée, le taux de dépendance (c’est-à-dire le ratio retraités/actifs) devrait s’accroître considérablement à court et à moyen terme. Dans d’autres pays émergents, ces phénomènes démographiques mettront un peu plus de temps à faire pleinement sentir leurs effets, mais les finances publiques sont d’ores et déjà mises à rude épreuve du fait de la sous-capitalisation des caisses de retraite. Il est de plus en plus clairement démontré qu’en agissant vite, il est possible de limiter l’ampleur des ajustements, qu’ils portent sur les cotisations, les prestations ou l’âge de la retraite.

    L’action du FMI

    Les Statuts définissent clairement la mission du FMI, qui est de promouvoir la stabilité macroéconomique et financière à l’échelle mondiale et à celle des pays, d’encourager la coopération monétaire internationale dans l’intérêt des pays membres, de mettre en place un système ouvert d’échanges et de paiements et de prévenir les crises internationales. Ces objectifs sont clairs, mais, au fil des ans, les modalités d’action optimales évoluent inévitablement. Le FMI est une institution qui reste à l’écoute, soucieuse d’apprendre, de renforcer son action en étant ouverte à ses interlocuteurs, qu’ils appartiennent ou non à la sphère publique. Il tire les enseignements de l’expérience, mais s’efforce aussi de réaliser un travail préventif en anticipant les défis et en agissant au moment opportun, donnant ainsi tout son sens à sa mission de prévention des crises.

    Durant l’exercice 2005, le FMI a continué de préconiser des politiques et des réformes propres à promouvoir la stabilité macroéconomique, la croissance, l’amélioration des niveaux de vie et la réduction de la pauvreté, et à sensibiliser les pays à la nécessité de mener une action préventive dans un environnement mondial exceptionnellement favorable.

    Le travail de surveillance du FMI—l’une de ses activités primordiales—reste le principal instrument de sensibilisation. Ainsi que le décrit plus en détail le chapitre 1, ce travail présente trois dimensions: mondiale, régionale et nationale. À l’échelle internationale, dans les Perspectives de l’économie mondiale ou le Global Financial Stability Report (Rapport sur la stabilité financière dans le monde), le FMI évalue les perspectives internationales et examine les risques qui peuvent peser sur ses projections de base. Au plan régional et national, le FMI agit principalement dans le cadre des consultations au titre de l’article IV en évaluant les politiques et les objectifs nationaux et les risques qu’ils présentent et en proposant des conseils sur la démarche à suivre.

    Dans les conseils fournis à l’issue des consultations au titre de l’article IV, le Conseil d’administration a fait état des préoccupations liées au renchérissement du pétrole et aux déséquilibres mondiaux évoquées plus haut. Dans les rapports de consultation sur les pays qui n’ont pas encore atteint la stabilité macroéconomique, les services du FMI ont insisté sur la nécessité d’engager les réformes budgétaires voulues, de réduire l’inflation et de créer les conditions d’une croissance durable et soutenue. S’agissant des nombreux pays où la stabilité macroéconomique est acquise, le FMI conseille plutôt d’opérer des réformes structurelles destinées à préserver la soutenabilité à moyen terme, à accroître le potentiel de production et à promouvoir la croissance. Le FMI a également porté son attention sur les questions à plus long terme, telles que l’évolution démographique. Les services et le Conseil d’administration du FMI ont pour principe de suivre une démarche constructive lorsqu’ils mettent en évidence les faiblesses des politiques mises en œuvre, et de proposer des solutions pour y porter remède. Dans le même ordre d’idées, ils s’efforcent également de manifester leur appui aux politiques macroéconomiques examinées dans le cadre des consultations au titre de l’article IV lorsqu’ils les jugent avisées.

    Outre ses interventions auprès des pays membres durant l’exercice, le FMI a passé en revue ses propres activités dans plusieurs domaines. Les responsabilités primordiales de l’institution, telles qu’elles furent définies par ses architectes il y a plus de soixante ans, demeurent essentielles pour le bon fonctionnement des systèmes économiques et financiers de la planète. Cela dit, à l’instar des économies et des politiques économiques nationales qui doivent s’adapter à l’évolution de la conjoncture économique mondiale, le FMI doit, lui aussi, être toujours prêt à remettre en question ses méthodes de travail pour pouvoir répondre de manière optimale aux besoins de ses pays membres. Dans les conseils qu’il leur prodigue, le FMI insiste sur l’importance d’une évolution constante, aussi est-il logique qu’il applique ce même principe à son propre travail et à ses méthodes. La transparence, composante vitale de l’action du FMI durant la dernière décennie, lui a permis de revoir ses activités en profondeur et dans un esprit ouvert, sans repli excessif et en restant à l’écoute de tous les pays membres.

    L’exercice 2005 a vu l’aboutissement de plusieurs revues sur divers aspects des activités du FMI. Il convient de citer l’examen bisannuel de la surveillance, qui a été notamment l’occasion d’évaluer l’importance croissante de la surveillance du secteur financier (chapitre 2), et un nouveau réexamen de la conditionnalité, le premier depuis 2000–02 (chapitre 3). Les rapports du Bureau indépendant d’évaluation ont donné la possibilité, par exemple, de dresser un bilan de la fonction de plus en plus importante que remplit l’assistance technique du FMI et du rôle de l’institution dans la période qui a précédé la crise argentine en 2001.

    De manière plus fondamentale, le FMI a profité d’une conjoncture économique mondiale relativement favorable pour engager une vaste réflexion sur sa démarche stratégique. Cet état des lieux est on ne peut plus opportun. Depuis une vingtaine d’années, le système économique et financier mondial évolue rapidement, et le FMI a opéré des changements considérables pour s’y adapter, notamment durant la dernière décennie, dans le cadre plus vaste des réformes de l’architecture financière internationale. Ces initiatives étant arrivées à maturation, le moment est venu de prendre du recul et de faire le point des défis qui restent à relever. La revue stratégique a commencé en 2004, et les travaux relatifs à la stratégie à moyen terme—qui est censée servir de repère au programme de travail et au cadre budgétaire à moyen terme—devraient être achevés à temps pour l’Assemblée annuelle de septembre 2005, de sorte que les conclusions puissent être soumises à l’examen du Comité monétaire et financier international (CMFI).

    Cette revue stratégique s’appuie sur une perspective commune de la finalité du FMI. Il est vite apparu que le Conseil était généralement en accord quant à la mission primordiale de l’institution, telle que la définissent les Statuts. Le FMI doit toutefois avoir des priorités clairement établies pour pouvoir atteindre efficacement ses principaux objectifs. La revue stratégique porte essentiellement sur les moyens qui permettront au FMI de s’acquitter au mieux de son mandat. Elle vise à définir les priorités de son action, à évaluer les avantages respectifs des options en présence et à étudier les changements qui pourraient être éventuellement apportés à la structure de l’institution. L’adoption d’un cadre budgétaire à moyen terme est l’un des principaux axes de ce travail, car il contribuera à fixer les priorités et à en assurer continuellement le suivi.

    Si la surveillance, les concours financiers et l’assistance technique restent les principales composantes du travail du FMI, ils doivent, pour être efficaces, s’adapter à l’évolution de l’environnement financier mondial et des besoins des pays membres. Ainsi, la croissance rapide des flux de capitaux privés a eu une profonde incidence sur le système financier international. Ce phénomène suppose, tant pour les pays industrialisés que pour les pays en développement, un meilleur accès aux capitaux d’investissement et une allocation plus efficace des ressources. Cela dit, il n’est pas dénué de risques pour les pays ou pour l’économie mondiale dans son ensemble.

    Au vu de l’interdépendance croissante des économies, il est d’autant plus important que la communauté internationale aide les pays à mettre en œuvre des politiques propres à promouvoir une prospérité partagée. Le FMI, qui est devenu une institution quasiment universelle et a pour mission de promouvoir la coopération monétaire internationale et la mise en œuvre de saines politiques économiques et financières, constitue l’instance privilégiée de coopération multilatérale à l’appui de la stabilité et de la croissance mondiale. Il a pour responsabilité d’aider les pays à bien orienter leurs politiques macroéconomiques et à se doter d’institutions solides, responsabilité qui fait ressortir l’importance de la qualité, de la pertinence de ses conseils et de leur pouvoir de conviction. À cet égard, et compte tenu de l’attention croissante accordée durant ces dernières années à toute une série de facteurs structurels et institutionnels contribuant à la stabilité et à la croissance, l’un des principaux défis que devra relever le FMI consistera à centrer ses opérations sur les questions présentant le plus d’importance pour les pays membres tout en les maintenant sur un pied d’égalité. À l’heure de l’intégration croissante des marchés de capitaux, il importe également que le FMI continue de parfaire sa connaissance des flux de capitaux et de leurs répercussions. Il sera ainsi mieux en mesure de conseiller les pays membres sur la façon de renforcer leurs propres systèmes financiers, d’avoir accès aux marchés de capitaux internationaux et de réduire leur vulnérabilité à la volatilité et aux perturbations des mouvements de capitaux.

    Les travaux entrepris dans le cadre de la revue stratégique ont mis en relief l’importance de l’action du FMI dans les pays à faible revenu. Comment le FMI peut-il aider davantage ces pays, tout particulièrement dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement? Le processus relatif à la stratégie de réduction de la pauvreté est l’un des instruments dont le FMI dispose pour s’acquitter de ses responsabilités dans ce domaine. L’amélioration des résultats macroéconomiques de certains pays à faible revenu durant l’exercice s’explique notamment par le fait que la stabilité macroéconomique est reconnue comme étant une condition préalable à la croissance, qui, si elle est soutenue, peut elle-même contribuer à réduire la pauvreté de manière sensible et durable. Les réformes macroéconomiques entreprises par de nombreux pays pauvres ont déjà porté leurs fruits sous forme d’une inflation plus modérée, d’une croissance plus forte et d’un recul de la pauvreté. Au vu de ces résultats, des transferts additionnels de la communauté des bailleurs de fonds pourraient aider certains pays à faible revenu à consolider les acquis, pour autant que ces ressources servent à étayer des politiques de croissance soutenue, et non à en faire l’économie. Le FMI aura pour redoutable tâche de définir clairement lesquelles de ses activités—surveillance, financement, conception de programmes, assistance technique, ou bien encore éventuellement un allégement plus profond de la dette—devraient être adaptées pour répondre aux besoins particuliers de ces pays.

    La revue stratégique a en outre permis de rappeler que l’assistance financière temporaire est un aspect fondamental de l’action du FMI auprès des pays membres connaissant des difficultés conjoncturelles de balance des paiements. Le FMI veille à ce que ses concours financiers soient utilisés efficacement et répondent au mieux aux besoins des pays membres dans leur ensemble. Autrement dit, il importe de préserver la rotation de ses ressources et de faire en sorte que les pays s’affranchissent de cette aide lorsqu’ils sont en mesure de le faire. Le FMI doit structurer des instruments de prêt en conséquence, les échéances et les commissions dont ces concours sont assortis étant à cet égard des paramètres fondamentaux, qui seront d’ailleurs réexaminés pendant l’exercice 2006. De manière plus générale, il reste à forger un consensus plus solide sur les conditions qui méritent une assistance du FMI et sur l’ampleur de cette assistance, en prenant dûment en considération les cas où les pays ont plutôt besoin du «signal» que peut donner le FMI que de son aide financière et les situations de crise du compte de capital.

    À maints égards, l’année écoulée a été une période d’intense réflexion qui se poursuivra durant la période à venir à mesure que le FMI se penchera plus en détail sur les divers volets de sa revue stratégique. Cette réflexion est tout à fait pertinente pour une institution soucieuse de répondre en permanence aux besoins de ses pays membres et de l’ensemble du système financier international dans une économie mondiale en constante évolution. Pour s’acquitter efficacement de ces responsabilités, le FMI doit être prêt à agir et capable de s’adapter—parfois très rapidement—au changement. Un cadre à moyen terme dans lequel tracer les priorités et les adapter en toute transparence permettra au FMI de mener une action dont l’impact sera positif et profond.

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